view counter

Des histoires prophétiques
  • Je, 04/09/2015

 

 

Des histoires prophétiques

 

 

 

De nouveaux angles concernant les histoires de la biographie du prophète

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des histoires prophétiques

 

De nouveaux angles concernant les histoires de la biographie du prophète

 

Abdel-Wahaab ibn Naasser At-Tirayri

 

 

 

Publications de "Islam Today"

 

 

 

5ème édition

 

1433 H - 2012

 

Tous les droits de possession littéraire et artistique sont réservés à l'institut "Islam Today"

 

Il est interdit d'imprimer, ou de photocopier, ou de traduire, ou de reproduire le livre entièrement ou partiellement, ou de l'enregistrer par n'importe quel moyen, sauf avec la permission écrite de l'éditeur.

 

 

 

Abdel-Wahaab At-Tirayri

 

t @altriri

 

f/altriri

 

altriri@hotmail.com

 

www.altriri.net

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dédicace

 

 

 

A celui qui est le premier à m'avoir fait prononcer l'évocation d'Allah (Le Puissant et le Haut) ; à celui qui a implanté dans mon cœur la vénération et la glorification d'Allah (qu'Il soit exalté), ainsi que l'amour et le respect pour le messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ; et j'ai entendu de lui les histoires de la prophétie la première fois que je les ai entendues, et j'ai appris de lui leurs significations et leurs leçons la première fois que je les ai apprises.

 

 

 

A celui qui s'est occupé de moi pendant la jeunesse, qui a rectifié le chemin suivi, qui a stimulé la détermination, qui a contracté sa vie dans ma vie, alors Allah m'a protégé de tomber dans les abîmes de l'échec ou de me perdre dans les labyrinthes de la perdition.

 

 

 

A mon cher père, j'offre cette œuvre, en demandant à Allah (qu'Il soit exalté) de lui donner la récompense complète et continuelle de cette œuvre, de bénir sa vie, de lui donner une longue vie, et de le récompenser par la meilleure récompense qu'un père puisse recevoir  pour ce qu'il a fait pour son fils !

 

 

 

 

 

 

 

Introduction

 

 

 

Au nom d'Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très Miséricordieux

 

 

 

Que la paix, la miséricorde et les bénédictions d'Allah soient sur vous.

 

Un salut béni et bon provenant d'Allah,

 

 

 

Ce sont des histoires parmi les meilleures histoires, ce n'est pas une reprise historique de la biographie de l'Elu (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) qui raconte ses événements et ses incidents, mais ce sont des scènes choisies de sa vie (qu'Allah le bénisse et le salue) dont les versions ont été rassemblées jusqu'à ce qu'elles se soient complétées dans des portraits prophétiques magnifiques, qui expriment les meilleures significations de la perfection et qui témoignent qu'Allah (qu'Il soit exalté) a créé Son prophète dans la forme la plus parfaite, alors il était l'homme qui avait la plus belle constitution et celui qui avait les plus grandes qualités morales (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille).

 

 

 

Tu verras dans ces scènes des images merveilleuses de la grandeur des qualités morales, de la perfection de la personnalité, de l'équilibre des rôles, et de la spontanéité de la vie ; la simplicité dans la grandeur, l'idéal dans le réalisme, le plus éloigné du maniérisme et de l'injustice dont il s'est écarté et à propos desquels il a averti :

 

{et je ne suis pas un maniéré} [Saad : 86].

 

 

 

Et ces chapitres ne sont pas entre un écrivain et un lecteur, mais toi et moi, nous sommes des lecteurs de la beauté des portraits de la vie prophétique ; nous suivons dans son rythme quotidien le dynamisme de la vie et la grandeur des réalisations, dans une tranquillité spirituelle, et une vie heureuse et paisible, embellie par les plus belles émotions, les sentiments les plus sincères et les plaisirs les plus agréables.

 

 

 

Et lorsque tu concentres le regard et que tu mets la scène sous le microscope de la perspicacité, alors tu découvriras d'autres angles qui énonceront des significations qui attireront ton attention et n'attireront l'attention de personne d'autre que toi ; et ceci n'est pas étonnant, car la biographie du prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) est un fleuve qui déborde, et chaque personne puise de ce fleuve selon son récipient. Donc, regarde les portraits de la vie prophétique avec ton cœur, ton amour et ta foi, afin que tu voies des beautés éblouissantes qui resplendissent devant nous et qui nous font dire :

 

{Allah sait mieux où placer Son message} [Les bestiaux : 124].

 

{Allah choisit des messagers parmi les Anges et parmi les hommes} [Le pèlerinage : 75].

 

 

 

 

 

Alors, faisons en sorte que la réflexion sur ces portraits prophétiques soient une étude commune dans laquelle nous prenons les significations merveilleuses et les grandes indications qu'elles versent sur nos cœurs ; étant donné que l'espace de vue est large et les angles du regard sont multiples.

 

Et si tu lis certaines choses que j'ai vues, alors je désire connaître ce que tu as vu ; car le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) est celui que nos cœurs aiment le plus, celui qui est le plus grand à nos yeux et celui qui a le plus de droits sur nous ; la conversation à son sujet est la plus agréable, et les récits à son sujet sont les plus beaux.

 

 

 

Nous demandons à Allah (qu'Il soit exalté) de nous donner de l'amour de Son prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) qui nous permette d'obtenir sa bonne nouvelle le jour où il a dit : (La personne est avec celui qu'elle aime) rapporté par Al-Boukhari (6168) et Mouslim (2641), d'après le hadith d'Ibn Mass'ôud (qu'Allah soit satisfait de lui).

 

 

 

Et que la paix, la miséricorde et les bénédictions d'Allah soient sur vous !

 

 

 

Abdoul-Wahaab ibn Naasser At-Tirayri

 

altriri@hotmail.com

 

 

 

 

 

 

 

1- La nuit de la grotte

 

 

 

Les lumières des messages divins se sont éteintes, les ténèbres se sont accumulés, les ignorances de l'injustice et du paganisme se sont étendues sur terre, et l'humanité est devenue dans une situation qui exige l'aversion d'Allah (qu'Il soit glorifié) ; et Allah (qu'Il soit exalté) regarda les habitants de la terre, et Il eut de l'aversion pour eux, les arabes et les non-arabes, sauf des groupes restants parmi les gens du Livre.

 

 

 

Et sur une extrémité de la terre, se trouvait un homme parmi les hommes, qui sortait de la ville, il s'infiltrait dans les passages entre les montagnes, et les montagnes l'encerclaient ; il se dirigeait vers une de ces montagnes qu'il avait choisies.

 

 

 

Lorsque tu regardes cette montagne, tu ressens que c'est comme si Allah (qu'Il soit exalté) l'avait créée pour cet homme et pour cet événement ; car les montagnes autour d'elle s'étendent avec lassitude sauf cette montagne, parce que son sommet s'allonge comme s'il regardait une chose lointaine.

 

Il est très difficile de monter jusqu'à ce sommet et le chemin est accidenté ; et là-bas dans sa grotte au sommet de la montagne, lorsqu'il s'asseyait, il regardait très loin à l'horizon afin de voir devant lui la Maison d'Allah que son ancêtre Ibrahim (paix sur lui) a construite.

 

 

 

 

 

Et c'est comme si de cette hauteur, il s'élevait au-dessus de ce qui se trouvait sur terre parmi les souillures du paganisme et son obscurité, il se promenait avec ses yeux d'un endroit élevé dans les horizons de l'univers vaste, et il surveillait les vestiges restants des messages d'Allah (qu'Il soit exalté) aux habitants de la terre.

 

 

 

Cet endroit très élevé, à l'aspect impressionnant et à l'emplacement distingué, est l'endroit convenable pour la pensée profonde, la réflexion sur la création des cieux et de la terre, et pour se diriger vers Allah (qu'Il soit exalté) après avoir rempli le regard et la pensée de la grandeur de Son royaume : {qui, debout, assis, couchés sur leurs côtés, invoquent Allah et méditent sur la création des cieux et de la terre (disant) : "Notre Seigneur ! Tu n'as pas créé cela en vain. Gloire à Toi ! Garde-nous du châtiment du Feu} [La famille d'Imraane : 191].

 

 

 

Et pendant une nuit calme, l'univers était dans sa tranquillité, alors qu'il était dans sa réflexion et son adoration dans sa grotte au sommet de la montagne, la descente de l'ange interrompit sa sérénité et sa réflexion, et la vérité provenant de son Seigneur le surprit.

 

 

 

Gloire à Allah ! Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) était dans la grotte, et tout ce qui se trouvait autour de lui était le calme et la tranquillité, il n'entendait aucun mouvement et il ne ressentait aucune présence, car il n'était pas sur un chemin fréquenté, ni autour d'un endroit peuplé ; ensuite, la surprise de la vérité lui interrompit la tranquillité de la nuit, ainsi que la descente de l'ange sur lui sans s'y attendre, parce qu'il n'attendait pas un message avec lequel il serait envoyé, ni une révélation qui lui serait révélée, ni un Livre avec lequel la bonne nouvelle lui serait annoncée : {Tu n'espérais nullement que le Livre te serait révélé. Ceci n'a été que par une miséricorde de ton Seigneur} [Le récit : 86].

 

 

 

 

 

Quelle frayeur pouvait dominer l'âme à ce moment-là, quelles que soient sa fermeté et sa maîtrise de soi !

 

La venue de l'ange fut une surprise, mais son discours et sa demande furent une autre surprise : "Lis".

 

Il dit cette parole à quelqu'un qui n'avait jamais lu une chose écrite et qui n'avait jamais écrit une chose lue : {Et avant cela, tu ne récitais aucun livre et tu n'en n'écrivais aucun de ta main droite} [L'araignée : 48].

 

 

 

C'est la raison pour laquelle il répondit avec une réponse, et il ne pouvait pas en trouver une autre : (Je ne sais pas lire), c'est-à-dire : je ne suis pas celui qui peut lire ; alors, l'ange le prit, le serra contre lui fermement jusqu'à ce qu'il ne puisse plus le supporter, et il l'épuisa beaucoup, ensuite il le relâcha ; et il lui répéta l'ordre encore une fois : "Lis".

 

Il répondit la même chose : (Je ne sais pas lire). Ensuite, il le prit, le serra contre lui fermement encore une fois jusqu'à ce qu'il fut très épuisé, puis il le relâcha, et il lui dit une troisième fois : "Lis". Et il lui répondit encore la même chose, car il était sincère lorsqu'il le lui avait dit la première fois, et sa situation n'avait pas changé : (Je ne sais pas lire).

 

Alors, l'ange le prit, le serra contre lui une troisième fois, ensuite il le relâcha et dit :

 

{Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l'homme d'une adhérence. Lis ! Ton Seigneur est le Très Noble, qui a enseigné par la plume, a enseigné à l'homme ce qu'il ne savait pas} [L'adhérence : 1-5].

 

 

 

Donc, les versets se rassemblèrent : en Coran et sa signification dans le cœur du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), et il retourna avec ces versets rapidement chez lui, en étant effrayé, son cœur tremblait et ses membres frémissaient, jusqu'à ce qu'il entra sur son épouse Khadija (qu'Allah soit satisfait d'elle) en disant : (Recouvrez-moi, recouvrez-moi !).

 

 

 

Il avait besoin de repos après l'épuisement, de tranquillité après la frayeur ; et après qu'il se soit reposé, qu'il fut rassuré, et que la peur disparut, il parla à son épouse Khadija (qu'Allah soit satisfait d'elle), et il lui dit ce qui lui était arrivé, ce qu'il avait vu, ce qu'il avait entendu et ce qu'il avait mémorisé ; car elle était la femme affectueuse, intelligente et raisonnable, dont il avait confiance en son amour, son conseil et son bon raisonnement ; et il lui dévoila ses sentiments en disant : (J'ai eu peur pour moi-même).

 

 

 

Et Khadija (qu'Allah soit satisfait d'elle) s'empressa de donner une réponse décisive et claire, sûre et assurée, en jurant par Allah et sans faire d'exception :

 

-"Non, je jure par Allah, qu'Allah ne t'humiliera jamais".

 

 

 

 

 

Et c'est comme si on entendait l'univers entier avec ses anges, ses planètes et ses grandes créatures, répéter avec Khadija (qu'Allah soit satisfait d'elle), et essayer de faire entendre à Mohammed (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ce que son épouse lui a fait entendre : "Non, je jure par Allah, qu'Il ne t'a pas révélé, Il ne t'a pas envoyé, Il n'a pas envoyé à toi, et Il ne t'a pas choisi parmi tous ces hommes insouciants et perdus, pour t'humilier ou t'affliger, mais pour t'honorer et honorer les gens grâce à toi, pour t'élever et élever les gens grâce à toi, pour épanouir ton cœur, et pour élever ta renommée ; donc, n'aie pas peur pour toi-même. Non, je jure par Allah, qu'Allah ne t'humiliera jamais".

 

 

 

* Ici, nous voyons de grandes significations :

 

 

 

1- A chaque fois que tu observes avec perspicacité cette scène, tu comprends l'ampleur de cet événement, et tu es convaincu sans aucune exagération que c'est l'événement universel le plus grand qui s'est produit sur terre depuis la descente d'Adam (paix sur lui) jusqu'à la fin du monde ; et la direction de l'histoire n'a pas bougé à cause de n'importe quel événement comme elle a bougé à cause de cet événement. L'humanité n'a jamais connu le bonheur avec une chose comme elle l'a connu avec cet événement. Et je ne connais pas un événement qui soit digne d'être mentionné, d'être remercié et d'être honoré comme cet événement ; c'est la raison pour laquelle les versets du Noble Coran l'ont mentionné et préservé : {le mois de Ramadan au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement} [Al-Baqara : 185].

 

Et l'ange Gabriel et le prophète Mohammed (paix sur eux) renouvelaient le souvenir de cet événement, il est rapporté dans un hadith :

 

(Et le messager d'Allah était encore plus généreux pendant le mois de Ramadan lorsque l'ange Gabriel le rencontrait pour lui enseigner le Coran) rapporté par Al-Boukhari (6) et Mouslim (2308).

 

Et à chaque mois de Ramadan, le souvenir de la première rencontre avec la révélation et le Saint-Esprit se renouvelle pour le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) et pour sa communauté.

 

 

 

"Une bonne nouvelle provenant de l'invisible a jeté à l'entrée de la grotte une révélation, et est arrivée avec des secrets.

 

La bonne nouvelle de la prophétie a tourné comme une odeur agréable à l'aube, et a annoncé dans les collines la naissance de lumières.

 

Elle a brisé le silence, et les brises la porte dans le calme d'une maison à une autre.

 

Elle a bercé la Mecque qui s'est assoupie, et elle a secoué l'aube pour annoncer le rayonnement.

 

L'aube s'est précipitée dans ce monde pour apporter à son histoire la naissance des générations et des siècles" poème du poète Abdoullah Al-Bardouni.

 

 

 

2- La grandeur du don d'Allah (qu'Il soit exalté), de Sa générosité et de Sa munificence, - et Il est Le plus généreux -, étant donné qu'Il s'est dirigé vers l'humanité et a fait descendre Sa révélation sur eux, Il leur a parlé avec Sa parole [le Coran], Il a choisi parmi eux un homme comme eux, - celui qui a le cœur le plus pieux et le plus pur -, afin que les paroles d'Allah (qu'Il soit glorifié) descendent dans son cœur pour les créatures.

 

C'est une générosité provenant d'Allah (qu'Il soit exalté) et un don qu'Il a accordé sans que les hommes le méritent, plus exactement ils ne l'ont pas demandé, mais par Sa générosité et Sa miséricorde, Il commence (Le Puissant et le Haut) par donner Ses bienfaits et Il continue à accorder Ses grâces.

 

 

 

Ton cœur a-t-il ressenti que ton Seigneur le Grand, le plus Grand, dont tout l'univers vaste et effrayant est une partie de Sa création et de Son royaume, se dirige avec Sa majesté, Sa magnificence et Sa grandeur pour regarder l'humanité, qui vit sur cette terre qui n'est qu'un grain de poussière nageant dans Son univers vaste, et Il parle à l'humanité et de ses affaires, Il fait descendre Ses paroles qui explique à l'humanité sa religion et lui montre son chemin ?

 

Donc, que le don d'Allah et Sa générosité sont Grands ! Et que l'homme est honoré avec ce don et cette largesse !

 

 

 

 

 

3- Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) reçut la surprise de la première rencontre par la frayeur, il eut peur et retourna rapidement le cœur tremblant et les membres frémissant, et ceci est un véritable signe de la véracité de la prophétie du messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue), et que ce qui lui est venu, n'était pas une chose à laquelle il s'attendait, ou qu'il attendait, ou qu'il espérait : {Tu n'espérais nullement que le Livre te serait révélé. Ceci n'a été que par une miséricorde de ton Seigneur} [Le récit : 86].

 

 

 

Et en même temps, certains parmi les fils d'Israël et parmi les arabes qui étaient monothéistes, s'attendaient à l'apparition de la prophétie et ils espéraient qu'elle arrive, mais la sagesse d'Allah (qu'Il soit exalté) ne donne pas ce mérite à celui qui l'attend, mais à celui qui convient à la prophétie et supporte les charges du message divin :

 

{Allah sait mieux où placer Son message} [Les bestiaux : 124].

 

 

 

4- Chaque mot dans ces versets est voulu en lui-même de telle sorte que tu voies la grande sagesse dans le fait que le Coran soit descendu en commençant de cette manière ; et nous faisons quelques pauses sur cette sagesse :

 

 

 

A- Le commencement avec l'ordre de lire, ainsi que l'éloge de la plume et du livre :

 

 

 

Cet ordre est descendu sur un prophète illettré qui n'a jamais lu de livre, et ne l'a jamais écrit de sa main ; et si cet illettré choisissait ce qui lui est révélé ou s'il inventait des mensonges, - et loin de lui de faire cela -, il n'aurait pas commencé en rendant publique et en annonçant un ordre alors qu'il n'est pas caractérisé par cela ; ceci afin que le verset reste toujours une preuve de la prophétie du prophète (qu'Allah le bénisse et le salue), de la divinité de la révélation, et que Mohammed (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) est un prophète qui reçoit une révélation, ensuite il transmet ce que son Seigneur lui a révélé.

 

 

 

 

 

B- Le commencement par le nom d'Allah qui a créé, alors ceci englobe tout ce qu'Allah (qu'Il soit exalté) a créé dans l'univers.

 

Ensuite, Il a détaillé en disant : {qui a créé l'homme d'une adhérence} [L'adhérence : 2].

 

Il y a une grande leçon dans ces versets, car ils versent la tranquillité dans le cœur du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), et ils mettent à leur grandeur réelle tous ceux à qui il fera face parmi les ennemis et les pires comploteurs ; parce que ceux-là sont des créatures, et Celui qui t'a envoyé est le Créateur, alors quel est le poids de ceux-là ? Et pourquoi tenir compte d'eux si Celui qui envoie est leur Créateur ?

 

 

 

C- {Lis ! Ton Seigneur est le Très-Généreux} [L'adhérence : 3].

 

Il n'a pas dit ici (qu'Il soit exalté) : "Le Généreux", mais le Plus Généreux que tout généreux ; ici la générosité est illimitée, et le fait de faire descendre cette révélation fait partie de Sa générosité, ainsi que le fait de t'avoir choisi pour recevoir Son message parmi tous les hommes, et le fait qu'Il te protège et s'occupe de toi ; et lorsque les infidèles qui s'opposent à toi t'affronteront, alors Celui qui t'a envoyé est le Très-Généreux, et le très-Généreux ne te livrera pas et Il ne t'humiliera pas.

 

 

 

Donc, qu'il est bon qu'il reçoive une révélation provenant d'Allah (qu'Il soit exalté) qui dit : "Lis et ton Seigneur est le Très-Généreux", ensuite il reçoit la confirmation de cela par Son épouse : "Non, Je jure par Allah, qu'Allah ne t'humiliera jamais" !

 

 

 

 

 

D- {qui a enseigné par la plume} [L'adhérence : 4].

 

Ce prophète dont la révélation d'Allah (qu'Il soit exalté) a fait l'éloge avec la science et la plume, des milliers de savants, ainsi que des milliers et des milliers de livres, écrivent et lisent sur sa science, sa législation et la révélation qu'Allah lui a donnée ; et il est illettré, il n'a jamais lu et il n'a jamais écrit, mais les savants apprennent ce que d'autres qu'eux ont écrit, tandis que le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) qui est illettré, a enseigné à l'humanité ce qu'elle doit écrire.

 

 

 

 

2- L'élite :

 

 

 

Il retourna (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) de la grotte Hiraa après la première rencontre avec l'Esprit-Saint qui annonçait le commencement de la descente de la révélation divine ; il eut peur et craignit pour sa vie, et Allah (qu'Il soit glorifié) voulut qu'il retourne à la femme raisonnable et intelligente, son épouse Khadija (qu'Allah soit satisfait d'elle), et dès qu'il lui raconta l'histoire et lui révéla ses sentiments humains : (J'ai eu peur pour moi-même), elle s'empressa de répondre avec détermination en pensant à une loi divine vers laquelle elle a été guidée grâce à une vision raisonnable, à la maturité de l'âge, à l'étude de l'histoire, et à la connaissance parfaite de son époux avec qui elle avait vécu pendant quinze ans ; alors elle connut son for intérieur, et sa relation avec lui, lui dévoila ses qualités ; c'est la raison pour laquelle sa réponse vint rapidement avec détermination et avec un serment qui indiquait l'ampleur de la confiance et de la conviction : ”Non, Je jure par Allah, qu'Allah ne t'humiliera jamais ; tu préserves les liens de parenté, tu aides le faible, Tu donnes au miséreux, tu accueilles convenablement l'invité, et tu aides les gens dans l'adversité".

 

 

 

* Notre mère Khadija (qu'Allah soit satisfait d'elle) a indiqué cette loi universelle, qui correspond au fait qu'Allah (qu'Il soit exalté) protège Ses serviteurs qui seront les dirigeants des serviteurs et qui leur seront utiles, alors Il ne les humilie pas et ne les afflige pas ; et Il les a prédisposés à ces bonnes qualités afin de les rendre aptes à obtenir Son amour et Sa bienfaisance. Elle a indiqué aussi (qu'Allah soit satisfait d'elle) ces bonnes qualités que le prophète Mohammed (qu'Allah le bénisse et le salue) avait depuis son enfance et avant que la révélation de son Seigneur ne descende sur lui ; par conséquent, les gens pieux comme lui ne sont jamais humiliés.

 

Et si tu observes ces bonnes qualités que Khadija (qu'Allah soit satisfait d'elle) a mentionnées, tu trouveras que le point commun entre elles, est : être utile aux gens, subvenir à leurs besoins et combler leur défaut ; alors, les liens de parenté sont préservés, on aide le faible, on donne au miséreux, on accueille convenablement l'invité, et on aide les gens dans l'adversité.

 

* Ce sont les principes des bonnes qualités qui proviennent d'âmes nobles et de cœurs miséricordieux, qui portent les soucis des gens, qui cherchent leurs besoins, qui les aident pendant leurs moments de difficultés, et qui soulagent leurs afflictions ; toutes ces choses étaient les qualités innées de Mohammed (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) avant qu'on ne lui fasse connaitre ce qu'il y avait dans les feuilles anciennes ; Khadija (qu'Allah soit satisfait d'elle) les connut grâce à une expérience profonde et une relation intime, c'est la relation du mari avec son épouse.

 

* Une autre scène prophétique montre cette réalité, c'est la scène de Moïse (paix sur lui) lorsqu'il arriva au point d'eau de Madyane ; il trouva qu'ils abreuvaient leurs moutons, et à côté d'eux, deux femmes retenaient leurs bêtes pour qu'elles n'aillent pas boire ; il fut étonné par cette scène et se posa des questions, c'est la raison pour laquelle il se dirigea vers elles et leur demanda : {"Que voulez-vous ?". Elles dirent : "Nous n'abreuverons que quand les bergers seront partis ; et notre père est fort âgé"} [Le récit : 23].

 

Et quelle est la raison pour laquelle Moïse (paix sur lui) fut étonné et désapprouva cette scène ? C'est une rectitude des qualités morales qui considèrent que le droit du faible est que l'on s'occupe de lui et qu'on le fasse passer en premier, et ce n'est pas l'éloignement et le retardement ; alors : {Il abreuva [les bêtes] pour elles} [Le récit : 24].

 

C'est l'initiative rapide pour les raisons de la grandeur d'âme, de la noblesse de cœur et des qualités morales ; c'est la raison pour laquelle dans le Coran la lettre "Fa" est utilisée, et elle signifie l'ordre et la suite, ce qui suggère la rapidité de la réaction pour s'occuper de cette situation. De plus, on est étonné qu'un homme étranger, sur une terre qu'il ne connait pas, des gens avec qui il n'a aucun rapport, il est épuisé, il vient d'un long voyage, sans provisions et sans préparation, et il est recherché par un ennemi fort qui n'a aucune pitié ; donc, il est  dans une très grande préoccupation à cause de ses situations, mais malgré cela, il fut étonné par ce que ses qualités morales désapprouvent et il réagit en raison de sa grandeur d'âme innée, alors que les habitants du quartier des deux femmes et leurs voisins ne prêtèrent aucune attention à elles, et ils ne se préoccupèrent pas d'elles.

 

* Ses scènes indiquent une réalité importante, qui correspond au fait qu'Allah (qu'Il soit exalté) choisit pour Ses grands messages de grandes âmes, et parmi les plus grands aspects de leur grandeur : la compassion envers les gens, s'occuper de leurs affaires, subvenir très vite à leurs besoins, et leur miséricorde envers les gens a fait d'eux un refuge pour le faible et le miséreux ; donc, toute personne en difficulté, trouve avec eux de l'aide, et elle reçoit l'affection et la miséricorde ; c'est la raison pour laquelle la charge qu'ils ont reçue de sauver l'humanité de l'égarement et de les guider vers la vérité, procure dans leurs cœurs un désir ardent d'être utiles aux gens et d'être bienfaisants envers eux ; ce sont des cœurs nobles remplis de miséricorde et de compassion envers les créatures.

 

* Cette signification claire et apparente dans la vie des prophètes d'Allah et de Ses messagers (paix sur eux) doit être présente dans les cœurs des héritiers des prophètes, car leur accomplissement de l'héritage des prophètes sera fait selon l'ampleur de la manière dont ils prendront les caractères et les qualités des prophètes.

Les savants et les prédicateurs doivent avoir une profondeur sociale qui fait qu'ils sont le refuge des gens afin qu'ils subviennent à leurs besoins et s'occupent de leurs affaires ; de plus, leur miséricorde envers les gens fait partie des effets de la miséricorde d'Allah envers Ses créatures :

{C'est par quelque miséricorde de la part d'Allah que tu (Mohammad) as été si doux envers eux !} [La famille d'Imraane : 159].

Sinon sans cela, leur rôle dans la communauté serait limité et leur influence sur les gens serait réduite.

 

* Le fait d'avoir connu l'imam de notre époque cheikh Ibn Baaz (qu'Allah lui fasse miséricorde) fut un bonheur dans notre vie, alors nous avons vu la belle harmonie entre les qualités morales de la prophétie et son héritage dans un aspect merveilleux parmi les aspects de l'imitation et du fait de suivre l'exemple du prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) ; alors il fut (qu'Allah lui fasse miséricorde) un modèle en se consacrant lui-même, en consacrant sa position et son argent afin d'être utile aux gens, d'être compatissant envers eux et de subvenir à leurs besoins ; il en était de même en ce qui concerne l'enseignement qu'il leur donnait, son orientation et sa prédication ; c'est la raison pour laquelle il eut beaucoup d'influence, et qu'il avait un rang élevé auprès des gens que personne d'autre que lui n'a eu.

Et je ne vois pas que ceux qui ont eu de l'influence dans la communauté, soient autres que ceux qui ont joint à la science de la prophétie ces qualités morales prophétiques ; donc, Allah (qu'Il soit exalté) fit miséricorde aux créatures grâce à eux, et Il fit d'eux un refuge et une sécurité pour les gens.

 

= 3- O Mon oncle !

 

Le discernement du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) s'est ouvert alors qu'il était la personne la plus proche de lui, car il est le frère germain de son père Abdoullah, et il est celui qui la prit en charge après la mort de son grand-père Abd Al-Mouttaleb, alors la paternité prit la place de la parenté d'oncle paternel, jusqu'à ce qu'on appelle le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) : l'orphelin d'Abou Taaleb.

 

L'amour était réciproque entre eux ; et à cause du fait qu'il était très attaché à lui (qu'Allah le bénisse et le salue), lorsqu'il voyageait, il voyageait avec lui ; et lorsqu'il voyagea pour son commerce à Chaam, il le prit avec lui alors qu'il était âgé de neuf ans, et c'est un âge auquel il n'était pas apte à faire du commerce, ni à supporter les charges difficiles du chemin, mais c'était l'attachement d'Abou Taaleb à son fils, le fils de son frère, et l'attachement du prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) à son oncle le frère germain de son père.

 

Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) a passé les étapes de sa vie bénie et prospère alors qu'Abou Taaleb était le plus proche parmi ses proches parents, et lorsqu'il assuma les charges du message divin et qu'il fit face aux responsabilités de la transmission du message, Abou Taaleb fit ce pour quoi il est bien connu : il vint à son secours, il le protégea et il prit sa défense ; ensuite il supporta l'opposition des Qouraychites, le blocus et l'oppression, en restant ferme, sans que sa détermination ne s'affaiblisse ; et il fut déterminé pour le protéger et intrépide pour le secourir.

 

Quelqu'un a dit :

"Vous avez menti, par la maison d'Allah, nous allons être dépouillés de nos biens et vaincus en défendant Mohammed ; nous allons combattre et lutter pour lui ; nous allons le protéger jusqu'à ce que nous tombions autour de lui et nous oubliions nos enfants et nos épouses".

 

Dix années s'écoulèrent depuis le début de la prophétie, cinquante années de l'âge de Mohammed (qu'Allah le bénisse et le salue) et quatre-vingt-neuf ans de l'âge d'Abou Taaleb, et voilà qu'Abou Taaleb fut couché sur le lit de la mort, alors le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) vint le voir et il trouva auprès d'Abou Taaleb ses oncles de banou Makhzoum, Abou Djahal ibn Hichaam, Abdoullah ibn Abi Oumayah et Al-Moussayyib ibn Hazan ; le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) s'empressa pendant les derniers moments de la vie d'Abou Taaleb de le supplier de dire la parole qu'il lui avait tant exposée et demandé, il lui dit avec la compassion du fils pour le père :

(O Mon oncle ! Tu es celui qui a le plus grand droit sur moi et celui qui a été le plus généreux envers moi, alors dis une parole qui me permettra d'intercéder pour toi le jour du jugement ; ô Mon oncle, dis : "Il n'y a pas d'autre divinité qu'Allah", une parole grâce à laquelle je discuterai pour toi auprès d'Allah).

Mais Abou Djahal s'empressa d'encercler Abou Taaleb avec un siège sentimental qui l'attacha à la religion de son père en disant :

-"Te détournes-tu de la religion d'Abd Al-Mouttaleb ?".

 

Et le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) s'empressa de répéter la demande avant les derniers souffles d'Abou Taaleb, sans se préoccuper de répondre à Abou Djahal ou de discuter avec lui, en se dirigeant vers son oncle :

(O Mon oncle ! Dis : "Il n'y a pas d'autre divinité qu'Allah", une parole grâce à laquelle je témoignerai pour toi auprès d'Allah).

 

Abou Djahal répéta cet appel et ce rappel de la religion d'Abd Al-Mouttaleb.

Et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) répéta ce qu'il avait commencé, et il supplia son oncle au moment critique d'une supplication intense ; Abou Taaleb ressentit la sincérité du langage et la chaleur de l'affection dans l'appel du fils de son frère, alors il se dirigea vers lui en disant :

-"O Fils de mon frère ! N'était-ce le fait que les Qouraychites se moquent de moi en disant : [Il n'a fait cela qu'à cause de la peur de la mort], je t'aurais réjoui avec cette parole".

Ensuite, la dernière parole qu'il prononça avant son dernier souffle fut :

-"Je suis sur la religion des ancêtres, je suis sur la religion d'Abd Al-Mouttaleb", et il refusa de dire : "La Ilaaha illallah".

 

Abou Taaleb mourut, et le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) partit attristé et désolé que son oncle qu'il a aimé et qui l'a secouru, n'ait pas obtenu la guidée avec laquelle il a été envoyé et à laquelle il appelait.

Et il dit, - comme s'il parlait toujours à son oncle, et comme si son oncle l'entendait toujours - : (Je demanderai à Allah de te pardonner tant qu'on ne me l'interdira pas).

Alors Allah (qu'Il soit exalté) révéla :

{Il n'appartient pas au Prophète et aux croyants d'implorer le pardon en faveur des associateurs, fussent-ils des parents alors qu'il leur est apparu clairement que ce sont les gens de l'Enfer} [Le repentir : 113].

 

Et Il fit descendre une consolation et un soulagement pour Son prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) :

{Tu (Muhammad) ne diriges pas celui que tu aimes, mais c'est Allah qui guide qui Il veut. Il connaît mieux cependant les bien-guidés} [Le récit : 56].

Et il resta un regret pour son oncle dans le cœur du prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) que ses compagnons connaissaient de lui.

 

Et après environ dix ans, le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) entra à la Mecque en conquérant ; les habitants de la Mecque vinrent lui prêter serment d'allégeance sur l'Islam, et Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui) vint avec son père Abou Qouhaafah afin qu'il prête serment d'allégeance au prophète (qu'Allah le bénisse et le salue), alors le vieil homme tendit au prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) une main frêle et mince, et Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui) pleura en voyant la main de son père dans la main du messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) ; le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) fut étonné des pleurs de son compagnons et il lui demanda :

(Qu'as-tu, ô Abou Bakr ?). Il dit :

-"O Messager d'Allah ! J'aurais aimé beaucoup plus que ce soit la main de ton oncle Abou Taaleb à la place de sa main, qu'il se convertisse à l'Islam et qu'Allah te réjouisse, au lieu de mon père ; je jure par Celui qui t'a envoyé avec la vérité que j'aurais été beaucoup plus content de la conversion d'Abou Taaleb à l'Islam que la conversion de mon père à l'Islam, et je chercherais avec cela ta réjouissance".

 

Et aujourd'hui, nos cœurs sont remplis de douleur et de tristesse, et nous aurions souhaité qu'Abou Taaleb soit présent ce jour-là et qu'il voie le fils de son frère entrer à la Mecque en conquérant, et qu'il voie les gens entrer dans la religion d'Allah par groupes, et que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) se réjouisse de sa conversion à l'Islam : {mais c'est Allah qui guide qui Il veut} [Le récit : 56].

 

* 1- Je me suis souvent demandé : qui, du point de vue purement rationnel, mérite le plus d'être le premier être humain à se convertir à l'Islam et à croire au prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ? Et la réponse qui venait à l'esprit est : Abou Taaleb..

Car il est celui qui connait le mieux le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille ; il a connu le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) pendant son enfance, sa jeunesse, son adolescence, et lorsqu'il atteignit sa virilité et son âge mûr ; il a connu pendant ces périodes toutes ses qualités : sa sincérité, sa loyauté, sa pudeur et sa pureté ; et il a connu toutes ses situations : ses entrées, ses sorties, ses allées et ses venues.

Et il a dit à propos de lui :

"Ils ont su que notre fils n'est pas un menteur et qu'il ne se préoccupe pas des paroles mensongères".

 

Malgré cela, l'appel continuel du prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) pendant dix ans ne lui a pas été profitable, et il mourut alors que le messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) était à côté de sa tête et le suppliait de dire la parole d'unicité d'Allah (qu'Il soit exalté), mais il ne la prononça pas ; et s'il l'avait prononcée, il en aurait été réjoui, le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) en aurait été réjoui, et tout musulman en auraient été réjoui.

 

Ceci est un signe évident qui indique que la guidée est un don divin qu'Allah accorde à qui Il veut, et Allah par Sa sagesse sait mieux où placer Sa guidée ; c'est la raison pour laquelle des gens qui ne le connurent que dans une assemblée, se convertirent à l'Islam devant le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui).

 

En se représentant cette signification, le musulman ressent le grand bienfait d'Allah sur lui le jour où Il l'a guidé à l'Islam alors que beaucoup de Ses créatures sont égarées ; et c'est ce qui nous fait implorer Allah (qu'Il soit glorifié) dans toutes les rak'âats de chaque prière : {Guide-nous dans le droit chemin} [Al-Faatiha : 6] ; et si la guidée était obtenue avec la science seulement, Abou Taaleb serait celui qui mériterait le plus de l'obtenir, parce qu'il est celui qui connait le mieux le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) :

{mais c'est Allah qui guide qui Il veut. Il connaît mieux cependant les bien-guidés} [Le récit : 56].

 

* 2- Il y a dans cette fin un réconfort pour toute personne qui a fournit des efforts dans l'appel à l'Islam, qui a agi en faisant très attention et n'est pas parvenue à ce qu'elle désirait, car le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) était celui qui faisait le plus attention dans l'appel de son oncle à l'Islam, celui qui utilisait la méthode la plus appropriée et celui qui faisait les meilleurs sermons, et malgré cela, il n'a pas accepté son appel ; et auparavant, Noé (paix sur lui) avait fait des efforts pour la guidée de son fils, et Ibrahim (paix sur lui) avait fait des efforts pour la guidée de son père.

Et dans la situation de ces prophètes (paix sur eux) avec leurs proches parents, se trouve un soulagement pour tout prédicateur qui a fournit des efforts pour faire parvenir la vérité à ceux qu'il aime, et la vérité n'est pas parvenue à leurs cœurs.

 

* 3- Allah (qu'Il soit exalté) n'a pas mentionné Abou Taaleb dans le verset par son nom, ni par son surnom, ni par sa description, mais Il l'a mentionné par l'affection du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) envers lui : {celui que tu aimes} [Le récit : 56].

Et cet amour pour son oncle qu'Allah (qu'Il soit exalté) a mentionné à propos de Son prophète, est une affection innée qui provient de la parenté et qui est accordée à ceux qui sont bienfaisants et ont des qualités nobles ; de plus, les âmes sont prédisposées naturellement à aimer ceux qui sont bienfaisants envers elles, et le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) préservait les bonnes actions d'Abou Taaleb, il donnait beaucoup de considération aux actes de bienfaisance qu'il lui avait accordés, il l'aimait d'un amour naturel, et il aimait qu'il soit guidé d'un amour provenant de la religion.

 

L'amour naturel et inné pour les proches parents, les bienfaisants et les gens qui ont une grandeur d'âme, même s'ils ne sont pas musulmans, est une chose à laquelle les cœurs sains ont été prédisposés naturellement, et l'affection prophétique l'a devancé.

 

* 4- Nous voyons qu'Abou Djahal a utilisé un blocus sentimental contre Abou Taaleb à ce moment critique de sa vie ; il ne s'est pas opposé à l'appel du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) avec un argument, il n'a pas appuyé ce à quoi il appelle avec une preuve, et il n'a pris comme argument contre Abou Taaleb que le fait que ce paganisme est la religion d'Abd Al-Mouttaleb ; c'est une logique qui est exempte de preuve et d'argument, mais elle encercle Abou Taaleb avec le blocus sentimental qui lui fait se rappeler de la religion de son père, et lui fait ressentir la désobéissance à ses parents et à ses ancêtres s'il abandonnait sa religion ; et c'est une méthode sournoise qu'Abou Djahal maîtrise parfaitement et qu'il utilise dans beaucoup de situations.

 

Et tu trouves la méthode d'Abou Djahal dans les discussions de beaucoup de ses partisans lorsqu'ils la mettent à exécution d'une manière de guerres des gangs, car cette méthode n'a pas de règles, ni de bases solides.

 

Et il faut que tu saches que ces trois hommes qui étaient à côté d'Abou Taaleb et qui l'encourageaient à la mécréance, deux d'entre eux se convertirent à l'Islam, ils suivirent le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) et abandonnèrent la religion d'Abd Al-Mouttaleb ; et ils sont : Abdoullah ibn Abi Oumayah qui mourut en martyr le jour de la bataille de Hounayn, et Al-Moussayyib ibn Hazane.

 

* 5- Nous restons étonnés devant cette tranquillité spirituelle et la compassion de Mohammed (qu'Allah le bénisse et le salue) à ce moment critique de la vie de son oncle Abou Taaleb alors qu'il lui propose la guidée ; ensuite, il fait face à cette provocation intense d'Abou Djahal qui trouble son appel et s'oppose à son objectif ; malgré cela, le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) ne lui prêta aucune attention, et il n'a pas été rapporté qu'il lui répondit une seule parole, et peut-être que c'était le but d'Abou Djahal afin qu'il occupe le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) , mais le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) resta ferme sur son but et il insista sur sa demande avec gentillesse jusqu'à ce que se produise le décret d'Allah et ce qu'Il avait prédestiné ; ensuite, la tranquillité du prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) continua malgré le regret et la tristesse douloureuse ; et il ne fit aucun commentaire sauf sa parole : (Je demanderai pardon pour toi tant qu'on ne me l'interdira pas).

Et il ne dit aucune parole à Abou Djahal et il ne se préoccupa pas de lui.

 

Cette tranquillité du prophète Mohammed (qu'Allah le bénisse et le salue) dans cette situation difficile de provocation, est une leçon importante à propos du fait de ne pas perdre le temps et l'effort dans ce qui n'est pas utile, et de ne pas se laisser entraîner dans des préoccupations secondaires qui éloignent du but principal.

Et c'est aussi une scène par les scènes concernant la grandeur des qualités morales du prophète Mohammed (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) : {Et tu es certes, d'une moralité imminente} [La plume : 4].

 

4- "O Seigneur ! Châtie…"

 

Trente années se sont écoulées, et il voit toujours cette scène, comme s'il l'a voyait maintenant.

Le voilà assis dans la trésorerie d'Al-Koufah, et il était le responsable de la trésorerie ; les Taabi'înes étaient autour de lui, il leur racontait ce qu'il avait vu ; et son récit dans la situation dans laquelle il se trouvait, est un signe divin et un miracle prophétique ; dans son discours, Abdoullah ibn Mass'ôud (qu'Allah soit satisfait de lui) retourne aux années de l'appel prophétique à la Mecque : Abou Taaleb est mort, et les Qouraychites osèrent nuire au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) comme ils ne l'osaient pas auparavant ; il leur parla de ce jour parmi les jours du messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue), le jour où le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) entra dans la Mosquée Sainte, ensuite il se mit debout pour prier dans l'ombre de la Kâaba. Il se levait et prolongeait la position debout, il s'inclinait et prolongeait l'inclination, il se prosternait et prolongeait la prosternation ; Abou Djahal était assis dans Al-Hijr, un groupe de mécréants parmi les Qouraychites se trouvaient autour de lui ; Abdoullah (qu'Allah soit satisfait de lui) se rappelle d'eux et il les énumère comme s'ils étaient devant ses yeux : 'Outbah ibn Rabi'âah, Chaybah ibn Rabi'âah, Al-Walid ibn 'Outbah, Oumayah ibn Khalaf, 'Oumaarah ibn Al-Walid et 'Ouqbah ibn Abi Mou'âyth.

 

Lorsqu'Abou Djahal vit la longueur de la prosternation du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), il se dirigea vers ses compagnons et dit :

-"Ne voyez-vous pas celui-là qui fait ses actions pour être vu ; qui parmi vous se lève et va à la bête égorgé de telle tribu, - et ils avaient égorgé un chameau hier dans un endroit à la Mecque -, ensuite il prend des restes de sa panse, de son sang et son estomac, puis il attend que Mohammed ait posé son visage pour se prosterner, et il le met sur son dos ?".

Et c'est comme s'ils eurent peur de lui, alors le plus malheureux d'entre eux 'Ouqbah ibn Abi Mou'âyth dit :

-"Moi". Et il alla où se trouvaient les restes de ce chameau, il porta des restes de sa panse et de son estomac, il les apporta, ensuite il attendit que le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) se prosterne et il les jeta entre ses épaules ; alors ils poussèrent des cris en riant, jusqu'à ce qu'ils se penchèrent les uns sur les autres à cause de l'intensité de leurs rires, pour ridiculiser le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et pour se moquer de lui ; et le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) resta prosterné et ne releva pas sa tête.

 

Abdoullah ibn Mass'ôud (qu'Allah soit satisfait de lui) dit : j'étais debout et je regardais, je ne pouvais rien faire, je n'avais pas de famille qui me protégeait, et j'avais peur d'eux ; et si j'avais eu une famille qui me protégeait, je l'aurais enlevé du dos du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille).

 

Alors, un homme partit voir Fatima la fille de Mohammed (qu'Allah soit satisfait d'elle) et lui raconta ce qui c'était passé ; elle arriva en courant, - et elle était une jeune fille -, puis elle l'enleva de son dos, ensuite elle se dirigea vers eux pour les insulter, et elle invoqua Allah (qu'Il soit exalté) contre celui qui avait mis cela sur le dos du prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) ; ils ne lui répondirent pas, et le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) releva sa tête comme il la relevait après sa prosternation ; après avoir terminé sa prière, il se dirigea vers la Maison sacrée, et il priait en direction de Jérusalem, ensuite il éleva sa voix pour invoquer Allah (qu'Il soit glorifié) ; il loua Allah (qu'Il soit exalté) et fit Son éloge, puis il dit :

(O Seigneur ! Punis les Qouraychites ; O Seigneur ! Punis les Qouraychites ; O Seigneur ! Punis les Qouraychites).

Et lorsqu'il invoquait Allah (qu'Il soit glorifié et exalté), il L'invoquait trois fois, et lorsqu'il demandait quelque chose, il demandait trois fois ; lorsqu'ils entendirent sa voix, ils arrêtèrent de rire, et ils eurent peur de son invocation, car ils considéraient que l'invocation dans cette ville était exaucée.

 

Ensuite, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) mentionna les noms, il dit :

(O Seigneur ! Punis Abou Al-Hakam ibn Hichaam, punis 'Outbah ibn Rabi'âah, et Chaybah ibn Rabi'âah, et Al-Walid ibn 'Outbah, et Oumayah ibn Khalaf, et 'Ouqbah ibn Abi Mou'âyth, et 'Oumaarah ibn Al-Walid), jusqu'à ce qu'il énumère les sept.

Ibn Mass'ôud (qu'Allah soit satisfait de lui) a dit : je pense qu'il a invoqué Allah contre eux ce jour-là seulement.

 

Et cinq années ne s'écoulèrent pas avant que ceux-là furent dans l'armée qui sortit de la Mecque par orgueil et pour que les gens les voient, afin d'exterminer le messager (qu'Allah le bénisse et le salue) et son message ; et la bataille de Badr se déroula, le secours d'Allah (qu'Il soit exalté) descendit sur Son messager (bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et les polythéistes subirent une défaite écrasante ; alors, le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) dit pendant qu'il était sur le champ de Bataille :

(Qui va voir ce qu'a fait Abou Djahal ?). Abdoullah ibn Mass'ôud (qu'Allah soit satisfait de lui) dit :

-"Moi, ô Messager d'Allah !".

Et il partit pour le rechercher parmi les morts ; il le trouva affaibli par ses blessures dans le dernier souffle de sa vie, alors il prit sa barbe et dit :

-"Es-tu Abou Djahal ? Louange à Allah qui t'a humilié, ô ennemi d'Allah". Abou Djahal dit :

-"Dis-moi à qui est la victoire aujourd'hui, pour nous ou contre nous ?". Ibn Mass'ôud (qu'Allah soit satisfait de lui) dit :

-"A Allah et à Son messager".

 

Ainsi, Ibn Mass'ôud (qu'Allah soit satisfait de lui) vit Abou Djahal à Badr méprisable et vaincu, tout comme il l'avait vu à la Mecque orgueilleux et oppresseur.

En ce qui concerne le reste des sept hommes contre qui le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) avait invoqué Allah (qu'Il soit exalté) ; Abdoullah ibn Mass'ôud (qu'Allah soit satisfait de lui) a dit :

-"Je jure par Celui qui a envoyé Mohammed avec la vérité, que j'ai vu ceux que le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) avait énumérés morts le jour de Badr, le soleil les avait changés, - et c'était un jour très chaud - ; ensuite, ils furent traînés jusqu'au puits de Badr, et on les y jeta, sauf Oumayah ibn Khalaf car ses articulations se brisèrent parce qu'il était corpulent, alors il fut enterré à l'endroit où il est mort".

 

Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) resta à Badr pendant trois jours, et lorsqu'il remportait la victoire sur des gens, il restait à l'endroit où ils avaient été vaincus pendant trois jours.

 

Le troisième jour, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ordonna qu'on amène sa monture, il l'attacha et partit en marchant ; ses compagnons le suivirent et dirent :

-"Nous pensons qu'il part pour certains de ses besoins".

Ensuite, il s'arrêta sur le bord du puits dans lequel ils furent jetés, et il se mit à les appeler par leurs noms et les noms de leurs pères :

(O Abou Djahal ibn Hichaam, ô Oumayah ibn Khalaf, ô 'Outbah ibn Rabi'âah, ô Chaybah ibn Rabi'âah, ô untel fils d'untel…, souhaiteriez-vous avoir obéi à Allah et à Son messager ? J'ai trouvé que ce que mon Seigneur m'a promis est vrai, alors avez-vous trouvé que ce que votre Seigneur vous a promis est vrai ?).

Les compagnons furent étonnés de cela, et ils dirent :

-"O Messager d'Allah ! Comment peuvent-ils entendre, et comment peuvent-ils répondre, alors que tu les as laissés pendant trois jours jusqu'à ce qu'ils se soient décomposés ? Tu parles à des corps sans âmes !". Il dit (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) :

(Je jure par Celui détient mon âme dans Sa main que vous n'entendez pas ce que je dis mieux qu'eux, sauf qu'ils ne peuvent pas me répondre).

 

Allah (qu'Il soit exalté) les a fait revivre afin qu'ils entendent sa parole, pour que ce soit une réprimande, un abaissement, une vengeance, une tristesse et un regret ; regarder le recueil de hadiths authentiques d'Al-Boukhari (3976).

 

*1- Cette scène me fait prononcer les bénédictions et les salutations sur ce noble prophète dont ceci est une partie de ce qu'il a subi pour nous transmettre le message d'Allah (qu'Il soit glorifié).

Quelle douleur fait souffrir plus que le fait qu'il ressente, alors qu'il est plongé dans une conversation sacrée, que l'audace les a poussés jusqu'à ce qu'ils jettent des saletés sur son dos honorable pendant qu'il parlait à Allah (qu'Il soit exalté) à côté de la Maison d'Allah ?

   

Quelle douleur fait souffrir plus que le fait qu'il entende les rires des Qouraychites, les ennemis de son message, alors qu'ils se penchaient les uns sur les autres en riant et en se moquant de lui (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), et il absorbait dans sa situation l'amertume de la réjouissance des ennemis de son malheur ?

 

Quelle douleur fait souffrir plus que le fait qu'il ne trouve pas quelqu'un pour le secourir à ce moment-là, sauf sa petite fille ?

 

Alors qu'il sait que toute fille admire son père, elle veut le voir dans la meilleure et la plus belle situation, elle veut le voir être celui qui vient à son secours et celui auprès de qui elle cherche le refuge ; donc, quelle était l'état du messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) lorsqu'il vit que sa fille l'ait vu dans cette situation, ensuite elle est celle qui vient à son secours et qui enlève de lui cette saleté, elle insulte ceux qui se sont moqués de lui et elle invoque Allah (qu'Il soit exalté) contre ceux qui lui ont causé du tort. Quelle douleur a-t-il ressenti dans son cœur à cause de la douleur de sa fille ?! Et quelle tristesse se trouvait dans son cœur à cause de sa tristesse ?!

Et si quelqu'un mourrait dans cette situation à cause de l'affliction et de la douleur, je jure par mon Seigneur qu'il ne serait blâmé.

Mais ceci était la patience du messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue).

 

Il me reste à mentionner que le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) n'a pas subi ce tort par surprise sans s'y attendre, mais depuis qu'il emprunta le chemin de la transmission du messager divin, il fut déterminé à supporter tout ce qu'il rencontrerait, personne ne pouvait le détourner de son message, ni le repousser ; il faisait face à cela avec la détermination des messagers doués de détermination ; alors bénédictions et salutations d'Allah sur Mohammed ibn Abdoullah, et sur les membres de sa famille.

 

*2- Comment les chefs des Qouraychites ont-ils pu faire cet acte ? Bien que les arabes n'aient pas l'habitude de faire ce genre d'absurdités, et accomplir ce genre de bassesses ne faisait pas partie de la liste de leurs hostilités ; et parfois, l'un d'entre eux réfrénait son adversaire avec l'épée, ensuite il disait qu'il a tué un homme noble et généreux.

 

Comment Abou Djahal les a-t-il conduits à des pratiques méprisables comme cette méthode dans laquelle les saletés sont utilisées comme arme, et les chefs des arabes s'abstenaient de faire de tels actes ?

 

De même qu'il les a conduits à utiliser l'avarice et le fait d'affamer les gens comme arme lors du siège de Banou Haachim dans la vallée, alors qu'ils étaient ceux qui se vantaient de la générosité, de nourrir les gens, de la largesse et de donner avec générosité.

 

La raison de cela est que c'est une hostilité stimulée par la jalousie et la rancune, et c'est l'hostilité la plus détestable, la plus amère et la plus tyrannique ; c'est l'hostilité dans laquelle les valeurs et les critères des qualités morales sont absents ; et si la cause de l'hostilité était une divergence d'opinions, ou pour assouvir une vengeance, ou d'autres choses semblables, elle ne serait pas descendue à ce niveau le plus bas de la morale ; de plus, cette hostilité est celle d'Ibliss, de Pharaon, du Pharaon de cette communauté [Abou Djahal].

 

*3- 'Outbah ibn Rabi'âah était le cheikh des Qouraychites en ce qui concerne la direction, la raison et la justesse d'opinion, ainsi que son frère Chaybah ; Oumayah ibn Khalaf était le chef de Banou Djoumah ; 'Oumaarah ibn Al-Walid ibn Al-Moughayrah était le fils du chef de Banou Makhzoum ; alors comment le discernement, les cerveaux et les bonnes qualités de ceux-là furent-ils absents jusqu'à ce qu'ils réagirent à ce comportement méprisable alors qu'ils eurent peur de cela dès qu'Abou Djahal le leur proposa ?

 

Le secret de cela est l'intelligence d'Abou Djahal et sa capacité extraordinaire pour la direction, pour influencer les autres et pour contrôler ceux qui sont plus âgés que lui et ont plus d'autorité que lui ; et c'est un talent personnel qu'il a utilisé dans cette voie destructrice ; et son habileté dans cette situation est apparente, étant donné qu'il a transformé la pensée individuelle en position collective dans laquelle la raison des gens doués de raison disparut. De plus, grâce à son intelligence, il n'a pas fait cela lui-même, mais il le leur a proposé, comme si c'était un défi qu'il leur faisait à tous ; et il savait qu'Outbah ibn Rabi'âh ne ferait pas cela, ni son frère, ni son fils, ni Oumayah, ni 'Oumaarah, et que l'unique candidat pour cette stupidité était 'Ouqbah à cause de sa témérité et de son audace insolente, mais il ne lui a pas demandé de le faire car il aurait peut-être refusé et il aurait considéré que cela correspondait à le rabaisser. Et ce qu'Abou Djahal avait prévu, se réalisa ; 'Ouqbah s'empressa de choisir le rôle de lui-même ; et lorsqu'il exécuta la tâche méprisable, ils participèrent tous au festival de rire sarcastique : celui qui donna l'ordre, celui qui l'exécuta et celui qui était resté silencieux. C'est une parole qu'Abou Djahal prononça, et ils finirent tous par être associés dans ce crime sale.

 

Les malheureux comme Abou Djahal sont très nombreux, tu trouves qu'il commande des groupes, ou qu'ils dirigent des cultures, ou qu'ils gouvernent des pays, et ensuite ils terminent dans la perdition et la destruction ; et ceux qui les suivent, sont entraînés avec eux dans un coma mental, et ils ne se réveillent de ce coma que lorsqu'ils font face à leur sort tragique ; et le réveil le plus amer et le plus décevant est le réveil dans la demeure de l'au-delà, le jour où ceux qui les ont suivi, ne trouveront aucune ruse dans leurs mains, sauf le fait de dire avec regret à leurs leaders : "N'était-ce vous, nous serions croyants !".

 

Si tu observais autour de toi, combien verrais-tu de gens qui ont les yeux bandés et les cerveaux attachés, qui courent derrière des choses qui les conduisent avec habileté vers une profondeur fatale ?!

 

*4- L'honneur qu'Allah (qu'Il soit exalté) accorde à ce prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) en exauçant son invocation contre eux, et ce qui fut le plus évident est qu'ils persistèrent dans le malheur et qu'ils n'abandonnèrent pas la mécréance jusqu'à ce qu'ils meurent ; ensuite, il les vit morts alors que le soleil les avait changés, dans la bataille dans laquelle ils pensaient qu'ils remporteraient la victoire sur lui ; et ensuite, Allah (qu'Il soit exalté) rompit la loi universelle pour lui afin qu'il leur fasse entendre trois jours après leur mort et après qu'ils aient vu ce qu'Allah (qu'Il soit exalté) leur avait promis :

(Alors, avez-vous trouvé vrai ce que votre Seigneur vous avait promis ?).

 

Et le plus malheureux d'entre eux, celui qui accomplit cet acte horrible ['Ouqbah ibn Abi Mou'âyth], fut prisonnier et ne fut pas tué, afin qu'il voie de ses propres yeux ce prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) sur lequel il eut l'audace de jeter les saletés, compléter la victoire en enterrant les morts, en amenant les prisonniers, en distribuant les butins, et en retournant à Médine victorieux ; jusqu'à ce que ses yeux voient toutes ces choses et que le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) soit proche de Médine, l'ordre fut donné de lui frapper le cou ; et afin que ceci soit un soulagement provenant d'Allah pour le cœur de Son prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) de la douleur de cette réjouissance de son malheur lorsqu'ils s'étaient moqués de lui, et afin de se venger de ceux qui lui avaient causé ce tort.

 

Ensuite, Allah (qu'Il soit glorifié et exalté) honora Son prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) en faisant que leurs enfants vinrent à lui, et ses yeux les virent croire à son message et suivre sa religion pour laquelle leurs parents lui causaient du tort et le combattaient : 'Ikrimah ibn Abi Djahal, Safwaane ibn Oumayah, Abou Houdhayfah ibn 'Outbah, Hind la fille d'Outbah, Khalid ibn Al-Walid ibn Al-Moughayrah, Oum Koulthoum et Al-Walid les enfants d'Ouqbah ibn Abi Mou'âyth, se convertirent tous à l'Islam, restèrent fermes sur l'Islam et moururent dans l'Islam (qu'Allah soit satisfait d'eux).

 

*5- Le fait qu'Ibn Mass'ôud (qu'Allah soit satisfait de lui) rapporte ce hadith est un signe divin et un miracle prophétique, car Ibn Mass'ôud qui était présent au moment de cette scène et vit cette audace contre le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui), ainsi que ce tort qui lui fut causé, alors qu'il était dans une situation d'incapacité d'aider le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) et de le secourir, racontait ce hadith alors qu'il était dans la trésorerie à Al-Koufah, il avait été désigné comme responsable de la trésorerie par Omar ibn Al-Khattaab (qu'Allah soit satisfait de lui) le calife du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ; et Ibn Mass'ôud vit comment le secours d'Allah et la conquête arrivèrent, les gens entrèrent dans la religion d'Allah par groupes, le royaume de Kisraa et de César disparurent, et leurs trésors fut partagés dans le chemin d'Allah, Allah (qu'Il soit exalté) acheva Son affaire et fit dominer la religion de Son prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) au-dessus de toutes les religions même si les polythéistes détestaient cela.

Donc, O Allah ! Que la distance est vaste entre les deux jours d'Ibn Mass'ôud : le jour où il vit cette scène et le jour où il la raconta.

 

*6- La compréhension d'Ibn Mass'ôud (qu'Allah soit satisfait de lui) le jour où il vécut l'événement et le jour où il le raconta ; car il sut selon sa situation qu'il était faible à la Mecque, il n'avait pas de tribu puissante étant donné qu'il est de la tribu de Houdhayl qui était alliée aux Qouraychites et il ne faisait pas partie d'eux ; et il souhaita posséder la force afin d'enlever la saleté du dos du messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) ; et étant donné qu'il ne possédait pas la force, il se contenta de patienter face à ce qu'il voyait, il patienta face à une douleur plus intense que si cette saleté était sur le dos de son père ; et ce jour-là, Ibn Mass'ôud aurait souhaité que les polythéistes aient jeté cette saleté dans ses yeux et qu'ils ne l'aient pas jeté sur le dos du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille). Malgré cela, il ne s'est pas précipité pour faire un acte dont les conséquences n'étaient pas calculées et dont le résultat n'était pas espéré, car s'il s'était opposé aux Qouraychites dans cette situation, leur mal et leur orgueil  auraient augmenté parce qu'ils refusaient avec mépris qu'un allié qui ne faisait pas partie d'eux ose s'opposer à eux ; en plus, ils l'auraient attaqué avec violence alors qu'il n'avait pas de tribu, ni de famille qui puisse le défendre à la Mecque ; c'était donc une confrontation qui n'était pas équilibrée et un résultat qui n'était pas avantageux ; c'est la raison pour laquelle il lui a suffi de faire ce que celui qui est dans sa situation doit faire : "Désapprouver avec le cœur".

 

Et la preuve de la justesse de sa compréhension (qu'Allah soit satisfait de lui), est le fait que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ait approuvé ce qu'il a fait, car il ne l'a pas blâmé (qu'Allah le bénisse et le salue) et il ne lui a pas demandé de faire plus que ce qu'il a fait ; et Ibn Mass'ôud (qu'Allah soit satisfait de lui) n'a pas ressenti de reproche provenant de lui (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) à cause de cela pendant toute la longue période qu'il a accompagné le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) et qu'il est resté avec lui. C'est la raison pour laquelle Ibn Mass'ôud (qu'Allah soit satisfait de lui) parla de tout ce qu'il avait vu pendant la gloire et la domination de l'Islam, il raconta sa situation ce jour-là avec une grande confiance, et il ne ressentit pas que dans sa position qu'il eut, il devait être critiqué ou blâmé.

 

Et c'est comme si je le voyais (qu'Allah soit satisfait de lui), si quelqu'un l'avait blâmé pour cela, il aurait dit :

-"Celui qui est meilleur que toi m'a vu, et il ne m'a pas blâmé et il ne m'a accusé d'avoir commis une erreur".

 

Si la communauté de Mohammed (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) comprenait cette guidée prophétique comme Ibn Mass'ôud (qu'Allah soit satisfait de lui) l'a comprise, combien elle aurait préservé et tiré profit de ses énergies, de ses capacités et de ses moyens qui ont été dilapidés dans des confrontations qui n'étaient pas équilibrées, ensuite le résultat fut la perte ?!

 

*7- N'es-tu pas étonné de la parole d'ibn Mass'ôud (qu'Allah soit satisfait de lui) ? Et n'es-tu pas touché au cœur par sa parole ? Alors qu'il est celui qui a accompagné le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) depuis le début de son appel, et il a vu des Qouraychites les préjudices intenses, l'hostilité violente, les différents genres de ruses, et l'effort extrême fourni pour causer du tort au prophète et à son appel à l'Islam (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), comme : le siège contre lui dans la vallée à la Mecque pendant trois ans, et le fait d'entraîner les armées jusqu'à lui à Médine ; et malgré cela, il dit (qu'Allah soit satisfait de lui) : "Je ne l'ai jamais vu invoquer Allah contre eux que ce jour-là".

Alors, tu vois en cela sa grande tolérance, sa sage lenteur, et sa belle patience (bénédictions et salutations d'Allah sur lui).

 

*8- Pourquoi le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) est-il resté prosterné sans relever sa tête, en ayant la saleté sur son dos, jusqu'à ce que Fatima (qu'Allah soit satisfait d'elle) vienne et l'enlève ? Que disait-il dans sa prosternation ?

Nous ne le savons pas, mais nous savons que sa fermeté les empêcha de se réjouir de la scène qu'ils attendaient, et qui correspond au fait que le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) se lève en étant dans la confusion et effrayé, ensuite qu'il essaye de jeter la saleté qui se propagerait sur ses vêtements et se disperserait sur son corps ; dans une scène qui augmenterait leur rire, leur moquerie et leur sarcasme, mais sa fermeté et sa maîtrise de soi leur firent manquer cela.

 

De même que nous sommes sûrs que sa fermeté (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) dans cette situation, était une conversation avec son Seigneur qui l'a envoyé, et c'est comme si chaque instant était une langue sincère et humble qui invoquait Allah (qu'Il soit exalté) en disant :

"O Seigneur ! Je subis cela pour transmettre Ton message, pour T'obéir, pour accomplir Ton droit ; ô Seigneur ! Je les ai appelés à Toi, et ceci est leur réponse, j'ai fait des efforts pour eux, et ceci est leur effort ; ô Seigneur ! Ce que je rencontre est dans Ton chemin ; ô Seigneur ! Ai- je bien transmis ; ô Seigneur ! Sois-en témoin".

 

* 9- Malgré la douleur atroce de cette situation, elle ne resta pas un poids psychologique lourd avec le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) jusqu'à ce qu'il s'en rappelle tout le temps et qu'on lui en parle, mais il la surmonta (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) en se dirigeant vers ses affaires. Ceci apparait avec le bon accueil que prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) a fait aux enfants de ces malheureux, car il a bien accueilli 'Ikrimah ibn Abi Djahal, Safwaane ibn Oumayah ibn Khalaf, Abou Houdhayfah ibn 'Outbah ibn Rabi'âah, Khalid ibn Al-Walid le frère de 'Oumaarah ibn Al-Walid, et Oum Koulthoum la fille d'Ouqbah ibn Abi Mou'âyth ; et il n'est pas étonnant que le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) n'ait pas dit à l'un d'entre eux : "Ton père a fait telle et telle chose", car ses qualités morales étaient plus nobles et plus grandes que cela ; mais ce qui est encore plus étonnant, est qu'il ait eu peur que ses compagnons fassent cela et le leur rappellent, alors il dit :

(N'insultez pas les morts, car vous nuiriez aux vivants).

 

* 10- Nous sommes devant une grande scène dans laquelle nous voyons la force psychologique de Fatima Az-Zahraa (paix sur elle), malgré son jeune âge, étant donné qu'elle vint alors qu'elle était une petite fille, et elle enleva la saleté du dos de son père le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ; ensuite, elle se dirigea vers ce groupe de gens qui était composé des chefs et des notables des Qouraychites, puis elle cria en les insultant, et elle invoqua Allah (qu'Il soit exalté) contre celui qui avait fait cela parmi eux. Et ce qui est encore plus étonnant, est que malgré son emportement, elle ne pleura pas, mais elle les affronta avec courage, force et sang-froid. Ensuite, Allah (qu'Il soit glorifié et exalté) l'honora après qu'elle ait vu son père dans cette scène douloureuse, Allah (Le Puissant et le Haut) la rendit heureuse et elle vit son père après dix ans tourner autour de la Maison Sacrée en ayant avec lui plus de cent mille musulmans et musulmanes ; il n'y avait aucune statue autour de la Kâaba, et aucun polythéiste ne tournait autour de la Maison Sacrée. Alors, s'est-elle rappelée cette scène pendant que son père passait à côté de cet endroit ? S'est-elle demandée : "Où sont ce groupe de gens ? Où sont leur rire, leur moquerie et leur sarcasme ? Et quel fut leur sort ?!".

 

Ensuite, Allah (qu'Il soit glorifié) compléta Sa générosité et Son bienfait sur elle, alors son père ne mourut pas avant de lui dire : (Ne serais-tu pas satisfaite d'être la meilleure des femmes parmi les habitants du Paradis ?) rapporté par Al-Boukhari et Mouslim, d'après Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle).

 

Donc, salutations, paix et bénédictions d'Allah sur elle et sur son père, certes dans l'univers, Il est digne de louange et de gloire !

 

 

5- Le groupe du roi

 

Nous voilà dans les premières années du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) à Médine ; et le voilà (qu'Allah le bénisse et le salue), selon sa guidée et sa Sounnah concernant le fait de rendre visite à ses compagnons et de prendre soins d'eux, qu'il se dirige vers les maisons de la tribu Banou Al-Haarith sur un âne en ayant derrière lui son bien-aimé Oussaamah ibn Zayd (qu'Allah soit satisfait de lui et de son père), afin de rendre visite à son compagnon Sâad ibn 'Oubaadah le chef des Khazradjs (qu'Allah soit satisfait de lui) chez lui.

 

Sur son chemin, il passa à côté d'une assemblée dans laquelle s'étaient rassemblés des musulmans, des polythéistes adorateurs d'idoles et des juifs, et parmi eux se trouvaient Abdoullah ibn Oubay ibn Saloul avant qu'il ne laisse apparaître son Islam, et Abdoullah ibn Rawaahah (qu'Allah soit satisfait de lui), alors il changea son trajet pour aller vers eux. Lorsqu'il s'approcha d'eux, la poussière de l'âne se souleva, et c'est une chose normale sur la terre de Médine qui était des marécages [de la terre sèche], et la poussière se soulevait à cause des pas des gens et des sabots des bêtes ; alors, Abdoullah ibn Oubay ibn Saloul s'empressa de se couvrir le nez et dit :

-"Ne soulevez pas la poussière sur nous". Ensuite, il dit :

-"Je jure par Allah que l'odeur de ton âne me nuit".

C'était un comportement rude, car au lieu de se lever vers lui, d'aller à sa rencontre et de l'accueillir, - comme c'était l'habitude des arabes, qu'ils soient musulmans ou polythéistes, pour accueillir et honorer la personne qui arrivait -, il s'opposa à cette habitude par l'aversion et en se détournant ; mais le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) passa sur cette attitude et n'y prêta pas attention, et il les salua en premier, puis il descendit, s'assit avec eux, les appela à Allah (qu'Il soit exalté) et il leur lut le Coran ; Abdoullah ibn Oubay entendit les versets du Coran et l'appel du messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue), et il fut incapable de mettre en doute la clarté de sa preuve et de discuter à propos de l'authenticité de ses réalités, mais il utilisa une autre méthode pour semer la confusion, il dit :

-"O Homme ! Il n'y a rien de meilleur que ce que tu dis si c'est vrai, alors ne nous nuis pas avec cela dans notre assemblée ; retourne chez toi, et ceux qui viennent te voir, alors raconte-leur".

 

Et c'était une méthode qui renfermait un mauvais complot et un doute de la sincérité du véridique (bénédictions et salutations d'Allah sur lui), c'est la raison pour laquelle Abdoullah ibn Rawaahah (qu'Allah soit satisfait de lui) se mit en colère à cause de cette mauvaise parole adressée au messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue), et il se dirigea vers le messager d'Allah en disant :

-"Oui, ô Messager d'Allah ! Viens nous parler de cela dans nos assemblées, car nous aimons cela". Et un homme parmi les Ansaars dit :

-"Je jure par Allah que l'âne du messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) a une meilleure odeur que toi".

Et ils se lancèrent des paroles jusqu'à ce que les musulmans, les polythéistes et les juifs s'insultèrent et se mirent en colère les uns contre les autres, et ils se frappèrent avec les branches de dattiers, les mains et les sandales ; alors le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) se mit à faire baisser leur colère et à les calmer jusqu'à ce qu'ils se taisent et que leur colère s'apaise.

 

Ensuite, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) monta sur son âne et continua son chemin jusqu'à ce qu'il entre chez Sâad ibn 'Oubaadah (qu'Allah soit satisfait de lui), et il lui raconta ce qui s'était passé parce qu'il était parmi les chefs des Khazradjs tout comme Abdoullah ibn Oubay était lui aussi parmi leurs chefs ; et il lui dit (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) :

(O Sâad ! N'as-tu pas entendu ce qu'a dit Abou Houbaab, - c'est-à-dire Abdoullah ibn Oubay - ; il a dit telle et telle chose).

Sâad ibn 'Oubaadah dit :

-"O Messager d'Allah ! Pardonne-lui et passe sur cela, car je jure par Celui qui a fait descendre le Livre sur toi qu'Allah a fait venir la vérité qu'Il a faite descendre sur toi, alors que les habitants de cette ville s'étaient mis d'accord pour le couronner et pour se rassembler autour de lui ; et Allah t'a fait venir à nous alors que nous préparions pour lui les perles afin que nous le couronnions ; et lorsqu'Allah rejeta cela avec la vérité qu'Il t'a donnée, il se mit en colère à cause de cela, et c'est la raison pour laquelle il a fait ce que tu as vu".

Alors, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) lui pardonna et passa sur cette attitude.

 

Et lorsque la bataille de Badr eut lieu, qu'Allah donna la victoire à Son messager, et que les chefs du polythéisme furent tués alors qu'Abdoullah ibn Oubay pensait qu'il obtiendrait la supériorité grâce à eux et qu'il deviendrait fort grâce à leur hostilité envers le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue), il sut qu'il ne pouvait pas faire face à cette affaire, alors il dit à ceux qui étaient avec lui parmi les polythéistes :

-"C'est une affaire qui avance. Donc, prêtez serment d'allégeance au messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) sur l'islam, et faites semblant d'entrer dans l'Islam, même si vos cœurs débordent encore de rancune envers l'Islam et qu'ils sont remplis de maladies contre lui".

 

* 1- Ton attention est attirée dans cette scène par le fait que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) passa à côté d'une assemblée dans laquelle étaient mélangés des musulmans, des polythéistes et des juifs, malgré cela il n'a pas blâmé les musulmans de s'être assis dans cette assemblée, ni de s'être mélangés à ces polythéistes et à ces juifs ; plus exactement, après que ce soit produit ce qui s'est passé dans l'assemblée, et que le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) soit parti et les ait laissés, il n'a pas ordonné aux musulmans de se séparer d'eux, mais il les a laissés dans la situation  dans laquelle ils se trouvaient et dans leur assemblée, afin que soit clair et apparent que le mélange et la coexistence sont la base dans les relations humaines, et que le musulman est confiant dans sa religion et a une conviction ferme en ce qu'il croit, et il ne lui est pas nuisible de s'asseoir avec ceux qui s'opposent à lui ou de se mélanger à eux, car il est beaucoup plus capable d'avoir de l'effet sur eux qu'ils ne peuvent avoir de l'effet sur lui.

 

L'isolement et le fait d'être replié sur soi-même, étaient la situation des polythéistes, à cause de leur manque de confiance en ce qu'ils pratiquaient et de la faiblesse de leurs arguments lors des débats et des discussions ; donc, leur slogan isolationniste était : {"Ne prêtez pas l'oreille à ce Coran, et faites du chahut (pendant sa récitation) afin d'avoir le dessus"} [Les versets détaillés : 26]. Et le slogan d'Abdoullah ibn Oubay fut :

-"Retourne chez toi, et celui qui vient te voir, alors raconte-lui".

 

Ils avaient peur de l'influence du fait d'écouter s'ils écoutaient, et de l'influence de la fréquentation s'ils fréquentaient, alors ils se sont encerclés des cercles du repli sur soi et de l'éloignement ; tandis que les compagnons, bien qu'ils venaient d'entrer dans l'Islam, étaient plus ouverts, et plus aptes à la fréquentation et à la coexistence, afin que leur religion se répande à travers cette fréquentation, que l'espace de leur appel à Allah s'élargisse, et afin que soient brisés les cercles de l'isolement avec lesquels les polythéistes se protégeaient.

 

Ensuite, une époque est arrivée où certains parmi nous font face à l'ouverture mondiale avec encore plus de repli sur soi, et ils se comportent avec leur religion et leur conviction comme si elle était une vitre qui peut être cassée à n'importe quelle doute.

 

* 2- Ton attention est attirée par ces qualités morales élevées dans le comportement du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), car lorsqu'Ibn Oubay lui parla en disant : "O Homme", le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) le mentionna par son surnom, il dit : (N'as-tu pas entendu ce qu'a dit Abou Houbaab ?).

Et lorsque les musulmans et les polythéistes se disputèrent à cause de lui (bénédictions et salutations d'Allah sur lui), le prophète ne prit pas partie dans la dispute, mais il s'éleva au-dessus de la dispute et il se mit à apaiser leur colère jusqu'à ce qu'ils se calment ; et avec ces qualités morales élevées, il réussit à contenir ces provocations qu'Ibn Oubay et les furieux avec lui essayaient de soulever ; plus exactement, cette manière élevée dans le comportement fit que s'éteignent toutes les conspirations qu'ils avaient complotées, et que les répercussions destructives qu'ils espéraient, ne se réalisent pas.

 

* 3- Le diagnostic de Sâad ibn 'Oubaadah (qu'Allah soit satisfait de lui) concernant la situation d'Abdoullah ibn Oubay était très précis et fait avec une grande conscience, car l'affaire pour lui n'était pas une opposition d'opinion ou le manque de conviction sur les arguments, mais c'est parce qu'il était jaloux du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) étant donné que la vérité avec laquelle il est venu le priva de la direction des tribus qu'il convoitait ; alors, il se mit en colère contre le messager et le message, et il fit des efforts pour s'y opposer du mieux qu'il pouvait, ensuite lorsqu'il vit que l'affaire avançait, il changea sa méthode pour la ruse à l'intérieur du rang, et les musulmans commencèrent à affronter un autre genre d'hostilité avec l'hypocrisie et les hypocrites.

 

Le microbe de la jalousie était le véritable stimulant de l'hostilité la plus forte à laquelle le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) fit face, et ceci apparait clairement en disséquant l'hostilité d'Abou Djahal et de Houyay ibn Akhthab, comme cela fut le cas de leur professeur Ibliss le jour où il dit : "Je suis meilleur que lui".

Et il est très rare que ceux qui portent ce genre d'hostilités, les abandonnent ; mais au contraire, ils portent leurs rancunes jusqu'à leurs tombes.

 

* 4- Par conséquent, l'enchaînement des ruses et des conspirations secrètes continua ; il fit semblant de s'être converti à l'Islam la deuxième année de l'Hégire ; et la troisième année de l'Hégire, il fit une action de ruse à un moment critique, étant donné qu'il se retira avec un tiers de l'armée devant le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) juste avant la bataille d'Ouhoud, afin de provoquer la faiblesse dans les cœurs des musulmans et afin que leur ennemi les convoite.

 

La quatrième année de l'Hégire, il dit sa parole : {«Ne dépensez point pour ceux qui sont auprès du Messager d'Allah, afin qu'ils se dispersent»} [Les hypocrites : 7], et il dit aussi : {«Si nous retournons à Médine, le plus puissant en fera assurément sortir le plus humble»} [Les hypocrites : 8].

Ensuite, il fut celui qui se chargea de la plus grande part du mensonge contre notre mère Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) ; et la cinquième année de l'Hégire, il prit la charge, avec les hypocrites qui étaient avec lui, de la guerre psychologique à l'intérieur du rang des musulmans pendant l'intensité de l'affrontement avec les coalisés, et ils dirent : {"Allah et Son messager ne nous ont promis que tromperie"} [Les coalisés : 12].

 

 

Mais le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) contint toutes ces ruses et il arrêta leurs répercussions avec sa tolérance et son pardon, afin de repousser les préjudices et de réformer les cœurs de ses compagnons ; et Allah (qu'Il soit exalté) voulut que l'affliction et le tourment d'Ibn Saloul augmentent, et lui faire subir une partie de son châtiment dans ce monde, alors il prolongea sa vie jusqu'à ce qu'il vit le secours d'Allah et la victoire, il vit les gens entrer dans la religion d'Allah par groupes, il vit les délégations des arabes se presser en foule à Médine pour prêter serment d'allégeance au messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et suivre sa religion ; il vit le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) de qui il était jaloux parce qu'il avait pris la direction de Médine, prendre la direction de tous les arabes ; et il le vit alors que le roi des romains avait peur de lui ; alors, il mourut en étant dans la situation la plus terrible d'affliction et de peine.

 

 

* 5- La tolérance du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) envers Abdoul ibn Oubay ibn Saloul continua après sa mort, car lorsqu'il mourut, son fils Abdoullah vint voir le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et il dit :

-"O Messager d'Allah ! Donne-moi ton vêtement afin que je m'en serve comme linceul pour lui". Alors il lui donna son vêtement, ensuite il dit :

(Donne-moi la permission de prier sur lui).

Et il fut enveloppé dans le vêtement du prophète (qu'Allah le bénisse et le salue), ensuite le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) vint avant qu'il soit enterré, et lorsqu'il se leva pour prier sur lui, Omar (qu'Allah soit satisfait de lui) bondit vers lui, prit son vêtement et dit :

-"O Messager d'Allah ! Pries-tu sur Ibn Oubay alors qu'il a dit tel jour telle et telle chose, et tel jour telle et telle chose ?". Il lui énuméra les paroles d'Ibn Oubay, alors le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) se retourna vers lui en souriant et dit :

(Recule, ô Omar !). Et Omar insista et se mit à le supplier en disant :

-"Tu pries sur lui alors qu'Allah t'a interdit de demander pardon pour eux, Il a dit : {Que tu demandes pardon pour eux, ou que tu ne le demandes pas, - et si tu demandes pardon pour eux soixante dix fois -, Allah ne leur pardonnera point} [Le repentir : 80]".

Alors le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) dit :

(Allah m'a donné le choix, Il a dit : {Que tu demandes pardon pour eux, ou que tu ne le demandes pas, - et si tu demandes pardon pour eux soixante dix fois -, Allah ne leur pardonnera point}, et j'augmenterai plus que soixante-dix fois pour lui).

 

Ensuite, le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) pria sur lui, et il prolongea la prière jusqu'à ce que Moudjam'î ibn Djaariyah (qu'Allah soit satisfait de lui) dise :

-"Je n'ai jamais vu le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) rester debout aussi longtemps pour une prière funéraire comme il resta debout pour la prière funéraire d'Abdoullah ibn Oubay".

 

Lorsqu'il termina la prière, et que son cortège funèbre fut porté et qu'il fut mis dans son trou, le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) ordonna qu'on l'enlève du trou, ensuite il le posa sur son genou, il découvrit son visage, et il cracha de sa salive bénie dans sa bouche afin que la dernière chose qu'il ait prise de ce monde soit la salive du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille).

 

 

* 6- Une seule des paroles d'Abdoullah ibn Oubay suffisait pour qu'il soit tué à cause d'elle, et même si c'était seulement sa conspiration avec les ennemis du messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) qui le combattaient, comme les juifs de Banou An-Nadhir à qui il envoya quelqu'un pour leur dire, - alors qu'ils étaient dans une situation de guerre et que le messager (qu'Allah le bénisse et le salue) assiégeait leurs forteresses - : {«Si vous êtes chassés, nous partirons certes avec vous et nous n'obéirons jamais à personne contre vous ; et si vous êtes attaqués, nous vous secourrons certes»} [L'exode : 11].

Ceci est considéré être une grande trahison dans toutes les conventions mondiales, alors que dire si on y ajoute comme sa parole : {«Ne dépensez point pour ceux qui sont auprès du Messager d'Allah, afin qu'ils se dispersent»} [Les hypocrites : 7] ; et sa parole : {«Si nous retournons à Médine, le plus puissant en fera assurément sortir le plus humble»} [Les hypocrites : 8], et il voulait dire par "le plus humble" : le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille).

 

Malgré cela, le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) s'abstint de lui faire du mal, et il interdit à ses compagnons qui voulaient le tuer de lui faire du mal, parmi eux : Omar ibn Al-Khattaab qui dit :

-"O Messager d'Allah ! Laisse-moi frapper le cou de cet hypocrite". Alors, le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit :

(Laisse-le). Et ceci en prenant en considération des intérêts plus élevés, parmi eux :

 

* A- La nouvelle de sa mort se répandrait, et la véritable raison ne se répandrait pas avec la nouvelle de sa mort ; et elle serait interprétée avec des interprétations erronées qui éloigneraient les gens de l'appel du messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) ; c'est la raison pour laquelle il dit :

(Afin que les gens ne disent pas que Mohammed tue ses compagnons), (Afin que les gens ne disent pas que Mohammed a combattu avec ses compagnons, ensuite il les a tués), (Afin que les gens ne disent pas que je prends mes compagnons et que je les tue).

 

 

* B- Par considération pour les sentiments de ses compagnons parmi les Ansaars pour qui Abdoullah ibn Oubay représentait une direction tribale, et entrer dans un affrontement avec lui mettrait des groupes parmi eux en colère, déplairait à d'autres et provoquerait une tentation ; c'est la raison pour laquelle parmi les résultats de la tolérance du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) envers lui, le fait que les gens de son peuple furent ceux qui le blâmèrent ; alors, le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit à Omar (qu'Allah soit satisfait de lui) :

(Qu'en penses-tu ? Et je jure par Allah que si je l'avais tué le jour où tu m'as dit : "Tue-le", des hommes se seraient mis en colère pour lui par enthousiasme et par esprit de clan, et si je leur ordonnais aujourd'hui de le tuer, ils le tueraient) ; c'est-à-dire que ceux qui se seraient mis en colère pour lui, se mirent en colère contre lui et le blâmèrent.

 

Il y a en cela, l'établissement de la prise en considération des intérêts et de l'éloignement des préjudices, ainsi que se préoccuper de la bonne entente, et repousser la tentation et la divergence.

 

 

6- Le chef de la vallée

 

Sâad ibn Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui) était le chef de la tribu Banou Abd Al-Ach'hal parmi Al-Awses à Médine, et Oumayah ibn Khalaf était le chef de la tribu Banou Djoumah parmi les Qouraychites à la Mecque, et ils étaient deux amis qui se rendaient visite ; lorsque Oumayah partait à Chaam et qu'il passait par Médine, il restait chez Sâad ; et lorsque Sâad allait à la Mecque, il restait chez Oumayah.

Lorsque le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) émigra à Médine, Sâad ibn Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui) partit pour accomplir la 'Oumrah, et il avait cru au messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue), il l'avait suivi, il lui avait donné asile et il l'avait secouru.

 

 

Lorsqu'il arriva à la Mecque, il resta chez son ami Oumayah ibn Khalaf, ensuite il lui dit :

-"O Abou Safwaane ! Regarde un moment où il n'y a pas beaucoup de monde afin que je tourne autour de la Maison Sacrée". Oumayah dit :

-"Attends jusqu'au milieu de la journée et que les gens ne se soucient de rien".

Alors, Oumayah sortit avec lui à peu près au milieu de la journée, et c'est un moment où les gens se réfugient dans leurs maisons à cause de l'intensité de la chaleur à la Mecque ; et Oumayah ne pensa pas qu'ils rencontreraient quelqu'un à cette heure-là.

 

Et pendant que Sâad tournait autour de la Maison Sacrée, Abou Djahal vint le voir et dit :

-"Qui est celui qui tourne autour de la Kâaba en étant en sécurité ?". Sâad (qu'Allah soit satisfait de lui) qui était un jeune homme et un chef honorable, et qui ne se cachait pas lorsqu'on l'appelait, dit :

-"Je suis Sâad ibn Mou'âadh". Alors, Abou Djahal dit :

-"Ne suis-je pas entrain de te voir tourner autour de la Kâaba à la Mecque en étant en sécurité, alors que vous avez donné asile à Mohammed et à ses compagnons, et que vous prétendez que vous les soutenez et que vous les aidez". Sâad dit :

-"Oui". Abou Djahal dit :

-"Je jure par Allah que si tu n'étais pas avec Abou Safwaane, tu ne serais pas retourné sain et sauf à ta famille". Alors Sâad lui dit, - en élevant sa voix sur lui - :

-"Et je jure par Allah que si tu m'empêches de faire cela, je t'empêcherai de faire ce qui est encore plus dure pour toi : ton chemin vers Médine".

Alors, Oumayah dit à Sâad :

-"N'élève pas ta voix sur Abou Al-Hakam, car il est le chef des habitants de la vallée".

Puis, Sâad et Abou Djahal se mirent à s'échanger des paroles, et Oumayah se mit à tenir Sâad en disant :

-"N'élève pas ta voix sur Abou Al-Hakam, car il est le chef des habitants de la vallée".

Alors, Sâad se mit en colère contre Oumayah ; et il fut été préférable qu'il soutienne son invité et son ami, et qu'il ne permette pas à Abou Djahal de lui parler de cette manière ; c'est la raison pour laquelle il le poussa de sa main dans sa poitrine et il dit :

-"Laisse-nous, ô Oumayah ! Car j'ai entendu le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) dire qu'ils te tueront". Oumayah dit :

-"Moi ?". Il dit :

-"Oui". Oumayah dit :

-"A la Mecque ?". Il dit :

-"Je ne sais pas". Alors, Oumayah fut terriblement effrayé et dit :

-"Je jure par Allah que Mohammed ne ment pas lorsqu'il parle".

 

Lorsqu'il retourna à sa femme, il dit :

-"O Oum Safwaane ! Sais-tu ce que m'a dit mon frère de Yathrib". Elle dit :

-"Et que t'a-t-il dit ?". Il dit :

-"Il prétend que Mohammed leur a dit qu'ils me tueront". Elle lui dit :

-"A la Mecque ?". Il dit :

-"Je ne sais pas". Elle dit :

-"Mohammed ne nous laisse pas tranquille, Je jure par Allah que Mohammed ne ment pas lorsqu'il parle". Alors, Oumayah dit :

-"Je jure par Allah que je ne sors pas de la Mecque".

 

 

Et avant la bataille de Badr, Abou Djahal appela les gens au combat en disant :

-"Rattrapez votre caravane !".

Il voyait que c'était une occasion afin de rassembler les Qouraychites pour combattre le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), ainsi il exterminerait le messager (qu'Allah le bénisse et le salue) et le message.

 

Et Oumayah se rappela de ce dont lui avait parlé Sâad ibn Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui), et il décida de ne pas sortir avec eux de la Mecque ; alors Abou Djahal vint le voir et dit :

-"O Abou Safwaane ! Tu es le chef des habitants de la vallée, et si les gens voient que tu restes en arrière, ils resteront en arrière avec toi ; alors avance avec nous pendant deux ou trois jours". Et Abou Djahal insista et continua à lui parler jusqu'à ce qu'il dise :

-"Etant donné que tu l'as emporté sur moi, je jure par Allah que je vais acheter le meilleur chameau à la Mecque", et ceci afin qu'il s'enfuie sur ce chameau dès le premier événement inattendu et que personne ne puisse le rattraper. Ensuite, il dit à sa femme :

-"O Oum Safwaane ! Prépare mes affaires pour le voyage". Elle lui dit :

-"O Abou Safwaane ! As-tu oublié ce que t'a dit ton frère de Yathrib ?!". Il dit :

-"Non, je n'ai pas oublié, mais je ne veux voyager avec eux que pendant une courte distance".

 

Oumayah acheta le chameau et partit avec eux ; et à chaque fois qu'il s'arrêtait dans un endroit, il attachait son chameau à côté de lui ; il fit cela jusqu'à ce qu'il arrive à Badr. La bataille eut lieu, le secours d'Allah (qu'Il soit exalté) descendit sur le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et les croyants, les polythéistes furent vaincus, et leurs chefs et leurs notables furent tués ; Abou Djahal qui avait tenté Oumayah et l'avait incité, fut parmi les premiers à être tués ; Oumayah vit de ses propres yeux la défaite qu'avaient subie ceux qui étaient avec lui, il vit les notables parmi les polythéistes morts sur le champ de bataille, et lorsque la bataille fut presque terminée, Bilal ibn Rabaah (qu'Allah soit satisfait de lui) le vit, - il était un esclave d'Oumayah à la Mecque -, et Oumayah l'avait torturé cruellement lorsqu'il s'était converti à l'islam afin de le détourner de sa religion ; alors lorsque Bilal le vit, il appela un groupe parmi les Ansaars :

-"Oumayah ibn Khalaf, que je ne sois pas sauvé s'il est sauvé !". Alors, ils le rattrapèrent et ils le tuèrent ; et Bilal (qu'Allah soit satisfait de ltext-align: left; direction: ltr; unicode-bidi: embed;text-align: left; direction: ltr; unicode-bidi: embed;ui) fut patext-align: left; direction: ltr; unicode-bidi: embed;rmi ceux qui le tuèrent.

 

 

Et ainsi, Oumayah parvint à ce que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) avait promis, alors il fut tué par les Ansaars que le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) avait dit qu'ils le tueraient ; ce fut la mort la plus amère, car il fut tué après avoir vu que ceux qui étaient avec lui subirent la défaite, et il fut tué sous les yeux de Bilal qu'il torturait de ses mains.

 

Et c'est comme si je voyais Sâad ibn Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui) dire après qu'il ait vu cela : {"Voilà ce qu’Allah et Son messager nous avaient promis ; et Allah et Son messager disaient la vérité". Et cela ne fit que croître leur foi et leur soumission} [Les coalisés : 22].

 

*1- Ce récit attire l'attention sur le fait que les cœurs des polythéistes étaient imprégnés de la sincérité du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) et qu'il ne ment pas lorsqu'il parle ; Oumayah l'annonça dès qu'il entendit la nouvelle ; et tout comme Oumayah l'avait dit, sa femme Oum Safwaane le dit aussi ; ensuite, l'effet de cela apparut dans la méfiance d'Oumayah et l'avertissement de sa femme pour lui.

 

La sincérité du prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) lorsqu'il parlait, était une chose qui était fermement établie dans leurs cœurs, ceci est une preuve véridique que leur mécréance était une mécréance de reniement et d'entêtement, et qu'ils étaient comme Allah (qu'Il soit exalté) a dit à leur sujet : {Or, vraiment ils ne croient pas que tu es menteur, mais ce sont les versets (le Coran) d’Allah, que les injustes renient} [Les bestiaux : 33].

 

Gloire et pureté à Allah ! Comment Oumayah peut-il croire au prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) lorsqu'il parle en disant qu'ils vont le tuer, et il ne croit pas en lui lorsqu'il dit : (Je suis le messager d'Allah envoyé à vous tous).

Et comment le prophète ne ment-il pas lorsqu'il leur parle, ensuite il ment au sujet d'Allah (qu'Il soit exalté) lorsqu'il parle de Lui ! Cette contradiction provenant d'eux indique qu'ils sont comme Allah (qu'Il soit glorifié) a dit : {Ils les nièrent par pure injustice et orgueil, tandis qu’en eux- mêmes ils y croyaient avec certitude} [Les fourmis : 14].

 

 

*2- Nous remarquons que la relation humaine resta entre les musulmans et les polythéistes ; les musulmans ne considérèrent pas que leur conversion à l'Islam, leur foi et leur désaveu du polythéisme, exigeaient de rompre les relations humaines concernant l'amitié, la visite et l'hospitalité ; c'est la raison pour laquelle l'échange de visites entre Sâad et Oumayah continua après l'Islam, l'émigration et le soutien apporté au prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) ; tout comme la protection et la représentation pour la famille et les biens continuèrent entre Oumayah et Abderrahmaane ibn 'Aawf (qu'Allah soit satisfait de lui), alors Oumayah était celui qui s'occupait des affaires d'Abderrahmaane à la Mecque, et Abderrahmaane était celui qui s'occupait des affaires d'Oumayah à Médine.

 

Les musulmans sont une section de la société humaine, et les relations entre eux et les autres se font selon les modèles les plus élevés de la morale et les sentiments humains les plus nobles, et ils ne considérèrent pas que leur conversion à l'Islam signifie leur encerclement dans un isolement mental et une rupture sociale.

 

*3- Il y a dans ce hadith un miracle prophétique apparent ; car le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) parla aux Ansaars en public et il leur dit qu'ils tueraient Oumayah ibn Khalaf, alors qu'ils étaient à Médine et Oumayah était à la Mecque ; et aucun d'eux n'avait à l'esprit comment et où cela arriverait ; et si Oumayah était mort de mort naturelle sur son lit, les gens auraient mémorisé que le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) avait annoncé une nouvelle qui ne s'est pas réalisée.

 

Mais le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) n'a dit que la vérité et n'a prononcé qu'une parole véridique, il annonça sa nouvelle avec conviction provenant de son Seigneur, et ses compagnons reçurent la nouvelle avec conviction grâce à leur foi en la sincérité de leur messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ; ensuite, une année ne s'écoula pas avant qu'Oumayah soit à Badr avec l'armée des polythéistes qui sortirent par orgueil et pour se faire voir des gens, et Oumayah fut tué par les épées des Ansaars ; sa méfiance ne lui servit à rien, ni le meilleur chameau à la Mecque qu'il acheta ; la promesse du messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) s'avéra juste, et les polythéistes furent affligés à cause de ce qu'ils faisaient.

 

*4- Nous voyons l'habileté d'Abou Djahal pour la tentation et pour attirer Oumayah malgré sa grande méfiance, car il souffla dans son nez, et il attisa son orgueil et sa fierté le jour où il dit :

-"O Abou Safwaane ! Tu es le chef des habitants de la vallée, et si les gens voient que tu restes en arrière, ils resteront en arrière avec toi".

Alors, il lui fit ressentir la position élevée et la direction, et que tous les gens le suivent.

 

Ensuite, il le trompa et l'induit en erreur lorsqu'il dit :

-"Avance avec l'armée un ou deux jours".

Abou Djahal sut qu'Oumayah ne pourrait pas avancer avec l'armée pendant un ou deux jours, puis monter sur son chameau devant eux pour leur dire : "Moi, je vais retourner à la Mecque, et vous, continuez votre chemin vers le champ de bataille".

Car être tué en étant coupé par les épées est plus facile que cette situation ; c'est la raison pour laquelle après qu'Oumayah ait voyagé pendant un ou deux jours, il ne put pas retourner à la Mecque afin qu'il parvienne à la mort dont il se méfiait ; et celui qui le trompa, fut Abou Djahal avec une habileté étonnante, plus exactement avec une intelligence rare.

 

Ceci attire notre attention sur le fait qu'il se peut que les gens qui poussent à l'égarement, n'aient pas une intelligence déficiente, au contraire ils ont des talents et des habiletés élevés, plus exactement extraordinaires pour la communication et l'influence ; mais ce sont des talents qui sont utilisés pour la tentation et l'égarement ; ensuite, lorsque le châtiment terrible les atteint, ainsi que ceux qui les suivent, alors il ne leur sert à rien d'être associés dans le châtiment.

 

 

*5- Ce lien raisonnable entre la sagesse et le courage, attire ton attention dans la personnalité de Sâad (qu'Allah soit satisfait de lui), car c'est lui qui a demandé un moment où il n'y a personne pour tourner autour de la Kâaba ; alors, il n'a pas cherché l'affrontement, et il n'a pas voulu la dispute intentionnellement, à cause du climat de nervosité dans lequel les Qouraychites vivaient.

 

Mais lorsqu'il entendit l'appel d'Abou Djahal, il ne se cacha pas et il ne s'affaiblit pas dans son discours, mais il répondit avec beaucoup de gloire, de courage et confiance ; alors, il fut sage dans la manière de se comporter et courageux dans l'affrontement avec son adversaire ; et il réagit face à chaque situation avec ce qui lui convenait.

 

*6- Ne remarques-tu pas que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) donna la permission à un jeune homme âgé de trente ans et qui s'était converti à l'Islam depuis trois ans, de voyager de Médine à la Mecque, où se trouvaient les idoles, le paganisme et les gens qui étaient les plus hostiles au messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et il n'interdit pas à Sâad (qu'Allah soit satisfait de lui) d'y aller par peur qu'il ne soit influencé ou qu'il ne soit tenté ; de plus, il n'a pas voyagé en ayant des sentiments d'inquiétude pour sa religion et sa foi.

 

Malgré cela, Sâad (qu'Allah soit satisfait de lui) se comporta là-bas de la manière que si le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) l'avait vu, il en aurait été réjoui à cause du courage, de la force, de la fermeté et de la justesse.

 

Ceci nous montre la forte construction concernant la psychologie et la croyance avec laquelle les cœurs des compagnons (qu'Allah soit satisfait d'eux) étaient fondés, et qui apparaissait dans la confiance en leurs personnalités et leurs convictions ; alors, la protection et le fait de prendre soin d'eux ne signifiaient pas l'encerclement et la garde permanente.

 

 

7- Doucement !

 

Ce groupe parmi les juifs avait choisi Yathrib pour demeure ; ils sont passés sur leur chemin à côté d'endroits plus fertiles, plus beaux et plus riches, comme Waadi Al-Qouraa, et ceci parce qu'ils recherchaient la description de la terre vers laquelle émigrerait le prophète qu'ils suivraient ; et ils parlaient d'un prophète qui serait envoyé sur une terre aux pierres noires et aux dattiers, c'est la raison pour laquelle ils choisirent cette terre et ils s'y installèrent pour attendre l'envoi de ce prophète et son émigration : {…- alors qu’auparavant ils cherchaient la suprématie sur les mécréants -,…} [Al-Baqara : 89] ; alors, ils demandaient son assistance et ils menaçaient les polythéistes arabes en leur disant qu'il serait envoyé.

 

Et ce prophète annoncé fut envoyé comme ils attendaient, et il émigra à leur terre comme ils s'y attendaient, mais il ne fut pas envoyé parmi eux, il fut envoyé parmi les arabes : {quand donc leur vint cela même qu’ils reconnaissaient, ils refusèrent d’y croire}, par jalousie et par oppression parce qu'il ne fut pas envoyé parmi eux : {Que la malédiction d’Allah soit sur les mécréants !} [Al-Baqara : 89].

 

Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) vint à Médine et il se comporta avec les juifs avec la grandeur de ses qualités morales par lesquelles son Seigneur (qu'Il soit exalté) l'a décrit le jour où Il a dit : {Et tu es certes, d’une moralité imminente} [La plume : 4].

 

 

Tandis qu'eux, leurs cœurs restèrent fermés sur la noirceur de la rancune et de la jalousie, c'est la raison pour laquelle leurs comportements et leurs paroles annonçaient ce que leurs cœurs cachaient, et parmi ces choses :

Un groupe parmi eux demandèrent la permission au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) d'entrer chez lui, et lorsqu'ils le saluèrent, ils dirent :

-"As-Saam alayk, ô Abou Al-Qaassim !". Et ils ne dirent pas : "As-Salaamou alaykoum", - et As-Saam signifie la mort - ; ils déformèrent la formule afin que la parole paraisse innocente en apparence, bien qu'elle soit infâme intérieurement ; mais le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) comprit cette parole, et il leur répondit :

(Wa alaykoum !), [c-à-d : Et sur vous !].

 

Et Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) la comprit aussi, et la visite était dans sa maison, alors elle se mit en colère pour le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et elle leur dit :

-"Au contraire, la mort sur vous, ainsi que le blâme et l'humiliation ; et qu'Allah vous maudisse et soit en colère contre vous !".

Alors, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) se dirigea vers elle et dit :

(Doucement, ô Aïcha ! Ne sois pas grossière, et méfie-toi de la violence et de la grossièreté, car Allah (qu'Il soit béni et exalté) n'aime pas celui qui est grossier et qui prononce des propos obscènes ; et sois douce, car Allah est Doux, Il aime la douceur dans toutes les affaires).

Elle dit :

-"O Messager d'Allah ! N'as-tu pas entendu ce qu'ils ont dit ? Ils ont dit : "As-Saam alayk !".

Le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit :

(N'as-tu pas entendu ce que je leur ai dit ? N'ai-je pas dit : "Wa alaykoum" ; et je serai exaucé en ce qui les concerne et ils ne seront pas exaucés en ce qui me concerne. O Aïcha ! La douceur n'entre pas dans une chose sans qu'elle ne l'embellisse, et elle n'est pas enlevée d'une chose sans qu'elle ne la gâte) rapporté par Al-Boukhari, Mouslim, Ahmed, Abou Daawoud, et Ibn Hibbaane.

 

 

*** Et il nous reste quelques pauses de réflexion avec le hadith :

 

*1- Le comportement prophétique avec les juifs :

Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) se comporta avec eux selon ce qu'indiquaient ses grandes qualités morales concernant la douceur et la communication, malgré l'enchaînement de leurs complots successifs, et malgré ce que les défaillances de leurs langues montraient de ce que leurs cœurs cachaient ; néanmoins, il se comporta avec eux et repoussa leur mal de la meilleure manière du mieux qu'il put.

 

Et y a-t-il une chose plus grande et plus généreuse que le fait qu'il leur ouvre ses portes, que leurs pieds marchent sur les tapis de sa maison, et qu'ils entrent dans ses appartements purifiés desquels Allah (qu'Il soit exalté) a enlevé la souillure !

 

Ceci montre l'aspect de la confiance sans limite dans le comportement du prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) avec eux, et ses efforts fournis pour contenir les situations, pour la bonne entente, pour l'appel à Allah (qu'Il soit exalté) et pour la guidée du mieux qu'il put ; c'est la raison pour laquelle leurs visites chez lui, et ses visites chez eux et dans leurs écoles, montrent l'aspect de la confiance en son message et l'élévation des qualités morales dans son comportement (qu'Allah le bénisse et le salue). 

 

 

*2- Nous remarquons l'interdiction du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) à Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) d'être grossière, bien qu'elle se soit mise en colère pour lui (qu'Allah le bénisse et le salue) et qu'il ait entendu, tout comme elle, la provocation qui la toucha ; malgré cela, il lui interdit la grossièreté afin qu'elle ne s'y habitue pas, parce que c'est une habitude qui ne convient pas pour être une qualité des croyants ; de plus, elle fait partie de ce qu'Allah (qu'Il soit exalté) n'aime pas, et le croyant se détourne et se méfie de ce qu'Allah (qu'Il soit glorifié) n'aime pas, et il fait très attention à ce que ce ne soit pas parmi ses qualités et son caractère.

 

C'est la raison pour laquelle l'attitude du prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) fut une éducation pour Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle), bien que ce que les juifs avaient fait, était plus horrible, mais il protégeait la pureté d'Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) afin qu'elle ne soit pas souillée par quelque chose de la grossièreté ; alors que les juifs, il gardait les liens de la relation avec eux, peut-être que leurs cœurs accepteraient, peut-être qu'ils consentiraient à répondre à son appel, et afin que de cette manière le grand argument d'Allah (qu'Il soit exalté) soit apporté contre eux.

 

 

*3- Nous remarquons l'attention qu'il donnait (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) à la douceur, le jour où il l'ordonna à Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) et qu'il l'y exhorta ; il dit que c'est l'attribut d'Allah qu'Il aime (Le Puissant et le Haut) de Ses serviteurs dans toutes leurs affaires, et que la douceur embellit toute chose dans laquelle elle entre, et elle gâte toute chose de laquelle elle est enlevée.

 

Et il est étonnant qu'il utilise la douceur et qu'il l'ordonne, même avec les juifs à propos desquels son Seigneur l'a informé qu'ils sont ceux qui sont les plus hostiles, et ils sont ceux qui ont commencé à lui causer du tort, d'une manière qui indique le mépris de celui à qui l'on parle ; et si quelqu'un était exclu de la douceur, les juifs en auraient été exclus, et surtout dans cette situation ; malgré cela, le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ordonna qu'on utilise la douceur avec eux, et ce n'est pas étonnant, car c'est lui qui a exhorté à la douceur dans toutes les affaires.

 

Il nous reste à nous demander : si le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) a utilisé la douceur et l'a ordonnée avec ceux qui sont les plus hostiles, alors quelle est l'ampleur de notre utilisation de la douceur dans notre vie, entre nous, et avec nos frères avec qui nous sommes liés par le lien intime de la religion et la protection de l'Islam ? Et comment sera la situation de notre société si elle est embellie par la douceur dans toutes ses affaires ?

 

 

*4- Nous remarquons que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) comprit leur discours et ce qu'ils dirent ; malgré cela, il ne dépassa pas dans sa réponse plus que ce qu'ils dirent, alors il dit :

(Wa alaykoum !) [Et sur vous !].

Donc, il leur répondit la même chose qu'ils dirent sans oppression, ou sans ajout, ou sans dépasser les limites.

 

Ceci est le plus haut degré de la justice dans la manière de répondre, car s'ils l'avaient salué avec un bon salut, il leur aurait répondu avec un meilleur salut ; mais lorsqu'ils le saluèrent avec un mauvais salut, il leur répondit le même salut, et il n'ajouta rien (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; plus exactement, il ne résulta pas d'autres répercussions ultérieures à cause de cette attitude, et le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) était dans la position de direction, de commandement, et de capacité à faire cela s'il voulait.

 

*5- Nous remarquons la sécurité générale que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) propagea à Médine, étant donné que chacun ressentait qu'il était sous la protection de Mohammed (qu'Allah le bénisse et le salue) ; car les juifs entraient pour parler au prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) dans ses chambres en étant en sécurité ; plus exactement, lorsqu'ils saluèrent le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) avec ce salut déformé, ils ne dirent pas une parole qu'eux seuls pouvaient comprendre, car le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) la comprit tout de suite, alors il dit :

(Wa alaykoum !).

Et Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) la comprit malgré sa jeunesse, mais ils vivaient sous la protection de la sécurité du prophète, et ils savaient que le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ne pouvait pas être oppresseur, ou dépasser les limites dans leur punition, ou assouvir sa vengeance contre eux.

 

 

*6- Parmi les cœurs, certains cœurs sont infertiles, la grandeur des qualités morales ne leur est d'aucune utilité ; de plus, le bon comportement, la belle relation et le bon engagement, n'éteignent pas les rancunes de leurs cœurs ; et c'est ce qui est apparu dans ce groupe parmi les juifs, malgré la bonne relation du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) avec eux, jusqu'à ce qu'il leur ouvrit sa maison et leur permit de marcher sur son tapis, sauf que leurs cœurs sombres ne voulurent autre chose que faire sortir des expectorations de leur rancune, même si ce n'était que ce salut déformé, et ils sont ceux qui déforment les paroles de leurs sujets ; mais ton prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) se comportait avec eux selon ses principes, ses bonnes qualités et sa grandeur d'âme, et non pas selon leurs principes et leurs caractères, - salutations et bénédictions d'Allah sur lui, sur les membres de sa famille et sur ses épouses -.

 

 

8- Le garçon

 

C'est un rendez-vous sur le lit de mort, étant donné que celui qui était gravement malade, était un jeune juif au début de l'adolescence ; il était au service du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), il lui apportait l'eau pour ses ablutions, il lui donnait ses sandales et il accomplissait ses affaires. Alors, le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) regretta son absence, ensuite il alla lui rendre visite pendant sa maladie, il se rapprocha de lui et s'assit à côté de sa tête, et le père du garçon s'assit en face de lui ; le noble prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) regarda d'un regard compatissant et miséricordieux un jeune adolescent qui quittait ce monde et se dirigeait vers l'au-delà ; alors il l'appela à ce dont il avait le plus besoin à ce moment-là, et c'est la religion avec laquelle il rencontrera son Seigneur ; il l'appela à l'Islam et il lui dit :

(Embrasse l'islam, dis : J'atteste qu'il n'y a pas d'autre divinité qu'Allah et que je suis le messager d'Allah).

 

Le jeune reçut cet appel, qui provenait de Mohammed (qu'Allah le bénisse et le salue), celui qu'il a servi, à qui il a parlé et dont il a connu la situation ; alors, il sut que c'était la situation des prophètes, et que ce n'était pas la situation des tyrans, ni de ceux qui inventent des mensonges ; mais il était toujours prisonnier de l'autorité paternelle proche de lui, alors il se mit à tourner et retourner les yeux, et à regarder son père, il attendait qu'il lui donne la permission ; et le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) lui répéta son appel comme s'il voulait lutter en vitesse avec les quelques moments infimes de vie, alors son père lui dit :

-"Obéis à Abou Al-Qaassim ; dis ce que Mohammed te dit".

Et voilà que les paroles de la vérité sortirent des lèvres du garçon épuisé : "J'atteste qu'il n'y a pas d'autre divinité qu'Allah et que tu es le messager d'Allah".  

 

 

Il prononça l'attestation de la foi complètement, mais il compléta aussi le peu qui lui restait de sa vie, alors il rendit son dernier souffle et il mourut à ce moment-là.

 

Et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) sortit de chez lui en étant heureux de la guidée de ce garçon à l'Islam et de sa fin heureuse, en disant :

(Louange à Allah qui l'a sauvé de l'enfer par mon intermédiaire).

Ensuite, il se dirigea vers ses compagnons pour leur ordonner en disant :

(Priez sur votre frère).

 

*** Certains sujets attirent notre attention afin que nous réfléchissions à cette histoire :

Tu peux être étonné de ces relations sociales entre le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et les juifs, jusqu'à ce qu'il y avait dans sa maison un de leurs garçons, qui était au service particulier du prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) : il lui apportait l'eau pour ses ablutions et ses sandales ; et nous sommes sûrs et certains que tous les compagnons désiraient ardemment être au service du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) et ils souhaitaient que leurs enfants aient l'honneur de faire cela ; et malgré cela, il y eut de la place pour ce garçon juif afin qu'il obtienne ce mérite et cet honneur.

 

* Ceci montre l'état d'esprit calme dans le comportement avec les mécréants, - les polythéistes et les juifs -, alors il n'y avait pas de tension, ni d'appréhension. Comme lorsque le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) passa à côté d'une assemblée dans laquelle se trouvait un mélange de musulmans, de polythéistes et de juifs, alors il s'assit avec eux, il leur parla, il les appela à l'islam, et ensuite il s'en alla ; il ouvrait sa maison pour eux lorsqu'ils venaient lui rendre visite ; plus exactement, il rapprocha de lui un garçon parmi eux afin qu'il soit spécialement à son service.

 

 

Toutes ces choses sont une indication de force et de confiance, car cette fréquentation est le chemin le plus court pour faire connaître à ceux-là la religion et ceux qui la pratiquent, ainsi que pour détruire les barrières qui pourraient exister dans leurs cœurs et qui les empêchent de l'accepter ou de la connaître.

 

Par conséquent, ce garçon qui reçut l'appel du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) dans la situation dans laquelle il se trouvait, ne le reçut pas en ayant l'esprit vide de la connaissance du message et du messager ; car sa fréquentation proche du prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) lui dévoila des signes de sa prophétie et de sa sincérité dans son appel à l'Islam, c'est la raison pour laquelle son acceptation de l'appel vint à un moment critique de sa vie en étant appuyée sur une connaissance antérieure et une fréquentation proche.

 

* Nous remarquons aussi la considération donnée au côté humain dans les relations avec les non-musulmans, c'est la guidée de celui qu'Allah (qu'Il soit exalté) a envoyé en tant que miséricorde pour l'humanité, toute l'humanité ; alors, leur prisonnier combattant est nourri, on rend visite au malade, on se lève pour le cortège funèbre de leur mort lorsqu'il passe : "N'est-ce pas un être humain !".

Donc, le fait que le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) rendit visite à un garçon juif qui n'est pas un chef, ni un dirigeant, mais un petit servant, est un aspect parmi les aspects de la grandeur humaine, des bonnes qualités morales et de la noblesse de Mohammed (qu'Allah le bénisse et le salue), que les compagnons et ceux qui les suivirent dans le bien, ont imitées ; alors ils ouvrirent les barrières des cœurs et illuminèrent leurs flancs avec la lumière d'Allah (qu'Il soit glorifié) et Sa guidée.

 

* Ensuite, on s'interroge sur le secret de ce grand bonheur et de cette joie débordante sur le visage du messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) pendant qu'il louait Allah et Le remerciait : (Louange à Allah qui l'a sauvé de l'enfer par mon intermédiaire).

Ensuite, il noua le lien de la fraternité entre lui et ses compagnons, et il leur donna la responsabilité de s'occuper de son enterrement : (Priez sur votre frère).

 

Nous nous demandons : quel profit le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) et ses compagnons ont tiré d'un petit garçon qui s'est converti à l'Islam et est mort tout de suite, car il ne participera pas avec eux à une bataille, il n'augmentera pas leur nombre, il n'obtiendra pas d'argent pour eux, et il ne sera pas au service du messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) comme il l'était auparavant ; alors, avec quoi la joie est-elle réalisée ?!

 

La guidée des gens à l'Islam et les sauver des abîmes de l'enfer, étaient la cause pour laquelle le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) vécut, et ses sentiments y furent liés : sa joie, sa tristesse, sa colère et sa satisfaction ; c'est la raison pour laquelle il fut très heureux, et il loua son Seigneur pour ce bienfait qu'un homme soit guidé après l'égarement, et qu'il soit sauvé de l'enfer grâce à son appel, même si c'est un garçon qui s'est converti à l'Islam et est mort tout de suite.

Ton prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) qui fut très heureux, est celui qui fut très triste jusqu'à ce qu'il soit sur le point de périr à cause de la tristesse lorsque les gens se détournèrent de son appel à l'Islam : {Tu vas peut-être te consumer de chagrin parce qu’ils se détournent de toi et ne croient pas en ce discours !} [La caverne : 6].

 

 

Ceux qui ont de l'influence dans leur appel, sont ceux dont l'appel est lié au sentiment dans leurs cœurs, et l'effet de leur réaction avec ce sentiment est apparu dans leurs émotions et leur conscience ; et c'est ainsi qu'était le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille).

 

* Ensuite, nous nous arrêtons devant l'empressement dans lequel le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) vivait pour son appel à l'Islam, il ne manquait pas une occasion pour l'appel à l'Islam, pour la guidée et pour la transmission du message sans qu'il ne la réalise, même si c'était le désir de la vie pour un malade épuisé dont la mort était proche.

 

Et ce qui est apparu dans la visite rendue à ce malade, comme la modestie élevée, les bons soins, la clémence et la tendresse, fait partie de certains aspects de la grandeur des qualités morales de ce prophète magnifique et honorable :

{Certes, Allah et Ses Anges prient sur le Prophète ; ô Vous qui croyez, priez sur lui et adressez-lui vos salutations} [Les coalisés : 56].

 

 

9- Le polythéiste noble

 

La bataille de Badr commença avec une leçon morale et s'acheva avec une leçon morale ; et le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) qui a été envoyé pour compléter les bonnes qualités morales, se chargeait de les compléter dans la situation exceptionnelle de la bataille.

 

La première leçon fut avant le début de la bataille, alors que les cœurs des musulmans étaient remplis de l'amertume de l'injustice qu'ils avaient subie par les Qouraychites à la Mecque et de la motivation de l'affrontement que les Qouraychites avaient apporté avec leurs chevaux et leur orgueil ; voilà que le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) annonce la protection et la garde pour un homme, il est un polythéiste parmi les polythéistes, un combattant dans leur armée, et il est venu de la Mecque jusqu'à Badr pour combattre les musulmans ; malgré cela, le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit :

(Quiconque rencontre Abou Al-Bakhtari ibn Hichaam, qu'il ne le tue pas).

 

 

Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) attira l'attention sur le fait que cet homme a des antécédents en ce qui concerne les qualités morales et une distinction par rapport aux autres polythéistes en ce qui concerne la grandeur d'âme et la noblesse ; car à la Mecque, parmi les polythéistes, il était celui qui s'abstenait le plus de nuire au messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et il eut une attitude mémorable et digne de remerciements pour abroger la feuille injuste qui avait été écrite pour rompre les relations avec Banou Haachim et les assiéger dans la vallée. Alors, le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) se rappela pour lui ces faits passés, et il annonça la protection pour lui ; donc, il ne devait pas être tué même s'il était un polythéiste et qu'il venait en tant que combattant.

 

Et la deuxième leçon concernant les qualités morales dans l'école de Badr, fut après la fin de la bataille, lorsque les musulmans recueillirent des fruits de la victoire soixante-dix prisonniers, et parmi eux se trouvaient les pires ennemis du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) et ceux qui étaient les plus acharnés à lui nuire : An-Nadhr ibn Al-Haarith et 'Ouqbah ibn Abi Mou'âyth.

 

Les musulmans se rappelaient encore la douleur atroce de l'injustice de ceux-là, les torts qu'ils avaient causés à la Mecque, l'affaiblissement qu'ils avaient fait subir aux faibles parmi les musulmans, et leur audace envers le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; donc, il y avait dans les cœurs de la colère et de l'affliction ; les poitrines des croyants avaient énormément besoin d'une vengeance qui ferait partir la colère de leurs cœurs, et voilà que le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) regarde ces prisonniers devant lui et dit :

(Si Al-Mout'îm ibn 'Aady était vivant et qu'il me demandait d'épargner ces gens infects, je les lui aurais laissés).

 

Le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) annonça que tous ceux-là auraient obtenu leur liberté si Al-Mout'îm ibn 'Aady avait dit au messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) :

-"O Mohammed, laisse-les-moi !".

Alors, il les lui aurait laissés (qu'Allah le bénisse et le salue) malgré tous leurs antécédents criminels, et il aurait retenu toutes les inclinations de vengeance contre eux, par égard pour une parole qu'Al-Mout'îm dirait en leur faveur, ou une intercession qu'il intercéderait pour eux.

 

 

Il nous reste à rappeler qu'Al-Mout'îm ibn 'Aady a vécu et est mort en étant polythéiste, et il n'a jamais dit un jour : "O Mon Seigneur ! Pardonne-moi mon péché le jour du jugement".

Mais il portait assistance aux gens et il avait de la grandeur d'âme ; et un exemple de sa grandeur d'âme, est qu'il mit le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) sous sa protection lorsqu'il revint de Taa'if, alors les Qouraychites se plièrent à cela, et ils dirent à Al-Mout'îm :

-"Tu es l'homme que l'on ne peut pas nuire à celui qui est sous ta protection".

 

Et il rassemblait à sa noblesse, la sagesse et l'opinion juste ; car il rassembla les Qouraychites après l'émigration du prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) et il leur dit :

-"Vous avez fait à Mohammed ce que vous avez fait, alors soyez les gens qui s'abstiennent le plus de lui nuire".

 

Mout'îm était un polythéiste, mais un polythéiste à l'âme noble, alors le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) lui décerna grâce à sa parole une grande décoration pendant un grand jour.

 

*** L'école des bonnes qualités morales de Badr répand sur nous des leçons ; parmi celles-ci :

 

*1- Il mentionna les bonnes qualités de ceux qui avaient fait des actions nobles, et la reconnaissance des mérites des gens à la grandeur d'âme, même s'ils sont des mécréants combattants ; et le fait qu'ils aient commis le plus grand des péchés dans la religion, qui est : le polythéisme, n'empêcha pas de mentionner leurs mérites dans ce monde, comme la grandeur d'âme et les bonnes qualités morales.

 

*2- La loyauté et le bon soin du messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) envers ceux qui ont des faits passés caractérisés par les bonnes qualités morales, ainsi que les mentionner et les respecter dans l'une des situations les plus critiques, qui est : la situation de l'affrontement militaire, les moments de nervosité et d'emportement, et lorsqu'on s'enflamme de colère.

 

Ces gens qui avaient de bonnes qualités morales se comportaient en ayant de bonnes qualités avec celui qui a été envoyé pour compléter les bonnes qualités morales et celui qui disait par ses comportements et sa parole : (Bien prendre soin des choses [ou des gens] fait partie de la foi). C'est la raison pour laquelle il reconnut (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) les attitudes de ces gens nobles, il le rappela pour eux, et il les compensa de la meilleure manière.

 

*3- Le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) mentionna cette parole dans une situation dans laquelle on ne pouvait pas penser qu'elle soit mentionnée, parce que c'est une situation d'affrontement militaire, ainsi que l'occasion de se venger et d'assouvir la colère ; mais le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) s'éleva au-dessus de toutes ces choses afin de montrer que son attitude est un principe morale, et que ce n'est pas une tactique politique ; c'est la direction des affaires qui est fondée sur les principes.

 

 

*4- Pendant que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) parlait de ces polythéistes nobles, il ne faisait pas entendre ses paroles à leurs familles ou à leurs proches parents, mais il parlait à ses compagnons qui croyaient en lui, afin qu'il cultive dans leurs cœurs, avec une méthode éducative unique, l'honneur de ces qualités morales et le rang de celui qui avait ces qualités, même s'il était polythéiste, pour qu'ils soient ceux qui méritent le plus d'avoir ces qualités morales et pour qu'ils soient récompensés d'une meilleure manière ; de même que c'est une orientation prophétique pour eux afin qu'ils respectent les critères de l'équité et qu'ils mettent les gens au rang qu'ils méritent.

 

*5- Les compagnons (qu'Allah soit satisfait d'eux) comprirent du messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) cette signification, alors ils respectèrent l'équité, la réalisation de la vérité et la mention des mérites, même avec ceux qui s'opposaient à eux dans la religion, le pays et la race ; Hassaane ibn Thaabet (qu'Allah soit satisfait de lui) composa un poème pour l'éloge d'Al-Mout'îm ibn 'Aadi lorsqu'il mourut, dans lequel il mentionna ses faits mémorables et il fit l'éloge de ses bonnes qualités ; et 'Aamr ibn Al-'Aass (qu'Allah soit satisfait de lui) mentionna les romains, il dit :

-"Ils ont cinq qualités…", ensuite il mentionna cinq qualités qui sont les objets des bonnes qualités et les composants de la domination.

 

*6- Malgré la clarté de cette signification et sa transparence dans l'éducation prophétique, nous ne réussissons pas à la respecter dans beaucoup de situations ; et avec tous ceux qui parlent de l'occident en exagérant considérablement, tu trouves des gens qui évitent de mentionner certains de leurs mérites concernant les qualités morales ou leurs comportements distinctifs, et qui sont les facteurs de la force réelle dans leur civilisation ; plus exactement, il se peut que nous résumions notre évaluation des gens à un péché qu'ils ont commis, ou à une erreur qu'ils ont faite ; et peut-être que nous trouvons qu'il nous est difficile de mentionner les bonnes qualités d'une personne avec qui nous divergeons à propos d'une opinion personnelle ou d'un point de vue ; et si le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) a utilisé les critères les plus élevés de l'équité avec ceux dont il était séparé à cause du polythéisme majeur, alors nous avons énormément besoin de les utiliser avec nos frères avec qui nous sommes réunis beaucoup plus que nous ne sommes divisés, et de qui nous sommes beaucoup plus proches que nous ne sommes éloignés ; et nous ne devons pas faire des erreurs de nos frères des cellules dans lesquelles nous les emprisonnons, et ensuite nous ne regardons pas les qualités et les mérites qui sont en eux.

 

 

 

10- Es-tu un tentateur ?!

 

Si tu l'avais vu, tu aurais vu un jeune homme aux yeux noirs et grands, aux incisives brillantes, de grande taille, beau, et une lumière d'intelligence se répandait de ses yeux ; il était habillé d'une dignité malgré son jeune âge, car il venait juste de dépasser ses vingt ans, et il avait une position élevé et un rapprochement auprès du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), jusqu'à ce que le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) lui dise :

(O Mou'âadh ! Je jure par Allah que je t'aime pour Allah). Alors, Mou'âadh dit :

-"Et moi, je jure par Allah, ô Messager d'Allah, que je t'aime pour Allah" rapporté par Ahmed (22119), Abou Daawoud (1522), Ibn Hibbaane (2020, 2021), Al-Haakim (1/273), d'après le hadith de Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui).

 

Et le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) expliqua son rang, il dit :

(Mou'âadh sera ressuscité le jour du jugement devant les savants) rapporté par Ahmed (108), Al-Haakim (3/268), d'après le hadith d'Omar (qu'Allah soit satisfait de lui).

 

Et il a dit (qu'Allah le bénisse et le salue) :

(Celui qui connait le mieux le licite et l'illicite de ma communauté, est Mou'âadh) rapporté par Ahmed (12904), At-Tirmidhi (3791), Ibn Maajah (154), Ibn Hibbaane (713), Al-Haakim (3/422), d'après le hadith d'Anass (qu'Allah soit satisfait de lui).

 

Et il fut le quatrième parmi quatre personnes qui rassemblèrent le Coran pendant la vie du prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui), regarder : le recueil de hadiths authentiques d'Al-Boukhari (3810), et le recueil de hadiths authentiques de Mouslim (2465).

 

Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui) rassembla cette science en restant constamment en compagnie du prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) et en étant très attentif ; il venait des maisons de son peuple Banou Salimah, il priait avec le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et il assistait à ses assemblées ; ensuite après qu'il ait prié la prière d'Al-'Ichaa avec le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), il retournait à son peuple, et il trouvait qu'ils l'attendaient afin qu'il prie en étant l'imam pour eux, car il était celui qui lisait le mieux parmi eux et celui qui avait le plus de connaissances ; alors, il priait avec eux la prière d'Al-'Ichaa qui était une prière surérogatoire pour lui et une prière obligatoire pour eux.

 

 

Il arriva à ce jeune homme qui lisait bien le Coran et qui était un savant, une situation qui a de grandes significations ; Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui) pria avec le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), ensuite il partit pour rejoindre sa tribu Banou Salimah ; ils l'attendaient comme d'habitude, alors il pria Al-'Ichaa avec eux. Il commença sa prière avec la récitation de sourate "Al-Baqara" ; et il récita longtemps dans sourate "Al-Baqara" qui est la plus longue sourate du Coran, - et il était le jeune homme qui lisait bien le Coran -, de telle sorte que celui qui l'écoutait, pensait qu'il terminerait la sourate dans sa prière.

 

Il y avait derrière lui un jeune homme qui avait passé sa journée à travailler de ses mains et à abreuver son chameau jusqu'à ce qu'il fut épuisé ; lorsque ceci devint long pour lui, et qu'il vit que Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui) continuait à récitait cette longue sourate, et qu'il n'avait pas l'énergie pour rester debout très longtemps car il était épuisé à cause du travail, il s'écarta et acheva sa prière seul en priant une prière légère et rapide ; ensuite il sortit, prit la bride de son chameau et partit. Après que Mou'âadh ait fini de prier, on lui parla de cet homme, alors il dit : "Il est un hypocrite".

Et la parole de Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui) parvint à ce jeune homme ; le lendemain, il alla voir le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et il lui dit alors que Mou'âadh était avec lui :

-"O Messager d'Allah ! Nous sommes des gens qui travaillons avec nos mains et nous irriguons avec nos chameaux ; et Mou'âadh reste longtemps avec toi, ensuite il revient et fait de longues prières avec nous ; et hier, il a prié avec nous en récitant sourate "Al-Baqara", alors j'ai accompli une prière légère, et il a prétendu que je suis un hypocrite !".

 

Alors, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) se dirigea vers Mou'âadh et dit :

(O Mou'âadh ! Es-tu un tentateur, es-tu un tentateur, es-tu un tentateur ? Lorsque tu pries en étant l'imam pour les gens, récite : {Par le soleil et par ses lueurs matinales}, {Glorifie le nom de ton Seigneur Le Sublime}, et {Par la nuit quand elle enveloppe (la terre)} ; car le vieillard, le faible et celui qui a un besoin, prient derrière toi).

 

 

Ensuite, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) se dirigea vers le jeune homme parmi les Ansaars et dit :

(Comment fais-tu, ô fils de mon frère, lorsque tu pries ?). Il dit :

-"Je lis l'ouverture du Livre (AL-Faatiha), ensuite je récite le Tachahhoud, et je dis : [O Seigneur ! Je Te demande le Paradis, et Je Te demande de me protéger contre l'enfer], et je jure par Allah que je ne sais pas dire la même chose que toi et Mou'âadh". Alors, le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit :

(Moi et Mou'âadh nous demandons la même chose que toi).

Ensuite, le jeune homme dit :

-"Mais Mou'âadh saura lorsque le peuple viendra, [c'est-à-dire : Les Qouraychites] ; et ils savaient que les Qouraychites étaient proches pour la bataille d'Ouhoud.

Et lorsque la bataille d'Ouhoud arriva, ce jeune homme fut parmi ceux qui furent tués, et il mourut en martyr ; alors, le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) dit après cela à Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui) :

(Qu'a fait celui qui était en litige avec moi et avec toi ?). Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui) dit :

-"O Messager d'Allah ! Il a respecté sa parole pour Allah et j'ai été démenti ; il est mort en martyr", regarder : "Mousnad Ahmed" (12248, 14307, 20699), "Le recueil de hadiths authentiques d'Al-Boukhari" (701, 705, 6106), "Le recueil de hadiths authentiques de Mouslim" (465), "Sounanes Abou Daawoud" (790), "Sahih Ibn Hibbaane" (1840), "Sounanes Al-Bayhaqi" (3/116), "Al-Ahaadith Al-Moukhtaarah" (2293), "Charh An-Nawawi 'Alaa Mouslim" (4/182), "Fath Al-Baari" (2/195), (8/699), et "Oumdatou Al-Qaari" (8/410).

 

*1- La première signification de cette scène est la séparation entre la place de l'adoration et la manière de l'accomplir ; car la prière est le plus grand pilier de la religion après les deux attestations de la foi, elle est le pilier de l'Islam, et la réjouissance des croyants, mais l'accomplir d'une manière qui est difficile pour ceux qui prient, est une erreur ; le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) fut en colère à cause de cela et il blâma cela avec insistance.

 

Et la séparation entre la signification dans la législation et l'interprétation humaine dans son application est très claire dans la Sounnah ; et le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ne se mit jamais en colère dans un sermon comme il se mit en colère contre un imam qui prolongeait longtemps la prière d'Al-Fajr, et il dit :

(O Hommes ! Certains parmi vous font fuir les gens, alors quiconque parmi vous est l'imam pour les gens, qu'il raccourcisse) [c'est-à-dire qu'il ne prolonge pas la prière trop longtemps], rapporté par Al-Boukhari (90) et Mouslim (466), d'après le hadith d'Abou Mass'ôud Al-Ansaari (qu'Allah soit satisfait de lui).

Bien qu'il soit (qu'Allah le bénisse et le salue) celui sur qui est descendu le verset suivant : {Accomplis la Salat au déclin du soleil jusqu’à l’obscurité de la nuit, et [fais] aussi la Lecture à l’aube, car la Lecture à l’aube a des témoins} [Le voyage nocturne : 78].

 

Et il est en de même lorsqu'il blâma avec insistance Oussamah ibn Zayd (qu'Allah soit satisfait de lui et de son père) parce qu'il avait tué un homme après qu'il ait dit : "La Ilaaha Illallah", bien qu'il l'ait tué dans une bataille de combat dans le chemin d'Allah (qu'Il soit exalté), dans une expédition militaire que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) avait envoyée.

 

Il se mit aussi en colère (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) contre celui qui avait donné en aumône tout son argent, alors il lui jeta son argent sur lui en étant en colère, et il dit :

(L'un d'entre vous vient avec tout son argent, et il le donne en aumône, et ensuite il mendie en demandant de l'argent aux gens ; l'aumône est faite lorsqu'il reste encore de l'argent à la personne), rapporté par Abou Daawoud (673), Abou Yâalaa (2084), Ibn Khouzaymah (2441), Ibn Hibbaane (3372), Ibn Zandjawayh dans "Al-Amwaal" (1912), et Al-Haakim (1/413), d'après le hadith de Djaabir (qu'Allah soit satisfait de lui).

Bien qu'il soit celui qui a dit (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) :

(Et l'aumône est une preuve) rapporté par Mouslim (223), d'après le hadith d'Abou Maalik Al-Ach'âari (qu'Allah soit satisfait de lui).

 

Cette séparation entre le mérite du rite et sa place, et son application et la manière de l'accomplir, a fait que l'acte puisse être critiqué et orienté, et que l'erreur puisse être corrigée.

Ensuite, après cela, le mélange s'est produit entre les mérites des actions et la manière de les accomplir ; donc, tout comme il y a certaines personnes qui rendent les choses difficiles aux gens à cause de leur erreur dans l'accomplissement de la prière qui est le pilier de l'Islam, il y a aussi certaines personnes qui anéantissent les gens à cause de leur erreur dans l'accomplissement du combat dans le chemin d'Allah qui est le plus haut sommet de l'Islam ; et il y a certaines personnes qui nuisent aux gens à cause de leur erreur dans l'accomplissement du rite correspondant à l'interdiction du blâmable, qui est la protection de la communauté contre la perdition ; et certaines personnes qui font que les gens se lassent jusqu'au point de l'affliction à cause de leur erreur dans l'accomplissement du sermon [de l'exhortation] qui est une vivification des cœurs ; et il en est ainsi pour d'autres choses semblables.

 

 

Le fait que des erreurs se produisent dans l'accomplissement des rites, fait partie de ce que nous devons prévoir ; et nous n'attendrons pas pour l'accomplissement des rites que des messagers protégés ou des anges purifiés les accomplissent, mais la double erreur est que nous prenions comme protection contre la critique de l'erreur dans leur accomplissement les textes concernant la base de leur légitimité ; alors, lorsque nous commettons une erreur en prolongeant la prière trop longtemps, nous prenons comme protection par exemple : {certes, la prière est une lourde obligation, sauf pour les humbles} [Al-Baqara : 45].

Et lorsque nous commettons une erreur dans l'accomplissement du combat dans le chemin d'Allah (qu'Il soit exalté), nous prenons protection contre le conseil et la critique avec par exemple : {Le combat vous a été prescrit alors qu’il vous est désagréable} [Al-Baqara : 216].

Et lorsque nous commettons une erreur dans l'accomplissement de l'interdiction du blâmable, nous repoussons la critique avec par exemple : "Pour que le bateau ne coule pas", "Et il n'y a pas de la foi après cela un grain de moutarde".

 

Ainsi, nous parcourons les significations des textes de la religion étant donné qu'ils sont des preuves pour le mérite des actions et leur importance, et qu'ils sont des preuves pour nous dans l'accomplissement de notre erreur.

 

 

Tandis que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) est celui qui a montré le chemin droit par sa parole à propos de l'erreur dans l'accomplissement de la prière :

(O Mou'âadh ! Veux-tu être un tentateur ?), (O Hommes ! Certains parmi vous font fuir les gens).

Et il a dit à propos de l'erreur dans l'accomplissement du combat dans le chemin d'Allah (qu'Il soit exalté) :

(L'as-tu tué après qu'il ait dit : "La Ilaaha Illallah"), (O Seigneur ! Je me décharge auprès de Toi de ce qu'a fait Khalid) rapporté par Al-Boukhari (4339), d'après le hadith d'Ibn Omar (qu'Allah soit satisfait de lui et de son père).

 

Et ainsi, les actions devant le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) étaient sur le juste milieu de l'orientation et de la justesse, et les erreurs étaient sur le juste milieu de la correction et de la rectification.

 

*2- 'Oubaydoullah ibn 'Aadi ibn Al-Khiyaar a dit qu'il a entendu Omar (qu'Allah soit satisfait de lui) dire sur le minbar :

-"O Hommes ! N'inspirez pas aux gens de l'aversion pour Allah". Ils dirent :

-"Comment cela, qu'Allah améliore ta situation ?". Il dit :

-"L'un d'entre vous est un imam, alors il prolonge la prière en priant avec les gens, jusqu'à ce qu'il leur inspire de l'aversion pour ce qu'ils font".

 

Et aujourd'hui, nous disons : qu'Allah fasse miséricorde au prince des croyants, combien de rites d'Allah pour lesquels nous avons inspiré aux serviteurs d'Allah de l'aversion ; alors, ô Seigneur ! Pardonne-nous.

 

 

11- Entre Ouhoud et Al-Yarmouk

 

Si l'imagination voulait tisser une histoire étrange et étonnante, elle n'aurait pas tissé une histoire plus étrange et plus étonnante, mais la réalité avait une portée plus large que l'imagination ; sa première partie commence au pied de la montagne Ouhoud la troisième année de l'Hégire, étant donné que l'armée des polythéistes se préparaient à la rencontre du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) et des musulmans qui étaient avec lui ; et le commandant en chef de l'armée des polythéistes Abou Soufyaane Sakhr ibn Harb préparait son armée en utilisant les critères les plus élevés de l'aptitude politique, militaire et psychologique ; c'est la raison pour laquelle il choisit avec lui pour le commandement des jeunes qui se distinguaient par la compétence dans le combat et l'hostilité intense envers le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue), et qui étaient les fils des chefs du premier affrontement et de la première hostilité avec le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ; donc, ils étaient plongés dans l'hostilité et la fureur, ils en ont été imprégnés par leurs pères, et ils continuèrent dans cette hostilité après eux.

 

 

Alors, il donna le commandement de l'aile droite de l'armée à Khalid ibn Al-Walid ibn Al-Moughayrah, et il donna le commandement de l'aile gauche de l'armée à 'Ikrimah ibn Abi Djahal ibn Hichaam ; et ces trois commandants portaient des rancunes profondes et voulaient une vengeance proche, car Handhalah le fils d'Abou Soufyaane fut tué un an auparavant à Badr, le père d'Ikrimah Abou Djahal fut tué aussi à Badr, et l'oncle de Khalid le père d'Ikrimah fut tué là-bas.

 

La bataille commença, et la victoire fut pour les musulmans au début de la bataille ; ensuite, Khalid profita avec une habileté militaire élevée de la brèche qui s'était ouverte dans l'armée des musulmans, alors le cours de la bataille changea et des musulmans furent tués, jusqu'à ce que soixante-dix des meilleurs compagnons du messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) furent tués, et leurs corps furent mutilés après leur mort, parmi eux : Hamzah ibn Abd Al-Mouttaleb l'oncle du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), le frère germain de son père et celui qu'il aimait le plus. Et les polythéistes arrivèrent jusqu'au messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui), alors le casque qui était sur sa tête fut brisé, sa dent fut cassée, il fut blessé à sa lèvre inférieure, deux des maillons de la cotte de maille s'enfoncèrent dans sa joue, il fut blessé au visage, et le sang se mit à couler sur son visage honorable et béni.

Et Abou Soufyaane s'empressa de confirmer cette victoire à l'arrachée, et d'annoncer le triomphe et la vengeance en disant :

-"Que Houbal [une idole] soit élevé, un jour pour le jour de Badr, et la victoire est tantôt à l'un, tantôt à l'autre". Ensuite, il s'empressa de se retirer du champ de la bataille, afin de préserver cette victoire à l'arraché.

 

Tandis que le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) se mit à essuyer le sang de son visage en disant :

(Comment un peuple qui a blessé leur prophète, qui a cassé sa dent et qui a fait saigner son visage alors qu'il les appelle à leur Seigneur, peut-il obtenir le succès ? La colère d'Allah augmente contre un peuple qui a blessé le visage du messager d'Allah).

 

Ensuite, il se tut pendant une heure, puis il dit :

(O Seigneur ! Pardonne à mon peuple parce qu'ils ne savent pas).

Ensuite, la révélation d'Allah (qu'Il soit exalté) descendit sur Son prophète pour répondre à cette question :

{Tu n’as (Mohammad) aucune part dans l’ordre (divin), - qu’Il (Allah) accepte leur repentir (en embrassant l’Islam) ou qu’Il les châtie -, car ils sont bien des injustes} [La famille d'Imraane : 128].

 

 

Ensuite, le temps s'assoupit pendant dix ans durant lesquels la victoire d'Allah (qu'Il soit glorifié) et la conquête arrivèrent, et les gens entrèrent par groupes dans la religion d'Allah (qu'Il soit exalté) ; ensuite, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) rejoignit les hauts cieux ; et nous arrivons à l'autre partie de l'histoire, aux frontières d'Al-Yarmouk en l'an treize de l'Hégire, lorsque les armées des musulmans rencontrèrent les armées des Romains dans la bataille décisive qui déciderait du sort des Romains dans les pays de Chaam.

 

Si tu interroges à propos du commandant en chef des troupes des armées des musulmans, c'est Khalid ibn Al-Walid ibn Al-Moughayrah ; si tu interroges à propos du comandant de la section de la mort, c'est 'Ikrimah ibn Abi Djahal ibn Hichaam ; et si tu interroges à propos du commandant responsable de l'orientation morale des troupes, c'est Abou Soufyaane Sakhr ibn Harb.

 

 

Par Allah, que c'est étonnant ! Ils sont les trois commandants de l'armée des polythéistes le jour de la bataille d'Ouhoud.

 

Si tu interroges à propos de leur situation ; alors, 'Ikrimah ibn Abi Djahal appelait :

-"Qui me prête serment d'allégeance pour mourir ?", jusqu'à ce qu'environ quatre cent hommes se rassemblèrent autour de lui, ils recherchaient tous la mort dans cette bataille décisive ; et lorsque la bataille se termina, 'Ikrimah (qu'Allah soit satisfait de lui) était un de ses martyrs.

 

Abou Soufyaane Sakhr ibn Harb (qu'Allah soit satisfait de lui) était sous le drapeau de son fils Yazid, il avait quatre-vingt ans, et il supervisait l'armée avec un seul œil, car son autre œil avait été blessé lorsqu'il était avec le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) le jour de la bataille de Taa'if ; il criait pour exhorter les gens au combat dans le chemin d'Allah et à la fermeté ; et il appelait les musulmans en disant :

-"Allah, Allah ! Vous êtes les défenseurs de l'Islam et le cercle des arabes, et ceux-là sont les défenseurs du polythéisme et le cercle des Romains. O Seigneur ! Ceci est un jour parmi Tes jours ; O Seigneur ! Fais descendre Ta victoire. O Victoire d'Allah, approche !".

Et tu peux imaginer l'effet de ces appels dans les cœurs de l'armée des musulmans, alors qu'ils voient le cheikh des Qouraychites s'épuiser à son âge de quatre-vingt ans, leur faire cet appel, crier en leur demandant de secourir l'islam et mobiliser les troupes.

 

Et la bataille se termina par une victoire décisive et une conquête éclatante que le commandant de leur armée Khalid ibn Al-Walid ibn Al-Moughayrah remporta pour les musulmans.

 

 

*** Il reste quelques pauses de réflexions pour la leçon que l'on tire de la situation :

 

*1- Si on rassemble les deux parties de cette scène entre Ouhoud et Al-Yarmouk, elle montre comment le changement fut étonnant pour ces trois hommes : Abou Soufyaane, Khalid et 'Ikrimah (qu'Allah soit satisfait d'eux) ; alors, du commandement des polythéistes pour combattre le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), viser le messager et le message, et essayer de l'anéantir définitivement ; ensuite, dans un éclair de temps, la scène se tourne vers eux alors qu'ils défendent la religion de ce prophète en risquant leur vie et avec bravoure, ils conduisent les troupes en étant des messagers de son message, et ils transmettent son appel dans une bataille redoutable et définitive, dans laquelle 'Ikrimah fut tué, l'œil restant d'Abou Soufyaane fut crevé, et Khalid remporta la victoire.

 

Ceci après que le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ait rejoint les cieux élevés, alors il n'y avait pas de place pour espérer le satisfaire, ou pour avoir peur de lui, ou pour se faire voir par lui, mais c'était l'imprégnation profonde de son appel, la sincérité envers son message, et le regard avec conviction sur la sincérité de sa promesse, en laissant derrière eux l'hostilité transmise par héritage de leurs pères et les vengeances acerbes dans leurs cœurs ; et les arabes sont ceux qui recherchent le plus à se venger, ceux qui préservent le plus la tradition, et ceux qui sont les plus fermes pour la continuation de l'hostilité.

Ensuite, ce grand changement se produisit afin que les commandants de la bataille contre le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) se transforment en commandants de la bataille pour défendre sa religion après sa mort. Le cerveau a été reformé, ainsi que l'éducation de l'âme, la fondation de la foi, la détermination de la direction à suivre, et l'éclaircissement de la vision, du message et du but.

 

Et ceci est une des réussites éblouissantes dans l'appel de Mohammed (qu'Allah le bénisse et le salue), étant donné que des cœurs morts furent ramenés à la vie, alors : ils se soulevèrent, ils augmentèrent de volume, et ils firent germer toutes sortes de couples (de végétaux) à la beauté éclatante.

 

 

*2- Tu es attiré par ces bonnes manières prophétiques du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) alors qu'il se trouve dans les conditions les plus intenses de sa douleur psychologique et corporelle, il essuie le sang de son visage et il dit :

(Comment un peuple qui a blessé le visage de leur prophète peut-il obtenir le succès ?).

Il ne fait rien d'autre que de poser une question (qu'Allah le bénisse et le salue), car il n'a pas tranché de leurs sorts, il n'a pas juré qu'Allah (qu'Il soit exalté) ne leur ferait pas miséricorde, il n'a pas demandé que les calamités du châtiment descendent sur eux, mais il s'est demandé : "Est-ce que ceux-là obtiendront le succès après avoir fait toutes ces choses, comme tuer les meilleurs musulmans, mutiler leurs corps, ensuite parvenir jusqu'au messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) afin qu'il subisse les blessures qu'il subit, et que son sang se disperse sur son visage béni ? Comment un peuple qui a fait cela avec un prophète qui appelle à Allah peut-il obtenir le succès ?!".

 

Le moment de la blessure et l'intensité de la douleur psychologique et corporelle ne devaient pas s'arrêter à la question, mais le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) était celui qui connaissait le mieux Allah (qu'Il soit exalté) et celui qui Le craignait le plus, c'est la raison pour laquelle il respecta la politesse avec son Seigneur, et il ne fit pas autre chose que de se poser la question sans trancher et sans affirmer.

 

 

*3- Le fait de considérer ceci comme improbable dans la question prophétique : (Comment un peuple qui a blessé leur prophète au visage peut-il obtenir le succès ?), se transformera en confirmation catégorique dans les critères des hommes, et toute personne qui aura vu la scène, dira : "Un peuple qui a blessé le visage de leur prophète n'obtiendra jamais le succès, et comment pourraient-ils l'obtenir alors qu'ils ont atteint le niveau le plus haut et le paroxysme dans l'hostilité contre le messager (qu'Allah le bénisse et le salue) et son message ?".

Malgré cela, la révélation d'Allah (qu'Il soit exalté) descendit afin d'écarter de Son prophète, de Sa meilleure créature et du plus aimé auprès de Lui, les sorts des gens et les issues de leur vie : {Tu n’as (Mohammed) aucune part dans l’ordre (divin)} [La famille d'Imraane : 128] ; et afin que l'affaire concernant le succès final et le bonheur éternel soit parmi les choses qu'Allah Seul (qu'Il soit glorifié et exalté) décide et prédestine : {Dis : "L’affaire toute entière est à Allah"} [La famille d'Imraane : 154]. Et la fin de l'affaire reste dans la science d'Allah (qu'Il soit exalté) et ce qu'Il décide : {- qu’Il (Allah) accepte leur repentir (en embrassant l’Islam) ou qu’Il les châtie, car ils sont bien des injustes} [La famille d'Imraane : 128].

 

Et c'est comme si je voyais les compagnons qui avaient une grande compréhension, déduire de ce verset les bonnes nouvelles du repentir d'Allah (qu'Il soit exalté) pour eux et les signes de Sa guidé pour eux, étant donné qu'Allah (qu'Il soit glorifié) a commencé par mentionner le repentir avant le châtiment, et ils se demandent : "Comment et quand cela se produira alors qu'ils sont dans cette situation ?". Mais la bienveillance d'Allah (qu'Il soit exalté) dans Ses décisions est au-dessus du regard des hommes et de leur estimation : {Mon Seigneur est plein de douceur pour ce qu’Il veut. Et c’est Lui L’Omniscient, le Sage} [Youssouf : 100].

 

*4- Malgré l'intensité de la situation de douleur psychologique et corporelle dont souffrait le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) à cause de son affliction qu'il ressentait en voytext-align: left; direction: ltr; p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=p class=unicode-bidi: embed;ant ses compagnons blessés, ses compagnons tués et dont les corps avaient été mutilés devant lui, ainsi que les blessures de son corps, le sang qui coulait de s/p/p/p/p/p/p/p/p/pon visage, et les paroles de réjouissance de son malheur et de vengeance assouvie qu'il entendait des polythéistes ; malgré toutes ces choses, il demanda que la miséricorde d'Allah (qu'Il soit exalté) descende et que Sa colère soit repoussée : (O Seigneur ! Pardonne à mon peuple car ils ne savent pas).

 

Si la personne douée d'intelligence réfléchit à cette invocation dans cette situation, elle comprendra la signification de Sa parole (qu'Il soit exalté) : {Et tu es certes, d’une moralité imminente} [La plume : 4], car il n'a pas (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) invoqué Allah (qu'Il soit glorifié) contre eux afin qu'il obtienne la victoire, il ne s'est pas contenté de leur pardonner seulement jusqu'à ce qu'il invoque Allah (Le Puissant et le Haut) en leur faveur, et il ne s'est pas contenté d'invoquer Allah en leur faveur jusqu'à ce qu'il fasse que leur ignorance de sa situation soit comme une excuse, bien que ce ne soit pas une excuse ; et ceci est le plus haut degré de la bienfaisance et de la générosité auquel il n'y a pas d'association, et auquel on ne peut parvenir.

 

 

*5- Bien que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) soit à la position la plus élevée auprès de son Seigneur (Le Puissant et le Haut) et qu'il accomplissait la mission la plus honorable et la meilleure envers son peuple, lorsqu'on  lui voua cette grande rancune, il n'ajouta rien de plus à cette question : (Comment un peuple qui a blessé le visage de leur prophète peut-il obtenir le succès ?), sans trancher sur leurs sorts, et sans jurer par Allah (qu'Il soit exalté) sur leur situation.

 

Ceci est une grande leçon prophétique sur la modestie et le fait de ne pas se regarder soi-même, dont ont besoin beaucoup de ceux qui sont absorbés par le fait de se regarder eux-mêmes et d'observer leurs actions, car ils se regardent eux-mêmes en considérant qu'ils méritent les miracles divins, et qu'ils ont une position élevée auprès d'Allah (qu'Il soit exalté), de telle sorte qu'Il vient à leur secours tout de suite en se vengeant de ceux qui les ont dénigrés, et que ceux qui ont eu un mauvais comportement avec eux sont punis sans qu'aucun délai ne leur soit accordé.

 

*6- Une autre leçon pour nous, est que nous ne devons désespérer de personne dans notre appel à Allah (qu'Il soit exalté), nous ne devons pas considérer comme improbable que la situation de la personne change et qu'elle devienne pieuse, car celui qui regardait la situation de ces trois hommes à Ouhoud, ne pouvait pas imaginer, - quelle que soit l'ampleur de son optimisme -, la situation dans laquelle ils se trouvèrent après cela, c'est la raison pour laquelle il n'est pas correct de retenir les gens en otage à l'instant présent :

{Il se peut qu’Allah établisse de l’amitié entre vous et ceux d’entre eux dont vous avez été les ennemis. Et Allah est Omnipotent, et Allah est Pardonneur et Très Miséricordieux} [L'éprouvée : 7].

Et ceci ouvre pour l'âme les horizons de l'optimisme, et lui procure la douceur et la tranquillité dans l'appel à Allah (qu'Il soit glorifié et exalté).

 

 

12- De Ma'ôunah à Moutah

 

Abou Baraa 'Aamir ibn Maalik le chef de Banou 'Aamir, - qui est bien connu par "Malaa'îb Al-Assinnah" -, vint à Médine pour voir le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ; alors, le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) lui exposa l'Islam et l'y appela ; il ne se convertit pas à l'Islam et il ne s'en éloigna pas, et il dit :

-"O Mohammed ! Si tu envoyais des hommes parmi tes compagnons aux habitants de Najd, j'ai l'espoir qu'ils acceptent ton appel".

Le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) lui dit :

(Je crains que les habitants de Najd ne leur fassent du mal). Abou Baraa dit :

-"Ils seront sous ma protection".

 

Alors, le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) envoya soixante-dix parmi ses meilleurs compagnons que l'on appelait "Al-Qourraa" [les lecteurs], ils ramassaient du bois pendant la journée, ils le vendaient et ils achetaient avec l'argent de la vente de la nourriture pour les gens d'As-Souffah [les pauvres de Médine] ; et ils étudiaient le Coran pendant la nuit, ensuite ils se tenaient debout devant les piliers de la mosquée pour prier.

Le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) nomma Al-Moundhir ibn 'Amr As-Saa'âadi comme leur chef, et il y avait parmi eux : 'Ourwah ibn Asmaa, Haraam ibn Milhaane et 'Aamir ibn Fouhayrah (qu'Allah soit satisfait d'eux).

 

 

Ce convoi honorable se dirigea vers Nadj, où se trouvait les maisons de Banou 'Aamir ; sur leur chemin, ils passèrent à côté d'un endroit que l'on appelle "Bir Ma'ôunah", qui était la terre de Banou 'Aamir et de Banou Soulaym, et ils allèrent voir 'Aamir ibn At-Toufayl qui est le fils du frère d'Aamir ibn Maalik, afin qu'ils l'appellent à l'appel du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ; alors, il les trahit et appela son peuple Banou 'Aamir contre eux, mais ils refusèrent et dirent :

-"Nous n'allons pas trahir la protection qu'Abou Baraa leur a donnée".

Alors, il appela contre eux ses voisins Banou Soulaym ; ils lui obéirent, ils les combattirent et ils les tuèrent tous ; et ils étaient des messagers, ils n'étaient pas une armée qui était venue pour le combat.

 

Et Allah (qu'Il soit exalté) annonça à Son prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ce qui leur était arrivé par l'intermédiaire de l'ange Gabriel (paix sur lui) cette nuit-là ; le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) fut très triste pour eux, jusqu'à ce qu'Anass (qu'Allah soit satisfait de lui) dise :

-"Je n'ai pas vu le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) aussi triste que la tristesse qu'il ressentit pour les compagnons de "Bir Ma'ôunah", et il se mit à invoquer Allah contre ceux qui les ont tués pendant la prière d'Al-Fajr après l'inclination pendant un mois, jusqu'à ce qu'Allah fit descendre à leur sujet une révélation à Son prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) qui explique leur situation auprès de leur Seigneur : "Transmettez à notre peuple que nous avons rencontré notre Seigneur, alors Il est satisfait de nous et nous sommes satisfaits de Lui".

 

 

Les compagnons (qu'Allah soit satisfait d'eux) furent très touchés par le malheur qui les avait atteint à cause de la mort de ce groupe parmi les meilleurs compagnons, et c'est la raison pour laquelle Az-Zoubayr ibn Al-'Awwaam (qu'Allah soit satisfait de lui) appela ses fils : 'Ourwah et Al-Moundhir des noms d'Ourwah ibn Asmaa et Al-Moundhir ibn 'Amr qui étaient parmi les martyrs de "Bir Ma'ôunah".

 

Après cela, quatre années s'écoulèrent pendant lesquelles la situation politique et militaire des musulmans changea, car le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) signa le traité de paix d'Al-Houdaybiyah, et les gens furent en sécurité, l'Islam se propagea, et les musulmans augmentèrent ; alors, le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) envoya en l'an huit de l'Hégire une lettre au roi de Bosra avec Al-Haarith ibn 'Oumayr Al-Azdi, et le gouverneur d'Al-Balqaa qui représentait César l'arrêta, l'enchaîna fermement, ensuite il l'amena et lui coupa la tête ; lorsque cette nouvelle parvint au messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui), il prépara une armée composée de trois mille combattants et il l'envoya à Chaam ; et une bataille terrible se déroula entre l'armée des musulmans et l'armée des romains dont le nombre était deux cent mille combattants. Un nombre considérable de combattants romains furent tués, leur nombre n'est pas connu, sauf que Khalid ibn Al-Walid (qu'Allah soit satisfait de lui) le quatrième commandant de l'armée des musulmans disait :

-"Neuf épées se sont cassées dans ma main le jour de la bataille de Mou'tah, et il n'y a qu'une lamelle yéménite qui resta dans ma main".  

 

 

Alors, combien ces épées ont-elles coupé avant de se casser ? Combien ont été tués avec les épées d'autres que lui de l'armée des musulmans ? Tandis qu'en ce qui concerne les musulmans, ceux qui furent tués parmi eux ne dépassaient pas (12) hommes ; et Khalid (qu'Allah soit satisfait de lui) réussit après cela à retourner avec son armée à Médine d'une habileté militaire élevée que le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) appela une victoire, il a dit :

(Ensuite, une épée parmi les épées d'Allah a pris le drapeau jusqu'à ce qu'Allah leur donne la victoire), regarder "Tabaqaate Ibn Sâad" (2/51), "Le recueil de hadiths authentiques d'Al-Boukhari" (1246,4262), "Al-Bidaayah wa An-Nihaayah" (6/412-438), et "Fath Al-Baari" (7/512).

 

*** Après cela, il reste que chacun de nous observe avec son regard de discernement afin qu'il rassemble les deux scènes sur un seul champ de réflexion pour qu'apparaisse la grande signification complète en voyant la scène d'une manière large de ses deux extrémités.

 

*La première chose que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) annonça lorsqu'on lui demanda d'envoyer un groupe de ses compagnons à Najd, fut sa peur pour eux, alors il dit :

(J'ai peur que les habitants de Najd ne leur fassent du mal).

Et il ne les envoya pas jusqu'à ce qu'il s'assure de leur sécurité et de leur protection auprès du chef de Banou 'Aamir, et qu'ils sont sous sa protection.

 

Nous remarquons aussi que le nombre des morts était grand, car il est le même nombre que les martyrs de la bataille d'Ouhoud, et ils étaient tous des messagers du messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et ils n'étaient pas une armée de combattants.

 

* Le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) fut très triste de leur mort, car ils étaient les meilleurs parmi ses compagnons et ceux qui savaient lire ; ses compagnons aussi furent très tristes, et ils souffrirent de ce malheur.

 

* Malgré cela, le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ne fit rien d'autre que demander à Allah de le secourir et d'élever ses mains pour invoquer Allah (qu'Il soit exalté) ; il n'a pas envoyé une armée afin de venger ses messagers et afin de corriger les tribus injustes pour cette hostilité déloyale ; de plus, leurs demeures n'étaient éloignées de Médine que d'environ deux cent kilomètres ; et quatre ans après cela, il envoya une armée composée de trois milles hommes afin de corriger ceux qui tuèrent un seul de ses messagers, alors que leurs demeures étaient éloignées de Médine d'environ mille kilomètres.

Alors, pourquoi n'a-t-il pas envoyé une armée la première fois, malgré l'amertume du malheur, le grand nombre de morts, l'infamie de la trahison, et la monstruosité de l'hostilité ?

La réponse apparait pour celui qui est perspicace, c'est que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) n'allait pas augmenter le malheur et élargir l'ampleur de la perte en envoyant une armée alors que les musulmans était dans une situation de faiblesse et d'infériorité en nombre ; de plus, ils étaient proches du malheur subit à la bataille d'Ouhoud. Donc, le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) n'allait pas jeter son armée dans le désert des arabes et parmi leurs tribus hostiles alors que son état n'était encore qu'au début de son développement.

 

 

Les affrontements précipités à ce moment-là auraient un effet destructeur sur l'état de l'Islam ascendant, c'est la raison pour laquelle il fut expliqué clairement comment les sentiments enflammés et les émotions d'emportement eurent recours à la belle patience, et ils furent maîtrisés par la perspicacité et la vision clairvoyante des conséquences.

Celui qui a dit : (J'ai peur que les habitants de Najd ne leur fassent du mal), est celui sur qui est descendu : {N’ayez donc pas peur d’eux. Mais ayez peur de Moi, si vous êtes croyants} [La famille d'Imraane : 175] ; il est celui sur qui est descendu : {Ne craignez donc pas les gens, mais craignez Moi} [La table servie : 44] ; et il est celui sur qui est descendu : {"Combien de fois une troupe peu nombreuse a, par la grâce d’Allah, vaincu une troupe très nombreuse !} [Al-Baqara : 249]. Et il est celui qui a dit dans l'épreuve la plus difficile : {"Ne t’afflige pas, car Allah est avec nous"} [Le repentir : 40].

 

Et il est celui qui connait le mieux Allah (qu'Il soit exalté), celui qui craint Le plus Allah, celui qui a le plus confiance en Lui et qui place le plus sa confiance en Lui, mais c'est l'éducation prophétique sur la réflexion pour gérer les affaires de la communauté et la sage lenteur pour entrer dans l'affrontement ; alors, il y a une grande différence entre la peur concernant la précaution et la prudence, et la peur concernant la lâcheté et la faiblesse.

 

* Et en l'an huit de l'Hégire, grâce à la signature du traité de paix d'Al-Houdaybiyah, les musulmans furent en sécurité contre les tribus arabes, ils mirent fin aux complots des juifs à Khaybar, l'Islam se propagea, les groupes augmentèrent, et les musulmans devinrent dans une situation de force qui leur permettait l'affrontement ; c'est la raison pour laquelle lorsqu'un seul messager du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) fut tué à une distance très éloignée, il ne fut pas (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) avare, ni lâche, - et loin de lui cela - ; mais il envoya à Chaam une armée composée de trois mille hommes afin de s'engager dans une bataille sanglante qui fut la préparation pour les batailles de la conquête islamique des terres des romains après cela.

 

*La leçon prophétique nous dit : le combat dans le chemin d'Allah (qu'Il soit exalté) ne correspond pas à des emportements sentimentaux, ni à des aventures improvisées, mais c'est un rite remplissant toutes les conditions requises, dont les conditions stipulées sont complètes, et qui réalise ses buts.

 

 

12- L'hospitalité d'un Ansaari

 

Il vint en étant exténué et affamé, son visage était pâle à cause de la faim et de la fatigue ; alors, il se dirigea vers le père des croyants et le messager du Seigneur des mondes, au sujet de qui son Seigneur a dit : {Le Prophète a plus de droit sur les croyants qu’ils n’en ont sur eux- mêmes} [Les coalisés : 6] ; et il est un père pour eux.

Lorsqu'il arriva jusqu'à lui, il dit en étant dans cette condition :

-"O Messager d'Allah ! Je suis épuisé".

 

Alors, le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) envoya tout de suite quelqu'un à une de ses épouses pour lui demander si elle avait de quoi nourrir cet invité épuisé ? Et elle dit :

-"Je jure par Celui qui t'a envoyé avec la vérité que je n'ai que de l'eau".

Alors, il envoya quelqu'un à une autre de ses épouses, et elle dit la même chose ; jusqu'à ce qu'il envoie quelqu'un à toutes ses épouses, alors leur situation et leur réponse étaient la même :

-"Nous jurons par Celui qui t'a envoyé avec la vérité que nous n'avons que de l'eau".

 

Alors, le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) se dirigea vers ses compagnons et dit :

(Qui accueille cet invité cette nuit, qu'Allah lui fasse miséricorde ?).

Abou Tal'hah Al-Ansaari (qu'Allah soit satisfait de lui) dit :

-"Moi, ô Messager d'Allah".

Ensuite, il partit chez lui et dit à sa femme :

-"Reçois avec hospitalité l'invité du messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et donne-lui tout ce que tu as". Elle dit :

-"Je jure par Allah que je n'ai que le diner de nos enfants". Alors, il dit :

-"Lorsque les enfants voudront manger le diner, distrais-les jusqu'à ce qu'ils dorment ; ensuite, prépare ta nourriture et allume la lampe ; et lorsque notre invité viendra, approche de lui ce que tu as, et lorsqu'il voudra commencer à manger, lève-toi vers la lampe et éteins-la".

 

Alors, elle fit dormir ses enfants, elle prépara sa nourriture, et elle alluma sa lampe ; lorsque l'invité arriva, elle lui apporta le peu de nourriture qu'ils avaient ; ensuite elle se leva vers la lampe comme si elle l'arrangeait, et elle l'éteignit ; puis, ils s'assirent avec leur invité devant la nourriture, et Abou Tal'hah se mit à se lécher les lèvres, et sa femme se mit à se lécher les lèvres, afin que l'invité voie qu'ils mangent ; et il mangea après avoir eu faim pendant longtemps ; alors il mangea toute leur nourriture sans s'en rendre compte, tandis qu'eux, ils dormirent affamés, ainsi que leurs enfants.

 

Lorsque l'aube arriva, Abou Tal'hah (qu'Allah soit satisfait de lui) sortit comme d'habitude pour prier la prière d'Al-Fajr avec le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) ; alors le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) qui lui avait annoncé la bonne nouvelle de la miséricorde d'Allah lorsqu'il prit son invité, lui annonça une autre bonne nouvelle en disant :

(Allah a ri la nuit dernière, - ou : a été étonné -, de ce que vous avez fait avec votre invité).

 

Et parmi les effets de cet étonnement divin : une révélation qu'Allah (qu'Il soit exalté) révéla à Son prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) dans un verset du Coran qu'Il a fait descendre et qui est récité jusqu'au jour du jugement : {et qui [les] préfèrent à eux-mêmes, même s’il y a pénurie chez eux} [L'exode : 9], regarder : "le recueil de hadiths authentiques d'Al-Boukhari" (3798, 4889), "Le recueil de hadiths authentext-align: left; direction: ltr; unicode-bidi: embed;tiques de Mouslim" (2054), "Djaamî At-Tirmidhi" (3304), 'Charh An-Nspan style=awawi de Sahimso-ansi-language: FR;h Mouslim" (4/11), "Fath Al-Baar lang=i (span style=7/119), (FR8/632), et "Oumdatou Al-Qaari" (16/264Allah (bénédictions et salutations d), (19/228).

 

 

*** Et nous avons quelques pauses de réflexion avec cette histoire :

 

*1- Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) était un refuge pour les croyants, ils retournaient vers lui pour leur besoin et leur affliction ; car cet homme affamé et exténué se dirigea vers le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et il ne s'est pas exposé pendant longtemps et il ne s'est pas étendu sur l'explication, mais il a simplement exposé son besoin : "O Messager d'Allah ! Je suis épuisé", afin qu'il obtienne une réponse rapide et l'attention complète sur sa situation ; de telle sorte qu'il ne s'est séparé du messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) qu'après que son besoin soit réalisé et son affaire soit réglée.

 

C'est la protection prophétique qui est basée sur la bonne garde, la vigilance et l'attention, et ce n'est pas la domination, l'orgueil et l'ostentation ; c'est la protection qu'il a annoncée (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) par sa parole :

(J'ai plus de droit sur chaque croyant qu'il n'en a sur lui-même ; quiconque laisse de l'argent, alors c'est pour sa famille ; quiconque laisse une dette ou des enfants, alors c'est vers moi et sur moi) rapporté par Mouslim (867), d'après le hadith de Djaabir (qu'Allah soit satisfait de lui).

 

*2- Tu vois que le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) a commencé par lui-même pour subvenir au besoin de cet homme exténué ; alors, il envoya quelqu'un à une de ses épouses pour lui demander de la nourriture pour son invité, et lorsqu'il ne trouva rien avec elle, il envoya quelqu'un à une autre épouse, jusqu'à ce qu'il envoie quelqu'un à toutes ces maisons, et il ne s'est adressé à ses compagnons que lorsqu'il ne trouva rien chez lui (bénédictions et salutations d'Allah sur lui).

 

Et c'est ainsi qu'il était (qu'Allah le bénisse et le salue) dans toutes ses affaires le modèle à suivre avec ses actions avant ses paroles ; et il n'ordonnait un bien qu'après l'avoir accompli lui-même, et après l'avoir représenté et mis en pratique complètement ; c'est la raison pour laquelle les compagnons (qu'Allah soit satisfait d'eux) suivirent son exemple parfaitement dans des aspects merveilleux de dévouement dans l'imitation ; et la scène d'Abou Tal'hah (qu'Allah soit satisfait de lui) avec son invité n'est que la réaction à la situation du grand modèle (qu'Allah le bénisse et le salue) ; et son Seigneur le connaissait mieux le jour où Il dit : {En effet, vous avez dans le Messager d’Allah un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier, et invoque Allah fréquemment} [Les coalisés : 21].

 

 

Le rappel et la prise de conscience de cette signification doivent être renouvelés dans nos cœurs ; et tout savant, tout prédicateur, tout éducateur et tout enseignant en a le plus besoin, afin de présenter le message en étant un modèle et en commençant pas lui-même pour représenter les principes ; et la sagesse occidental dit :

-"Ne me parle pas de toi-même, car ce que tes actions disent, bouche mes oreilles".

 

*3- La situation d'Abou Tal'hah (qu'Allah soit satisfait de lui) avec son invité est une image très claire de l'altruisme en donnant le peu que l'on possède ; car il a préféré que lui, son épouse et ses enfants, dorment en étant affamés cette nuit-là, afin de nourrir un invité épuisé qui a passé des nuits affamé. Ensuite, je suis étonné de sa bienveillance envers les sentiments de son invité qui n'aurait pas savouré cette nourriture s'il avait su qu'il se rassasierait en laissant son hôte affamé ; alors il éteignit la lampe, ensuite sa femme et lui jouèrent la comédie en faisant semblant de mâcher et de se lécher les lèvres afin que l'invité se réjouisse de ce peu de nourriture et qu'il mange en étant heureux.

C'est une scène étonnante, et y a-t-il une chose plus grande que le fait que notre Seigneur (Le Puissant et le Haut) en ait été étonné, et Il fit descendre un verset du Coran qui est récité à propos de cette scène ?!

Donc, si tu es étonné et que ton étonnement est complet, alors sache que cette motivation provient de l'école de la prophétie et est un des fruits de l'éducation Mohammadienne.

 

*4- La scène merveilleuse de la famille, qui réagit face à la situation, qui distribue les rôles, et qui se soutient afin de faire sortir la situation dans l'image la plus parfaite et de la meilleure manière ; car l'épouse combat les sentiments maternels, afin de donner généreusement la nourriture de ses enfants, elle préfère donner sa nourriture à une autre personne, et elle partage avec son mari l'exécution de la scène et l'échange des rôles pour mettre l'invité à l'aise et faire partir la gêne qu'il ressent à cause du peu de nourriture ; alors, elle fut dans toutes ses affaires une aide pour son mari dans l'obéissance à Allah (qu'Il soit exalté) et pour offrir l'hospitalité à l'invité du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille).

 

 

Cette union et cette harmonie familiales entre les deux époux dans l'accomplissement des bonnes actions ne pouvaient pas se réaliser si la femme ne participait pas avec son mari à la satisfaction de ce qu'elle a et au fait d'assumer les significations de la religion. C'est la raison pour laquelle sa réaction fut spontanée, et sa réaction positive ne fut corrompue par aucune opposition, bien que les femmes des Ansaars soient autonomes dans leur personnalité et aient de l'autorité dans la vie conjugale.

 

Ceci attire notre attention sur l'importance de la complémentarité pour l'éducation de la société, et le fait de préparer la femme à assumer sa responsabilité avec satisfaction, conviction et réaction positive avec son mari dans leur message mutuel.

 

*5- Le hadith renferme un miracle prophétique apparent, étant donné que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) commença par annoncer à Abou Tal'hah (qu'Allah soit satisfait de lui) l'étonnement d'Allah (qu'Il soit exalté) de ce qu'il avait fait avec leur invité alors que ceci c'est passé dans l'obscurité de la nuit, et leur invité qui participait au repas avec eux ne le savait pas ; et ce sont des signes parmi les signes de la prophétie qui se succédaient dans la vie des compagnons :

{…et que croisse la foi de ceux qui croient, et que ceux à qui le Livre a été apporté et les croyants n’aient point de doute} [Al-Mouddathir : 31].

 

*6- La situation des maisons du prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dans lesquelles il y avait peu de chose et le strict nécessaire pour vivre, étant donné que quelqu'un fit le tour des maisons pour demander de la nourriture pour l'invité du messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) et il n'y trouva que de l'eau ; et la raison de cela, est que le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) aidait les gens avec sa propre personne et son argent, il n'a pas fait que ses maisons soient des coffres-forts pour le luxe, pour rassembler les surplus d'argent et pour augmenter les biens de ce monde ; alors, les mois se succédaient et le feu n'était pas allumé dans ses maisons, et ses compagnons voyaient qu'il était le plus généreux des hommes et qu'il donnait le bien plus généreusement que le vent qui souffle rapidement ; il partageait les chameaux, il donnait l'argent en le jetant dans les vêtements ; ils ne l'ont jamais vu un jour s'approprier de l'argent sans le leur donner, ou s'attribuer des biens en les en privant, ou donner la préférence à lui-même ou à ses proches parents.

 

*7- Dans le fait que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ait envoyé quelqu'un à toutes ses maisons pour demander de la nourriture pour son invité et qu'il ne trouva pas de quoi nourrir un être vivant, il y a une bonne consolation pour cet homme affamé et exténué ; car lorsqu'il voit que ceci est la situation du messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui), il reviendra sur lui-même en étant satisfait, calme, et il ne sera pas affligé à cause de sa situation ; parce que c'est son imam et son modèle, et ceci est sa situation (qu'Allah le bénisse et le salue).

 

 

14- O Mou'âadh !

 

Sa main frappa la main du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) au moment du serment d'allégeance d'Al-'Aqabah, alors qu'il était un jeune homme imberbe ; ensuite, il accompagna le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) avec un cœur flamboyant de foi et un cerveau brillant, alors il rassembla entre l'intelligence et la purification, la générosité, la noblesse, le rayonnement et la dignité ; il était donc parmi les hommes qui avaient le visage le plus beau, les meilleures qualités, qui étaient les plus tolérants et qui avaient le plus de science.

 

Il resta constamment avec le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui), il mémorisa le Coran et il comprit la science, il fut celui qui connaissait le plus le licite et l'illicite de la communauté, et il eut le privilège d'avoir l'amour et l'attention du messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) ; ceci apparut clairement dans une scène parmi les scènes du rapprochement et de la particularité, alors le voilà derrière le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) sur un âne que l'on appelle : ['Oufayr], sa muserolle était en fibre ; et il n'y avait entre le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et lui  que l'arrière de la selle de l'âne.

 

Pendant qu'ils étaient sur le chemin, le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) appela comme s'il appelait quelqu'un qui était loin alors qu'il était proche de lui, il dit :

(O Mou'âadh ibn Djabal !). Il dit :

-"Me voici, ô Messager d'Allah, et que tu sois toujours heureux !".

Alors, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) se tut, ensuite il l'appela après un moment, il dit :

(O Mou'âadh ibn Djabal !). Il dit :

-"Me voici, ô Messager d'Allah, et que tu sois toujours heureux !".

Et le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) se tut, ensuite il l'appela après un moment, il dit :

(O Mou'âadh ibn Djabal !). Il dit :

-"Me voici, ô Messager d'Allah, et que tu sois toujours heureux !".

 

Alors, le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit :

(Sais-tu quel est le droit d'Allah sur les serviteurs ?).

Mou'âadh dit :

-"Allah et Son messager savent mieux". Il dit (qu'Allah le bénisse et le salue) :

(Le droit d'Allah sur les serviteurs est qu'ils L'adorent et qu'ils ne Lui associent rien).

 

Ensuite, il poursuivit son chemin pendant une heure, puis il dit :

(O Mou'âadh ibn Djabal !). Il dit :

-"Me voici, ô Messager d'Allah, et que tu sois toujours heureux !". Il dit :

(Sais-tu quel est le droit des serviteurs sur Allah s'ils font cela ?). Il dit :

-"Allah et Son messager savent mieux". Il dit (qu'Allah le bénisse et le salue) :

(Le droit des serviteurs sur Allah s'ils font cela, est : qu'Il ne les punira pas, Il leur pardonnera, et Il les fera entrer au Paradis ; quiconque atteste qu'il n'y a pas de divinité en dehors d'Allah et que Mohammed est le messager d'Allah sincèrement de son cœur, Allah l'interdira à l'enfer).

Il dit :

-"O Messager d'Allah ! Ne dois-je pas annoncer la bonne nouvelle de cela aux gens ?". Il dit : 

(Non, Je crains qu'ils ne se reposent sur cela".

 

 

Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui) fut content de la bonne nouvelle, et il obéit à la recommandation, alors il fut réjoui de la bonne nouvelle et il n'en parla à personne ; ensuite, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) rejoint les cieux élevés, et Mou'âadh s'en alla à Chaam après cela pour rechercher le martyre où se trouvait la terre de la garde et du combat dans le chemin d'Allah ; et il ne tarda pas longtemps avant que ne lui vienne le martyre sur son lit, car il fut atteint de la peste, alors il dit :

-"Je ne voudrais pas avoir les chameaux rouges au lieu de ce qui m'a atteint".

Sa maladie s'aggrava, et il sut que ce sont les afflictions de la mort et le moment de quitter la vie, alors il dit :

-"Découvrez le rideau de la coupole afin que je vous parle d'un hadith que j'ai entendu du messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et je ne vous en ai pas parlé par peur que vous vous reposiez sur cela".

 

Ensuite, il leur annonça cette bonne nouvelle dont le messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue) lui avait parlé pendant qu'il était assis derrière lui sur l'âne, il n'y avait personne avec eux et personne ne les entendait. Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui) ne voulut pas rencontrer son Seigneur en ayant caché une science qu'il avait entendue du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), et il eut peur du péché commis en cachant cette science, alors il en parla au moment de sa mort, et ceux qui ont entendu de Mou'âadh sont ces compagnons intimes qui furent présents à sa mort. [Regarder : "Le recueil de hadiths authentiques d'Al-Boukhari" (2856, 6500, 7373), "Le recueil de hadiths authentiques de Mouslim" (30), "Djaamî At-Tirmidhi" (2643), "Mousnad Abi 'Awaanah" (21), "Charh An-Nawawi 'alaa Sahih Mouslim" (1/230), "Fath Al-Baari" (6/59), (11/338), et "Oumdah Al-Qaari" (3/417)].

 

*** Et nous avons quelques pauses de réflexion à propos de cette scène :

 

 

*La première : c'est l'habileté prophétique dans l'éducation, la stimulation de l'esprit, le fait de faire participer l'élève pour faire parvenir la connaissance et le stimuler pour la recevoir ; car le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) choisit pour faire parvenir cette connaissance un moment pendant lequel Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui) était dans une situation de rapprochement affectif et psychologique, ce qui nécessitait le rapprochement corporel et l'intimité ressentie par le fait qu'il se trouvait derrière le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) sur l'âne ; c'est un moment de prédisposition psychologique pour apprendre du messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue).

 

Ensuite, tu es émerveillé de cet appel pour Mou'âadh ibn Djabal par son nom et le nom de son père, comme s'il l'appelait d'un endroit éloigné alors qu'il était dans la situation la plus proche de lui, et lorsque Mou'âadh répondait à son appel et lui souhaitait d'être toujours heureux, il se taisait.

Et par Allah, comment l'esprit de Mou'âadh est-il parti dans toute direction pendant les moments de silence que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) plaça entre ses trois appels !!

 

L'appel était stimulant, et l'attente silencieuse était stimulante aussi, jusqu'à ce que l'esprit soit complètement éveillé pour recevoir ce que le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) allait dire, alors l'information vint sous la forme d'une question : (Sais-tu quel est le droit d'Allah sur les serviteurs ?).

Et Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui) répondit en donnant la réponse de l'élève impatient et désireux de savoir : "Allah et Son messager savent mieux". Et lorsque la réponse prophétique vint, elle trouva un esprit éveillé, stimulé et brûlant d'envie de connaître.

 

Tous ces stimulants se sont succédés : être assis derrière le prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) sur l'âne, l'appel, le silence et les questions ; et toutes ces choses affûtèrent l'esprit et approchèrent le cœur, c'est la raison pour laquelle il n'est pas étonnant que Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui) saisit ce hadith, ensuite il le comprit et le mémorisa, et j'imagine qu'il a vécu toute sa vie comme si l'appel du prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) remplissait ses oreilles.

 

Et y a-t-il une chose plus étonnante que le fait que les douleurs de la maladie et les afflictions de la mort ne l'aient pas fait oublier cette scène, il s'en rappela et la raconta avec tous ses détails, comme si c'était une chose qui venait tout juste de lui arriver ?!

Alors, prières, salutations et bénédictions d'Allah sur le meilleur enseignant qui ait enseigné le bien aux gens !

 

 

* La deuxième : Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui) était jeune, il venait juste de dépasser ses vingt ans, et malgré cela, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) le choisit pour lui dire en particulier une science, et il ne lui permit pas d'en parler à quelqu'un d'autre par peur qu'ils ne la comprennent comme il l'avait comprise ; et il y a en cela une preuve concernant le fait de donner à chaque élève la science qui convient à sa perception, à sa compréhension et à son besoin.

 

* La troisième : Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui) à qui le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) a annoncé cette bonne nouvelle formidable, était connu pour la force de sa détermination dans l'adoration ; et lorsqu'il priait, il était absorbé dans sa prière et il la prolongeait en récitant les versets d'Allah (qu'Il soit exalté), jusqu'à ce que le messager (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) lui interdit de trop prolonger la prière lorsqu'il priait en étant l'imam ; et après la mort du messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et le salue), il est celui qui est parti à Chaam pour rechercher le martyre dans le chemin d'Allah, alors Omar (qu'Allah soit satisfait de lui) parla à Abou Bakr pour qu'il le retienne parce que les gens avaient besoin de lu/spani, et il dit (qu'Allah soit satisfait de lui) :

-"Un homme qui désire le martyre, alors je ne le retiens pas".

 

Et il est celui qui a dit lorsque la mort lui vint :

-"O Seigneur ! Tu sais que je n'aimais pas rester dans ce monde pour faire couler les ruisseaux et pour planter les arbres, mais pour la soif pendant la chaleur de midi, pour l'endurance pendant la nuit, et pour me presser contre les savants sur les genoux dans les assemblées de rappel d'Allah".

Et il y a en cela une preuve que Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui) n'a compris des hadiths que ce qui le stimulait pour augmenter l'adoration, prendre du plaisir dans l'obéissance à Allah (qu'Il soit exalté), se réjouir en restant longtemps debout dans les prières, et bondir dans la concurrence pour l'accomplissement des bonnes actions. Et il était très perspicace, très intelligent et purifié, et il fut protégé grâce à sa compréhension et à sa purification de dévier en comprenant d'une mauvaise manière cette bonne nouvelle prophétique pour aller vers le fait de compter sur les autres et d'abandonner les actions ; mais au contraire cette bonne nouvelle prophétique fut un soutien affectif pour s'empresser de faire le bien et pour augmenter les bonnes actions.

 

 

*La quatrième : Dans ce hadith, il y a une remarque qui indique la compréhension de Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui) pour apprendre le texte prophétique, car bien que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) lui ai interdit de dire aux gens ce qu'il lui avait dit et qu'il ne lui permit pas d'en parler lorsqu'il lui demanda la permission, nous trouvons qu'au moment de sa mort, il eut peur de commettre un péché s'il ne parlait pas de ce hadith ; alors, il parla de ce hadith bien que la parole apparente du prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) indique l'interdiction d'en parler, et ceci fait partie de la grande compréhension de Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui), car il regarda la cause de l'interdiction, qui était la peur que les gens arrêtent les actions en comptant sur ce hadith, alors il en parla à ses élèves qui étaient présents avec lui au moment de sa mort, et ils sont ceux qui ont pris sa compréhension et ont rapporté la science de lui, afin que ce hadith soit entre les savants ; donc, Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui) n'en a pas parlé en public, et il ne l'a pas caché complètement, mais il choisit à qui il voulait en parler comme le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) choisit à qui il voulait en parler.

 

 

Il est étonnant que quelqu'un puisse penser, à première vue, que le péché réside dans le fait d'avoir parlé de ce hadith, selon l'interdiction du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), mais la compréhension de Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui) est qu'il a eu peur du péché qui réside dans le fait de cacher ce hadith ; et il comprit la cause de l'interdiction, alors il sut que l'interdiction était lié au fait de compter sur le hadith et d'abandonner les actions ; donc, le hadith fut rapporté à celui pour qui il était une bonne nouvelle sans que cela le conduise à l'abandon des actions et à compter sur le hadith.

 

* La cinquième : n'es-tu pas touché par la situation de Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui) alors qu'il était sur le point de mourir et qu'il souffrait des afflictions de la mort, ensuite il n'abandonna pas sa fonction qu'il avait apprise du prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui), qui est l'appel à Allah (qu'Il soit exalté) et l'éducation ; alors, il fut un prédicateur pendant qu'il était en bonne santé, et il fut un prédicateur et un enseignant sur le lit de mort ; et si Mou'âadh (qu'Allah soit satisfait de lui) se cherchait à lui-même une excuse pour ne pas faire la prédication et l'éducation, il aurait eu une excuse avec les douleurs de la maladie ; et dans les affres de la mort, l'excuse est encore plus grande.

 

* La sixième : la scène représentée par ton prophète (qu'Allah le bénisse et le salue) qui marche dans les marchés sur un âne dont la muserolle était en fibre, en partageant le dos de l'âne avec un jeune parmi les Ansaars, est une scène parmi les scènes de la servitude pour Allah (qu'Il soit exalté) et de la modestie prophétique avec laquelle le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) s'éloignait de la situation des tyrans et des orgueilleux.

 

C'est le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) qui a choisi d'être un prophète serviteur, et il n'a pas choisi d'être un prophète roi.

 

15- Une bonne Sounnah

 

Le jour se leva et le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) était dans son assemblée bénie avec ses compagnons, alors un groupe de gens parmi les bédouins arriva, ils avaient parcouru une distance grande et éloignée afin de rendre visite au messager en qui ils ont cru et qu'ils ont suivi ; le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) les regarda et vit qu'ils étaient pieds nus, leurs corps étaient nus, ils ne portaient pas de vêtements, mais ils portaient des habits dont ils avaient coupé les milieux, ensuite ils les avaient resserrés sur eux, ou une toge avec laquelle ils s'étaient enveloppés et qui cachait une partie des corps affaiblis, affligés par la fatigue, et amaigris par l'effort, la misère et la faim. 

 

Alors, ton prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) regarda ces corps nus et épuisés, et son visage honorable devint coloré et crispé, par peine, compassion et miséricorde pour eux, à cause de la situation de pauvreté et de fatigue dans laquelle il les voyait. Ensuite, il se dirigea rapidement chez lui, il y resta le temps qu'Allah voulut qu'il y reste ; puis il sortit et ordonna à Bilal (qu'Allah soit satisfait de lui) de faire l'appel à la prière ; ensuite, il fit l'Iqaamah, et il pria la prière d'Ad-Dhouhr avec les gens ; puis, il monta sur le minbar et fit un sermon aux gens ; il loua Allah (qu'Il soit exalté) et fit Son éloge, et il dit :

(Allah a fait descendre dans Son Livre : {Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et qui de ces deux-là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d’hommes et de femmes. Craignez Allah au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang. Certes Allah vous observe parfaitement} [Les femmes : 1]. Et : {Ô vous qui avez cru ! Craignez Allah. Que chaque âme voit bien ce qu’elle a avancé pour demain. Et craignez Allah, car Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites} [L'exode : 18]. Que chaque homme donne en aumône de son dinar, de son dirham, du boisseau de son blé, et du boisseau de ses dattes), jusqu'à ce qu'il dise : (Même si ce n'est que la moitié d'une datte).

 

Alors, il exhorta les gens à faire l'aumône et il leur inspira de faire des dons ; ensuite, il s'assit et attendit les aumônes de ses compagnons pour leurs frères qui étaient arrivés dans une situation d'épuisement et de pauvreté, et ils s'attardèrent ; les moments d'attente passèrent en étant lourds et lents, et le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) vivait l'angoisse de l'attente avec l'attention du miséricordieux compatissant, jusqu'à ce que l'on vit cela sur son visage honorable et béni.

 

Et pendant qu'il était dans cette situation, un homme parmi les Ansaars vint avec un ballot d'argent qui remplissait ce qu'il y avait entre ses doigts, jusqu'à ce que sa main ne puisse presque pas le porter, plus exactement sa main ne pouvait pas le porter ; et il dit :

-"O Messager d'Allah ! Ceci est dans le chemin d'Allah (Le Puissant et le Haut)".

 

Et voilà que cette initiative interrompit la lourdeur et l'angoisse de l'attente, et mobilisa les gens à ce que cet homme avait avancé ; alors, Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui) se leva et donna, ensuite Omar (qu'Allah soit satisfait de lui) se leva et donna ; ensuite les Mouhaajirines se levèrent et donnèrent. Et les gens se succédèrent les uns après les autres jusqu'à ce qu'il y ait devant le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) deux piles de nourriture et de vêtements ; alors le visage du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) s'illumina, la joie apparut sur son visage et ses joues brillèrent ; et son visage qui était blanc, radieux et imprégné de rougeur, se mit à briller comme s'il était de l'argenterie recouverte d'or, à cause de la joie et de la gaité qu'il ressentait grâce aux dons de ses compagnons pour ces pauvres qui étaient venus épuisés et dans la misère.

 

 

Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) regarda les piles de nourriture et de vêtements devant lui ; mais la scène qui resta présente devant ses yeux et dans son cœur, est la scène de cet homme qui avait apporté le ballot dans sa main afin d'interrompre le silence de l'attente et d'inciter dans les cœurs le bond de l'empressement vers le bien ; sa scène était celle qui était présente, et son attitude était celle qui était digne de louange et d'éloge ; alors il se dirigea (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) vers ses compagnons pour saluer celui qui avait pris l'initiative en disant :

(Quiconque fait dans l'Islam une bonne Sounnah, obtiendra sa récompense et la récompense de ceux qui la feront après lui, sans que cela ne diminue en rien leurs récompenses ; et quiconque fait dans l'Islam une mauvaise Sounnah, aura son péché et le péché de ceux qui la feront, sans que cela ne diminue en rien leurs péchés), regarder : "Mousnad" de l'imam Ahmed (18381), "Le recueil de hadiths authentiques de Mouslim" (1017), "Djaamî At-Tirmidhi" (2675), "Sounane An-Nassaa'i" (2554), "Ikmaal Al-'Ilm" (3/539-541), (8/170-171), "Charh An-Nawawi 'alaa Sahih Mouslim" (7/102-105).

 

*** Nous nous arrêtons devant cette scène car des significations importantes attirent notre attention :

 

*1- Nous sommes très attirés par la scène de la réaction émotionnelle du prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) pour les besoins des gens et cette émotion psychique profonde pour leurs souffrances, et qui est apparue sur son visage honorable, étant donné que les compagnons virent la coloration de son visage causée par la peine lorsqu'il vit la pauvreté et l'épuisement sur ces gens qui étaient arrivés ; et ensuite, la coloration de son visage lorsqu'il vit le retard des compagnons pour donner en aumône ; ensuite, cette joie débordante qui apparut sur son visage jusqu'à ce que son visage béni s'illumina, et qu'il brilla de joie et de gaieté, parce que le besoin de ces pauvres avait été comblé.

 

La coloration du visage du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) par peine, ensuite son illumination de joie pour la situation de ceux-là, montre la profondeur du sentiment affectif pour les douleurs et les souffrances des gens, et qu'elles tenaient une place très importantes dans le cœur du prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui), de telle sorte qu'elles faisaient du bruit dans sa conscience, leurs effets étaient visibles sur son visage, et les compagnons les lisaient sur les traits de son visage.

 

 

Ton prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) est pris d'une telle émotion pour des gens qui venaient tout juste d'arriver, c'est sa première rencontre avec eux et la première fois qu'il fait connaissance avec eux, ceci provient de la miséricorde qui remplit son cœur, car il est celui qui a été décrit par son Seigneur comme étant compatissant et miséricordieux envers les croyants et qu'il est une miséricorde pour l'humanité. Alors, félicitations à tout croyant qui est miséricordieux et qui a un cœur tendre, parce qu'il suit l'exemple de son prophète et qu'il est caractérisé par ses bonnes qualités.

 

*2- Le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ayant été pris par une telle émotion, s'empressa tout de suite de répondre d'une manière pratique à ses sentiments sensibles ; alors la première chose qu'il fit, est qu'il commença d'abord par lui-même, c'est la raison pour laquelle il alla rapidement chez lui et il y entra, et nous pensons qu'il n'y est entré que pour y chercher de quoi combler le besoin de ces pauvres ; mais qu'est-ce que le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) va-t-il trouver dans sa maison dans laquelle deux mois consécutifs s'écoulaient sans qu'on y allume le feu ? Que va-t-il trouver dans une maison dont les murs sont rapprochés, dans laquelle il n'y avait pas beaucoup de meubles, et de laquelle beaucoup des réjouissances et des plaisirs de ce monde avaient été écartés ?!

C'est la raison pour laquelle il sortit de sa maison en n'ayant rien avec lui, parce qu'il n'avait rien trouvé, mais il commença par lui-même, il entra premièrement chez lui, il était le premier à faire tout bien avec ses actes avant sa parole, il commençait par lui-même avant les autres, et il était le premier à faire tout bien qu'il a ordonné.

 

Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) qui fit un sermon et exhorta à faire l'aumône, est celui qui partageait l'argent en le versant dans les vêtements, et il est celui qui donna à un homme des moutons qui se trouvaient entre deux montagnes comme le don de celui qui n'a pas peur de la pauvreté ; et il est celui qui a dit : (Si j'avais comme la montagne Ouhoud en or, je ne voudrais pas que trois nuits s'écoulent et que j'ai encore quelque chose de cet or, sauf quelque chose que je mettrais de côté pour une dette), rapporté par Al-Boukhari (6445), et Mouslim (991), d'après le hadith d'Abou Houréïrah (qu'Allah soit satisfait de lui).

 

Ensuite, il quitta ce monde en disant :

(Nous, les prophètes, ne laissons rien en héritage ; ce que nous laissons, est une aumône), rapporté par Al-Boukhari (3093, 3711), et Mouslim (1758, 1759), d'après le hadith d'Abou Bakr et d'Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'eux).

 

Il était (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) l'homme le plus éloquent, celui dont le discours était le plus clair, mais le discours de ses actes était encore plus clair, et l'éloquence de sa situation était encore plus intense.

 

 

*3- L'effet de l'initiative positive et son importance apparurent avec l'acte de cet homme parmi les Ansaars qui s'est empressé de venir avec le ballot et qui l'a jeté devant le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), les gens s'empressèrent de venir après lui, et il se peut que le don de ceux qui vinrent après lui était plus grand que son don, mais il devança les autres pour faire une bonne Sounnah, en étant le premier à faire le bien, et en ouvrant le chemin du bien ; c'est la raison pour laquelle le prophète (bénédictions et salutations d'Allah sur lui), après que toutes ces choses furent rassemblées devant lui, fit un commentaire avec cette phrase qui loua son initiative et qui la purifia.

 

*4- Les versions de ce hadith n'ont pas mentionné le nom de cet homme qui prit l'initiative sauf sa description qu'il était parmi les Ansaars, ce qui indique qu'il n'était pas connu parmi eux, bien qu'Abou Bakr, Omar et les premiers Mouhaajirines (qu'Allah soit satisfait d'eux) étaient présents dans l'assemblée, et ceci indique aussi que personne ne doit se sous-estimer en s'abstenant de prendre l'initiative positive, car la présence des premiers Mouhaajirines et des meilleurs compagnons ne l'empêcha pas de prendre cette initiative, mais au contraire il bondit vers le bien et s'empressa d'aller vers lui rapidement en étant le premier ; alors, il obtint la récompense de tous ceux qui vinrent après lui, même s'ils étaient meilleurs que lui et que leur don était plus grand.

 

*5- Le retard des compagnons (qu'Allah soit satisfait d'eux) n'était pas de l'avarice, - loin d'eux cela -, parce qu'ils sont ceux qu'Allah (qu'Il soit exalté) protégea de leur propre avarice, et Il dit à propos d'eux qu'ils donnent la préférence aux autres sur eux-mêmes, même s'il y a pénurie chez eux ; mais il se peut que ce retard soit un manque d'énergie pour y aller et une hésitation dans la quantité, et lorsque l'homme s'empressa de dépenser en donnant le ballot d'argent, son initiative fut une exhortation à l'empressement pour faire les dons et une élévation de la quantité de la participation ; c'est la raison pour laquelle ce fut une bonne Sounnah pour lui, le devancement qui fit bouger la lenteur, et la générosité qui fit multiplier les dons.

 

*6- (Quiconque fait dans l'Islam une bonne Sounnah, obtiendra sa récompense et la récompense de ceux qui la feront après lui, sans que cela ne diminue en rien leurs récompenses).

Cette phrase prophétique honorable dans ce contexte, montre l'effet important et le résultat béni des initiatives pour faire le bien ; et celui qui observe la vie des gens importants, des gens influents et des réformateurs, trouvera qu'elle est une chaîne successive d'initiatives positives ; c'est la raison pour laquelle ils eurent leur influence et laissèrent leur effet.

 

Nous avons vu dans la vie de l'imam Abdel-Aziz ibn Baaz (qu'Allah lui fasse miséricorde) un modèle de l'esprit d'initiative, car aucune opportunité pour faire le bien n'apparaissait sans qu'il ne bondisse vers elle ; l'enracinement de la science n'était la particularité du cheikh, mais il était une de ses particularités, tandis que sa qualité était l'initiative positive, étant donné qu'il a laissé après lui des projets établis et existants, ainsi que des chemins pour le bien qui sont suivis.

 

Stephen Covey a dit à propos des habitudes de la réussite dans son livre "Les sept habitudes des gens efficaces" :

-"L'initiative est la mère des habitudes".

Et il aurait été bon qu'il dise : "Elle est la mère des habitudes et son père".

 

 

16- Thoumaamah

 

Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) envoya une expédition parmi ses expéditions militaires qui protégeaient le front Est de la ville du prophète, alors elle captura un homme parmi les chefs de Banou Hanifah que l'on appelle : Thoumaamah ibn Outhaal.

Lorsqu'on l'amena à Médine, il ne fut pas emprisonné dans une cellule fermée ou dans une caserne militaire, mais il fut attaché à un des piliers de la mosquée afin que soit devant ses yeux la face de la vie et de l'adoration du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) et des croyants.

 

Alors, le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) sortit pour le voir et dit :

(Qu'est-ce que tu as à dire, ô Thoumaamah ?).

Cette parole prophétique est très éloignée du blâme, ou de l'humiliation, ou de la menace.. Ce qui était attendu, est que Thoumaamah entende directement ce que le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) avait à dire, et voilà que le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) lui demande ce qu'il a à dire ? Alors Thoumaamah répondit avec la logique des chefs et la confiance des nobles, en disant :

-"J'ai le bien, ô Mohammed". Ensuite, il présenta les probabilités attendues, alors il dit :

-"Si tu me tues, tu tues un homme dont le sang est important ; et si tu fais don, tu fais don à un homme reconnaissant ; et si tu veux de l'argent, alorsMsoNoSpacing demande la somme que tu veux".

 

Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membre style=s de sa famille) le laissa et ne lui précisa aucun de ces choix, afin que ses sens et ses facultés mentales soient préoccupés à observer le pr style= style= style= style= style= style= style= style= style= style= style= style= style= style= style= style= style= style= style= style= style= style= style=ophète (bétext-align: left; direction: ltr; unicode-bidi: embed;nétext-align: left; direction: ltr; unicode-bidi: embed;ditext-align: left; direction: ltr; unicode-bidi: embed;ctions et salutations d'Allah sur lui) et ceux qui étaient autour de lui, peut-être qu'il s'apercevrait du sort auquel il finirait.

 

Et pendant que Thoumaamah était attaché à son pilier, on ne se comportait pas avec lui d'une manière qui pourrait porter atteinte à son honneur, mais au contraire sa nourriture lui était apportée des maisons du messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et c'est comme s'il le réconfortait avec sa nourriture et sa boisson.

 

 

Un jour passa alors que Thoumaamah était attaché à son pilier, il voyait le comportement du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) avec la grandeur de ses bonnes qualités, et comment il vivait avec les musulmans comme l'un d'entre eux alors qu'il est leur imam, il les englobait tous avec ses bonnes qualités et le fait qu'il était à leur service ; et il voyait les rangs des musulmans pendant qu'ils priaient derrière le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dans une grande scène d'adoration comme ses yeux n'avaient jamais vue.

Et Thoumaamah entendit les versets du Coran récités par le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dans ses prières. Alors, toutes ces scènes devant ses yeux étaient des messages qui pénétraient dans son cœur ; le lendemain, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) vint le voir et dit : (Qu'est-ce que tu as à dire, ô Thoumaamah ?). Thoumaamah dit :

-"Ce que je t'ai dit ! Si tu fais don, tu fais don à un homme reconnaissant". Et Thoumaamah n'ajouta rien à cela.

 

Il se réjouit que le messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ne cherche pas à assouvir sa vengeance et ne recherche pas l'argent ; c'est la raison pour laquelle il abrégea sa réponse selon ce qu'il pensait du messager d'Allah (bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; alors, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) le laissa afin qu'il vive un autre jour dans l'école de la prophétie pour qu'il voie encore plus que ce qu'il avait déjà vu et qu'il entende encore plus que ce qu'il avait déjà entendu.

 

 

Le troisième jour : Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) vint le voir et dit :

(Qu'est-ce que tu as à dire, ô Thoumaamah ?). Thoumaamah dit :

-"J'ai ce que je t'ai dit ?!". Et il ne dit rien d'autre que cela, il se contenta de cette abréviation en s'en remettant à ses bonnes qualités (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; et le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit :

(Libérez Thoumaamah !!).

 

Ainsi, ses liens furent détachés, et il fut libéré grâce à un pardon prophétique sans condition, après qu'il ait passé trois jours dans la mosquée du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) pendant lesquels ses oreilles et ses yeux se remplirent des scènes de la prophétie et des versets du Coran ; c'est la raison pour laquelle Thoumaamah sortit de la mosquée avec cœur différent de celui avec lequel il y était entré ; alors il partit jusqu'à un champ de dattes proche de la mosquée, il y prit un bain, ensuite il entra dans la mosquée, il se mit debout devant le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) en disant :

-"J'atteste qu'il n'y pas d'autre divinité qu'Allah, et j'atteste que Mohammed est le messager d'Allah. O Mohammed ! Je jure par Allah qu'il n'y avait pas sur terre un visage que je détestais plus que ton visage, et maintenant ton visage est devenu le visage que j'aime le plus. Je jure par Allah qu'il n'y avait pas une religion que je détestais plus que ta religion, et maintenant ta religion est devenue la religion que j'aime le plus. Et je jure par Allah qu'il n'y avait pas une ville que je détestais plus que ta ville, et maintenant ta ville est devenue la ville que j'aime le plus. Et si tes cavaliers me prennent alors que je veux aller accomplir la 'Oumrah, que penses-tu que je dois faire ?!".

 

Alors, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) lui annonça la bonne nouvelle du bien, et il lui indiqua qu'il devait continuer pour aller accomplir sa 'Oumrah. Et Thoumaamah s'en alla à la Mecque, il fit les tours autour la Kâaba et les parcours entre As-Safaa et Al-Marwah, et il déclara sa conversion à l'Islam sans prêter attention aux habitants de la Mecque ; alors quelqu'un lui dit :

-"As-tu abandonné ta religion ?". Thoumaamah dit :

-"Non, mais je me suis converti avec Mohammed le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et je jure par Allah qu'il ne vous viendra d'Al-Yamaamah aucun grain de blé jusqu'à ce que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) en donne la permission". Ensuite, il retourna à Al-Yamaamah et il interdit à son peuple, - et il était leur chef -, de porter quelque chose à la Mecque.

 

Ceci causa du tort aux Qouraychites, et ils écrivirent au prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) pour lui rappeler le lien de la parenté avec lequel il était venu : "Tu ordonnes de préserver le lien de la parenté".

Alors, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) écrivit à Thoumaamah pour lui ordonner de ne pas les empêcher de porter du blé à son peuple à la Mecque ; et le blé d'Al-Yamaamah et son ravitaillement retournèrent à la Mecque par l'ordre du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille).

 

 

*** Des significations rayonnantes resplendissent de cette histoire, parmi celles-ci :

 

*1- La force de la personnalité de Thoumaamah et son estime de lui-même apparaissent, bien qu'il soit debout devant le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) en étant un prisonnier attaché à un pilier et qui attendait les probabilités de la mort, - selon ce qu'il pensait -, sauf qu'il était serein dans sa conversation avec le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), il était clair dans l'exposition de ses choix et fort dans leur présentation ; alors, les significations de la supplication n'apparurent pas dans ses paroles, ni la flatterie et l'abaissement.. Et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) préserva pour Thoumaamah sa force de personnalité, et elle ne subit pas d'humiliation ou d'abaissement.

 

Cette force de la personnalité qui était présente pendant l'époque de l'ignorance préislamique, est devenue une arme dans l'islam, tout comme Thoumaamah était fort avant sa conversion à l'Islam, il prit sa force avec fierté après sa conversion à l'Islam ; alors il annonça sa conversion à l'Islam parmi les Qouraychites, et lorsqu'ils l'interrogèrent, il fut fort dans l'affrontement et il déclara qu'il avait embrassé l'Islam avec le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; ensuite, il fut fort dans sa décision et il les priva du blé d'Al-Yamaamah, jusqu'à ce qu'il les oblige à demander la permission du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et il obtint ce qu'il voulut.

 

 

Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) préservait pour les gens leur honneur, leur position et leurs particularités personnelles, c'est la raison pour laquelle ces significations personnelles en eux furent un avantage pour l'Islam lorsqu'ils se convertirent à l'Islam.

 

*2- Lorsque Thoumaamah se convertit à l'Islam, il était déjà très imprégné de l'Islam et avait une grande conviction, bien que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ne l'ait pas appelé à l'Islam directement et qu'il n'ait pas fait que l'islam soit le prix de sa rançon pour être libéré, mais la conviction de Thoumaamah sur l'Islam se forma à travers son observation du programme quotidienne du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et des musulmans avec lui dans leur plus grande assemblée qui est la mosquée, ainsi que le fait qu'il écoutait les versets du Coran qui étaient récités dans les prières du messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ; alors, ce qu'il vit et entendit, fut une preuve pratique de l'authenticité de l'Islam et de la sincérité du messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; il crut donc avec cette foi forte et convaincue, et Thoumaamah continua sur cette certitude ; c'est la raison pour laquelle il eut cette position mémorable concernant la fermeté sur l'Islam le jour où beaucoup de gens de sa tribu Banou Hanifah apostasièrent avec Moussaylamah, et il fut parmi ceux qui restèrent fermes sur l'Islam pendant la période d'apostasie et parmi ceux qui combattirent pour que les gens retournent à la religion.

 

 

*3- Thoumaamah obligea les Qouraychites à demander l'intercession du messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) afin que leur parvienne le ravitaillement de nourriture d'Al-Yamaamah. Et ils rappelèrent au prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) la préservation des liens de parenté avec laquelle il était venue, et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) aurait pu leur répondre : "Vous êtes les premiers qui avez rompu les liens de parenté dont vous demandez la préservation", il aurait pu leur rappeler l'arrêt du ravitaillement pour Banou Haachim dans la vallée lorsqu'ils furent assiégés, il aurait pu leur rappeler aussi lorsqu'ils le chassèrent, ainsi que les musulmans de la Mecque sans prêter aucune attention aux liens de parenté, mais le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ne fit rien de tout cela, et il écrivit à Al-Yamaamah pour leur dire d'envoyer le ravitaillement à la Mecque.

 

Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) agissait en étant éloigné de l'envie d'assouvir la vengeance. Il agissait avec ses adversaires avec ses propres principes, et non pas avec leurs principes. Et il suivait un but élevé qui est : faire que les gens aiment la religion avec laquelle Allah (qu'Il soit exalté) l'a envoyé ; c'est la raison pour laquelle cette attitude prophétique aurait de l'effet sur les cœurs de certains habitants de la Mecque, même si elle n'a pas d'effet sur eux tous, et ce serait une chose dans leurs cœurs qui les préparerait à accepter la religion après cela.

 

17- Salamah

 

Salamah ibn Al-Akw'âa (qu'Allah soit satisfait de lui) avait une large corpulence, alors il était un soutien très fort ; et parfois il attaquait l'armée, et il les mettait en déroute seul ; il était un coureur, personne ne pouvait le dépasser ; donc, il avait beaucoup de force, son corps était harmonieux, et il marchait en faisant de grands pas.

 

Et une histoire étonnante lui arriva le jour d'Al-Houdaybiyah, pendant que les messagers allaient et venaient entre le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) et les habitants de la Mecque afin de préparer le traité de paix que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) s'était décidé à signer avec eux.

 

Lorsque le moment de la sieste de la journée arriva, Salamah (qu'Allah soit satisfait de lui) alla à un arbre afin de se mettre sous son ombre, alors il balaya ses épines, ramassa celles qui s'étaient éparpillées, il se prépara un endroit pour faire la sieste, et il s'y coucha au pied de l'arbre ; ensuite, quatre hommes polythéistes parmi les habitants de la Mecque vinrent, ils accrochèrent leurs armes à l'arbre, ils s'assirent pour discuter, et ils dirent du mal du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ; il fut été plus facile à Salamah (qu'Allah soit satisfait de lui) d'entendre que l'on insulte son père et sa mère, que de les entendre dire du mal du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et ceci lui causa beaucoup de tort ; alors il leur laissa l'arbre, et alla à un autre arbre afin d'éloigner ses oreilles du mal que ces polythéistes disaient du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui). 

 

Pendant qu'il était ainsi, il entendit quelqu'un appeler en criant à voix haute :

-"O Mouhaajirines ! Ibn Az-Zounayr a été tué !".

Alors, Salamah pensa que les polythéistes avaient rompu la démarche pour le traité de paix ; et il prit son épée, il s'élança sur ces quatre hommes qui dormaient, il prit leurs épées et les rassembla dans sa main, ensuite il leur dit :

-"Je jure par Celui qui a honoré le visage de Mohammed que si l'un d'entre vous lève sa tête, je la frapperais avec l'épée".

Ensuite, il vint avec eux en les amenant au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ; ensuite, son oncle 'Aamir vint avec quatre-vingt-dix-neuf polythéistes qui essayèrent d'avoir un accrochage avec les musulmans, en les amenant au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; alors le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) les regarda et dit :

(Laissez-les, ils auront le début de la trahison et sa fin).

 

Ensuite, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) leur pardonna et les laissa s'en aller, [Regarder : "Le recueil de hadiths authentiques d'Al-Boukhari (2960, 4209, 6148)", "Le recueil de hadiths authentiques de Mouslim (1807)", "Charh An-Nawawi de Sahih Mouslim (12/176)", "Al-Issaabah (3/151), et "Fath Al-Baari (7/465) (10/543)".

 

*** Cette histoire renferme des significations importantes, parmi celles-ci :

 

*1- Nous ne connaissons personne qui aime le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) plus que ses compagnons qui crurent en lui, dont les yeux furent illuminés par la vue de son visage, et dont les oreilles furent parfumées en écoutant son discours ; et ils l'accompagnèrent dans les situations de sa vie et lorsque ses affaires changeaient, alors leurs cœurs furent complètement imprégnés de l'amour pour lui, il se mélangea à leurs chairs, leur sang et leurs nerfs ; donc, par Allah, comment fut la situation de Salamah (qu'Allah soit satisfait de lui) alors qu'il entendait un groupe de polythéistes insulter le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) pendant qu'ils partageaient avec lui l'ombre de l'arbre sous lequel il faisait la sieste !

Comme il a dû souffrir psychologiquement à ce moment-là ! Comme son sang a dû bouillir de colère à cause de ce qu'il avait entendu ! Mais il retint sa colère, il maîtrisa ses émotions, et aucun comportement d'emportement ne s'échappa de lui, bien qu'il soit dans la fleur de sa jeunesse et qu'il soit âgé d'une vingtaine d'année ; il leur laissa l'ombre qu'il avait préparée pour lui-même et il s'éloigna d'eux, afin qu'il soit loin de ce tort qu'il ne pouvait pas supporter ; de plus, ce ne sont pas la faiblesse et l'incapacité qui l'empêchèrent de mettre à exécution sa colère et d'assouvir la fureur qui se trouvait dans son cœur, car il avait un cœur courageux, un corps fort, et il courrait vite, mais il réagit face à ses émotions avec une discipline complète, en s'éloignant de tout comportement qui pourrait aller vers des développements qui n'étaient pas calculés ; il supporta la douleur psychologique avec une belle patience et une grande perspicacité, même lorsqu'il entendit la personne crier en appelant à ce qui indiquait une trahison ou un meurtre, il ne s'empressa pas de tuer ceux-là, bien que l'opportunité lui était offerte, étant donné qu'ils avaient accroché leurs armes à l'arbre, ils étaient isolés, et ils s'étaient endormis sans aucune préparation ou précaution, mais il se contenta de les amener au prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) afin que ce soit l'autorité compétente générale des musulmans qui agisse.

 

Salamah (qu'Allah soit satisfait de lui) présente à la communauté à travers cette attitude une grande leçon concernant la discipline, la maîtrise des émotions, le contrôle des sentiments d'emportement, et le fait de ne pas se précipiter vers une réaction qui n'est pas calculée ou un comportement qui n'est pas raisonnable, malgré la force de l'influence et l'intensité de la provocation.

 

*2- Notre attention est attirée par les qualités élevées avec lesquelles le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) se comporta avec ceux qui l'avaient insulté et dénigré, et avec les quatre-vingt-dix-neuf qu'on lui amena alors qu'ils essayaient d'avoir un accrochage avec les musulmans ; malgré cela, il leur pardonna à tous et il les laissa assumer la responsabilité du début de la trahison et de sa fin ; et c'était un pardon prophétique généreux, étant donné qu'il ne fit à ceux -là aucun reproche ou aucun blâme (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), mais ce sont les grandes qualités et le beau pardon.

 

Il y avait devant le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) un grand but évident, qui correspondait au fait que le traité de paix soit signé entre lui et les habitants de la Mecque, c'est la raison pour laquelle il ne permit pas à ces provocations répétées provenant des canailles parmi les polythéistes d'entraver ses démarches ou de le dévier de son but, alors il fut plus fort que ces provocations car leur grandeur était leur grandeur normale dans le cadre de l'événement dans lequel il vivait et le but sur lequel il tenait bon.

 

Par conséquent, l'affaire s'acheva comme le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) l'avait voulue ; alors, le traité de paix fut signé, la feuille fut écrite, et ainsi une victoire éclatante se produisit, et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) retourna à Médine alors que les versets d'Allah (qu'Il soit exalté) descendait sur lui : {En vérité, Nous t’avons accordé une victoire éclatante} [Al-Fath : 1].

 

Le fait que les buts ne soient pas clairs et qu'il n'y ait pas de plan de travail, fait que la communauté soit sujette à des réactions hésitantes.

Et les réponses individuelles qui ne sont pas bien étudiées, peuvent entraver une marche engagée, gaspiller de grandes opportunités, et arrêter de grands buts recherchés.

 

Donc, bénédictions et salutations d'Allah sur celui sur qui Allah a fait descendre le Livre et à qui Il a donné la sagesse :

{Il donne la sagesse à qui Il veut. Et celui à qui la sagesse est donnée, vraiment, c’est un bien immense qui lui est donné} [Al-Baqara : 269].

 

****

 

 

 18- Une galette d'orge 

 

J'ai reconnu la faim dans le visage du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), et j'ai entendu que sa voix était faible, et j'ai été attristé de la situation dans laquelle j'ai vu le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; alors, as-tu quelque chose ?

 

C'est ce qu'Abou Tal'hah dit à son épouse Oum Soulaym (qu'Allah soit satisfait d'eux) ; et il était passé à côté du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) pendant qu'il faisait lire sourate "Les femmes" aux gens d'As-Souffah, et la trace de la faim apparaissait à cause de la faiblesse dans sa voix et de la pâleur sur son visage ; et il ne put pas patienter face à ce qu'il avait vu, alors il partit voir son épouse Oum Soulaym, peut-être qu'il trouverait avec elle de quoi donner à manger au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; lorsqu'il lui dit cela, elle dit :

-"J'ai quelque chose, - et elle fit signe de sa main pour indiquer que c'était très peu - ; nous avons environ un boisseau de farine d'orge, alors si le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) vient seul, nous le rassasierons, et si quelqu'un vient avec lui, ce ne sera pas suffisant pour eux". Il dit :

-"Alors, pétris-la et prépare-la, peut-être que nous allons inviter le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) pour qu'il mange chez nous".

 

 

Alors, elle alla au boisseau d'orge,- et c'est environ les deux mains remplies d'un homme -, et elle la pétrit ; ensuite, elle envoya son fils Anass à un champ de dattes qui leur appartenait afin qu'il lui apporte du bois pour qu'elle fasse cuir sur ce bois ; il le lui apporta, et elle fit une galette avec ce qu'elle avait pétri. Alors, Abou Tal'hah (qu'Allah soit satisfait de lui) dit à son beau-fils :

-"O Mon fils ! Va au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) et reste debout en te tenant proche de lui ; et lorsqu'il se lèvera, laisse-le jusqu'à ce que ses compagnons se dispersent, ensuite suis-le jusqu'à ce qu'il se tienne debout devant le seuil de sa porte, et dis-lui : "Mon père t'invite", et n'invite personne avec lui, et ne me déshonore pas".

 

Anass alla au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), il le trouva dans son assemblée et ses compagnons étaient autour de lui, environ quatre-vingt hommes ; alors, il resta debout en attendant que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) se lève pour l'inviter ; et voilà que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) se dirigea vers lui et dit :

(Ton père t'a envoyé, ô Mon petit garçon ?). Il dit :

-"Oui". Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit :

(A un repas ?). Il dit :

-"Oui". Et le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) se dirigea vers ses compagnons et il leur dit :

(Levez-vous au nom d'Allah, répondez à l'invitation d'Abou Tal'hah).

 

Ensuite, il prit la main d'Anass et il la serra dans sa main ; et ils partirent pour se rendre chez Abou Tal'hah (qu'Allah soit satisfait de lui). Alors, n'interroge pas à propos de la situation d'Anass pendant qu'il marchait alors que sa main était dans la main du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), et c'était comme si les pas de ce groupe d'hommes faisaient se balancer la terre autour de lui : que va-t-il dire à Abou Tal'hah alors qu'il lui a ordonné et il l'a averti ? Et que pouvait-il faire alors que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) l'avait interrogé, et il ne pouvait rien faire d'autre que lui répondre et lui dire la vérité ? Et à quoi servirait le peu de nourriture qu'il avait avec ce grand groupe ?

 

 

Jusqu'à ce qu'ils approchèrent de la maison d'Abou Tal'hah (qu'Allah soit satisfait de lui), le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) lâcha la main d'Anass ; alors il partit rapidement, il entra dans la pièce où se trouvait Abou Tal'hah, et il dit :

-"O Mon père ! J'ai dit au messager d'Allah ce que tu m'as dit, et il a invité ses compagnons, et il vient à toi avec eux !".

Alors, Abou Tal'hah (qu'Allah soit satisfait de lui) le poussa avec sa main et dit :

-"Tu m'as déshonoré auprès du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), n'as-tu pas su ce que nous avons ?!". Anass dit :

-"Oui, mais je n'ai rien pu dire au messager d'Allah ; il m'a dit : (A un repas ?). Alors, je n'ai pas voulu mentir".

 

Abou Tal'hah (qu'Allah soit satisfait de lui) fut très affligé, et il se dirigea vers son épouse Oum Soulaym, et il dit :

-"O Oum Soulaym ! Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) est venu avec les gens, et nous n'avons pas de quoi les nourrir". Elle dit :

-"Allah et Son messager savent mieux".

 

 

Alors, Abou Tal'hah (qu'Allah soit satisfait de lui) sortit, et il se mit debout devant la porte pour accueillir le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ; lorsque le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) arriva à la porte, il dit à ceux qui étaient avec lui :

(Asseyez-vous).

Ils s'assirent donc dans le chemin, et il entra avec Abou Tal'hah ; alors, Abou Tal'hah (qu'Allah soit satisfait de lui) dit :

-"O Messager d'Allah ! J'ai envoyé Anass pour t'inviter seul, car ce n'est qu'une galette qu'Oum Soulaym a préparée, et nous n'avons pas ce qui suffit pour ceux que je vois avec toi !".

 Alors, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) dit :

(Entre et réjouis-toi, car Allah (Le Puissant et le Haut) bénira ce que tu as).

 

Abou Tal'hah (qu'Allah soit satisfait de lui) entra avec le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) dit :

(O Oum Soulaym ! Apporte ce que tu as).

Elle vint avec le plat dans lequel se trouvait la galette, et il lui dit :

(As-tu du beurre fondu ?). Abou Tal'hah (qu'Allah soit satisfait de lui) dit :

-"J'avais une outre dans laquelle il y avait un peu de beurre fondu". Il dit :

(Apporte-la).

Alors, il apporta une outre maigre, celui qui la regardait, dirait : "Elle contient quelque chose ou elle ne contient rien". Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ouvrit les liens de l'outre, ensuite il dit :

(Au nom d'Allah. O Seigneur ! Mets-y beaucoup de bénédictions !). Ensuite, il dit :

(Renverse-la, ô Oum Soulaym !).

 

 

Elle la renversa, puis le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) et Abou Tal'hah (qu'Allah soit satisfait de lui) se mirent à la presser jusqu'à ce que quelque chose s'écoula de l'outre, alors le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) l'essuya avec son doigt, ensuite il essuya la galette avec cela, et il dit : (Au nom d'Allah).

Alors la galette gonfla, et il ne cessa de faire la même chose et la galette gonflait à chaque fois, jusqu'à ce qu'elle prenne toute la place dans le plat.

 

Ensuite, il dit à Anass :

(Appelle dix de mes compagnons).

Il lui en appela dix, et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) posa sa main au milieu de la galette et dit :

(Mangez au nom d'Allah).

Alors, ils mangèrent aux alentours de la galette jusqu'à ce qu'ils furent rassasiés ; et ils ne cessèrent d'entrer dix par dix, et ils mangeaient sans qu'aucun d'eux ne fasse attention à l'autre, jusqu'à ce qu'ils furent tous rassasiés ; ensuite, il appela Abou Tal'hah, Oum Soulaym et Anass, ils s'assirent avec lui, et il dit :

(Mangez).

Alors, ils mangèrent avec le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) jusqu'à ce qu'ils fussent rassasiés ; puis il leva sa main, et la moitié de la galette où le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) avait posé sa main, était comme elle l'était au début, et il dit :

(O Oum Soulaym ! Où est ceci par rapport à ta nourriture lorsque tu l'as apportée ?).

Elle dit :

-"O Messager d'Allah ! Je donnerais mon père et ma mère en rançon pour toi ! Si je ne les avais pas vus manger, j'aurais dit : [Rien n'a diminué de notre nourriture]".

 

Ensuite, Oum Soulaym (qu'Allah soit satisfait d'elle) rassembla ce qui restait, et elle l'offrit en cadeau à ses voisins.

[Regarder : "Mousnad Ahmed" (12034, 12806, 13058) ; "Sahih Al-Boukhari" (3578, 6688, 5450, 5381) ; "Sahih Mouslim" (2040) ; "Djaamî At-Tirmidhi" (3630) ; "Mousnad Abi Yâalaa" (2830) ; "Sahih Ibn Hibbaane" (5285) ; "Moustakhraj Abi 'Aawaanah" (6710) ; "Dalaa'il An-Noubouwwah" d'Al-Bayhaqi (1/363) ; "Charh An-Nawawi 'Aala Sahih Mouslim" (10/73) ; "Fath Al-Baari" (6/588), (9/574), (11/571) ; "Oumdatou Al-Qaari" (6/427)].

 

 

*** Et nous faisons quelques pauses avec ce récit :

 

*Premièrement : Ce grand prophète noble (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) qui a faim jusqu'à ce que l'effet de la faim apparaisse sur son visage par la fatigue et la faiblesse dans sa voix, est celui sur qui Allah (qu'Il soit exalté) a fait descendre :

{Béni soit Celui qui, s’Il le voulait, t’accorderait bien mieux que cela : des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux ; et Il t’assignerait des châteaux} [Le discernement : 10].

 

De par Sa sagesse, Allah (Le Puissant et le Haut) a éloigné le monde et ses biens de Son serviteur et de Son bien-aimé Mohammed (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), et s'Il avait voulu, Il aurait fait venir les biens de cette terre à lui, mais Allah (Le Puissant et le Haut) choisit pour Son ami intime et Son bien-aimé cette vie avec ce qu'elle renferme de modicité, de fatigue et de pauvreté, pour de grandes sagesses ; et parmi ces sagesses :

 

A- Pour que ce prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) accomplisse sa grande mission sans qu'il n'ait rien dans ce monde qu'il désire obtenir, sinon quelqu'un dirait : "Son appel était pour qu'il obtienne cette part, ou pour qu'il gagne cet argent, ou pour qu'il jouisse de cette richesse". Et il est celui qui a transmis, appelé, fourni des efforts, et il a annoncé la bonne nouvelle à sa communauté qu'elle conquerrait les trésors de ce monde, alors qu'il a passé cette vie avec le strict nécessaire pour vivre sans qu'il ne prive les gens de quelque chose de leur vie dans ce monde, ou sans qu'il ne jouisse des bienfaits de la vie en les en privant.

 

B- Et Allah (qu'Il soit exalté) a voulu de par Sa sagesse pour Son prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), malgré cette modicité du luxe de la vie, qu'aucune richesse n'empêchait les gens de le voir, ou qu'aucun argent ne faisait qu'il ne se préoccupait pas d'eux, mais au contraire il s'asseyait avec eux en étant l'un d'entre eux, il vivait ce qu'ils vivaient, il souffrait de ce dont ils souffraient; alors, lorsqu'ils allaient le voir, ils allaient voir un prophète qui avait faim comme ils avaient faim, et il obtenait de la vie ce qu'ils obtenaient ; c'est la raison pour laquelle cette situation dans laquelle se trouvait le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), qui était une situation de pauvreté et de simplicité, était un terrain pour la communication et la relation avec les gens, et beaucoup parmi eux étaient dans la même situation que lui.

 

C- Ce qui est arrivé au prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) est une consolation pour les pauvres de ce monde, et ils sont très nombreux ; car tout personne qui est atteinte de fatigue ou de pauvreté dans ce monde, se rappelle que la meilleure créature d'Allah (qu'Il soit exalté) et la plus noble, a été atteinte de cette fatigue et de cette pauvreté.

 

* Deuxièmement : il n'était pas de la guidée du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), ni de ses bonnes manières, d'inviter une personne à un repas auquel la personne n'avait pas été invitée ; et s'il voulait prendre quelqu'un avec lui, il demandait la permission pour cette personne, alors il disait :

(Et celle-ci), comme lorsqu'il demanda la permission de prendre Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) avec lui à une invitation.

Et si quelqu'un le suivait, il demandait la permission au propriétaire de la maison :

(Celui-ci nous a suivis, alors si tu veux, tu lui donnes la permission d'entrer, et si tu ne veux pas, il retournera).

 

 

Tandis que dans ce récit, le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) est allé chez Abou Tal'hah (qu'Allah soit satisfait de lui) avec les gens d'As-Souffah, et ils étaient plus nombreux que quatre-vingt personnes, bien qu'Abou Tal'hah ait fait très attention à ce qu'ils ne sachent pas ou qu'ils ne viennent pas car il n'avait pas beaucoup de nourriture ; et ceci parce que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) avait su que ce qui descendrait de la bénédiction de son Seigneur était beaucoup plus abondant et meilleur que ce qu'Abou Tal'hah (qu'Allah soit satisfait de lui) avait préparé pour lui, et qu'il y aurait un signe que ce groupe de gens verraient.

 

* Troisièmement : Ton attention n'est-elle pas attirée par le fait que ce noble prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) s'est assis avec ses compagnons d'As-Souffah pour leur faire lire le Coran alors qu'il était dans cette situation de fatigue, de telle sorte que sa fatigue était apparente ; celui qui voyait son visage, pouvait la voir, et celui qui entendait sa voix, pouvait le savoir.

 

Cette situation de faim et de fatigue, n'était-elle pas une excuse pour lui ? Mais ses désirs intenses pour la guidée et son souci de transmettre le message déversaient sur son noble cœur un plaisir qui le faisait patienter pour cette mission, et trouver insignifiante toute fatigue et toute adversité.

 

La servitude pour Allah (qu'Il soit exalté) représentée par le fait d'enseigner à ses compagnons et de leur faire lire la révélation de son Seigneur, est une nourriture sentimentale différente de ce que les gens mangent : (Je dors, et mon Seigneur me nourrit et me donne à boire) rapporté par Al-Boukhari (1965) et Mouslim (1103).

 

* Quatrièmement : cette scène dévoile la profondeur de la relation et la cohésion des liens intimes de la relation entre le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) et ses compagnons (qu'Allah soit satisfait d'eux) ; car il s'est assis dans la mosquée en ayant autour de lui plus de quatre-vingt pauvres pour leur enseigner le Coran.

 

Ceux qui se sont assis avec le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ont quitté leurs villes afin de supporter la douleur du dépaysement, de vivre la difficulté de la vie, et ils considéraient que c'est un bonheur, parce que leurs yeux s'étaient réjouis de l'avoir vu ; tandis que lui (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), il se dirigea vers eux complètement, il patienta pour eux, et il les réconforta avec sa situation et son argent.

 

Et lorsqu'il fut invité à un repas, ses bonnes qualités morales l'empêchèrent de se lever sans eux ou d'attendre qu'ils se soient dispersés, ensuite il prendrait du plaisir en étant rassasié seul ; mais il les amena avec lui, et il invoqua Allah (qu'Il soit exalté) pour qu'il fasse descendre Sa bénédiction pour eux, tout comme son frère 'Issaa (Jésus) (paix sur lui) invoqua Allah (qu'Il soit exalté) pour qu'Il fasse descendre la table servie pour les apôtres.

 

* Cinquièmement : Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) partit sur le chemin, en ayant recouvert la main d'Anass ibn Malik (qu'Allah soit satisfait de lui) dans sa main bénie, et il y avait autour de lui plus de quatre-vingt hommes parmi ses compagnons ; Anass était âgé d'une dizaine d'années et ton prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) était âgé d'une cinquantaine d'années, cette relation chaleureuse entre le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et le garçon Anass ibn Maalik répand les plus belles scènes de la relation entre les générations, car l'étape de l'âge n'engendrait pas une séparation entre les générations des compagnons et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille).

 

 

Cette grande signification éducative et la relation intime entre les générations, - les adultes et les enfants -, fortifient le lien entre les étapes d'âge, et font que les changements sociaux franchissent leurs passages avec des courbures rapides, et non pas avec des ruptures irrégulières.

 

* Sixièmement :

Anass (qu'Allah soit satisfait de lui) est venu voir le propnbsp;hète (Bénédictionsp class= et salutations dMsoNoSpacing'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) alors que ses oreilles s'étaient remplies de recommandations dures et d'un avertissement intense de son père Abou Tal'hah (qu'Allah soit satisfait de lui) ; il est venu en connaissant le peu de nourriture qu'il y avait chez son père et sa mère, et il était imprégné de la précaution dont son père l'avait chargé ; et malgré cela, lorsque le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) l'interrogea, il répondit et dit la vérité au prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dans les réponses qu'il lui donna ; et le fait de tomber du ciel était plus facile pour lui que de mentir au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) lorsqu'il l'interrogea, même si sa sincérité l'exposerait à un embarras considérable et à une grande affliction selon ce qu'il lui semblait, mais ceci était plus facile pour lui que de commettre un péché à cause d'un mensonge avec lequel il détruirait la sincérité à laquelle il fut élevé.

 

 

Et ce n'est pas étonnant, car ceux-là sont les élèves de l'école de la prophétie ; et cette qualité de sincérité, ils l'ont prise d'un prophète qui les a éduqués avec la parole de son Seigneur : {Ô vous qui croyez ! Craignez Allah et soyez avec les véridiques} [Le repentir : 119].

 

* Septièmement : Ce miracle qui s'est produit devant ce grand groupe, qu'ils ont vu de leurs propres yeux, et dont ils ont tous été témoins, ne s'est pas produit devant des gens athées, car ils ont tous cru en Allah en tant que Seigneur, en Mohammed en tant que messager et en l'Islam en tant que religion ; mais c'est un bienfait d'Allah (qu'Il soit exalté) qu'Il leur a apporté afin que la foi de ceux qui ont cru augmente.

Donc, ces miracles se produisaient devant des cœurs croyants, et ils rencontraient une bonne terre qui bougeait, grandissait et faisait pousser toute belle chose ; alors, cette situation fut un affermissement de leur foi, tout comme elle combla leur faim.

 

 

* Huitièmement : après qu'Abou Tal'hah (qu'Allah soit satisfait de lui) ait été affligé par la venue de ce grand nombre d'hommes alors qu'il n'avait pas de quoi les nourrir, il n'avait pas d'autre chose à faire que de rechercher l'opinion et la consultation, alors il se dirigea vers son épouse Oum Soulaym (qu'Allah soit satisfait d'elle), et elle était intelligente et perspicace, de même qu'elle n'était pas concentrée sur le problème comme l'était son mari qui avait invité, et qui accueillerait et nourrirait ; c'est la raison pour laquelle elle avait plus de perspicacité en ce qui concerne le problème, et elle donna une réponse décisive et rassurante : "Allah et Son messager savent mieux". Et le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) connait mieux ce que nous avons. Et la maison d'Abou Tal'hah (qu'Allah soit satisfait de lui) était comme une des maisons du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) parce que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) entrait souvent chez eux.

Et ainsi, Oum Soulaym (qu'Allah soit satisfait d'elle) mit fin au problème, elle arrêta ses répercussions, et elle le renvoya à un Grand ; et les choses difficiles sont résolues par les grands.

 

* Neuvièmement : La manière d'appeler Anass (qu'Allah soit satisfait de lui) : (O Mon Garçon ! Ton père t'a envoyé).

C'est la paternité avec laquelle le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) englobait ses compagnons ; et tu ressentirais presque l'exaltation d'Anass et le tintement des sons de cette parole remplir son cœur d'amour, de miséricorde et de joie, pour ce rapprochement et cette intimité du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui).

Et Abou Tal'hah (qu'Allah soit satisfait de lui) aussi envoya Anass et il lui dit : "O Mon fils ! Va voir le messager d'Allah, et dis-lui : Mon père t'invite".

 

Cette paternité qu'Abou Tal'hah (qu'Allah soit satisfait de lui) a répétée, est une paternité de protection et de miséricorde, sinon Anass (qu'Allah soit satisfait de lui) était son beau-fils [le fils de son épouse] et il n'était pas son fils biologique, mais ceci te montre comment le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) vivait la paternité avec ses compagnons, et il la déversait sur eux jusqu'à ce qu'ils en furent imprégnés ; alors, la société prophétique était la société de la famille avec ses liens, ses sentiments, son amour et sa miséricorde.

 

 

****  

  

 

19- Le drapeau

 

Celui qui est près des vallées de Khaybar, voit ses plaines qui englobent des forêts vastes de dattiers, tandis que les sommets de ses montagnes protègent les forteresses élevées des juifs, et ils ne combattaient que derrière ces forteresses ; et le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) assiégeait la plus grande et la plus invulnérable de ces forteresses, on l'appelait : "La forteresse Al-Qamousse".

Le siège se prolongea et dépassa une dizaine de jours ; et les tentatives se succédèrent sans interruption pour la conquérir, car le messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) avait donné le drapeau à Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui) qui combattit et revint, et la forteresse ne fut pas conquise malgré les efforts fournis ; ensuite, il donna le drapeau à Omar ibn Al-Khattaab (qu'Allah soit satisfait de lui) qui combattit et revint, et la forteresse ne fut pas conquise malgré les efforts fournis ; alors, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) dit la veille d'un jour :

(Je donnerai le drapeau demain à un homme qui aime Allah et Son messager, et Allah et Son messager l'aiment ; et il ne prend pas la fuite, et il ne reviendra pas jusqu'à ce qu'Allah lui donne la victoire).

 

Alors, les gens passèrent la nuit à parler de celui à qui le drapeau serait donné, alors qu'il possédait ces qualités, et c'est lui qui remporterait la victoire ; qui était-ce ?

 

Et les cœurs eurent envie d'obtenir cet honneur ; et tout homme qui avait un rang élevé auprès du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) espérait être cet homme, jusqu'à ce qu'Omar (qu'Allah soit satisfait de lui) dise : "Je n'ai aimé le commandement que ce jour-là".

 

Sauf qu'un homme ne désira pas ce qu'ils désirèrent, et il n'espéra pas ce qu'ils espérèrent ; et ce n'était pas à cause d'une déficience dans ses mérites, car il est celui qui a rassemblé tous les mérites ; et ce n'était pas non plus à cause d'une faiblesse dans sa détermination, car il est celui qui s'empresse de faire les bonnes actions et il devance les autres dans les bonnes actions, mais parce que sa forme physique ne lui permettait pas de porter un drapeau ou d'aller combattre, car ces jours-là il avait les yeux très irrités, ses yeux s'étaient obscurcis, et il ne voyait rien.

 

 

Lorsque les gens se réveillèrent, ils allèrent voir le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ; et chacun d'eux observait le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) en espérant être celui à qui le drapeau serait donné, et ainsi il obtiendrait l'honneur. Alors, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) dit :

(Où est Ali ibn Abi Taaleb ?). Ils dirent :

-"O Messager d'Allah ! Il souffre de ses yeux".

Et c'est comme s'ils pensèrent qu'il choisirait un autre que lui parmi ceux qui ne souffraient pas comme lui, et voilà que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit :

(Envoyez quelqu'un le chercher).

 

Alors, on l'amena au prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) alors qu'il ne voyait presque rien. Et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) posa sa tête sur sa poitrine bénie, ensuite il cracha de sa bonne salive dans ses mains, et il frotta de ses mains les yeux d'Ali (qu'Allah soit satisfait de lui).

Alors, Ali (qu'Allah soit satisfait de lui) se leva en étant guéri comme s'il n'avait jamais été malade ; et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) lui donna le drapeau et dit :

(Marche et ne te retourne pas jusqu'à ce qu'Allah te donne la victoire).

 

Alors Ali (qu'Allah soit satisfait de lui) partit rapidement avec le drapeau en courant, et les gens le suivaient ; lorsqu'il s'éloigna un peu, il s'arrêta, il ne se retourna pas, mais il cria à voix haute au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) en disant :

-"O Messager d'Allah ! Pour quelle raison dois-je combattre les gens ? Dois-je les combattre afin qu'il soient comme nous ?". Alors le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) lui dit avec un appel qu'Ali et tous ceux qui étaient avec lui entendirent :

(Avance doucement jusqu'à ce que tu arrive à l'endroit où ils se trouvent, ensuite appelle-les à l'Islam, et informe-les de ce qui leur est obligatoire concernant le droit d'Allah sur eux, car je jure par Allah que si Allah guide par ton intermédiaire un seul homme, ceci est meilleur pour toi que d'avoir les chameaux rouges) [Les chameaux les plus précieux et les plus chers].

 

Alors, l'aimé d'Allah et de Son messager partit avec le drapeau jusqu'à ce qu'il le plante sous la forteresse ; ensuite, il les appela à l'Islam et au droit d'Allah (qu'Il soit exalté) sur eux, et ils ne voulurent rien d'autre que combattre ; alors, il les combattit, et il est celui qui était fort et robuste, qui ne s'enfuyait pas lorsqu'il rencontrait l'ennemi ; et Allah (qu'Il soit exalté) lui donna la victoire ce jour-là ; et ce fut la conquête et le voile tomba. [Regarder : "Sahih Al-Boukhari" (4209, 4210), "Sahih Mouslim" (1807, 2404, 2405, 2406, 2407), "Charh An-Nawawi 'alaa Sahih Mouslim" (15/173-178), "Fath Al-Baari" (7/476-478)].  

 

*** Donc, ce récit n'attire-t-il pas ton attention sur certaines choses :

 

*1- La clarté du but et son apparence jusqu'au degré de rayonnement, afin que cela soit clair dans ton esprit et que tu imagines les groupes de musulmans alors qu'ils affrontaient les juifs [de Banou Qouraydhah] et qu'ils se préparaient à les combattre ; leurs souvenirs font penser aux amertumes de la trahison et de l'intensité de l'hostilité pendant sept que les musulmans passèrent avec eux : de la provocation de Banou Qaynouqâa, aux ruses de Banou An-Nadhir, à la trahison de Banou Qouraydhah, dans une série amère d'hostilité des juifs et de leur provocation ; et malgré cela, l'assouvissement de la vengeance n'était pas le but présent au moment de l'affrontement et du combat.

 

Et les musulmans regardaient Khaybar, alors ses vallées laissaient apparaître devant eux la plus grande réserve de nourriture que les forêts de ses dattiers contenaient, et dont la portée de la vue ne pouvait pas atteindre la fin ; et ils voyaient ses forteresses qui gardaient ses trésors thésaurisés d'or et d'argent, et dont les juifs excellaient dans leur rassemblement et leur thésaurisation ; et ses fortunes n'étaient pas présentes dans le but du combat chez les compagnons, malgré la fatigue de la misère, l'indigence de la pauvreté et le besoin intense dont ils souffraient.

 

Le but était plus élevé que les envies de vengeance et les convoitises de l'argent ; le but était la guidée des gens, les faire adorer le Seigneur qui les a créés, et qu'ils accomplissent Son droit sur eux ; et Allah (qu'Il soit exalté) voulut dans cette scène qu'Ali (qu'Allah soit satisfait de lui) se rappelle avec le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) après qu'il ait parcouru un peu de chemin, alors Ali cria pour poser une question, et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) annonça la réponse à voix haute, afin que l'entendent tous ceux qui écoutaient, et que chaque cœur en prenne conscience : (si Allah guide par ton intermédiaire un seul homme, ceci est meilleur pour toi que d'avoir les chameaux rouges).

Et les arabes ne possédaient pas de biens plus honorables, plus précieux et plus étonnants que les chameaux rouges, ils les gardaient en leur possession et ils les faisaient se reproduire ; et la guidée d'un homme qui se dirige vers Allah (qu'Il soit exalté) avec son cœur, est meilleur que ces chameaux rouges.

 

*2- Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) mentionna celui qui aurait le drapeau et à qui Allah (qu'Il soit exalté) donnerait la victoire, et il ne mentionna pas qu'il était un proche parent, car il était le fils de son oncle et son proche parent ; il ne mentionna pas sa position par rapport à lui (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), alors qu'il était son gendre, le mari de sa fille, mais il mentionna ses compétences psychologique et de commandement :

 

A- Il aime Allah (qu'Il soit exalté) et Son messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), - l'amour véritable et complet -, sinon tout musulman est associé avec lui dans l'amour général.

 

B- Il réalise le fait de suivre complètement le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), c'est la raison pour laquelle Allah et Son messager l'aiment : {Dis : "Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi ; Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés. Allah est Pardonneur et Miséricordieux} [La famille d'Imraane : 31].

 

 

C- Et il est le courageux qui ne s'enfuit pas lorsqu'il rencontre l'ennemi ; et le courage pouvait-il trouver sa maison ailleurs que dans le cœur d'Ali (qu'Allah soit satisfait de lui) ?!

 

Ce sont ces grandes compétences et ces qualités honorables qui appelèrent Ali (qu'Allah soit satisfait de lui) alors qu'il était absent, et elles l'avancèrent alors qu'il ne cherchait pas à être avancé, et elles lui réalisèrent la décoration de la victoire alors qu'il ne pensait pas que lui, ni un autre, était l'homme de ce jour-là.

 

Et avec l'exposition du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) de cette réalisation : (Allah lui donnera la victoire), accompagnée de ces compétences, il annonce (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) que la réussite des nations et des sociétés est liée au fait de confier les responsabilités à ceux qui en ont l'aptitude, la capacité et les compétences véritables ; de même que l'échec est accompagné par le fait d'assigner la responsabilité à ceux qui n'en ont pas les compétences par préférence et favoritisme, et il est mentionné dans un hadith :

(…Et lorsque l'affaire sera confiée à celui qui n'en a pas la compétence, alors attends l'arrivée de l'Heure [la fin du monde]) rapporté par Al-Boukhari (59).

 

*3- L'esprit de concurrence dans le bien entre les compagnons du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; car le commandement n'était une convoitise pour eux, et lorsque le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) mentionna ces qualités, ils espérèrent les avoir, et ils passèrent leur nuit à y penser ; et le lendemain, ils allèrent voir le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) alors que chacun d'eux souhaitait obtenir le drapeau, et leur situation à tous était comme celle d'Omar (qu'Allah soit satisfait de lui) qui a dit : "Je n'ai jamais souhaité obtenir le commandement sauf ce jour-là", par désir d'obtenir l'amour d'Allah (qu'Il soit exalté) et l'amour de Son messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) : {Ceux-là se précipitent vers les bonnes actions et sont les premiers à les accomplir} [Les croyants : 61].

 

*4- Et félicitations au prince des croyants, Abou Al-Hassan, qu'Allah soit satisfait de lui et le rende satisfait, dont les pieds frappaient le sol alors qu'il était aimé dans les degrés les plus élevés : (Allah et Son messager l'aiment).

 

****

 

 

20- Ceux qui ont fait les deux émigrations  

 

Environ quinze années s'écoulèrent pour Djâafar ibn Abi Taaleb, Sa femme Asma la fille d'Oumaysse, et ceux qui étaient avec eux parmi les premiers émigrés (qu'Allah soit satisfait d'eux), alors qu'ils se trouvaient sur une terre à l'étranger et loin de leur pays, ils résidaient en Abyssinie ; c'était une émigration pour Allah (qu'Il soit exalté) et Son messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), jusqu'à ce que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) envoya 'Aamr ibn Oumayyah Ad-Dhamri à An-Nadjachi [le roi de l'Abyssinie] pour lui ordonner de les préparer afin qu'ils retournent à lui.

 

Alors, ils montèrent dans un bateau et voyagèrent sur la mer pour retourner au prophète (Bénédictions et sal utations d'Allah sur lui) à Médine en l'an sept de l'Hégire ; et le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), ainsi que les musulmans, furent très contents de les voir ; ils furent bien accueillis, et ils se réjouirent et furent heureux de rencontrer le messager d'Allah (Bénédictio/pns et salutations d'Allah sur lui) et leurs frèmso-ansi-language: FR;res parmi les Mouhaajirines et les Ansaars.

 

ils affrontaient les juifs [de Banou Qouraydhah] et qu

Un jour, Asma la fille d'Oumaysse alla voir Hafsah la mère des croyants (qu'Allah soit satisfait d'elles), et elle était parmi ceux qui avaient émigré en Abyssinie dans le passé ; alors pendant qu'elle se trouvait chez elle, Omar (qu'Allah soit satisfait de lui) entra dans la chambre où se trouvait sa fille Hafs lang=ah, et il trouva Asma avec elle, il dit :

-"Qui est-elle ?". Elle dit :

-"C'est Asma". Il dit :

-"Est-ce que c'est celle qui a voyagé sur l/spana mer, est-MsoNoSpacip class=ngce que c'est lp class='abyssinienne ?", c'est-à-dire celle style= qui est venue sur la mer de l'Atext-align: left; direction: ltr; unicode-bidi: embed;byssinie. Elle dit :

-"Oui". Alors, Omar (qu'Allah soit satisfait de lui) lui dit :

-"Nous vous avons devancés en émigrant avec le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ; donc, nous méritons plus la compagnie du messager d'Allah que vous".

Alors, Asma se mit en colère et dit :

-"Non, je le jure par Allah. Au contraire, vous étiez avec le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), il nourrissait ceux qui avaient faim parmi vous et il faisait des sermons aux ignorants parmi vous ; tandis que nous étions sur la terre de la haine éloignée en Abyssinie, on nous causait du tort et nous avions peur, et ce n'était que pour Allah et Son messager. Je jure par Allah que je ne goûterai aucune nourriture et je ne boirai aucune boisson jusqu'à ce que je mentionne ce que tu as dit au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) et je l'interroge ; je jure par Allah que je ne mentirai pas, je ne dévierai pas et je n'ajouterai rien".

 

 

Lorsque le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) vint, Asma dit :

-"O Prophète d'Allah ! Omar a dit : nous vous avons devancés avec l'émigration [c-à-d : à Médine], alors nous méritons plus la compagnie du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) que vous ?".

Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit :

(Et que lui as-tu dit ?). Elle dit :

-"J'ai dit : Non, je le jure par Allah. Au contraire, vous étiez avec le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), il nourrissait ceux qui avaient faim parmi vous et il faisait des sermons aux ignorants parmi vous ; tandis que nous étions sur la terre de la haine éloignée en Abyssinie, on nous causait du tort et nous avions peur, et ce n'était que pour Allah et Son messager".

Alors, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit :

(Personne ne mérite plus ma compagnie que vous, lui et ses compagnons ont une seule émigration, alors que vous, les compagnons du bateau, avez deux émigrations), c'est-à-dire : vous avez une émigration en Abyssinie et une émigration à Médine.

 

Donc, n'interroge pas à propos de la joie d'Asma (qu'Allah soit satisfait d'elle) pour la bonne nouvelle que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) lui donna, ainsi qu'à ceux qui étaient avec elle, en disant qu'ils sont ceux qui ont accompli deux émigrations, et qu'ils ont devancé les autres et n'ont pas été devancés. Asma (qu'Allah soit satisfait d'elle) était si joyeuse qu'elle annonça la bonne nouvelle et propagea l'information, jusqu'à ce que les compagnons du bateau qui étaient venus avec elle de l'Abyssinie, connurent la bonne nouvelle ; et ils vinrent à elle groupe après groupe pour l'interroger à propos de ce que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) lui avait dit ; et il n'y avait pour eux rien de ce monde qui soit plus réjouissant et plus grand que ce dont Asma (qu'Allah soit satisfait d'elle) leur avait parlé concernant la bonne nouvelle du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) pour eux, jusqu'à ce qu'Asma dise :

-"J'ai vu Abou Moussa qui reprenait ce hadith de moi". [Regarder : "Sahih Al-Boukhari" (3136, 3876, 4230, 4231), "Sahih Mouslim" (2503), "Oussoud Al-Ghaabah" (7/16), et "Fath Al-Baari" (6/241), (7/190, 485)].

 

 

*** Nous lisons une page parmi les pages de la belle patience dans le don pour cette religion de la part de Djâafar et de son épouse Asma (qu'Allah soit satisfait d'eux), ainsi que ce groupe croyant, étant donné qu'ils passèrent cette longue période sur une terre étrangère, chez un peuple qui ne professait pas leur religion et qui ne parlait pas leur langue ; et ils ne vinrent pas jusqu'à ce que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) les appela, alors ils allèrent à lui rapidement, non pas pour se reposer de la longue souffrance, mais pour qu'ils reprennent une autre étape de dons et d'efforts ; c'est la raison pour laquelle Djâafar qui était venu en l'an sept de l'Hégire, est celui qui sortit après quelques mois pour combattre dans le chemin d'Allah et être tué pendant la bataille de Mou'tah, et pour que son épouse Asma vive la douleur de la perte de son mari après qu'elle ait vécu la douleur de l'éloignement du pays ; c'est une vie qui fut consacrée à Allah (qu'Il soit exalté).

 

* Ton attention est attirée par cette ambiance psychologique étonnante dans laquelle les compagnons du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) vivaient ; ce sont les âmes qui étaient préoccupées à la concurrence dans les bonnes actions et à l'empressement dans l'accomplissement des bonnes œuvres, c'est une situation d'élévation psychologique que tu vois dans la parole d'Omar (qu'Allah soit satisfait de lui) :

-"Nous vous avons devancés avec l'émigration". Et dans la parole d'Omar (qu'Allah soit satisfait de lui) :

-"Je n'ai jamais fait la concurrence avec Abou Bakr pour une chose sans qu'il ne me devance" rapporté par At-Tayaalissi (338), At-Tabaraani dans "Al-Kabir" (8441), et Ad-Dhiyaa dans "Al-Moukhtaarah" (1/158) (268).

Et aussi dans la plainte des pauvres parmi les Mouhaajirines :

-"O Messager d'Allah ! Les riches s'en sont allés avec les récompenses, ils prient comme nous prions, ils jeûnent comme nous jeûnons, et ils font l'aumône avec leur argent qu'ils ont en plus" rapporté par Al-Boukhari (843) et Mouslim (595, 1006), d'après le hadith d'Abou Houréïrah et d'Abou Dhar (qu'Allah soit satisfait d'eux).

 

De même que dans la joie qui apparut sur les compagnons du bateau et qu'Asma (qu'Allah soit satisfait d'elle) reconnut, alors elle dit :

-"Il n'y avait pour eux rien de ce monde qui soit plus réjouissant et plus grand que ce le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) leur avait dit".

Et il y a beaucoup d'autres preuves de la concurrence dans l'accomplissement des bonnes œuvres.

 

* Le domaine de la concurrence et le champ de compétition étaient "les bonnes actions" : {On leur sert à boire un nectar pur, cacheté, laissant un arrière-goût de musc. Que ceux qui la convoitent entrent en compétition [pour l’acquérir]} [Les fraudeurs : 26].

 

* Tu es impressionné par cette attitude d'Asma (qu'Allah soit satisfait d'elle), ceci indique qu'elle accomplissait son rôle en ayant complètement conscience de sa responsabilité ; elle aurait pu répondre à Omar (qu'Allah soit satisfait de lui) en disant : "Je suis partie avec mon mari le jour où il est parti, et je suis retournée avec lui le jour où il est retourné", et ceci lui aurait suffit si elle accomplissait son rôle en suivant son mari seulement, mais elle affronta Omar en étant sûre d'elle et en étant satisfaite de ce qu'elle avait accompli ; et grâce à sa grande conviction, elle jura de parler de ce qui s'était passé au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), et c'est ce qu'elle fit.

Donc, ceci est une preuve de la confiance considérable en l'importance de son rôle qu'elle avait accompli avec son mari Djâafar (qu'Allah soit satisfait d'eux).

 

 

Ceci dévoile que la femme était un partenaire réel et efficace dans le projet de la prédication prophétique, pleine de conviction et consciente de son rôle ; c'est la raison pour laquelle son don pour la religion était abondant, bon et béni ; et ceci ne pouvait pas être réalisé si elle vivait certaines conditions d'exclusion, d'isolement, et si elle suivait simplement son mari.

 

* Lorsque le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) entendit la parole d'Asma à propos d'Omar (qu'Allah soit satisfait d'eux), il ne s'empressa pas de répondre, mais il l'interrogea en disant : (Et que lui as-tu dit ?). Et lorsqu'elle dit : "Je lui ai dit telle et telle chose", il lui répondit en approuvant ce qu'elle avait dit et en le confirmant ; et ceci est un genre d'éducation prophétique afin de former la confiance en soi et de montrer qu'il faut prendre en considération l'opinion de la femme, et c'est la raison pour laquelle il lui demanda : (Et que lui as-tu dit ?).

 

* A partir de cette scène, le genre de la relation entre l'homme et la femme nous apparait clairement, car malgré la préservation complète de la pudeur et le fait de ne pas être complaisante dans la parole, ceci ne signifiait pas l'isolement de la femme et se retenir d'avoir des relations avec elle ; c'est la raison pour laquelle les compagnons du bateau vinrent les uns après les autres pour l'interroger à propos de la parole du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et elle la leur raconta à tous.

Et Abou Moussa (qu'Allah soit satisfait de lui) reprit l'information d'elle après qu'il l'eût entendue, à cause de la joie que lui procurait la bonne nouvelle du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille).

Le fait que la femme soit pudique et qu'elle doive se couvrir, ne signifie pas qu'il faut l'écarter de la scène de la vie interactive.

 

****

 

21- O Oussaamah !

 

 

Il sortit dans cette expédition, en ayant l'esprit élevé, en étant enthousiaste, car il était jeune, à l'apogée de son adolescence, il n'avait pas encore dépassé seize ans, et il était peut-être le plus jeune de l'armée, et c'était peut-être la première expédition dans laquelle il sortait. Et lorsqu'ils rencontrèrent l'ennemi, sa détermination le poussait à rencontrer le plus vigoureux des polythéistes, celui qui était le plus terrible et qui avançait le plus. 

 

Et il y avait un homme parmi les polythéistes, lorsqu'ils avançaient, il était le plus puissant parmi eux, et lorsqu'ils reculaient, il les protégeait ; et à chaque fois qu'il voulait se diriger vers un homme parmi les musulmans, il se dirigeait vers lui et le tuait. Alors, un homme parmi les Ansaars et lui, firent le premier pas vers lui, et lorsqu'ils le couvrirent de leurs armes et le maîtrisèrent, il cria en prononçant la parole du salut et de la libération : (La Ilaaha illallah) [Il n'y a pas d'autre divinité qu'Allah].

 

L'homme parmi les Ansaars retint son épée, tandis que lui, il considéra que c'est le cri de celui qui se protège contre la charge de l'épée et qui s'y accroche pour obtenir le salut, comment pourrait-il retenir son arme alors que les musulmans qu'il a tués, baignent encore dans leur sang, c'est la raison pour laquelle il le transperça de sa lance.

Alors, le chevalier du peuple tomba mort, le groupe des polythéistes fut déséquilibré, et leur ardeur s'affaiblit ; ensuite, ils subirent la défaite.

Celui qui apporta la nouvelle vint au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) pour lui annoncer la bonne nouvelle de la victoire, et lui parler de la bataille et de ce qu'ils y subirent ; et il lui parla de la nouvelle de cet homme qui fut tué et de ce avec quoi il se protégea avant d'être tué. Alors, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) fut très touché par cela, et il fit venir Oussaamah ibn Zayd (qu'Allah soit satisfait de lui et de son père) pour lui dire :

(O Oussaamah ! L'as-tu tué après qu'il ait dit : "La Ilaaha Illallah" ?!). Il dit :

-"O Messager d'Allah ! Il ne l'a dit que par peur de l'arme et d'être tué". Il dit (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) :
(As-tu fendu son cœur pour savoir s'il l'a dite pour cette raison ou non ?!).

 

Oussaamah (qu'Allah soit satisfait de lui) voulut expliquer au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) que cet homme méritait d'être tué à cause du nombre important de musulmans qu'il tua, alors il dit :

-"O Messager d'Allah ! Il a fait souffrir les musulmans, et il a tué untel et untel". Et il nomma des gens que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) connaissait, car ils sont ses compagnons qu'il voyait dans sa mosquée et qu'il rencontrait sur son chemin, et ils étaient ses soldats qui sont sortis pour combattre sous son drapeau ; ceci suffisait à stimuler les sentiments du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) pour eux d'une manière qui agrandissait le crime de celui qui les avait tués, et qu'il méritait d'être tué comme ils les avait tués.

 

Et voilà que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ignora cela en lui rappelant l'importance du caractère sacré de la vie de celui qui dit "La Ilaaha Illallah", en disant : (Que feras-tu de la parole "La Ilaaha Illallah" lorsqu'elle viendra le jour du jugement ?).

 

 

Oussamah (qu'Allah soit satisfait de lui) vit que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) n'accepterait pas son interprétation qu'il fit, ni son excuse qu'il présenta ; il discerna le caractère sacré du sang qu'il avait versé et la grandeur du péché qu'il avait commis, alors il parla au prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) de la manière de celui qui reconnait son péché et qui se repent, en disant :

-"O Messager d'Allah ! Demande à Allah de me pardonner".

 

Et Oussaamah attendit que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dise : "Qu'Allah te pardonne", mais le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit :

(Que feras-tu de la parole "La Ilaaha Illallah" lorsqu'elle viendra le jour du jugement ?).

Alors, Oussaamah (qu'Allah soit satisfait de lui) lui répéta :

-"O Messager d'Allah ! Demande à Allah de me pardonner". Et le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) n'ajouta pas d'autre parole dans sa réponse que :

(Que feras-tu de la parole "La Ilaaha Illallah" lorsqu'elle viendra le jour du jugement ?). Jusqu'à ce qu'Oussaamah fut très affligé à cause de cela, et il souhaita qu'il se soit converti à l'Islam à ce moment-là afin que sa conversion à l'Islam efface ce qu'il avait fait auparavant et qu'il soit rassuré de la faute qu'il avait commise.

 

L'effet de cette correction prophétique resta profondément dans le cœur d'Oussaamah (qu'Allah soit satisfait de lui), alors il était celui qui participait le moins à chaque tentation et trouble car il avait peur que parmi les morts de ces tentations se trouvent des gens qui attestent qu'il n'y a pas d'autre divinité qu'Allah (qu'Il soit exalté) ; et même Sâad ibn Abi Waqqaasse (qu'Allah soit satisfait de lui), - malgré sa dignité, le fait qu'il soit parmi les premiers musulmans et son âge avancé -, disait :

-"Je ne combats pas jusqu'à ce qu'Oussaamah combatte", à cause de ce qu'il voyait de la manière dont Oussaamah (qu'Allah soit satisfait de lui) donnait beaucoup d'importance à faire attention et à prendre ses précautions à propos de la confusion qui se produit dans l'affaire concernant le fait de verser le sang des gens ; donc, bénédictions et salutations d'Allah sur Son serviteur et Son messager Mohammed qui a enseigné de la meilleure manière et qui a donné la meilleure éducation à ses compagnons.

[Regarder : "Sahih Al-Boukhari" (4269, 6872), "Sahih Mouslim" (96,97), "Al-Imaane" d'Ibn Moundah (61-65), "Charh Mouchkil Al-Aathaar" (3227, 3229), "Al-Mafhoum" (1/293-298), "Charh An-Nawawi 'Alaa Sahih Mouslim" (2/99), "Fath Al-Baari" (7/518), (12/195), et "Oumdatou Al-Qaari" (24/260)].

 

 

*1- Notre attention est attirée par la jeunesse d'Oussamah (qu'Allah soit satisfait de lui) dans cette expédition ; et tu peux être étonné qu'un jeune homme de cet âge s'inscrive pour combattre selon une vision claire et un but déterminé, sans cacher que partir au combat a été précédé d'une formation psychologique, et d'une préparation mentale et spirituelle, jusqu'à ce que se forment chez lui des degrés élevés de conviction et d'espoir en la récompense d'Allah (qu'Il soit exalté), alors il est devenu apte à l'engagement dans le service militaire de la foi.

 

Ensuite, ce blâme prophétique indique une maturité mentale chez celui qui le reçoit, de telle sorte qu'il ne te vient pas à l'esprit que cette parole prophétique, de cette manière, est adressée à un adolescent de seize ans ; et c'est comme si je voyais que tu es surpris de connaître l'âge d'Oussaamah (qu'Allah soit satisfait de lui) alors que tu mémorises ce hadith depuis longtemps.

Ceci est un des effets de l'éducation prophétique qui construit les cœurs d'une manière ferme et qui les éduque de la meilleure façon.

 

*2- Notre attention est attirée aussi par la force de l'établissement de cette signification, qui est : l'interdiction de verser le sang qui est protégé et le fait de s'en abstenir, quelles que soient les motivations et les justifications ; et ceci était clair dans les coeurs des compagnons (qu'Allah soit satisfait d'eux), le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) avait rempli leurs cœurs de cette signification, et c'était une barrière impénétrable qui les empêchait de commettre ce péché ou de le sous-estimer.

Et la preuve de cela est très apparente dans le hadith lorsque l'homme parmi les Ansaars s'abstint de faire du mal à l'homme, bien qu'il ait vu la même chose qu'Oussaamah concernant tous les musulmans que cet homme tua, et il était nerveux tout comme Oussaamah l'était (qu'Allah soit satisfait d'eux), mais dès qu'il entendit l'acclamation de l'attestation de la foi, il retint son épée, ne frappa pas l'homme, et il ne le tua pas après qu'il l'ait maîtrisé.

 

De même que ceci est apparent dans la propagation de la nouvelle jusqu'à ce qu'elle parvienne au prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) avec la bonne nouvelle de la victoire ; plus exactement, dès qu'Oussaamah (qu'Allah soit satisfait de lui) tua l'homme, il ressentit cela dans son cœur ; et toutes ces choses montrent que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) avait établi cette signification clairement et sans aucune ambigüité, et il l'avait expliqué d'une manière qui ne laisse aucune confusion, jusqu'à ce que ses compagnons discernèrent cela et que leurs cœurs en furent imprégnés.

 

*3- Oussaamah ibn Zayd (qu'Allah soit satisfait de lui) était le petit-fils du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), le fils de son fils par adoption Zayd, alors on l'appelait Oussaamah ibn Zayd ibn Mohammed avant que l'adoption ne soit abrogée ; ensuite, après l'interdiction de l'adoption, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) fit en sorte que cela reste une pratique affective et une tendresse paternelle avec Oussaamah, jusqu'à ce qu'il lavait le visage d'Oussaamah lorsqu'il était un enfant, et il disait : (Si Oussaamah était une esclave [une servante], je l'aurais ornée de bijoux, je l'aurais habillée et je l'aurais donnée).

 

Une fois, Oussaamah tomba et se blessa au visage, alors le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) se mit à sucer le sang de son visage et à le rejeter de sa bouche ; et Oussamah (qu'Allah soit satisfait de lui) grandit avec l'amour du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) jusqu'à ce qu'il fut connu par : "Le bien-aimé du messager d'Allah et le fils de son bien-aimé".

 

Lorsqu'il commit cette erreur (qu'Allah soit satisfait de lui), le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) le blâma de cette manière dont nous ne comprenons l'intensité que lorsque nous la comparons la situation d'Oussaamah auprès du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et l'importance de sa position auprès de lui ; et malgré cela, nous voyons qu'il le blâme avec ce blâme expressif et intense, ensuite il demande pardon et il demande au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) de demander à Allah de lui pardonner, et il lui répond en n'ajoutant rien d'autre à cette question de désapprobation : (Que feras-tu de la parole "La Ilaaha Illallah" lorsqu'elle viendra le jour du jugement ?).

 

Et cette assemblée s'acheva sans qu'Oussaamah (qu'Allah soit satisfait de lui) entende ce qu'il désirait et qui correspondait au fait que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) demande à Allah (qu'Il soit exalté) de lui pardonner ; et si quelqu'un méritait que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) demande à Allah (qu'Il soit glorifié) de lui pardonner pour ce genre d'erreur, Oussaamah serait celui qui mériterait le plus cela ; c'est la raison pour laquelle cette détermination prophétique eut un effet intense dans le cœur d'Oussaamah, jusqu'à ce qu'il souhaita ne s'être converti à l'Islam que ce jour-là [et pas avant cela], afin que sa conversion à l'Islam efface tout ce qu'il avait fait auparavant ; et l'effet de ce blâme resta dans son cœur pour le reste de sa vie, jusqu'à ce qu'il fut bien connu pour cela.

 

*4- L'analyse de l'attitude d'Oussamah (qu'Allah soit satisfait de lui) ouvre des portes d'excuses et des catégories d'interprétations pour ce qu'il a fait, car Oussaamah tua cet homme sur un champ de bataille dans laquelle il se trouvait dans les rangs des polythéistes et il combattait avec eux, et il utilisait son arme pour tuer les musulmans ; et Oussaamah vit les meilleurs parmi les compagnons du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) morts et baignant dans leur sang à cause de l'épée de cet homme, et il vit aussi comment il faisait tous ses efforts pour protéger son peuple parmi les polythéistes, car il était le plus fort d'entre eux lorsqu'ils attaquaient et il les protégeait lorsqu'ils subissaient la défaite ; Oussaamah (qu'Allah soit satisfait de lui) le maîtrisa alors que le sang des compagnons du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) était encore humide sur ses vêtements, et il ne prononça l'attestation de la foi que lorsque l'arme fut prête à frapper et qu'il fut désespéré d'être sauvé, alors à ce moment-là, il prononça l'attestation de la foi dans une situation qui n'indiquait rien d'autre que le fait qu'il l'ait prononcée pour se protéger d'être tué, et qu'il ne l'avait pas dite par conviction de son cœur.

 

Malgré cela, nous voyons que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ferma les portes de toutes ces interprétations, et il expliqua avec un blâme intense que ce qui se trouve dans le cœur ne peut être jugé que par Celui qui connait les choses cachées et invisibles (qu'Il soit glorifié et exalté) : (As-tu fendu son cœur pour savoir s'il l'a dite pour cette raison ou non ?!).

Ceci explique que ces interprétations, malgré leur rapprochement et leur conformité à la situation, furent annulées, et alors il ne restait plus que la base originale, qui est : "l'interdiction de verser le sang qui est protégé" ; parce que le fait d'ouvrir la porte de l'interprétation dans cette affaire est très dangereux, car les interprétations et les justifications se rassembleront jusqu'à ce que les doutes, les accusations et les passions entrent ; et c'est ce que nous avons vu de nos propres yeux concernant ceux qui ont ouvert un trou dans cette affaire, et comment il s'est élargi pour eux jusqu'à ce qu'il devienne une porte par laquelle entre le fait de rendre licite le sang des musulmans au moindre doute ; et nous pensons que celui qui a commencé cela, ne l'a commencé qu'en pensant que c'est le plus loin où cela peut mener, mais les répercussions des idées et des événements ne peuvent pas être contrôler et maîtriser.

 

Mais la guidée prophétique a fermé les portes de l'interprétation dans les affaires concernant le meurtre [ou le sang protégé], elle a fermé ses chemins, et elle a laissé son interdiction fermement établie et très claire ; et ne se détourne de cela et ne s'en écarte qu'une personne qui est vouée à la perdition.

 

 

*5- Si ce blâme prophétique expressif et intense est pour celui qui tue un homme qui n'a dit (La Ilaaha Illallah) qu'au dernier instant de sa vie, et sous le faisceau lumineux de l'épée, alors que dire de celui qui a tué celui qui n'a rien connu d'autre pendant toute sa vie que : (La Ilaaha Illallah) ?

 

O Seigneur ! Protège-nous dans la largesse de notre religion, car la personne ne cesse d'être dans une largesse de sa religion tant qu'elle ne verse pas le sang protégé (qu'il est interdit de versé). [Comme ceci est mentionné dans le hadith d'Ibn Omar (qu'Allah soit satisfait de lui et de son père) : rapporté par Al-Boukhari (6862)]. 

 

****

 

22- Celle-ci et son enfant

 

 

*1- La merveilleuse méthode d'éducation prophétique pour l'enseignement, afin de faire parvenir les significations avec une multitude d'effets qui rendent la signification plus apparente et qui font qu'elle touche beaucoup plus le cœur ; la scène de la femme et sa situation étaient un grand moyen d'éclaircissement que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) utilisa, ensuite il ajouta à cela l'éveil de l'esprit et du cœur avec sa question : (Pensez-vous que celle-ci jetterait son enfant dans le feu ?).

 

C'est une question qui éveille l'esprit afin qu'il attende ce qui vient après la question, et qui fait que le cœur désire connaître la signification qui suivra cette question ; ensuite, il fit suivre cela en donnant en exemple la situation de cette femme pour que la signification soit claire et que son effet soit plus grand dans les cœurs : (Je jure par Allah, Allah est plus miséricordieux envers Ses serviteurs que celle-ci envers son enfant).

Alors, bénédictions et salutations d'Allah sur le meilleur qui ait enseigné aux gens le bien, celui qui a rassemblé dans son éducation la douceur de la stimulation, la clarté de l'explication, la bonne manière de faire parvenir les significations aux cœurs et d'éduquer les cœurs avec ces significations.

 

*2- Cette scène aurait pu se terminer sans laisser d'effet sauf la marque de l'étonnement de l'excès de la compassion maternelle dans cette situation, mais le messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) profita de l'occasion afin qu'il en fasse une leçon divine avec laquelle il verse sur les cœurs les significations de la miséricorde divine ; le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) profitait de chaque occasion avec laquelle il pouvait enseigner une science, il choisissait la situation la plus appropriée pour faire parvenir la science, et il faisait attention à la prédisposition de ceux qui recevaient la science et leur désir de connaître ce qu'il disait ; c'est la raison pour laquelle cette scène fut une occasion propice dont le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) profita pour qu'il mentionne la miséricorde du plus miséricordieux des miséricordieux ; et l'effet de sa parole concise liée à cette scène fut plus intense qu'une longue parole que l'on pouvait dire à propos de cette signification.

 

Alors, allons-nous essayer de suivre cette ingéniosité prophétique pour profiter des occasions qui ont de l'effet et pour répandre les significations concernant l'éducation de la manière qui leur est convenable.

 

*3- Cette leçon prophétique n'était pas dans une assemblée d'enseignement, ou au bas de la marche d'un minbar, mais le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) et ses compagnons autour de lui, accueillaient les gens captifs ; malgré cela, le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) fit que cela soit une situation pour l'enseignement, parce que l'enseignement du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) n'était pas réduit à un sermon qu'il faisait ou à une exhortation qu'il prononçait, mais c'était une science qui était répandue dans toute la vie ; alors, lorsqu'il s'asseyait pour manger, c'était une occasion pour l'enseignement ; lorsqu'il entrait dans le marché, c'était une occasion pour l'enseignement ; lorsqu'il marchait sur le chemin et son assemblée avec ses compagnon, étaient des domaines pour l'enseignement et l'appel à Allah (qu'Il soit exalté) avec ce genre d'éclats concis et expressifs qui sont liés aux courants de la vie ; c'est la raison pour laquelle les cœurs des compagnons (qu'Allah soit satisfait d'eux) furent imprégnés et remplis de la science de la prophétie que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) propageait dans les aspects de leur vie, et dans les changements de leurs situations.

 

 

Ceci indique que nous devons faire en sorte que notre éducation de nos enfants et de ceux qui sont autour de nous, soit liée aux activités de la vie, et nous ne devons pas nous contenter des longs conseils pour faire parvenir les significations concernant l'éducation, et il nous suffit souvent de réduire l'orientation éducative en des doses concises, mais qui sont expressives et influentes, parce qu'elles viennent à leur moment approprié sans maniérisme et sans lassitude, alors son effet est bon et considérable.

 

*4- Cette signification que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) a expliqué à travers cette scène, et qui est la grandeur de la miséricorde d'Allah (qu'Il soit exalté) envers Ses serviteurs, éveille et envoie l'espoir dans les cœurs, car les gens ne connaissent pas de miséricorde plus intense que la miséricorde de la mère envers son enfant, et la miséricorde de la mère envers son enfant est la plus intense lorsqu'il est faible et qu'il a un grand besoin d'elle : c'est dans la situation de l'allaitement et de la jeune enfance. Et cette miséricorde se multiplie lorsque son enfant est exposé à un danger et qu'elle a peur pour lui, alors à ce moment-là, la miséricorde maternelle se multiplie encore beaucoup plus ; et c'était la situation de la femme que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et ses compagnons (qu'Allah soit satisfait d'eux) avaient vue.

 

 

Ensuite, il expliqua (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) que la miséricorde d'Allah envers Ses serviteurs est plus grande que la miséricorde maternelle dans cette situation. Cette signification remplit le cœur du croyant de tranquillité et de satisfaction ; alors, s'il accomplit de bonnes actions, il se rappelle la grandeur de la miséricorde d'Allah (qu'Il soit exalté), et il espère obtenir Son acceptation ; s'il commet un péché, il se rappelle de la miséricorde de son Seigneur, et il espère obtenir Son pardon ; s'il lui arrive une situation difficile, il se rappelle de la miséricorde d'Allah (qu'Il soit glorifié), et il L'invoque en étant convaincu qu'Il ne l'abandonnera pas ; et si la mort lui vient, il se rappelle que son retour est vers le Seigneur et qu'Il est plus miséricordieux envers lui que sa mère qui l'a enfanté, alors il a une bonne pensée d'Allah (qu'Il soit exalté) et désire Le rencontrer.

 

****

 

23- Oum Khalid

 

Son nom est : Faamah la fille de Khalid ibn Sa'îd ibn Al-'Aass. Son père la surnomma lorsqu'elle était une petite fille : Oum Khalid.

Son âge est : les premières années de la prise de conscience de l'enfance rayonnante.

 

Elle est née en Abyssinie, et sa conscience s'est ouverte sur son père et sa mère qui avaient émigrés à l'étranger sur une terre éloignée pour Allah (qu'Il soit exalté) et Son messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui).

 

Elle mémorisa pendant sa très jeune enfance un événement dont l'effet resta dans son cœur toute sa vie ; elle le rapportait, elle se rappelait de son beau souvenir, et elle s'accrochait à l'effet qui en restait tant qu'elle le pouvait.

 

L'affaire est que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) partageait des vêtements à ses compagnons ; lorsqu'il termina, il resta devant lui une petite robe à rayures jaune, vert et rouge ; l'habit était beau et radieux, et les yeux s'y étaient accrochés ; et voilà que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit à ses compagnons :

(D'après vous, qui allons-nous habiller avec cette robe ?).

Alors, les compagnons (qu'Allah soit satisfait d'eux) se turent par respect pour l'opinion du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et des questions vinrent aux esprits : "Quelle est celle à qui le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) donnera cette robe, et qui il choisira pour cette robe ?!".

 

Et la réponse à la question vint du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) lorsqu'il dit :

(Amenez-moi Oum Khalid).

Alors, quelqu'un alla voir son père pour l'informer que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) appelle sa petite fille. Et son père vint avec elle en la portant entre ses mains jusqu'à ce qu'il la mit devant le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) se dirigea vers elle, il étendit la robe, ensuite il l'habilla avec ses deux mains bénies ; lorsque la robe recouvrit son petit corps, et que ses yeux furent éblouis par la joie de l'enfance pour les nouveaux vêtements, le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) se mit à participer à sa joie avec elle et à réagir avec sa gaieté, en soulevant les côtés colorés de la robe de sa main honorable et à les abaisser, ensuite il se mit à zézayer avec sa langue comme elle zézayait avec sa langue en disant :

(O Oum Khalid ! Sinnan), c'est-à-dire : c'est beau, en langage d'Abyssinie qu'Oum Khalid avait appris étant donné qu'elle était née là-bas.

 

Ensuite, le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) invoqua Allah (qu'Il soit exalté) en sa faveur, et il lui répéta l'invocation :

(Que tu vives longtemps, qu'elle s'use et te soit remplacée par une autre robe ; ensuite, que tu vives longtemps, qu'elle s'use et te soit remplacée par une autre robe ; ensuite, que tu vives longtemps, qu'elle s'use et te soit remplacée par une autre robe !).

 

Et la petite fille s'habitua au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et elle s'amusa avec lui, puis elle se mit à toucher avec sa petite main ce qui attirait son attention sur le corps béni du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; et parmi les choses qui avaient attiré son attention : le sceau de la prophétie entre ses épaules, alors elle se mit à jouer avec le sceau de la prophétie et à le toucher avec ses doigts, et son père lui interdit de jouer avec cela par respect pour le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ; alors, la compassion prophétique l'emporta sur la compassion paternelle, et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) se dirigea vers lui en lui disant :

(Laisse-la !).

 

 

Donc, que la petite fille s'amuse autant qu'elle le désire, et qu'elle joue autant qu'elle le désire, car c'est le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et c'est la miséricorde, la douceur et la paternité.

 

Oum Khalid (qu'Allah soit satisfait d'elle) grandit, et les significations de cette scène et ses beaux souvenirs grandirent dans son cœur ; et elle s'accrocha à l'effet qui restait de cet événement, elle le préserva toujours pour elle, car il lui préservait la bénédiction des mains du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) et la splendeur de cette rencontre.

[Regarder : "Le Mousnad de l'imam Ahmed" (25811), "Sahih Al-Boukhari" (3071, 5823), "Sounane Abi Daawoud" (4024), "Siyar 'Alaam An-Noubalaa" (3/470), "Al-Issaabah" (7/506), "Fath Al-Baari" (6/184), (10/279)].

 

*** Cette scène inspire des significations expressives :

 

*1- Comment le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) eut-il le temps de s'occuper des affaires très personnelles de ses compagnons (qu'Allah soit satisfait d'eux), jusqu'à ce que faire plaisir à leurs enfants fût parmi ses soucis, ainsi que faire entrer la joie dans leurs cœurs, et participer aux sentiments de joie immense des enfants avec leurs petites choses à nos yeux et grandes à leurs yeux.

 

Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ne vivait pas en ayant du temps libre et en ayant peu de charges à accomplir, car c'est lui qui faisait face à la plus grande responsabilité et qui portait le dépôt le plus lourd, mais ces choses avaient leur importance dans la balance de la grandeur morale du prophète Mohammed (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; c'est la raison pour laquelle il fit de la place pour cette tâche dans son temps, son cœur et ses sentiments, étant donné qu'il a été envoyé pour le bonheur de l'humanité dans leur vie de ce monde et dans l'au-deinterprétation dans cette affaire est très dangereux, car les interprétations et les justifications se rassembleront jusqulà, et il est celui qui a indiqué à sa communauté que parmi les actions et les aumônes acceptées : (La joie que tu fais entrer dans le cœur d'un musulman) [Regarder : "Sahih At-Taghrib wa At-Tarhib" (955, 2622, 2623)].

 

*2- Il était possible que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur luip class=) se contente d'envoyer la robe à Oum Khalid (qu'Allah soit satisfait d'elle), mais il entreprit cette chose lui-même dans tous ses détails, afin que cette action, - qui correspond à style=rendre heureux le style= coeur humtext-align: left; direction: ltr; unicode-bidi: embed;ain et à y faire entrer la joie -, soit une Sounnah prophétique qui doit être snbsp;uivie, et /pun btext-aligp class=n: left; direction: ltr; unico style=de-bidi: embed;on modèle pour ceux qui veulent Allah (qu'Il soit exalté) et l'au-delà, et qui text-align: left; direction: lnbsp;tr; unicode-bidi: em*5- bed;évoquent beaucoup Allah. C'est la raison pour laquelle tu trouves be/paucoup d'autres gestes qui ressemblent à celui-ci dans la vie du prophète (Bénédictions et salutations mso-ansi-language: FR;d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), qui confirment cette Sounnah et qui renouvellent les significations de cette scène.

 

 

*3- L'ingéniosité prophétique pour transformer la belle action en bouquet de belles actions expressives, et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) commença ces belles actions en posant la question pour savoir à qui la robe serait donnée. Ce qui inspire l'importance de la personne et la sélection, c'est la raison pour laquelle la robe se transforma en distinction d'honneur.

Ensuite, le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) demanda qu'on l'amène afin qu'elle ait la chance de recevoir la robe de ses mains, et il ne lui a pas envoyé la robe.

Ensuite, il l'habilla (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) avec la robe lui-même.

Puis, il fit suivre cela (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) de la convivialité et de la gentillesse avec elle, et il partagea sa joie enfantine avec elle.

Ensuite, il invoqua Allah (qu'Il soit exalté) en sa faveur, et il répéta cette invocation plusieurs fois.

Puis, il l'approcha de lui jusqu'à ce qu'elle touche son corps, et qu'elle joue avec ce qui attira son attention de son corps ; et ensuite, il approuva cela en disant à son père : (Laisse-la).

 

C'est une leçon prophétique qui montre que les actions de bienfaisance, tout étant de la générosité et de la bonne volonté, sont aussi un art et une bonne exécution.

 

*4- La méthode prophétique honorable dans le comportement avec les enfants se trouve dans plusieurs aspects :

 

A- L'exclamation de la joie, la convivialité, la gentillesse et le bonheur (rendre heureux).

B- Le rapprochement et l'harmonie avec les enfants, de telle sorte qu'elle s'approcha de lui jusqu'à ce que la petite main joua avec le corps honorable du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui).

C- La compassion, et l'éloignement du reproche et de la rudesse : (Laisse-la !).

 

Ce sont les gestes prophétiques honorables qui font attention aux sentiments les plus particuliers des enfants, et qui leur accordent cette attention et cet enthousiasme.

 

 

*5- L'effet intense sur ses parents dans ce comportement prophétique honorable avec l'enfant Oum Khalid (qu'Allah soit satisfait d'elle).

 

J'aurais aimé savoir ce qui se passait dans le cœur de Khalid ibn Sa'îd (qu'Allah soit satisfait de lui) pendant qu'il portait sa fille au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) qui avait envoyé quelqu'un pour l'appeler ?!

Qu'est-ce qui resplendissait dans ses yeux pendant qu'il voyait le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) habiller sa fille de ses propres mains ?

 

Et comment la joie déborda sur son visage pendant qu'il entendait le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) invoquer Allah (qu'Il soit exalté) en sa faveur et plaisanter avec elle ?

 

*6- Un grand miracle prophétique, étant donné que l'effet de l'invocation du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) apparut : (Que tu vives longtemps, qu'elle s'use et te soit remplacée par une autre robe}.

C'est une invocation pour qu'Allah (qu'Il soit glorifié) lui accorde une longue vie, alors Oum Khalid (qu'Allah soit satisfait d'elle) vécut longtemps, jusqu'à ce qu'elle fut la dernière qui mourut parmi les "Sahaabiyaates" [les femmes musulmanes qui vécurent à l'époque du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui)].

 

*7- Si tu vois cette histoire, que tu visualises ses événements et que tu les intensifies dans ton esprit, jusqu'à ce que c'est comme si tu voyais le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) alors qu'il faisait toutes ces choses, et ensuite tu ne ressens pas au fond de ton cœur comme un frisson par désir de voir ton prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et par envie de voir son visage, alors il y a un défaut dans ton cœur et tu as besoin de le corriger ; et rien ne te sera plus utile que de te rapprocher encore plus de ton prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) et de le connaître encore mieux à travers ces scènes lumineuses et expressives ; alors, si la vie arrive dans ton cœur, il sera rempli et recouvert par cette vie.

 

****

 

24- Jouez !

 

Un jour de fête béni, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) partageait avec son épouse Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) la joie de la fête dans sa maison, et il vivait avec elle sa joie (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) lorsqu'il entendit du bruit et des chants ; ce bruit provenait des éthiopiens qui étaient entrés dans la mosquée, et ils avaient avec eux leurs lances et leurs boucliers en cuir. Ils se mirent à danser dans la mosquée à leur manière et à chanter dans leur langue ; cette scène était plaisante et amusante, alors le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) se dirigea vers son épouse Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) et il l'appela :

(O Houmayraa ! Veux-tu les voir ?). Elle dit :

-"Oui, j'aimerais les voir".

 

Alors le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) se mit debout pour elle devant la porte de la chambre et elle vint derrière lui, elle posa son menton sur son épaule et colla sa joue à sa joue, et il jeta sur elle son habit pour la couvrir pendant qu'elle regardait le jeu de l'Ethiopie, et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) les regardait avec elle ; et il les exhorta à avoir encore plus d'enthousiasme dans leur présentation en disant :

(Continuez ce jeu que vous faites, Banou Arfidah !) [Et Banou Arfidah est le surnom de l'Ethiopie].

Et leur enthousiasme augmenta avec cette participation sentimentale du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) pendant qu'ils dansaient devant lui ; ils ne connaissaient pour s'exprimer que leur langue, et ils se mirent à parler avec leurs paroles qu'il ne comprenait pas, alors il dit (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) :

(Que disent-ils ?).  On lui dit :

-"Ils disent : Mohammed est un serviteur pieux".

Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) dit :

-"Je ne connaissais de leurs paroles que : [Abou Al-Qaassim est bon, Abou Al-Qaassim est bon]".

 

 

Et pendant qu'ils étaient ainsi, Omar (qu'Allah soit satisfait de lui) entra dans la mosquée et vit une scène qu'il n'avait pas l'habitude de voir, alors il s'empressa de par sa nature de désapprouver, il prit les cailloux de la mosquée de sa main et il se mit à les lancer sur eux en désapprouvant leur action dans la mosquée du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ; alors, le messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) lui dit :

(Laisse-les, ô Omar ; car ils sont Banou Arfidah !), c'est-à-dire : c'est leur affaire et leur manière de faire. Ensuite, il se dirigea vers eux et dit :

(En sécurité, ô Banou Arfidah !), c'est-à-dire : "Jouez Banou Arfidah en toute sécurité", et ceci afin de calmer leur peur après qu'Omar les ait effrayés. Puis, il se mit à les encourager en disant :

(Jouez Banou Arfidah ! Afin que les juifs et les chrétiens sachent qu'il y a un moment pour l'amusement dans notre religion ; j'ai été envoyé avec une religion pure et tolérante).

 

Donc, le jeu, les chants et la représentation continuèrent, avec les compétences guerrières éthiopiennes au maniement de la lance et du bouclier ; et le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) était debout pour Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle), il attendait qu'elle ait fini de prendre plaisir à les regarder, et lorsqu'il pensa qu'elle en avait assez vu, il lui dit :

(N'en as-tu pas assez vu ? N'en as-tu pas assez vu ?).

Elle était une jeune fille qui donnait de l'importance à l'amusement, et ce qui suffisait au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) de cette scène, ne lui suffisait pas, c'est la raison pour laquelle elle dit :

-"O Messager d'Allah ! Ne t'empresse pas avec moi".

Alors, il resta debout (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) jusqu'à ce qu'il pensa qu'elle en avait assez vu, il dit :

(En as-tu assez vu ?). Elle dit :

-"O Messager d'Allah ! Ne t'empresse pas avec moi".

Jusqu'à ce qu'elle soit satisfaite d'avoir regardé l'amusement, elle désira un autre besoin psychologique qui n'était pas moins important que l'amusement, et qui correspondait au fait qu'elle voulait voir son rang dans le cœur du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) et sa position auprès de lui, c'est la raison pour laquelle elle le fit attendre lorsqu'il lui dit : (En as-tu assez vu ?), en disant : "Ne t'empresse pas avec moi".

Elle dit : "Je ne voulais pas les regarder, mais je voulais que les femmes connaissent son rang pour moi et ma position auprès de lui". Et lorsque ses désirs psychologiques furent rassasiés avec l'amusement, et le sentiment du rang et de la position élevés auprès du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et qu'elle se lassa de sa position debout ; le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) lui dit :

(En as-tu assez vu ?). Elle dit :

-Oui". Il dit :

(Alors, pars).

 

 

Et le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ne se lassa pas jusqu'à ce qu'elle se lasse ; et il ne s'en alla pas jusqu'à ce qu'elle s'en aille ; et le souvenir de cette scène et sa douceur restèrent dans le cœur d'Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle), alors elle en parlait et disait :

-"Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) est resté debout pour moi, et il ne s'en alla pas jusqu'à ce que je m'en aille".

 

*** Nous avons quelques pauses de réflexion avec cette histoire : 

 

*1- La belle attention du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) pour les sentiments de son épouse, la gentillesse pour la rendre heureuse et pour faire entrer la joie dans son cœur ; car il est celui (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) qui a pris l'initiative de lui proposer de regarder le jeu de l'Ethiopie, et il l'appela à cela en utilisant le style de l'allusion et de l'affection : (O Houmayraa !), et c'est une description de la beauté dans l'environnement arabe ; ensuite, il resta debout pour elle de cette manière intime qui fait ressentir l'amour et la miséricorde : sa joue contre sa joue (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et son menton sur son épaule ; ensuite, il resta debout pour elle et il ne 'sen alla pas jusqu'à ce qu'elle s'en aille. C'est un bouquet de touches d'affection, de bonheur, de joie, et d'effusion de sentiments de miséricorde et d'amour.

 

*2- Le fait que les éthiopiens choisirent la mosquée pour leur jeu le jour de la fête, indique que la mosquée n'était pas un monastère pour l'adoration, mais un domaine de vie dans lequel les rites de la religion étaient accomplis et dans lequel on montrait les sentiments ; et de même qu'on y accomplissait la prière, qu'on y rassemblait les aumônes et qu'on y partageait les butins, elle était aussi un lieu de rassemblement pour montrer la joie ; et ainsi, la vie était liée à la mosquée, et la mosquée renferma toutes les sections de la vie.

 

*3- La largeur de la porte de l'Islam, de telle sorte qu'elle renferme les différentes cultures, car les éthiopiens exprimèrent leur joie de leur propre manière qui ne ressemble pas à la manière des arabes, parce que le jeu avec les lances provient de la civilisation éthiopienne, et leurs chants étaient dans leur langue éthiopienne.

Malgré cela, la première société de la prophétie les intégra sans perdre sa particularité et sa manière de s'exprimer.

 

 

*4- Bien que la situation soit un moment de joie et d'amusement, le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) fit que ce soit une situation de prédication et d'éducation, et il fit passer à travers cette situation une explication concernant la science et la parole :

(Afin que les juifs et les chrétiens sachent qu'il y a un moment pour l'amusement dans notre religion ; j'ai été envoyé avec une religion pure et tolérante).

Tous les domaines de sa vie (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) étaient imprégnés de sa grande mission : l'appel à Allah (qu'Il soittext-align: left; direction: ltr; unicode-bidi: embed; exalté) et la transmission du message.

 

*5- Al-Haafidh ibn Hajar (qu'AFRllah lui fasse miséricorde) a dit :

-"Parmi les bénéfices de ce haditest une description de la beauté dans lh : la légitimité d'élargir l'amusement pour les enfants pendant les jours des fêtes avec tous les genres de choses qui leur procurent la joie et le soulagement du corps ; de même que montrer la joie pendant les fêtes fait partie des marques de l'Islam".

 

*6- Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) approuva la manière des éthiopiens de célébrer la fête, et cette manière n'était pas habituelle chez les arabes ; ce qui indique la largesse des genres d'expression de la joie de la fête et la diversité des manières de la célébrer, ce qui convient à la différence des gens dans leurs pays, leurs époques et leurs âges.

 

*7- Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) confirma l'espace large de la tolérance et de la facilité dans son message divin, car sa religion ne se limite pas à une liste d'interdictions, ou elle n'est pas encerclée de tranchées de choses interdites, mais il y a la tolérance et l'amusement, c'est la base dans les affaires de la vie, et l'interdiction est une petite exception de cela : {C’est Lui qui a créé pour vous tout ce qui est sur la terre} [Al-Baqarah : 29].

 

Et ainsi, les obstacles qui étaient présents dans les religions précédentes, furent enlevés ; alors, que les juifs et les chrétiens sachent qu'il y a dans notre religion un moment pour l'amusement, qu'elle est venue en tant que religion pure et tolérante, et qu'elle leur rend licite les bonnes choses et leur interdit les mauvaises choses, et elle leur ôte le fardeau et les jougs qui étaient sur eux.

 

****

 

25- Un jour de fête

 

C'est la jeune fille qui est affectueuse et qui aime l'amusement ; et ce jour-là était un jour de joie et de plaisir ; alors, ces petites amies vinrent chez elles avec des tambours, afin qu'elles vivent la joie de ce jour et qu'elles se partagent sa joie. Et on frappa sur les tambours dans la chambre du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), et les jeunes filles chantèrent les poèmes que les Ansaars récitaient pendant leurs guerres. Ensuite, le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) entra dans sa chambre, et elles n'arrêtèrent pas de frapper sur les tambours, ni de chanter ; les jeunes filles ne se turent pas et elles n'eurent pas peur de l'entrée du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dans la chambre.

 

 

Et il se dirigea (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) vers son lit, il s'allongea sur le lit, il enroula son vêtement autour de lui, il se recouvrit le visage et il le tourna vers le mur ; l'amusement des jeunes filles et leur joie continuèrent pendant que la chambre du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) était parfumée par les souffles du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), dans une célébration rayonnante et une joie immense que vivaient Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) et ses amies dans la maison de la prophétie de laquelle Allah (qu'Il soit exalté) a enlevé la souillure et a complètement purifiée.

 

Pendant que les jeunes filles chantaient, Abou Bakr As-Siddiq (qu'Allah soit satisfait de lui) entra dans la maison de sa fille Aïcha, il désapprouva les tambours et les chants dans la maison de la prophétie, et il les réprimanda en disant :

-"L'instrument du diable dans la maison du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ?!".

 

Et le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) qui avait le visage recouvert et qui était tourné vers le mur, se découvrit le visage et se retourna vers Abou Bakr en disant :

(Laisse-les, ô Abou Bakr, car c'est un jour de fête).

C'étaient les jours de l'Eïd Al-Ad'haa ; et c'est comme si cette permission prophétique leur donna une autre impulsion de vitalité et d'enthousiasme ; ensuite, Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui) s'assit à côté du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; et lorsqu'Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) vit que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et Abou Bakr ne faisaient pas attention à elle, elle fit signe de l'œil aux deux filles, alors elles sortirent.

 

*** Nous avons quelques pauses de réflexion avec ce récit :

 

*1- Les jeunes filles continuèrent à chanter lorsque le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) entra dans la chambre, et son entrée n'interrompit pas leur joie et leur amusement ; et ici, nous nous demandons : leur chant aurait-il continué si le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) était entré en fronçant les sourcils, et elles étaient des filles très jeunes alors qu'il était (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) celui qui avait reçu la vénération ?

Ceci nous dévoile, comme si nous le voyions de nos propres yeux, que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) entra chez lui en souriant, il regarda les jeunes filles en les saluant, et qu'il rit lorsqu'il les vit dans cette belle joie !!

 

N'est-il pas celui qu'Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) a décrit lorsqu'on l'interrogea à propos de ce qu'il faisait dans sa maison, et elle dit :

-"Il était un homme comme les autres hommes, sauf qu'il riait et souriait toujours !!".

C'est la raison pour laquelle son entrée chez lui (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) augmentait la joie, multipliait le contentement, et répandait le bonheur et le plaisir.

 

Alors, quel message est plus expressif que ce message pour les époux et les parents qui lorsqu'ils entrent chez eux, on ne voit d'eux que le froncement de sourcils, et on n'entend d'eux que l'ordre et la réprimande ?!

 

*2- Il semble selon le récit que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ne prenait pas plaisir à écouter leurs chants qui conviennent aux filles très jeunes, alors qu'il était à l'âge adulte (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), mais il prenait plaisir à la joie de son épouse et de ses amies, et il était content de leur contentement ; c'est la raison pour laquelle lorsqu'il s'allongea, il recouvrit son visage et il le tourna vers le mur, afin qu'il ne les empêche pas de chanter et qu'il ne les gêne pas lorsqu'elles le regardaient ; et il n'y avait pas dans la maison du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) une autre chambre dans laquelle il pouvait aller, alors il se sépara d'elle de cette manière agréable : "en recouvrant son visage et en se tournant vers le mur", par considération pour leur sentiment afin qu'elles continuent à chanter spontanément sans être gênées et sans avoir peur.

 

Donc, quelle transparence dans la sensation et quelle considération des sentiments psychologiques, sont plus agréables et plus beaux que cette considération prophétique pour les sentiments de ces jeunes filles dans leur amusement !

 

 

*3- Ton attention est attirée par la compréhension du désir naturel d'exprimer la joie et les sentiments de contentement avec l'amusement et les chants, car la joie est une extase psychologique immense, et on ne l'exprime pas avec la dignité calme qui manque de naturel, mais avec l'interaction active, le mouvement amusant, et l'amusement qui fait répandre les sentiments de joie et de contentement. C'est la raison pour laquelle le messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) donna aux cœurs leur part de cela dans les occasions de joie, comme les mariages, les jours de fête, l'arrivée du voyageur, et d'autres choses semblables parmi les occasions de bonheur et les périodes de joie.

Les compagnons (qu'Allah soit satisfait d'eux) exprimèrent cela, chaque catégorie de la manière qu'elle connaissait le mieux, et elle libérait à travers cette manière ses émotions et ses sentiments ; alors, les jeunes filles avec les tambours et les chants ; les éthiopiens avec les lances, les boucliers en cuir et les récitations, et les autres avec la joie psychologique grâce à cet amusement et l'enthousiasme pour lui.

 

Exprimer les sentiments de joie et de contentement est une prédisposition naturelle humaine, et l'enthousiasme pour ses sentiments est une Sounnah prophétique ; la guidée du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) a indiqué cela, et il est celui qui a été envoyé avec la religion pure et tolérante.

 

 

*4- La chambre du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) était adjacente à la mosquée et elle donnait sur la mosquée ; lorsque le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) était dans sa chambre, il entendait la voix de ses compagnons dans la mosquée lorsqu'ils parlaient ; et lorsqu'Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui) était dans la mosquée, il entendait la voix de sa fille Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) dans sa chambre lorsqu'elle parlait, et il entendait son rire lorsqu'elle riait ; alors que dire du fait de frapper sur les tambours et les chants des jeunes filles dans la chambre du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), comment cela se propagerait-il dans la mosquée du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ?

Alors, que cette annonce du rituel de la joie et du contentement est belle, en frappant les tambours à l'intérieur de l'honorable chambre et que ceux qui sont dans la mosquée du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) l'entendent !

 

*5- Nous sommes étonnés de la perspicacité d'Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) et son bon comportement avec la situation, car elle ne les empêcha pas de chanter, alors que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) avait dit : (Laisse-les). Et elle ne continua pas à chanter, alors qu'Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait d'elle) s'était assis à côté du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) pour parler avec lui, elle attendit donc qu'ils ne prêtent pas attention à elle, ensuite elle fit signe de l'œil aux deux filles et elles sortirent, comme si elles avaient fini leurs affaires et qu'elles en avaient assez de chanter ; et ceci est une ingéniosité d'Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) pour la gestion de la situation malgré son jeune âge.

 

****

 

 

 

26- Votre frère

 

Abdoullah (qu'Allah soit satisfait de lui) aimait le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) de la manière la plus forte que l'on puisse aimer, jusqu'à ce que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) témoigne de cela pour lui, il dit :

(Il aime Allah et Son messager).

Et par amour pour le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), il désirait pour lui toute nourriture agréable qu'il voyait entrer à Médine ; parfois, un bédouin venait avec une outre de beurre fondu ou de miel, alors il la prenait et il la donnait en cadeau au prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ; et lorsque le propriétaire de l'outre venait pour prendre son argent, il l'amenait au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et il disait :

-"Donne à celui-là le prix". Et le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) lui disait :

(Ne me l'as-tu pas donnée en cadeau ?). Et il disait :

-"Oui, ô Messager d'Allah, mais je n'ai pas l'argent de son prix". Et le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ne faisait rien d'autre que rire et il ordonnait que l'on donne au propriétaire de l'outre l'argent.

 

Cette plaisanterie agréable reflète la sociabilité psychologique et la belle relation entre le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) et son compagnon Abdoullah (qu'Allah soit satisfait de lui).

 

Il te reste à savoir que cet Abdoullah était éprouvé par le fait de boire de l'alcool, et il en buvait beaucoup ; et on l'amenait souvent au prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) en étant ivre, et il ordonnait qu'on le fouette. Alors un jour, on l'amena aussi, et après qu'il l'ait fouetté et qu'il soit parti, un des compagnons dit :

-"O Seigneur ! Maudis-le ; qu'est-ce qu'on l'amène souvent !". Et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) réfuta cette parole :

(Ne le maudissez pas, car je jure par Allah que je sais qu'il aime Allah et Son messager. N'aidez pas le diable contre votre frère).

 

*** Faisons quelques pauses sur certaines significations de cette qualité du prophète Mohammed (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) afin que nous voyions des choses étonnantes à propos de la merveilleuse manière dont le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) se comportait avec l'âme humaine :

 

 

 

*1- Ton attention n'est-elle pas attirée par cette harmonie, plus exactement par ce mélange entre ce compagnon, malgré l'erreur qu'il a commis avec le summum de l'élévation et de la pureté, et celui qui a enseigné le bien aux gens (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; c'est de la sociabilité, de l'amour, de la plaisanterie et de l'amitié, ceci nous dévoile qu'il n'y avait pas dans la société de la prophétie de scission ou de partage de la société, ou d'isolement d'une catégorie de la société, à cause d'un erreur commise, mais c'était la fusion et le mélange entre eux, malgré la différence de leurs positions dans l'accomplissement du bien, car parmi eux, certains devançaient les autres dans les bonnes actions, d'autres suivaient le chemin de la droiture, et d'autres étaient injustes envers eux-mêmes ; et aucun d'eux ne vivait le rejet, ou le blâme, ou l'exclusion, mais c'était l'harmonie et le rassemblement.

 

Et ainsi, les effets et les répercussions des erreurs que certains commettaient, restaient limités, parce que ces erreurs étaient encerclées par cet environnement harmonieux et honorable, qui ne permettait pas aux erreurs de se développer et d'augmenter ; et à chaque fois que quelqu'un commettait un péché, il se réjouissait de trouver les mains de ses frères pour le tenir afin qu'il ne tombe pas à cause de ce péché, ou qu'il se sépare d'eux à cause de ce faux pas.

 

*2- Faire allusion au côté positif dans le cœur d'Abdoullah est étonnant, bien que la situation soit une situation de punition pour l'erreur commise, et une erreur qui s'est répétée très souvent, mais le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) attitra l'attention sur un côté positif en lui, qui est : son amour pour Allah (qu'Il soit exalté) et Son messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui).

 

Et réfléchis à cette qualité, ce n'est pas une qualité particulière à Abdoullah, mais c'est la qualité à laquelle tout croyant est associé avec lui, car la foi n'est correcte qu'avec l'amour d'Allah (qu'Il soit exalté) et de Son messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; mais le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) mit en évidence cette qualité et fit l'éloge de l'homme grâce à elle, et c'est une méthode éducative unique ; il en résulte l'élargissement de l'espace de bien dans les cœurs, la confirmation que cette espace de bien lui est attribué, ainsi que son élévation grâce à ce bien, même s'il commet des erreurs ; alors n'enchaîne pas les cœurs et ne les tire pas vers la profondeur.

Et tu peux imaginer le sentiment de cet Abdoullah après que la parole du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) lui soit parvenue à son sujet ; donc, quelle extase et quelle élévation cette parole engendra en lui, et c'est comme s'il montait vers des horizons plus hauts qui le faisaient s'élever au-dessus de ces erreurs et de ces défauts !

 

Ceci fait partie des causes les plus fortes pour se débarrasser de ces péchés, et pour qu'il soit convaincu que ces erreurs sont passagères, et qu'elles ne sont pas la base dans son cas, ni ce qui nous fait le juger, car la base en ce qui le concerne est : l'amour pour Allah (qu'Il soit glorifié) et Son messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui).

 

Indiquer les côtés positifs chez ceux qui commettent des erreurs, et élargir l'espace de bien dans leurs cœurs, est la méthode prophétique honorable, bien que parfois nous l'oubliions, et nous faisons que les erreurs soient des murs imprenables, plus exactement des prisons étroites dans lesquelles nous enfermons ceux qui commettent des erreurs ; ensuite, nous ne les connaissons et nous ne les mentionnons qu'avec cette erreur ou ce défaut, et nous oublions, - même si nous ne le ressentons pas -, que nous aidons le diable contre eux.

 

Tandis que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) a décrit cet homme, malgré les nombreuses fois où on l'amena ivre, par la qualité la plus honorable et la plus belle : (je sais qu'il aime Allah et Son messager).

[Regarder : "Al-Mousnad" de l'imam Ahmed (13330), "Sahih Al-Boukhari" (1356), "Sounane Abi Daawoud" (3095), "Ghawaamisse Al-Asmaa Al-Moub'hamah" d'Al-Khatib (2/646), "Oussoud Al-Ghaabah" (6/433), "Fath Al-Baari" (6/172), "Al-Issaabah" (4/379), "Oumdatou Al-Qaari" (8/175)].

 

 

*3- Ce péché est une erreur apparente, plus exactement c'est un grand péché, et il n'est pas possible de supposer l'erreur ou l'interprétation pour ce péché ; c'est l'alcool à cause duquel le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) a maudit dix personnes, comme ceci est mentionné dans le hadith d'Ibn Omar et d'Anass (qu'Allah soit satisfait d'eux), rapporté par Abou Daawoud (3674), At-Tirmidhi (1295), Ibn Maajah (3380, 3381), Ibn Hibbaane (3674) et Al-Haakim (2/32).

Malgré cela, le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) qui lui infligea la punition de celui qui boit de l'alcool, lui protégea son droit concernant le fait qu'on ne doive pas parler sur lui plus que la punition de la législation, et il considéra que ceci correspondait à aider le diable contre lui ; de plus, il attira l'attention sur l'espace de bien en lui au lieu de diriger les regards vers le côté de l'erreur.

 

Nous nous arrêtons sur cette signification afin de voir comment nous entrons dans la rivalité avec certains de nos frères au sujet d'erreurs qui ne sont pas d'une telle clarté, ni aussi grandes ; et souvent, ces erreurs sont, selon nous, un objet d'interprétation, et il est possible d'avoir des points de vue différents à leur sujet ; et malgré cela, nous nous retrouvons, - sans en être conscients parfois -, à traîner l'affaire jusqu'à ce que nous fassions qu'elle soit une erreur qui ne prête à aucune interprétation ; ensuite nous justifions notre ardeur dans la rivalité et notre mauvaise foi dans la discussion, en disant qu'elle fait partie de la religion et qu'elle est pour la religion, alors que la guidée prophétique est la protection du droit de celui qui a commis un grand péché, qui a répété ce péché et l'a commis souvent, jusqu'à ce qu'on dise : "Qu'est-ce qu'on l'amène souvent !".

 

Et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ne permit pas que cela soit un pont que l'on traverse pour dire du mal de lui avec des insultes qu'Allah (qu'Il soit exalté) n'a pas mises comme punition pour lui ; et il resta après cela le compagnon qui aime Allah (qu'Il soit exalté) et Son messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et qui était habitué à fréquenter le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), à plaisanter avec lui et à lui offrir des cadeaux.

 

Ce sont de belles significations, si nous les prenions de cette guidée prophétique, l'espace du bien s'élargirait, beaucoup d'erreurs seraient encerclées, le lien de la société se fortifierait et elle serait guérie de beaucoup de maladies concernant la rupture entre les gens qui est justifiée par plusieurs genres de justificatifs erronés.

 

****

 

 

 

27- "Ne te mets pas en colère !"

 

Il retourna (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) chez lui jusqu'à ce qu'il s'approche de sa chambre ; et nous pensons qu'il était fatigué après une journée comme toutes ses journées qu'il passait à appeler les gens à Allah (qu'Il soit exalté) et à transmettre son message, et qu'il était retourné en ayant le corps exténué et l'esprit fatigué après qu'il ait accordé aux gens ses bonnes qualités, sa joie, sa générosité et sa bonté ; ensuite, il retourna chez lui en ayant besoin de son repos et de sa tranquillité afin de reposer son corps et son esprit.

 

Il marchait (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) en portant une cape de Najraane aux bordures épaisses, il l'avait tournée autour de son cou et il avait jeté le reste sur son épaule, ensuite lorsqu'il arriva à la chambre et qu'il allait y entrer, un bédouin parmi les habitants du désert s'empressa d'aller vers lui, et lorsqu'il arriva à côté de lui, il tira l'extrémité de sa cape par derrière avec force, ceci surprit le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; et parmi les effets du fait qu'il tira sur la cape avec force et soudainement :

 

A- Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) perdit son équilibre, et il recula jusqu'à ce qu'il retourne sur la poitrine du bédouin.

 

B- Le bédouin le tira vers lui avec une telle force que la cape se déchira.

 

C- La bordure de la cape s'enfonça dans le cou du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et Anass (qu'Allah soit satisfait de lui) se mit à regarder le cou du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), - et son cou était blanc et brillant comme s'il était un pot en argent -, alors la bordure de la cape avait laissé une trace sur la surface de son cou (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) à cause de la force avec laquelle le bédouin l'avait tiré vers lui.

On pouvait s'attendre à ce moment-là que le bédouin ait honte de ce qui s'était passé, qu'il s'excuse pour ce qu'il avait fait, et qu'il soit complaisant avec le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) pour rechercher son pardon, mais ce n'est pas ce qui se passa, car il appela le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) en disant :

-"O Mohammed !".

C'est un appel avec rudesse, car Allah (qu'Il soit exalté) a dit : {Ne considérez pas l’appel du messager comme un appel que vous vous adresseriez les uns aux autres} [La lumière : 63].

Ensuite, il demanda en disant :

-"Donne-moi de l'argent d'Allah que tu possèdes".

C'est aussi la rudesse dans la manière de demander.

 

Après cela, je souhaite que tu t'arrêtes de lire un instant, que tu fermes tes yeux, et que tu réfléchisses au sentiment que peuvent produire ces provocations exaspérantes et successives ?

Il tira le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) avec une force qui le fit retourner vers l'arrière, qui déchira sa cape, et qui laissa une trace sur la surface du cou honorable, ensuite il l'appela avec rudesse et il demanda avec insistance.

Intensifie cette image dans ton esprit, et imagine quel feu de colère une seule de ces provocations peut enflammer dans le cœur, alors que dire si elles sont toutes rassemblées ! Et réfléchis à la réaction attendue face à ces provocations successives.

 

La réaction de ton prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) fut très étonnante, elle s'éleva au-dessus des règles de la discipline et des modèles idéaux, vers des horizons plus élevés, ce sont les horizons de la grandeur du prophète Mohammed (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui).

 

Il se retourna et ne s'interposa pas, il rit et n'eut pas un air renfrogné, il se comporta d'une bonne manière et ne punit pas ; Anass (qu'Allah soit satisfait de lui), qui est le témoin de cette scène, a dit :

-"Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) se retourna vers lui, puis il rit, ensuite il ordonna qu'on lui donne".

[Regarder : "Al-Mousnad" de l'imam Ahmed (12090), "Sahih Al-Boukhari" (3149, 5809, 6088), "Sahih Mouslim" (1057), "Charh An-Nawawi 'Alaa Sahih Mouslim" (7/146-147), "Fath Al-Baari" (10/506)].

 

 

*** Nous finissons de raconter cette histoire, mais nous avons besoin de la raconter à nouveau ; et nous recommençons à la raconter avec un silence de méditation et une pensée absorbante, afin que toutes les cellules du corps s'en imprègnent. Et nous nous arrêtons sur trois significations de cette histoire, et nous laissons les répercussions des significations à ton esprit méditant et à ta pensée profonde.

 

*1- Ces provocations qui sont soudaines et rudes, allument le feu de la colère dans le cœur, et engendrent une réaction coléreuse et nerveuse ; et en général, la réaction coléreuse vient rapidement et brusquement, tout comme la provocation était rapide et soudaine.

 

Mais ton prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) n'agissait pas face aux provocations avec la loi de la physique : (Pour chaque action, il existe une réaction égale dans la force et opposée dans le sens) ; mais il agissait avec une autre loi, c'est la loi de la grandeur des qualités morales : {Et tu es certes, d’une moralité imminente} [La plume : 4].

 

Ce qui est le plus éblouissant dans la réaction du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), est qu'elle est la réaction rapide et spontanée ; et malgré cela, elle est venue comme si elle était préparée avec une grande attention : "Il se retourna", indique l'attention [l'intérêt que l'on accorde à la personne], "le sourire" indique l'accueil chaleureux, la générosité et le don qui comble le besoin ; et ceci provient de la profondeur des qualités morales dans le cœur du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui).

 

La sagesse de cette leçon prophétique éteint le feu de la colère dans les cœurs, verse la tranquillité dans les cœurs, et fait que les rênes de nos émotions soient dans nos mains au lieu que nos actions soient dans les mains de nos émotions.

 

*2- Celui qui a dit à quelqu'un qui lui dit "Conseille-moi" : (Ne te mets pas en colère !). Et il le répéta plusieurs fois en disant : (Ne te mets pas en colère !) [Rapporté par Al-Boukhari (6116), d'après le hadith d'Abou Houréïrah (qu'Allah soit satisfait de lui)].

Et celui qui a dit : (Celui qui est fort est celui qui se maîtrise lorsqu'il est en colère) [Rapporté par Al-Boukhari (6114), Mouslim (2609), d'après le hadith d'Abou Houréïrah (qu'Allah soit satisfait de lui)] ; c'est le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) que l'on provoque de cette manière, ensuite il ne se met pas en colère, et il se maîtrise d'une manière parfaite face aux choses qui provoquent la colère.

 

C'est l'harmonie formidable entre l'appel à Allah (qu'Il soit exalté), le modèle à suivre, les paroles et les actes, afin que se réalise à partir de cela, cette perfection éblouissante dans la personnalité du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) pour représenter les bonnes qualités morales pour lesquelles il a été envoyé, [comme ceci est mentionné dans le hadith d'Abou Houréïrah (qu'Allah soit satisfait de lui) : (J'ai été envoyé pour compléter les bonnes qualités morales), rapporté par Ahmed (8595), Al-Boukhari dans "Al-Adab Al-Moufrad" (273), Al-Haakim (2/670), Al-Bayhaqi dans "Ach-Chi'âab" (7978)].

Et les appels restent inutiles et sans effets tant qu'ils ne sont pas représentés d'une manière claire et rayonnante dans la personnalité des prédicateurs.

 

 

*3- N'allons-nous pas nous demander : qu'est-ce qui a poussé ce bédouin à demander ce qu'il a demandé avec toute cette confiance, plus exactement, il a outrepassé jusqu'à la rudesse et l'insistance ; n'avait-il pas peur de la punition ? Ne craignait-il pas une agression des compagnons ?

 

La réponse en toute clarté est : il vivait sous la protection des bonnes qualités morales de Mohammed (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), qui lui avait donné la sécurité et la confiance pour qu'il puisse exprimer ce qu'il avait en lui et demander ce qu'il pensait être son droit ; et pour qu'il puisse vivre sa personnalité complètement sans avoir peur et sans qu'elle soit déformée par l'humiliation ; c'est la raison pour laquelle ceux qui réclamaient leurs droits sont ceux qui accomplissaient leurs devoirs, et qui portaient à l'humanité le message de leur prophète, et ils leur accordaient ce qu'ils possédaient de plus précieux : leurs âmes qui étaient dans leurs corps, après que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) leur ait donné l'éducation élevée qui construit la personnalité, qui renforce la confiance, et qui fait ressentir à chacun d'eux sa valeur, son humanité et son importance ; alors, chacun d'eux était une personnalité saine, confiante, claire et expressive.

 

Tandis que lorsque la peur fait taire les langues, les cœurs deviennent les lieux d'enfouissement des rancunes.

 

****

 

28- Au service de ta famille

 

C'est une vue sur la maison de la prophétie ; cette maison de laquelle Allah (qu'Il soit exalté) a enlevé la souillure et Il l'a purifiée ; ainsi qu'une vue à partir d'une ouverture que notre mère Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) ouvrit lorsque des personnes parmi les Taabi'înes lui posèrent plusieurs fois la question : "Qu'est-ce que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) faisait dans sa maison lorsqu'il était chez toi ?".

 

C'est une question à propos de cette personnalité publique, comment était-elle dans cette situation particulière ? Comment était le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) qui vivait à l'extérieur de sa maison en se préoccupant des affaires de la communauté et en portant ses charges, alors lorsqu'il entrait chez lui, fermait sa porte, et était seul avec son épouse, comment était-il ? Et que faisait-il ?

 

Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) reçut la question chaleureusement et avec attention, et elle ouvrit une fenêtre sur la maison de la prophétie, afin que nous voyions le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dans cette situation particulière dans sa maison et avec son épouse. Alors, elle se mit à décrire avec cette description brève et expressive, elle dit :

-"Lorsque le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) était chez lui, il était l'homme le plus doux et le plus généreux ; il était un homme parmi vos hommes, sauf qu'il riait et souriait souvent ; il n'était qu'un homme parmi les hommes, il était au service de sa famille, il recousait ses sandales, il cousait ses vêtements, il trayait sa brebis, il faisait ses affaires lui-même, et il travaillait dans sa maison comme l'un d'entre vous travaille dans sa maison ; et lorsque l'heure de la prière arrivait, il sortait pour la prière ; et je ne l'ai pas vu frapper de sa main une femme, ni un servant".

[Regaattention sur lrder : "Mousnad Is'haaq ibn Raahawayh" (1550), "Mousnad Ahmed" (23-93), "Sahih Al-Boukhari" (676, 6039), "Sahih Ibn Hibbaane" (5676), "Makaarim Al-'Akhlaaq" d'Ibn Abi Ad-Dounyaa (397), "Al-Kounaa" d'Ad-Dawlaabi (360), "Taarikh Abspan style=i Zour'âah Ad-Dimachqi" (1/659-660), "Gharaa'ib Chôubah" d'Abou Al-Housseïn ibn Midhfar (81), "Fath Al-Baari" d'Ibn Rajab (6/108-109), "Tabaqaate Ach-Chaafi'îyah" d'As-Sabki (6/294), "Fath Al-Baari" d'Ibn Rajab (2/163), (10/461)].

&nb style=sp;

 

*** C'est un bouquet parfumé de qualités prophétiques, notre mère Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) les a énumérées d'une bonne manière dans ces phrases concises, et avec ces paroles expressives.

 

Et il nous reste à ouvrir les yeux du discernement sur de grandes significations :

 

*1- (Il n'était qu'un homme parmi les hommes) : je ne pense pas /spanque notre mère Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) expliquait l'humanité du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et qu'il n'est pas un ange, plus exactement un homme messager, mais au contraire, elle expliquait une signification plus particulière que cela, qui est son humanité dans le comportement familial, étant donné qu'il n'entrait pas chez lui (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) en tant que commandant, ou dirigeant, ou imam, mais en tant que mari, afin qu'il vive la vie de la tranquillité conjugale avec son épouse.

 

 

Alors, les significations de la grandeur du prophète Mohammed (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) se rassemblent dans la grandeur du comportement conjugal, et qu'il ne vivait pas dans sa maison (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) de la manière dont il rencontrait les gens, mais il vivait la simplicité de la vie familiale et sa spontanéité ; alors, son épouse ne voyait en lui que le mari affectueux et miséricordieux, et il est (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) le meilleur des fils d'Adam (paix sur lui) et l'imam du genre humain ; et celui qui est une personne importante, les yeux le regardent par vénération et par respect, mais il vit dans sa maison et avec sa famille en tant que mari premièrement.

 

Comme nous oublions cette grande signification prophétique lorsque nous prenons avec nous chez nous les significations et les titres extérieures, afin que l'un d'entre nous vive dans sa maison en tant que "son Excellence ou sa majesté" ; bien que ces titres doivent être enlevés devant la porte, pour que celui qui était ainsi redevienne un homme parmi les hommes.

 

*2- (Il était au service de sa famille) : il me vient à l'esprit une question perspicace qui dit :

"Est-ce que notre mère Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) se plaignait du fait d'avoir beaucoup de travail et de la difficulté du travail, jusqu'à ce que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) travaillait dans sa maison, l'aidait et était à son service ?".

Sa chambre n'avait-elle pas des murs rapprochés les uns des autres et n'était-elle pas petite, de telle sorte que sa longueur ne dépassait pas dix coudées et sa largeur ne dépassait pas sept coudées (environ 3,5 m/5 m).

 

En ce qui concerne le travail dans sa maison : parfois deux mois complets s'écoulaient et le feu n'y était pas allumé pour cuisiner ; alors, y avait-il un travail qui a besoin d'effort, ainsi que de l'aide, de telle sorte que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) était occupé chez lui en étant au service de sa famille ?

 

La réponse à cette question est que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ne faisait pas ce qu'il faisait parce qu'il y avait beaucoup d'occupations et le travail était fatiguant, mais il y a une signification plus profonde, qui est : le réconfort et faire ressentir la participation complète à la vie conjugale, ainsi que la réalisation d'une des significations de la tranquillité auprès de l'épouse :

{Et parmi Ses signes, Il a créé de vous, pour vous, des épouses pour que vous viviez en tranquillité auprès elles, et Il a mis entre vous de l’affection et de la bonté. Il y a en cela des preuves pour des gens qui réfléchissent} [Les Romains : 21] ; et Il n'a pas dit (qu'Il soit exalté) : "pour que vous viviez avec elle".

 

Ces actions minimes dans la maison parviennent au cœur de l'épouse accompagnées d'une note explicative qui est remplie des significations de l'amour, de l'affection et de la miséricorde ; et l'épouse ressent qu'elle est très proche de son mari, ainsi que le mélange spirituel et sentimental.

 

 

Le fait que l'homme soit au service de sa famille en accomplissant n'importe quel travail et de n'importe quelle manière, est un message de la vie qui dit : "C'est notre maison à tous, tout comme c'est notre vie à tous".

Les significations de la cohésion conjugale sont tissées par ces gestes expressifs, alors il grandit aux yeux de son épouse selon le degré de sa modestie, et il devient grand dans son cœur selon le niveau de sa simplicité.

 

*3- Nous regardons à partir de cette fenêtre dans la maison prophétique, alors nous la voyons petite dans sa surface et simple dans son ameublement, mais les grandes qualités morales du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) firent que la maison devint un grand foyer qui débordait de cordialité et de joie, les rires y retentissaient, les sourires rayonnaient, et une source abondante de bonheur et de gaieté jaillissait : "Il était un homme parmi vos hommes, sauf qu'il riait et souriait souvent".

 

Il n'y avait pas dans la maison de la prophétie la dignité non naturelle et maniérée, ni le rigorisme détestable, ni la morosité en prenant un air renfrogné, mais c'était l'allégresse du rire, la chaleur du sourire, et le plaisir de la vie agréable qui remplit la maison de réjouissance et de bonheur, comme si la famille de cette maison vivait dans un coin du Paradis.

 

*4- Cet art élevé dans la relation conjugale, la prise d'initiative du mari pour la participation expressive et la cordialité agréable, feront que le mari prendra l'espace le plus grand du cœur de son épouse et de sa conscience ; ce comportement élevé fera que sa présence soit une joie et un plaisir, et que son absence soit une tristesse et un manque, et il aura une place importante auprès de la femme.

 

Ceux qui se plaignent de la froideur de la vie conjugale et de sa rudesse, doivent apprendre de cette leçon prophétique que le sang circule en étant chaud dans leur vie avec ce genre de gestes attachants ; et à ce moment-là, il ne restera plus dans le cœur et dans la conscience de la femme d'espace vide, car le mari aura rempli tout cet espace, il lui aura fait ressentir la véritable participation dans la vie, et il aura coloré sa journée avec des sourires.

 

*5- Nous sommes éblouis par cet équilibre dans la vie prophétique, car il était (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) celui qui souriait le plus parmi les gens, et il riait et souriait souvent dans sa maison aussi ; et il était avec les gens comme le vent qui est envoyé avec le bien, il était dans sa maison au service de sa famille, il était le meilleur des hommes pour les gens, et il était le meilleur d'entre eux avec sa famille.

 

Cet équilibre est absent chez des gens qui font des efforts pour des complaisances aimables avec générosité dans leur relation générale, mais ils réservent leurs visages renfrognés et l'avarice de leurs cœurs pour leurs épouses, alors elles ne voient que la noirceur de leur morosité et la lassitude du mécontentement, bien qu'elles soient celles qui méritent le plus la bonne humeur et les bons comportements ; tandis que notre prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) a accordé aux gens ses bonnes qualités, et les membres de sa famille furent ceux qui étaient les plus heureux de ces bonnes qualités morales.

 

*6- Cette leçon prophétique est un message ouvert à tous ceux qui ont mal compris la signification de : "l'autorité que les hommes ont sur les femmes", et ils l'ont résumée à la supériorité vaine et à l'étalage des aspects de la domination, de telle sorte qu'on ne les voie que renfrognés et qu'on n'entende d'eux que les ordres ou les avertissements.

 

*7- Et il nous reste à demander à notre Seigneur d'être satisfait de notre mère Aïcha qui, par la sagesse d'Allah (qu'Il soit exalté) et ce qu'Il fit pour nous, resta après la mort du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) pendant environ la moitié d'un siècle en étant une fenêtre ouverte sur la maison de la prophétie ; et la communauté de Mohammed (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) voit de cette fenêtre le mode de vie de son prophète et sa guidée.

Alors, qu'Allah soit satisfait d'elle et la rende satisfaite, et qu'Il la récompense par la meilleure récompense pour ce qu'elle a fait pour la communauté de Mohammed (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille).

 

****

 

 

 

29- Le jour de l'écharpe

 

Celui qui entrait dans la mosquée du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), voyait dans un coin de la mosquée une petite chambre dont les murs étaient rapprochés les uns des autres et le toit était bas, elle était construite pour suffire à une seule personne et personne d'autre ne pouvait y habiter ; et une femme noire habitait dans cette petite maison, elle n'avait pas d'autre demeure que celle-là ; et cette femme allait souvent à la maison du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) afin de prendre du plaisir à parler avec Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle), et lorsqu'elle finissait de parler, elle récitait les vers d'un poème qu'elle récitait dans toutes ses assemblées :

"Et le jour de l'écharpe fait partie des choses merveilleuses de notre Seigneur, n'est-ce pas du pays de la mécréance qu'Il m'a sauvée".

 

Et Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) fut étonnée du fait qu'elle récite souvent ces vers, alors, qu'est-ce que le jour de l'écharpe ? Et quelle est cette chose divine merveilleuse qui a eu un effet important dans le cœur de cette femme noire jusqu'à ce qu'elle le répète dans toute assemblée dans laquelle elle s'assoit ? Donc, elle lui dit :

-"Pourquoi à chaque fois que tu t'assois avec moi tu dis cela ?". Alors, la femme raconta son histoire et ce qui s'était passé ce jour-là ; et ce fut une chose étonnante !

 

La femme était une esclave d'un quartier parmi les quartiers des arabes à la Mecque, ils l'affranchirent, et elle resta avec eux après son affranchissement ; c'était la situation de beaucoup d'esclaves qui ne pouvaient pas se débrouiller après l'affranchissement et qui ne trouvaient aucune voie où aller.

 

Et un jour qu'elle était avec eux, une jeune fille sortit, elle était une jeune mariée que l'on préparait pour le mariage, elle portait une écharpe rouge en cuir ; elle entra dans l'endroit où elle prenait son bain pour se laver, et elle posa son écharpe à côté de l'endroit du bain ; alors, un milan [oiseau de proie comme les aigles] passa à côté de l'écharpe et il pensa que c'était de la viande, il descendit et s'en empara ; lorsque la jeune fille sortit, elle ne trouva pas son écharpe, et elle appela sa famille en criant. Ils la cherchèrent, mais ils ne la trouvèrent pas, et ils accusèrent leur esclave noire de l'avoir prise ; alors, ils la torturèrent, et ils se mirent à la fouiller jusqu'à ce qu'ils fouillent ses parties intimes ! Ce fut un moment d'affliction et de difficulté, pendant lequel elle ressentit l'humiliation et l'injustice, et elle ne sut que faire, car elle n'avait pas une descendance noble pour qu'elle puisse se référer à sa descendance, elle n'avait non plus de proches parents à qui elle pouvait demander de la secourir, et elle n'avait pas de force pour pouvoir se défendre.

 

Elle ne trouva personne pour lui demander de venir à son secours, et personne pour lui demander de l'aider, sauf son Seigneur qui l'a créée ; elle oublia les divinités de son peuple et leurs idoles, et elle se dirigea vers Allah (qu'Il soit exalté) de la manière dont on a le plus besoin de Lui en L'invoquant de faire apparaître son innocence et de la débarrasser de son affliction. Alors, Celui qui répond à l'appel de l'angoissé lorsqu'il L'invoque et qui enlève le mal, exauça son invocation ; le soulagement vint plus vite qu'elle ne l'espérait et d'une manière plus douce qu'elle ne s'y attendait.

 

Le milan qui avait pris l'écharpe, arriva avec l'écharpe, pendant qu'ils étaient encore debout autour d'elle et qu'elle était dans son affliction à cause d'eux, jusqu'à ce qu'il survola au-dessus de leurs têtes alors qu'ils le regardaient, ensuite il la jeta parmi eux ; ils la prirent et se rendirent compte que c'était l'écharpe de leur fille. L'affliction fut dissipée, l'innocence apparut, et elle leur dit avec la parole de celui qui a raison, - et celui qui a raison a sa parole à dire - :

-"C'est ce dont vous m'avez accusé comme vous le prétendiez, et j'en suis innocente ; c'est l'écharpe, la voilà".

 

Ensuite, elle émigra pour rejoindre le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et elle se convertit à l'Islam ; et elle était à côté de lui, il l'avait logée dans sa mosquée, elle parlait et trouvait sa joie dans sa maison ; et là-bas, son âme trouva sa tranquillité grâce à la guidée, et son honneur dans la fraternité des croyants et des croyantes pour elle, jusqu'à ce que la maison du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) fut son refuge et le lieu où son âme trouvait le repos.

 

Et je pense que c'est elle qui s'est consacrée à être au service de la mosquée du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), alors elle balayait la mosquée, et elle enlevait de la mosquée les chiffons, les bâtons et les brins de paille.

Ensuite, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) remarqua son absence et il interrogea à son sujet, ils dirent :

-"Elle est morte, ô Messager d'Allah !". Il dit :

(Pourquoi ne m'en avez-vous pas informé ?). Ils dirent :

-"O Messager d'Allah ! Elle est morte pendant la nuit et nous n'avons pas voulu te réveiller !". Alors, il dit (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) :

(Montrez-moi où est sa tombe).

Il alla à sa tombe et pria sur elle ; ensuite, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit :

(Ces tombes sont remplies d'obscurité pour ceux qui y habitent, et Allah les illumine pour eux grâce à ma prière sur eux).

[Regarder : "Sahih Al-Boukhari" (439, 3835) ; "Sahih Ibn Khouzaymah" (1332) ; "Sahih Ibn Hibbaane" (1655) ; "Môudjam Ibn Al-'Arabi" (671) ; "Môudjam Ibn Al-Mouq'ri" (803) ; "Al-Faraj bâad Ach-Chiddah" d'Ibn Abi Ad-Dounyaa (96) ; "Al-'Adhamah" d'Abou Ach-Cheikh (5/1773) ; "Hiliyah Al-Awliyah" (1/71) ; "Chîb Al-imaane" (1060) ; "Al-Aadaab" d'Al-Bayhaqi (765) ; "Fath Al-Baari" (1/534) ; "Oumdatou Al-Qaari" (4/195)].

 

*** Faisons quelques pauses de réflexion sur ce récit :

 

*1- Cette épreuve dure fut une cause pour que cette femme retourne à la pureté de la nature saine sur laquelle Allah (qu'Il soit exalté) a créé les gens ; elle a vécu la douleur de l'affliction, elle a goûté à l'amertume de l'injustice, elle a été accusée faussement et elle a subi l'oppression ; et elle ne trouva personne pour l'innocenter ou pour la défendre, alors elle n'avait pas un homme fort sur lequel s'appuyer ou un proche parent vers lequel elle pouvait se rapprocher, et elle sut que les divinités de son peuple et leurs idoles qu'ils invoquaient, ne lui serviraient à rien en dehors d'Allah (qu'Il soit glorifié et exalté), elle se dirigea donc vers Allah (qu'Il soit exalté) pour se plaindre auprès de Lui du préjudice qu'elle subissait et pour Lui demander ce dont elle avait besoin ; alors, Celui qui répond à l'appel de l'angoissé et qui élève l'invocation de l'opprimé, exauça son invocation, et elle vit comment le soulagement arriva grâce à une innocence évidente qui apparut au-dessus des têtes de son peuple pendant qu'ils regardaient.

C'est la raison pour laquelle elle émigra où Allah Seul est adoré, après qu'elle sut qu'Allah Seul est Celui qui enlève le mal.

 

*2- Cette femme vivait l'extase de la sensation de la générosité d'Allah (Le Puissant et le Haut) envers elle avec le bon lieu de séjour, car lorsqu'elle émigra pour rejoindre le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), elle goûta au bonheur de la guidée après l'égarement et à la gloire de la dignité après l'humiliation ; et après qu'elle fut exposée à l'accusation, à l'oppression et à la faiblesse, elle se retrouva vivant entre les musulmans en ayant la dignité, en ayant ses droits protégés, en ressentant la fraternité de la foi entre les croyants et la protection qu'ils s'accordaient les uns aux autres ; et peut-être que le summum de cette sensation apparaissait lorsqu'elle se retrouvait dans la meilleure et la plus noble des maisons, la maison de laquelle Allah (qu'Il soit exalté) enleva la souillure et il la nettoya parfaitement, dans la maison du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ; elle y parlait, elle y racontait, elle y trouvait la joie et le divertissement ; alors il n'est pas étonnant que la comparaison entre les deux situations éveillait sa tristesse, et elle récitait en reconnaissant la grande générosité d'Allah (qu'Il soit glorifié) envers elle :

"Et le jour de l'écharpe fait partie des choses merveilleuses de notre Seigneur, n'est-ce pas du pays de la mécréance qu'Il m'a sauvée".

 

Allah (qu'Il soit exalté) la sauva de la situation du mépris d'elle et de l'audace contre elle, à l'honneur d'être parmi les compagnons du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et au fait d'habiter dans sa mosquée, d'être voisin de sa maison et de fréquenter sa famille.

 

 

*3- Nous voyons comment la maison du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) était un refuge pour les musulmans, surtout les pauvres et les faibles parmi eux, ainsi que ceux qui vivaient dans la misère ; et sa petite chambre s'élargissait pour les faibles, de telle sorte que cette femme noire venait voir Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) dans sa chambre, ce n'était pas pour obtenir une aide monétaire et de la nourriture, mais pour qu'elle obtienne son besoin de joie et de conversation ; ainsi que pour trouver dans la maison de la prophétie ce qui éloignait d'elle la solitude du dépaysement et enlevait la douleur dont elle souffrait. Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) se comportait avec cette femme avec les qualités propégarement et à la gloire de la dignité après lhétiques honorables qui englobaient tous les gens ; et cette femme noire étrangère trouvait dans cette maison bénie sa place, et elle recevait sa part des bonnes qualités morales du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui).

 

*4- Lorsque cette femme émigra pour rejoindre le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et qu'elle habita dans sa mosquée, elle ne fit pas d'elle-même une charge pour les musulmans, mais elle chercha un rôle qu'elle puisse accomplir et un travail auquel elle pouvait participer, et sa profession dans le passé la qualifiait pour le rôle qu'elle avait choisi, et qui était : "être au service de la mosquée du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et s'occuper de sa propreté" ; et ainsi, elle eut un rôle positif dans la vie des musulmans, et tous ceux qui venaient à la mosquée du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ressentaient ce rôle positif, afin qu'ils y entrent comme il convient à sa place et à son honneur, en faisant attention à sa propreté, à sa pureté, et en lui donnant de la considération.

 

*5- L'attention que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) accordait aux gens était grande, elle les englobait tous, de telle sorte que ceux qui étaient en difficulté et ceux auxquels on ne prêtait aucune attention parmi eux, trouvaient leur place et leur position dans le cœur du noble prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ; il leur accordait son attention, il prenait soin d'eux et il demandait de leur nouvelle.

 

Et il chercha cette femme noire lorsqu'il ne la vit pas, il interrogea à propos d'elle lorsqu'il remarqua son absence, et il blâma ses compagnons parce qu'ils ne l'avaient pas averti de sa mort, ensuite il alla à sa tombe, il pria sur elle, et il invoqua Allah (qu'Il soit exalté) afin qu'Il illumine l'obscurité de ces tombes pour ceux qui y habitent.

 

Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) prit soin d'une femme noire qui était morte, et on n'espérait plus rien d'elle, elle était étrangère et elle n'avait pas de proches parents de qui on pouvait se rapprocher en la mentionnant, mais ce sont les bonnes qualités morales du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) qui l'englobèrent pendant sa vie, qui la suivirent après sa mort, et qui le firent se tenir debout devant sa tombe pour prier sur elle et invoquer Allah (qu'Il soit glorifié et exalté) pour elle.

 

Alors, qu'Allah soit satisfait de la servante de la mosquée du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et qu'Il la rende satisfaite ; et prières, salutations et bénédictions d'Allah sur celui qui a été envoyé pour compléter les bonnes qualités morales, et il les a complétées.

 

****

 

30- Les deux cheikhs

 

Ils sont les deux cheikhs de Qouraych et parmi les premiers qui se sont convertis à l'Islam ; ils sont les deux compagnons du messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) qui sont proches de lui, ils ne se séparaient pratiquement pas de lui ou ne s'éloignaient pas de lui, jusqu'à ce qu'il disait souvent (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) :

(Je suis allé avec Abou Bakr et Omar, je suis entré avec Abou Bakr et Omar, et je suis sorti avec Abou Bakr et Omar) [Rapporté par Al-Boukhari (3685) et Mouslim (2389), d'après le hadith d'Ali (qu'Allah soit satisfait de lui)].

 

Et malgré cette relation solide, une situation étonnante s'est produite entre eux, qui eut un effet touchant dans le cœur du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), car il y eut entre eux une discussion et des paroles ; Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui) était un homme qui avait de la fougue, alors il fit un premier pas dans lequel il parla rapidement, et Omar (qu'Allah soit satisfait de lui) fut en colère à cause de ces paroles, ensuite Abou Bakr regretta, et Omar partit en colère ; Abou Bakr le suivit en regrettant et en lui demandant de lui pardonner, mais l'intensité de la colère dans le cœur d'Omar était forte, alors il refusa de lui pardonner, il continua son chemin jusqu'à ce qu'il entre dans sa maison et il ferma sa porte devant le visage d'Abou Bakr.

La colère d'Omar était forte, mais Abou Bakr regrettait beaucoup plus que lui, c'est la raison pour laquelle lorsqu'il fut incapable de convaincre Omar de lui pardonner et de chercher à le satisfaire, il alla rapidement voir le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et les compagnons dans l'assemblée du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) furent surpris de voir Abou Bakr arriver rapidement en tenant les bouts de sa tenue jusqu'à ce que ses genoux apparurent. Lorsque le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) le vit arriver, il dit :

(Votre compagnon que voici, s'est aventuré dans une grande difficulté).

Lorsqu'Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui) se rapprocha du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), il s'assit et dit :

-"O Messager d'Allah ! Il s'est passé quelque chose entre Omar et moi, alors je me suis empressé dans mes paroles, ensuite j'ai regretté ce que j'ai fait, alors je lui ai demandé de me pardonner, il a refusé de me pardonner, et je l'ai suivi jusqu'à ce qu'il entre dans sa maison. Ensuite, je suis venu te voir, ô Messager d'Allah !".

 

Alors, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) dit :

(Qu'Allah te pardonne, ô Abou Bakr ; qu'Allah te pardonne, ô Abou Bakr ; qu'Allah te pardonne, ô Abou Bakr !).

 

 

Tandis qu'Omar (qu'Allah soit satisfait de lui), sa colère s'apaisa très vite, car il aimait beaucoup Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui), et il connaissait son rang et le fait qu'il est parmi les premiers qui se convertirent à l'Islam ; il regretta qu'Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui) lui ait demandé de lui pardonner et il refusa de lui pardonner, alors il sortit de chez lui pour chercher Abou Bakr, lui serrer la main et lui dire qu'il est satisfait.

Il alla chez lui et demanda :

-"Abou Bakr est-il présent ?". Son épouse dit :

-"Non, et peut-être qu'il est allé voir le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille)".

 

Alors, Omar (qu'Allah soit satisfait de lui) alla à l'assemblée du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), peut-être qu'il rencontrerait Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui) là-bas ; lorsqu'il s'assit, le visage du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) se mit à changer et à rougir par colère contre Omar parce qu'Abou Bakr s'était excusé et il n'avait pas accepté ses excuses, jusqu'à ce que ceux qui étaient dans l'assemblée reconnurent l'intensité de la colère du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; lorsqu'Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui) vit cela, il eut de la compassion et il craignit de voir du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) contre Omar ce qu'il détestait, alors il se mit à genoux et se dirigea vers le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) en disant :

-"O Messager d'Allah ! Je jure par Allah que j'ai été le plus injuste ; je jure par Allah que j'ai été le plus injuste".

Et le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) dit :

(O Gens ! Allah m'a envoyé à vous, et j'ai dit : [O Gens ! Je suis le messager d'Allah pour vous tous]. Et vous avez dit : [Tu as menti]. Et Abou Bakr a dit : [Tu as dit la vérité]. Et il m'a secouru avec sa propre personne et son argent ; alors, allez-vous me laisser mon compagnon tranquille, alors allez-vous me laisser mon compagnon tranquille, alors allez-vous me laisser mon compagnon tranquille ?).

 

Et personne ne nuit à Abou Bakr après cela, à cause de ce que les compagnons virent de la manière dont le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) le glorifiait, et montrait son droit et sa position, qu'Allah soit satisfait d'eux et les rendent satisfaits.

[Regarder : "Sahih Al-Boukhari" (3661, 4640), "Môudjam At-Tabaraani Al-Kabir" (13383), "Hilyah Al-Awliyaah" (9/304), "Al-Mataalib Al-'Aaliyah" (3865), "Fath Al-Baari" (7/25)].

 

***Et ici, nous remarquons certaines significations :

 

*1- La société des compagnons (qu'Allah soit satisfait d'eux) est la société idéale en ce qui concerne les bonnes qualités morales, et c'est grâce à l'éducation élevée à laquelle celui qui a les grandes qualités morales (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) les éduqua, ainsi que grâce à l'élévation spirituelle vers laquelle ils s'élevaient en restant en compagnie du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; malgré cela, ces inclinations humaines se produisaient entre eux ; et si une société devait être exempte de cela, ce serait la société des compagnons (qu'Allah soit satisfait d'eux), et si quelqu'un de la communauté devait être exempt de cela, ce serait Abou Bakr et Omar (qu'Allah soit satisfait d'eux).

 

Ceci attire notre attention sur le regard réaliste sur nous-mêmes et notre société, alors nous ne devons pas être durs avec nous-mêmes, plongés dans l'idéalisme lorsque nous faisons ce genre de gestes, il est mentionné dans un hadith : (L'homme a été créé en une créature qui ne se maîtrise pas), rapporté par Mouslim (2611), d'après le hadith d'Anass (qu'Allah soit satisfait de lui).

Mais ce qui est important est de contrôler l'ampleur de ces inclinations humaines si nous ne pouvons pas maîtriser le fait qu'elles se produisent, ensuite nous devons arrêter leurs répercussions, contenir leurs effets, nous remettre en question et revenir rapidement, au lieu d'insister et de continuer.

 

 

*2- Nous remarquons aussi la rapidité du retour après l'emportement passager chez Abou Bakr et Omar (qu'Allah soit satisfait d'eux), ainsi que la force de la détermination de rattraper ce qu'ils ont fait ; alors, Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui), après les paroles qu'il a dites et qui mirent Omar (qu'Allah soit satisfait de lui) en colère, retourna pour lui demander de l'excuser et de lui pardonner ; et Omar (qu'Allah soit satisfait de lui), dès que sa colère s'apaisa, il alla chercher Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui) chez lui où il pensait le rencontrer.

 

Ton attention est attirée aussi par cette sensibilité délicate dans le cœur d'Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui), étant donné qu'il alla voir le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) rapidement en relevant ses vêtements, en ayant les signes de la peur qui apparaissaient sur lui, parce qu'Omar (qu'Allah soit satisfait de lui) ne lui avait pas pardonné ce qu'il avait fait ; et nous pensons qu'il est allé voir le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) pour lui demander d'intercéder en sa faveur afin de le réconcilier avec son frère Omar ; c'est la raison pour laquelle il eut de la compassion pour Omar lorsqu'il vit la colère du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et il craignit de voir du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) contre Omar ce qu'il détestait, et il se mit à le supplier : "Je jure, ô Messager d'Allah, que j'ai été le plus injuste", ce qui indique que le cœur d'Abou Bakr était satisfait d'Omar à ce moment-là ; c'est la raison pour laquelle la rancune ne restait pas dans ces cœurs honorables, et les haines n'y poussaient pas :

{Ceux qui pratiquent la piété, lorsqu’une suggestion du Diable les touche, se rappellent [du châtiment d’Allah] : et les voilà devenus clairvoyants} [Al-'Aaraaf : 201].

 

*3- Ces situations, même si elles ont de l'effet au moment où elles se produisent, mais leurs effets ne sont que des emportements passagers, et la fraternité fermement établie est celle qui est ferme et dure toujours. Alors, Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui) qui avait mis Omar en colère et qui avait rencontré ce refus provenant de lui, est celui qui lorsque sa mort arriva, il n'y avait pas dans son cœur une personne plus pure et meilleure qu'Omar pour qu'il lui confie le pouvoir sur les musulmans et qu'il soit leur calife après lui.

Tandis qu'Omar (qu'Allah soit satisfait de lui) est celui qui par glorification d'Abou Bakr et son amour pour lui, a dit :

-"Que l'on m'amène et que qu'on frappe mon cou, est beaucoup plus aimé pour moi que d'être le dirigeant d'un peuple dans lequel se trouve Abou Bakr", rapporté par Al-Boukhari (6830) et Mouslim (1691).

 

*4- Cette grande reconnaissance du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) pour Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui), ainsi que le fait de rappeler qu'il est parmi les premiers qui se convertirent à l'Islam, et sa bienfaisance avec sa propre personne et son argent ; c'est la raison pour laquelle le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) se mit en colère pour lui jusqu'à ce que son visage changea, ensuite il se mit à supplier sa communauté de reconnaître le droit de son compagnon : (alors, allez-vous me laisser mon compagnon tranquille ?).

 

Et ainsi, le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) fit honneur à Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui), et il montra sa distinction qui ne peut pas être atteinte parce qu'il est parmi les premiers qui se convertirent à l'Islam, il montra aussi sa grande position dans la communauté et son droit important sur elle, qu'Allah soit satisfait de lui et le rende satisfait.

De même qu'il y a une indication que ceux qui ont de grands mérites, doivent être traités d'une manière qui convient à leur mérite et à leur rang ; et que dans les situations qui surviennent, il faut reconnaître leurs qualités éminentes et leurs valeurs.

 

****

 

31- Abou Touraab

 

Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) sortit pour aller rendre visite à sa fille Fatima (paix sur elle) comme il avait l'habitude de prendre soin d'elle en lui rendant visite, et ceci vers midi. Lorsqu'il arriva, il ne trouva pas Ali (qu'Allah soit satisfait de lui) dans la maison, et c'était une heure où les époux se trouvaient dans leurs maisons, car les arabes avaient l'habitude de faire la sieste dans les maisons avec les époux ; c'est la raison pour laquelle le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) interrogea sa fille en disant :

(Où est le fils de ton oncle paternel ?). Et c'est comme si le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ressentit que quelque chose s'était passé entre eux qui l'avait fait sortir, c'est la raison pour laquelle le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) chercha à solliciter la pitié du cœur de sa fille en mentionnant la parenté très proche entre eux : (Où est le fils de ton oncle paternel ?).

 

Fatima (paix sur elle) dit :

-"Il s'est passé quelque chose entre lui et moi, alors il m'a mise en colère, ensuite il est sorti et il n'a pas fait la sieste chez moi".

Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit à quelqu'un qui était avec lui :

(Va voir où il est ?).

Alors, il le chercha, et il le trouva endormi à l'ombre des murs de la mosquée ; ensuite, il retourna au prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et dit :

-"O Messager d'Allah ! Il est endormi dans la mosquée !".

Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) alla le voir, il trouva qu'il était couché et son vêtement était tombé de son flanc, et il y avait de la terre sur son flanc ; alors, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) se mit à enlever la terre de son flanc avec sa noble main en disant pour plaisanter :

(Lève-toi, Abou At-Touraab ; lève-toi, Abou At-Touraab), [At-Touraab signifie "la terre" ; "Abou At-Touraab", c'est-à-dire : celui qui a de la terre sur lui].

[Regarder: "Sahih Al-Boukhari" (441, 3703, 6204) ; "Sahih Mouslim" (2409) ; et "Fath Al-Baari" (1/536), (7/72), (10/587)].

 

 

*** Dans cette histoire, nous avons certaines pauses de réflexion :

 

*1- Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) avait des contacts avec sa fille dans la maison conjugale, et il prenait soin d'elle en lui rendant visite, alors il ne s'est pas arrêté à son droit en tant que père à qui il faut rendre visite, mais il prenait l'initiative en lui rendant visite chez elle, tout comme elle lui rendait visite chez lui (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), dans une scène d'affection paternelle entre l'Elu (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et la meilleure des femmes du monde (qu'Allah soit satisfait d'elle).

 

*2- Les bonnes manières et le tact élevé chez Fatima (paix sur elle) lorsqu'elle parla de ce qui s'était passé entre elle et son mari avec une formulation agréable et concise : "Il s'est passé quelque chose entre lui et moi, ensuite il est sorti", et elle ne s'est pas étendue sur l'affaire en mentionnant les détails, elle n'a pas parlé de la détermination de la responsabilité dans l'erreur, mais elle a fait que ce soit une affaire commune : "Il s'est passé quelque chose entre lui et moi".

 

Et rien n'est étonnant concernant ces bonnes manières, car elle est la portion prophétique qui s'est élevée dans la maison de la prophétie dans laquelle les versets d'Allah (qu'Il soit exalté) et la sagesse étaient récités. Tandis que lorsque la femme fait en sorte que sa langue soit une fenêtre ouverte sur sa maison, elle perd son intimité, elle élargit le cercle de ses problèmes, et elle ne contrôle pas les répercussions qui résultent de l'intervention de plusieurs parties dans un petit problème.

 

*3- Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) répondit à l'abréviation en s'abstenant de demander les détails. Et il n'a pas demandé à Fatima (qu'Allah soit satisfait d'elle) : "Quelle est la chose qui s'est produite entre vous ?", et il ne l'a pas obligée à énumérer les détails de ce qui s'était passé, mais il laissa passer cela en cherchant son mari qui était sorti en colère ; c'est une méthode sage pour traiter ce genre de problèmes conjugaux passagers, car l'intervention des adultes dans ces problèmes fait qu'ils grandissent ; et les traiter d'une manière normale sans les aggraver, fait qu'ils restent petits et passagers !!

 

*4- Le fait que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) se comporte avec le mari de sa fille qui l'a mise en colère avec une paternité tendre, lui fait ressentir que la paternité du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) les englobe tous les deux, car il est (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) celui qui est allé le voir où il dormait, puis il enleva avec sa noble main la mso-ansi-language: FR;terre de son flanc, et il le traita avec gentillesse en disant : (Lève-toi, Abou At-Touraab}. C'est une gentillesse qui réjouit le cœur et qui indAllah (Bénédictions et salutations dique l'absence d'aucun blâme, mais au contraire la fraternité et l'amour du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) pour son gendre et le fils de son oncle Ali (qu'Allah soit satisfait de lui).

 

Alors, observe les bonnes qualités du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) étant donné qu'il se dirigea vers Ali (qu'Allah soit satisfait de lui) afin de chercher text-align: left; direction: ltr; unicode-bidi: embed;à le contenter, il enleva la terre de son corps afin de lui faire plaisir, et il plaisanta avec lui en lui donnant un surnom pris de la situation dans laquelle il se trouvait ; et il ne lang=le blâma pas d'avoir mis sa fille en colère malgré son rang élevé auprès de lui (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui).

 

*5- Dans le comportement d'Ali (qu'Allah soit satisfait de lui) se trouve une sagesse dans la manière de traiter certaines disputes conjugales dans lesquelles la colère est présente, car le fait qu'il soit sorti de la maison et qu'il ait fait la sieste dans la mosquée, arrête la continuation des échanges de paroles et de la persistance dans la dispute ; de plus, c'est une occasion pour que les émotions s'apaisent, pour que la colère diminue et pour que les cœurs retournent à leur état normal d'amour et de miséricorde. C'est la raison pour laquelle ce petit éloignement dans ce genre de situations, fait partie de l'éloignement d'une belle manière qui fait que les cœurs retournent à leur pureté antérieure, et qui fait disparaître l'accès de colère et l'éteint.

 

*6- L'effet de cette gentillesse resta agréable dans le cœur d'Ali (qu'Allah soit satisfait de lui), et sa joie pour cette gentillesse continua à être débordante ; alors le nom par lequel il aimait le plus qu'on l'appelle, était : "Abou At-Touraab", parce que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) l'avait appelé par ce nom à ce moment-là.

 

****

 

32- Je l'aime

 

 

 

Ce n'était pas une heure pendant laquelle les gens sortaient, mais le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) sortit à cette heure-là au milieu de la journée, pendant l'été et sous la chaleur brûlante du soleil ; le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) partit et Abou Houréïrah (qu'Allah soit satisfait de lui) partit avec lui, il ne savait pas où il irait à cette heure-là et il eut peur de lui demander ; alors, il passa à côté du marché de la tribu Banou Qaynouqâa, ensuite il le dépassa jusqu'à ce qu'il arrive à la maison de sa fille Fatima (Bénédictions et salutations d'Allah sur elle).

 

Ensuite, il s'arrêta dans la cour de la maison et il n'y entra pas, mais il appela :

(Où est Loukâa ? Où est Loukâa ?). Et c'est un appel qui correspond au diminutif et à la gentillesse : [Où est le petit ? Où est le petit ?].

Il voulait son petit-fils Al-Hassan (qu'Allah soit satisfait de lui) ; Fatima (paix sur elle) entendit son père, et Al-Hassan entendit son grand-père, alors il s'empressa d'aller à lui, mais sa mère Fatima le saisit et le retint afin de le préparer pour rencontrer son père qui était venu à cette heure-là pour lui rendre visite. Elle le lava et l'habilla avec un collier en girofle que les enfants portaient ; ensuite, elle le laissa partir, et le petit garçon vint en courant vers son grand-père ; lorsque le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) le vit, il se mit à genoux sur le sol et tendit ses mains ; Al-Hassan réagit à ce que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) avait fait pendant qu'il courait, et il tendit ses mains, puis il se jeta sur la poitrine du compatissant au cœur tendre jusqu'à ce qu'ils se serrent mutuellement dans les bras l'un de l'autre, et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) se mit à sentir son petit garçon et à l'embrasser, ensuite il dit (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) :

(O Seigneur ! Je l'aime, alors aime-le, et aime ceux qui l'aiment).

Et Abou Houréïrah (qu'Allah soit satisfait de lui) vit ce qu'il vit, il entendit ce qu'il entendit, et son émotion réagit à l'émotion du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et il dit :

-"Alors, je n'aimais personne plus qu'Al-Hassan ibn Ali, après que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ait dit ce qu'il dit".

[Regarder : "Sahih Al-Boukhari" (2122), "Sahih Mouslim" (2421), "Siyar 'Aalaam An-Noubalaa" (3/245), "Charh An-Nawawi 'Aalaa Sahih Mouslim" (15/193), "Fath Al-Baari" (4/341)].

 

*** Et il y a des brises du parfum provenant de cette attitude :

 

*1- Le fait que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) sorte à cette heure-là, et c'est une heure pendant laquelle personne ne sort, parce qu'à midi, les gens restent dans leurs maisons dans une ville chaude, comme la ville de Médine, ceci indique qu'il est sorti pour une affaire importante ; et cette affaire correspondait à rendre visite à son petit-fils Al-Hassan, ainsi que le serrer dans ses bras, l'embrasser et invoquer Allah (qu'Il soit exalté) pour lui.

 

Les droits de la famille prenaient leur place complète dans la vie du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; il était le modèle à suivre (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) et il donnait à chacun son droit ; et le droit qui méritait le plus d'être respecté, est le droit de ses enfants et de ses petits-enfants. C'est la raison pour laquelle la visite qu'il rendait à ses enfants et le fait de prendre soin d'eux, n'était pas réservé aux temps excédents et aux restes du temps libre, mais il prenait le temps pour ces visites, même s'il fallait pour cela qu'il sorte à cette heure-là, et qu'il s'expose à la chaleur du milieu de la journée.

 

 

*2- L'annonce de l'amour à travers l'effusion affective débordante que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) a accordée à son petit-fils Al-Hassan dans une scène parmi les scènes de la grandeur des sentiments de Mohammed (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; alors, il l'accueillit en tendant les mains, ensuite en le serrant dans ses bras, puis en l'embrassant et en le sentant, et il déversa cet amour en annonçant à ses oreilles : (O Seigneur ! Je l'aime).

Ensuite, il invoqua Allah (qu'Il soit exalté) pour qu'Il élève cet amour dans les cieux et pour que cet amour pour lui soit mis parmi les gens : (alors aime-le, et aime ceux qui l'aiment).

 

Combler le besoin sentimental des enfants est la réponse à un appel psychologique pressant, et lorsque ces besoins sentimentaux sont assouvis, les enfants sortent dans la vie de ce monde en ayant des cœurs sains qui vivent l'amour et ont des relations avec la société avec une décence psychologique élevée.

De même que lorsque les parents ne montrent pas ces sentiments et qu'ils sont négligents dans l'assouvissement de ces besoins sentimentaux, il reste un espace aride dans les cœurs des enfants qui est exposé au développement des maladies psychologiques.

 

*3- Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) resta debout devant la porte de la maison de Fatima (qu'Allah soit satisfait d'elle) et il n'entra pas, mais il appela en mentionnant ce qu'il voulait, c'est-à-dire son petit-fils Al-Hassan ; ceci eut un bel effet dans le cœur de Fatima qui vit à travers cette scène la position de son fils auprès de son père (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui).

 

Le bon accueil que l'on accorde aux enfants, est aussi un bon accueil accordé à leurs pères et à leurs mères, ainsi qu'un chemin raccourci pour faire entrer la joie dans leurs coeurs ; et tu peux imaginer la joie d'Az-Zahraa (qu'Allah soit satisfait d'elle) grâce à la splendeur de cette rencontre entre son fils et son père (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et tu peux imaginer aussi l'exaltation ressentie grâce à cette gentillesse prophétique que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) répandit sur son fils Al-Hassan et qu'elle entendit.

 

L'amour du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et le bon accueil qu'il accordait à ses petits-fils, étaient une ramification de son amour et du bon accueil qu'il accordait à ses enfants.

 

*4- Le fait que le petit garçon vienne en courant et en tendant les deux bras vers son grand-père (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), indique une longue période de construction de la relation sentimentale, car Al-Hassan (qu'Allah soit satisfait de lui) s'est habitué à plusieurs genres d'affection, de gentillesse et de tendresse ; et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) le sentait et l'embrassait souvent en disant : (Je l'aime).

 

Et un jour, il interrompit son sermon du vendredi lorsqu'il le vit avec son frère Al-Housseïn, ensuite il se dirigea vers eux, et il les porta dans ses bras en disant :

({Vos biens et vos enfants ne sont qu’une tentation} [At-Taghaaboune : 15]. Je les ai vus et je n'ai pas pu patienter). Ensuite, il acheva son sermon. [Rapporté par Abou Daawoud (1109), At-Tirmidhi (3774), et Ibn Hibbaane (6039), d'après le hadith de Bouraydah (qu'Allah soit satisfait de lui)].

 

Et un jour, il pria (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) avec les gens et il se prosterna pendant longtemps, lorsqu'il acheva la prière, ils l'interrogèrent à ce sujet, et il dit :

(Mon fils est monté sur moi, - c'est-à-dire qu'Al-Hassan monta sur son dos pendant qu'il était prosterné -, alors je n'ai pas voulu qu'il s'empresse de descendre jusqu'à ce qu'il finisse de faire ce qu'il voulait) [Rapporté par An-Nassaa'i (1411), et Al-Haakim (4775), d'après le hadith de Chaddaad ibn Al-Haad (qu'Allah soit satisfait de lui)].

 

Ce don affectif était une impulsion continuelle, il n'était pas des gestes passagers ; c'est la raison pour laquelle ce don affectif engendra cet attachement et ce désir intense réciproques entre Al-Hassan et son grand-père le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille).

 

*5- Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) est celui qui traitait les fils de sa fille avec cette tendresse débordante et cet amour apparent, et qui appelait ses petits-fils en employant la paternité, et il s'élevait avec cette paternité, alors il disait à propos d'Al-Hassan et d'Al-Housseïn :

(Ce sont mes deux fils et les deux fils de ma fille) [Rapporté par At-Tirmidhi (3769), d'après le hadith d'Oussaamah ibn Zayd (qu'Allah soit satisfait de lui et de son père)].

Et il a dit à propos d'Al-Hassan :

(Mon fils que voici est un chef) [Rapporté par Al-Boukhari (3629), d'après le hadith d'Abou Bakrah (qu'Allah soit satisfait de lui)].

Alors que certaines tribus parmi les arabes méprisaient la fille et traitaient durement ses fils ; ils disaient :

"Nos fils sont les fils de nos fils, et les fils de nos filles sont les fils des hommes éloignés".

 

Et avec sa guidée, le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ramenait les gens à la nature saine dans les comportements, et à l'équité dans les émotions et les sentiments.

 

*6- L'amour du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) pour ses petits-fils et son invocation pour ceux qui les aiment, avaient un effet dans la vie des compagnons dont les sentiments réagirent avec cet amour prophétique, alors ils aimèrent ce qu'il aimait (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille).

Et Abou Houréïrah (qu'Allah soit satisfait de lui) a dit après avoir entendu cette parole du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) :

-"Alors, je n'aimais personne plus qu'Al-Hassan ibn Ali, après que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ait dit ce qu'il dit".

Et à chaque fois qu'Abou Houréïrah (qu'Allah soit satisfait de lui) voyait Al-Hassan, il pleurait.

 

Un jour, Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui) sortit de la mosquée après qu'il ait été chargé du poste de calife, il vit Al-Hassan (qu'Allah soit satisfait de lui) qui jouait avec les enfants, alors il se dirigea vers lui, et il le porta sur ses épaules en disant :

-"Je jure qu'il ressemble au prophète, et qu'il ne ressemble pas à Ali".

Et Ali (qu'Allah soit satisfait de lui) marchait à côté de lui, et il riait de joie à cause de ce qu'Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui) avait fait.

 

O Seigneur ! Nous aimons les deux fils de Ton prophète Mohammed (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) Hassan et Housseïn ; nous Te demandons de nous donner grâce à notre amour pour eux Ton amour et l'amour de Ton prophète, et que Tu nous fasses suivre leur chemin et que Tu nous ressuscites avec eux !

 

****

 

33- Oumaamah

 

 

Pendant que les compagnons (qu'Allah soit satisfait d'eux) attendaient le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) pour qu'il prie avec eux la prière d'Ad-Dhouhr ou d'Al-'Asr, et Bilal (qu'Allah soit satisfait de lui) avait déjà fait l'appel à la prière, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) sortit en portant sur son épaule Oumaamah la fille de sa fille Zaynab (qu'Allah soit satisfait d'elle) ; l'Iqaamah fut faite, les rangs furent arrangés, et le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) se mit debout à l'endroit où il priait, ensuite le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit "Allahou Akbar" pour commencer la prière alors que la petite fille était dans la même situation sur son noble épaule ; et lorsqu'il voulait s'incliner, il la prenait et la posait sur le sol doucement, ensuite il s'inclinait et se prosternait ; et lorsqu'il finissait sa prosternation, il la prenait et la portait sur son épaule à nouveau ; ensuite, il se levait et achevait sa prière alors que la petite fille était sur son épaule, lorsqu'il se prosternait, il la posait, et lorsqu'il se levait, il la portait.

[Regarder: "Sahih Al-Boukhari" (516, 5996), "Sahih Mouslim" (543), "Charh An-Nawawi 'Alaa Sahih Mouslim" (5/33), "Fath Al-Baari" (1/591), (10/429)].

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*1- Cette scène montre comment le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) vivait sa vie avec simplicité et spontanéité, étant donné qu'il sortit de sa maison pour aller accomplir la prière alors que les gens étaient réunis dans la mosquée, et il portait sur son épaule une petite fille qui était la fille de sa fille, dans une scène qui est la plus éloignée de la dignité maniérée et non naturelle, ainsi que des cérémonies révérencielles affectées ; mais c'est la clarté dans la vie humaine et la réaction spontanée avec les sentiments humains. Et malgré cela, sa simplicité (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) n'a pas diminué de sa dignité, car la dignité et la grandeur lui ont été données, et il a été habillé avec la révérence et la splendeur, mais il était simple dans sa grandeur, grand dans sa simplicité, et clair dans son humanité :

{Dis-[leur] : "Gloire à mon Seigneur ! Ne suis-je qu’un être humain-Messager ?} [Le voyage nocturne : 93].

 

*2- La scène de la petite fille qui est montée sur l'épaule du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et qui tient sa tête avec ses deux petites mains pour s'accrocher à lui (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), montre que cette scène est la prolongation d'une scène avant celle-ci qui se déroulait à l'intérieur de la maison prophétique, et fait penser que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) traitait cette petite fille avec gentillesse et il s'amusait avec elle dans sa maison ; et lorsqu'il voulut sortir pour accomplir la prière, elle était au summum de son attachement à lui, alors elle ne le laissa pas sortir, et il ne la laissa pas pleurer, mais il la porta sur son épaule et il sortit avec elle dans une scène humaine remplie de sentiments paternels jaillissants et de miséricorde prophétique débordante.

 

*3- Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) sortit en portant sur son épaule une petite fille, et la féminité dans cette scène est doublée, car elle est la fille de sa fille ; ensuite, il sortit avec elle pour accomplir la prière devant les rangs des gens qui étaient venus prier, et il pria en la portant sur son épaule, afin de donner une leçon pratique concernant le bon accueil qu'il faut accorder à la fille, et afin d'éliminer les restes de l'ignorance préislamique se trouvant dans les cœurs, et qui penchaient complètement vers les garçons et méprisaient les filles :

{Et lorsqu’on annonce à l’un d’eux une fille, son visage s’assombrit et une rage profonde [l’envahit]. Il se cache des gens, à cause du malheur qu’on lui a annoncé. Doit-il la garder malgré la honte ou l’enfouira-t-il dans la terre ? Combien est mauvais leur jugement !} [Les abeilles : 58-59].

 

Alors, la différence est grande entre celui qui se cache des gens parce qu'on lui a annoncé la naissance d'une fille, et celui FRqui sort devant les foules de gens en portant sur son épaule la fille.

 

 

*4- Cette tendresse et cette miséricorde envers cette petite fille sont une bienfaisance dont le cercle s'élargit pour englober sa mère Zaynab la fille du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) qui vivra une joie multipliée grâce à la position de sa fille auprès du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; et Oh Allah ! Comment aurait été le cœur de Zaynab si on lui avait demandé où était sa fille, et qu'elle avait répondu : "Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) l'a portée et il est sorti avec elle pour accomplir la prière !!".

 

La bienfaisance envers les filles les dépasse pour parvenir à la bienfaisance envers leurs fils et leurs filles, alors son cercle s'élargit et ses maillons se suivent.

 

*5- Celui qui a porté la fille de sa fille dans la prière, il la posait lorsqu'il se prosternait et il la portait lorsqu'il se levait, est celui qui a dit : (Et ma réjouissance a été placée dans la prière) [Rapporté par Ahmed (3940), An-Nassaa'i (3939), Al-Haakim (2676), d'après le hadith d'Anass (qu'Allah soit satisfait de lui)].

Car il est celui qui a le plus d'humilité dans la prière, celui qui glorifie le plus la prière ; et malgré cela, il n'y avait pas de transgression du droit de la prière dans le fait qu'il porte sa petite-fille dans la prière obligatoire de cette manière, mais un éclaircissement des aspects de la facilité dans la législation islamique ; c'est la raison pour laquelle l'imam Ad-Dhahabi (qu'Allah lui fasse miséricorde) a commenté ce genre d'histoire par sa parole :

-"Alors, que fait le jurisconsulte prétentieux avec cela ?!" [Regarder: "Siyar 'Aalaam An-Noubalaa" (3/257)].

 

Et nous pourrions dire : "Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) accomplissait deux adorations en même temps : sa prière pour son Seigneur et sa bienfaisance envers la fille de sa fille, et il les a rassemblées dans cette situation".

 

****

 

34- L'école du marché

 

 

 

 

 

 

 

 

Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) revint de certains villages autour de Médine, ensuite il entra dans le marché, et les gens se trouvaient des deux côtés du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; alors, il passa à côté d'un cabri mort qui avait un défaut parce que ses oreilles étaient petites et repliées sur elles-mêmes ; et le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) le prit par l'oreille, puis il l'éleva pour le montrer aux gens et dit :

(Qui d'entre vous veut que ceci soit à lui pour un dirham ?).

 

Ce fut une question étonnante que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) propose l'achat d'un bouc mort qui avait une malformation des oreilles, qui avait perdu sa valeur commerciale et qui était devenu méprisable pour ses propriétaires jusqu'à ce qu'ils le jetèrent dans le marché, et personne n'y prêtait attention ; donc, cette question attira leur attention et ils répondirent en disant :

-"Nous ne voulons pas qu'il soit à nous pour quoi que soit, et que ferions-nous de lui ?".

 

Alors, il leur répéta la question en disant :

(Voulez-vous qu'il soit à vous ?). Ils dirent :

-"Non". Et il leur répéta la question une troisième fois :

(Voulez-vous qu'il soit à vous ?).

Et leur étonnement augmenta à cause de la répétition de cette question étonnante, et ils dirent :

-"Non, par Allah, s'il était vivant, le fait qu'il ait de petites oreilles repliées sur elles-mêmes serait un défaut, alors que dire puisqu'il est mort ?".

 

A ce moment-là, le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) fit face à ces cœurs qui aspiraient à connaître ce qu'il y avait après cette question continuelle, et il leur dit la vérité qu'il avait établie afin qu'elle soit fermement fixée dans leur conscience, en disant :

(Alors, je jure par Allah que ce monde est plus méprisable pour Allah que ceci pour vous !!).

[Regarder: "Az-Zouhd" d'Ibn Al-Moubaarak (508), "Mousnad Ahmed" (14402), "Al-Adab Al-Moufrad" (962), "Sahih Mouslim" (2957), "Sounane Abou Daawoud" (186), "Az-Zouhd" d'Ibn Abi 'Aassim (131-133), "Chîib Al-Imaane" (10467), "Sounane Al-Bayhaqi" (1/129), et "Awne Al-Mâaboud" (1/222)].

 

*** Nous faisons quelques pauses de réflexion sur ce récit :

 

 

 

 

 

*1- Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) revint de certains villages éloignés autour de Médine, et c'est une scène qui se répètent souvent dans les hadiths, car il allait après la prière d'Al-'Asr à la tribu de Banou Haarithah pour leur parler, et il est allé pour assister à l'égorgement d'un chameau à la tribu Banou Salimah [Regarder: "Sahih Mouslim" (624)] ; une fois, il retarda la prière parce qu'il alla à la tribu Banou 'Amr ibn 'Awf afin de les réconcilier [Regarder: "Sahih Al-Boukhari" (685), et "Sahih Mouslim" (421)] ; et il alla à la tribu Banou untel pour rendre visite à un malade parmi eux.

 

Ceci nous montre une guidée prophétique dans la relation avec ses compagnons, étant donné qu'il se rendait à leurs régions, il leur rendait visite dans leurs villages et leurs maisons, et il ne vivait pas en étant isolé des gens ou en s'éloignant d'eux ; et ceci approfondit l'effet sur les gens et fait que suivre le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) soit proche et direct ; et les gens influents qui appellent à l'Islam, ont continué cela, alors ils eurent une profondeur sociale chez les gens, ainsi qu'une fréquentation sage et efficace ; et parmi les modèles de notre époque qui furent ainsi : Le professeur Hassan Al-Bannaa, Cheikh Abdel-Hamid ibn Baadisse, et l'imam Abdel-'Aziz ibn Baaz (qu'Allah leur fasse miséricorde).

 

*2- La magnifique méthode prophétique dans l'enseignement, car nous voyons cette accumulation de facteurs influents dans cette situation d'enseignement, étant donné que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) utilisa la méthode de l'éclaircissement : c'était le bouc mort aux petites oreilles repliées sur elles-mêmes, la méthode de la question pour stimuler l'attention, et la méthode qui correspond à donner un exemple pour éclaircir la signification ; et il géra l'information avec une méthode de conversation interactive, de telle sorte que tout le monde participe pour parvenir à la connaissance ; et ceci dans une scène qui ne dépasse pas quelques instants, mais son effet sera profond et elle restera présente.

Alors, prières, salutations et bénédictions d'Allah sur le meilleur enseignant qui a enseigné le bien aux gens ! 

 

 

*3- Le fait que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ait choisi cette affaire, qui correspond au fait que ce monde soit méprisable pour Allah (qu'Il soit exalté), afin qu'elle soit une exhortation dans le marché et avec cette méthode magnifique, a une signification précise ; car le marché est l'endroit où les gens sont plongés dans ce monde et ceci pourrait faire oublier le regard sur l'au-delà ; et il se peut que le marché pousse l'homme pendant qu'il est dans cette situation vers des genres de transactions interdites, comme la tromperie, le mensonge, le serment pour vendre les marchandises, les propos futiles, les disputes, et d'autres choses semblables. Et la chose la plus importante qui protège contre ces choses, est de se représenter l'au-delà devant les yeux, mettre ce monde à sa grandeur réelle, comparer ce monde éphémère à ce qui est éternelle auprès d'Allah (qu'Il soit exalté), ainsi que se rappeler le retour à Allah (qu'Il soit glorifié), que l'homme sera debout devant Lui, et que ce monde est méprisable pour Allah (qu'Il soit glorifié et exalté). Et c'est ce à quoi le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) a attiré l'attention dans son exhortation.

 

*4- L'enseignement était répandu dans la vie du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et les domaines de la vie étaient les salles d'enseignement parce que sa religion est la religion de la vie : {Ô Vous qui croyez ! Répondez à Allah, et au Messager lorsqu’il vous appelle à ce qui vous donne la (vraie) vie} [Le butin : 24].

Donc, son enseignement n'était pas restreint aux marches du minbar ou à l'assemblée dans la mosquée, mais le marché, les rues, les tables à manger, le lit sur lequel il se couchait lorsqu'il était malade, même les derniers instants avant la mort et les derniers souffles de la vie, se sont élargis pour contenir l'enseignement.

Son enseignement était l'enseignement varié et continuel qui encadre toutes les orientations de la vie et qui comprend ses différentes activités.

 

*5- Le mépris de ce monde qui est mentionné dans ce hadith est par rapport à l'au-delà, car la vie de ce monde par rapport à la vie de l'au-delà n'est qu'un instant ou un éclair ; c'est la raison pour laquelle lorsque les habitants de ce monde seront interrogés le jour du jugement : {"Combien d’années êtes-vous restés sur terre ?"} [Les croyants : 112], ils répondront : {"Nous y avons demeuré un jour}, ensuite, ils verront que c'était moins que cela, alors ils diront : {ou une partie d’un jour. Interroge donc ceux qui comptent"} [Les croyants : 113].

 

De plus, les délices et le malheur de ce monde ne sont pas comparables aux délices et au malheur de l'au-delà ; et lorsque celui qui aura été le plus comblé de bienfaits parmi les habitants de ce monde, sera plongé un instant dans l'enfer, dira :

-"Je n'ai jamais vu de bienfait".

Tandis que lorsque celui qui aura connu le plus de misère et de malheur parmi les habitants de ce monde, sera plongé dans le Paradis un instant, dira :

-"Je n'ai jamais connu de misère" [Regarder : "Sahih Mouslim" (2807)].

 

Donc, peut-on comparer la vie courte et passagère dans ce monde à l'éternité dans l'au-delà ?!

 

Cette vue générale fait que l'on agisse face aux affaires de la vie avec plus de discipline et d'harmonie avec les principes réelles de la vie, et met les affaires passagères de la vie dans leur contexte et dans leur grandeur normale.

 

Ceci ne signifie pas l'interruption de la vie, mais son orientation et ouvrir ses horizons, c'est la raison pour laquelle le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) qui a expliqué aux gens du marché que ce monde est méprisable pour Allah (qu'Il soit exalté), n'a pas désapprouvé le fait qu'ils soient dans le marché, qu'ils fassent du commerce et qu'ils recherchent les moyens de subsistance ; car ces choses sont les activités de la vie et ses exigences, mais elles seront plus pures et plus justes si la personne les pratique dans ce monde en ayant les yeux dirigés vers sa destination dans l'au-delà et sa vie éternelle.

 

****

 

35- N'es-tu pas étonné !

 

Barirah (qu'Allah soit satisfait d'elle) était une esclave qui appartenait à des gens parmi les Ansaars, alors elle se mit d'accord avec eux afin qu'elle achète sa liberté pour neuf onces d'argent en leur donnant une once par an ; ensuite, elle vint voir notre mère Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) pour lui demander de l'aide afin de payer ces versements, et il lui restait cinq onces à payer, alors Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) les leur donna en une seule fois, et elle l'affranchit.

 

Lorsqu'elle fut affranchie et libre, et qu'elle eut le contrôle sur elle-même, elle reconsidéra sa relation conjugale, car elle fut libre et son mari Moughith (qu'Allah soit satisfait de lui) était toujours un esclave ; et elle possédait maintenant grâce à sa liberté le droit de conserver cette relation ou de la terminer ; alors, elle fut déterminée sur son choix et décida de rompre le lien conjugal avec lui, à cause de la faiblesse de son sentiment d'amour pour lui, mais il était très attaché à elle, il l'aimait beaucoup, et lorsqu'il sut cela, il se mit à la suivre dans les rues de Médine pour chercher à la satisfaire alors que ses larmes coulaient sur sa barbe, et elle refusait d'accepter en disant :

-"Je n'ai pas besoin de toi".

 

Et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) les vit dans cette situation, et son oncle Al-'Abbaass (qu'Allah soit satisfait de lui) était avec lui, alors il dit à son oncle :

(O 'Abbaass ! N'es-tu pas étonné de l'amour de Moughith pour Barirah, et l'aversion de Barirah pour Moughith !).

 

 

Ensuite, Moughith demanda l'intercession du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) afin qu'il lui parle ; alors, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) lui parla de Moughith et il lui dit :

(Si seulement tu retournais avec lui, car il est le père de ton enfant). Et elle dit :

-"O Messager d'Allah ! Est-ce que tu me l'ordonnes ? Est-ce que c'est une chose qui m'est obligatoire ?". Il dit :

(Non, mais j'intercède seulement). Alors, elle dit :

-"Je n'ai pas besoin de lui, même s'il me donnait tant et tant, je ne resterais pas avec lui".

 

Et elle obtint ce qu'elle voulait en se séparant de lui, malgré l'intercession du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) en sa faveur, et son amour intense pour elle, ainsi que son désir de rester avec elle.

[Regarder : "Sahih Al-Boukhari" (5280-5283) ; "Al-Isti'âab" (4/1443) ; "Siyar 'Aalaam An-Noubalaa" (2/297) ; "Oussoud Al-Ghaabah" (5/256), (7/43) ; "Al-Issaabah" (6/196), (7/535) ; "Fath Al-Baari" (9/408-409) ; "Oumdatou Al-Qaari" (20/268)].

 

*** Et nous faisons quelques pauses de réflexion sur cette scène :

 

*1- Notre attention est attirée par la compréhension du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) des désirs affectifs et des sentiments du cœur, car il ne blâma pas et ne désapprouva pas, mais il confirma l'excès d'amour de Moughith et la haine intense de Barirah (qu'Allah soit satisfait d'eux), et il en fut étonné ; et il échangea avec son oncle Al-'Abbaass (qu'Allah soit satisfait de lui) l'étonnement de cette opposition affective ; car en général, celui qui aime ne peut être qu'aimé, mais dans ce cas, il trouva l'amour le plus intense confronté à la haine la plus intense.

 

Cette compréhension des situations des cœurs et de la domination des sentiments, ainsi que ce regard réaliste sur les sentiments psychologiques, sont une partie de l'harmonie de la législation avec la saine nature, car la guidée prophétique est venue avec l'élargissement pour la joie, le soulagement de la tristesse, et l'espace pour les émotions et les sentiments qui sont annoncés, orientés, purifiés, et qui ne sont pas refoulés, ni supprimés.

 

Et parmi les aspects les plus apparents de la reconnaissance du sentiment de l'amour : l'intercession de l'Elu (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) pour le mari passionnément amoureux auprès de sa femme qui l'a laissé.

 

*2- (N'es-tu pas étonné de l'amour de Moughith pour Barirah, et l'aversion de Barirah pour Moughith !). Un hadith et une histoire qui indiquent que la société prophétique est une société d'amour, ils ne trouvent pas étrange l'amour dans cette société, mais ils trouvent étrange la rencontre de l'amour et de la haine.

 

*3- Al-'Ayni a dit dans "Oumdatou Al-Qaari" au commentaire de ce hadith :

-"Nous tirons de ce hadith qu'il n'y a pas d'inconvénient au fait que le musulman désire une femme musulmane et qu'il l'aime, que ceci apparaisse ou soit caché ; il ne commet pas de péché pour cela, même s'il dépasse la mesure, tant qu'il ne fait pas une chose interdite et qu'il ne commet pas un péché".

 

*4- La préoccupation du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) pour les affaires des gens et le fait qu'il prenne soin d'eux, étant donné qu'il intervint pour intercéder dans une affaire de mariage entre un esclave et une ancienne esclave qui venait d'être libre ; et cette préoccupation fut apparente pour tous ses compagnons, jusqu'à ce qu'un esclave considère qu'il a un droit dans la position du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), alors il lui demanda cette intercession, et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) répondit à sa demande et chercha à réaliser ce qu'il voulait ; et s'il se préoccupait de ces besoins sentimentaux particuliers et qu'il leur donnait de l'importance (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), alors que penses-tu de ce qui plus important et plus général ?

 

*5- L'indépendance de la personnalité de Barirah (qu'Allah soit satisfait d'elle), ainsi que sa capacité à prendre la décision, et sa prise de possession complète et raisonnable de sa décision et de son sort, étant donné qu'elle géra la conversation avec le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et qu'elle parvint à sa décision avec clarté.

 

Ses questions face à l'intercession du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) furent : est-ce un ordre de la législation qu'il est obligatoire d'obéir, ou une intercession et le désir de la réconciliation ? Et lorsqu'elle sut que c'était une intercession, elle annonça son opinion qui correspondait au refus de rester avec un mari qu'elle n'aime pas, même si l'intercesseur était le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui).

 

Tu es très étonné de la capacité d'une femme qui venait de sortir de l'esclavage à prendre possession de son droit et à annoncer son opinion, et devant le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; mais ton étonnement disparait lorsque tu sais qu'elle a grandi dans l'environnement prophétique et l'école de Mohammed (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) qui construit une personnalité saine, complète et confiante, qui n'apparait pas petite, qui ne s'affaiblit pas, qui accomplit ses devoirs et connait ses droits.

 

*6- Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ne fut pas en colère contre Barirah parce qu'elle refusa son intercession, son amour pour elle ne diminua pas, et Barirah ne ressentit pas que son refus de l'intercession du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) affecterait sa position dans son cœur, ni sa position (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dans son cœur ; et ceci oriente celui qui présente l'intercession au fait qu'il faut que dans son cœur soit égal l'acceptation de son intercession ou le refus de son intercession.

 

****

 

 

 

36- Ce jeune homme

 

Son jeune âge ne l'empêcha pas, alors qu'il était le jeune homme, ni la vénération du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) alors qu'il est celui sur qui la vénération à été mise, d'aller le voir pour lui demander la permission d'alléger ses souffrances provenant de l'embrasement de l'envie sexuelle et de la vigueur de la jeunesse ; alors, il vint voir le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) pendant que ses compagnons étaient autour de lui, il se mit debout en face de lui et lui demanda en disant :

-"O Messager d'Allah ! Donne-moi la permission de forniquer".

 

C'était une question foudroyante qui attira l'attention de ceux qui étaient autour du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), et ils s'écrièrent :

-"Arrête, arrête !". Car comment pouvait-on demander la permission de forniquer à celui sur qui son interdiction est descendue ? Et comment celui qui est venu pour purifier l'humanité de la fornication [de l'adultère], peut-il donner la permission de forniquer ?!

 

Alors, le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) se dirigea vers eux et leur dit :

(Laissez-le et ne lui faites pas peur). Ensuite, il se dirigea vers lui et dit :

(Approche-toi).

Et le jeune homme s'approcha jusqu'à ce qu'il s'assoie devant le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et il lui dit avec la paternité de l'enseignant, avec la certitude du prédicateur, et avec l'ingéniosité de l'orateur :

(Voudrais-tu que quelqu'un fasse cela avec ta mère ?). Alors, le jeune homme dit :

-"Non, je jure par Allah, ô Messager d'Allah ! Qu'Allah fasse que je donne ma vie pour toi". Il dit :

(Les gens aussi ne veulent pas cela pour leurs mères ; et voudrais-tu que quelqu'un fasse cela avec ta fille ?). Il dit :

-"Non, je jure par Allah, ô Messager d'Allah ! Qu'Allah fasse que je donne ma vie pour toi". Il dit :

(Et les gens ne le veulent pas pour leur fille ; et voudrais-tu que quelqu'un fasse cela avec ta sœur ?). Il dit :

-"Non, je jure par Allah, ô Messager d'Allah ! Qu'Allah fasse que je donne ma vie pour toi". Il dit :

(Les gens aussi ne le veulent pas pour leurs sœurs ; et voudrais-tu que quelqu'un fasse cela avec ta tante paternelle ?). Il dit :

-"Non, je jure par Allah, ô Messager d'Allah ! Qu'Allah fasse que je donne ma vie pour toi". Il dit :

(Les gens aussi ne le veulent pas pour leurs tantes paternelles ; et voudrais-tu que quelqu'un fasse cela avec ta tante maternelle ?). Il dit :

-"Non, je jure par Allah, ô Messager d'Allah ! Qu'Allah fasse que je donne ma vie pour toi !". Il dit :

(Les gens aussi ne le veulent pas pour leurs tantes maternelles ; alors, déteste ce qu'Allah a détesté, aime pour les gens ce que tu aimes pour toi-même, et déteste pour eux ce que tu détestes pour toi-même).

 

Et le jeune homme sut que ce dont il s'était parlé à lui-même, était un péché qui salit le cœur, et il dit :

-"O Messager d'Allah ! Invoque Allah pour qu'Il purifie mon cœur".

Alors, le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) posa sa main sur sa poitrine, et il dit :

(O Seigneur ! Pardonne son péché, purifie son cœur, et protège son sexe).

Ensuite, le jeune homme partit ; et les gens regardèrent sa situation, ils dirent :

-"Et ce jeune homme ne faisait pas attention à cela par la suite".

[Regarder: "Mousnad Ahmed" (22211) ; "Môudjam At-Tabaraani Al-Kabir" (8/162) ; "Mousnad Ach-Chaamiyines" (2/139, 373) ; "Sounane Al-Bayhaqi" (9/45) ; et "Chîib Al-Imaane" (5032)].

 

*1- Ton attention est attirée par le fait que ce jeune homme aille voir le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) sans crainte et sans hésitation, afin de lui dévoiler ce qui se trouvait dans son cœur malgré le caractère confidentiel de cette affaire et sa sensibilité ; et n'était-ce le fait que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ait établi un genre unique de relation entre ses compagnons et lui, ceci n'aurait pas pu se produire ; c'est une relation qui brise les différences entre les générations, les classes sociales, les races et les régions ; et il fit que toutes ces catégories soient attirées vers lui, alors la petite fille joua avec le sceau de la prophétie entre ses épaules, la femme s'arrêta pour lui parler et elle prit sa main pour aller où elle voulait, le bédouin s'arrêta devant lui et dit : "Je vais t'interroger et je vais être dur avec toi" ; et la position du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), ni sa vénération, ni la différence d'âge entre eux, n'empêchèrent pas ce jeune homme de l'interroger clairement à propos de ce qui se trouvait dans son cœur alors qu'il était en pleine sérénité et sécurité.

 

Cette capacité à contenir la société et à attirer toutes ses catégories, est une des caractéristiques des grandes qualités morales prophétiques ; et celui qui choisit pour lui-même d'être parmi les héritiers de la prophétie et d'assumer la responsabilité de l'appel à l'Islam, doit suivre ces grandes qualités morales.

 

 

*2- Ton attention est attirée par la manière dont le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) géra la conversation, ainsi que par la manière dont il stimula la réflexion, dont il suivit la méthode de la persuasion, et dont il fit que le cerveau assume la responsabilité de la soumission et des obligations religieuses ; le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) aurait pu dire à ce jeune homme :

"Je ne trouve pas de permission pour toi".

Et nous pensons que s'il lui avait dit cela, il aurait été satisfait et il se serait soumis, mais le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) attira l'esprit du jeune homme vers d'autres aspects de l'affaire concernant le plaisir interdit vers lesquels il n'avait pas encore dirigé sa vision intellectuelle, et ceci fut suffisant pour qu'il s'aperçoive de l'abomination de cet acte et de ses préjudices très grands, afin qu'il parvienne à une persuasion intellectuelle, de même que cela correspondait à l'obéissance au prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et à la soumission.

 

Et c'est la raison pour laquelle le prédicateur assume la responsabilité de la persuasion avec l'appel à l'Islam et d'inciter les gens à participer avec lui à la conviction sur ce à quoi il appelle, et si quelqu'un pouvait se passer de cela, se serait le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; et malgré cela, sa guidée et sa Sounnah étaient de mettre le cerveau en alerte, de stimuler la réflexion, et de faire parvenir les gens à travers la réflexion saine aux convictions correctes ; et ainsi, l'humanité se débarrassa de ses chaînes intellectuelles, afin qu'elle se dirige vers sa bonne direction. Et qu'Allah fasse miséricorde au professeur Al-'Aaqaad le jour où il a dit :

-"La réflexion est une obligation islamique".

 

*3- Ton attention est attirée par le fait que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ait présenté l'argument persuasif dans un récipient affectif et beau, qui fit ressentir au jeune homme la particularité du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), ainsi que la paternité du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) pour lui, et que ce qu'il ordonne est le conseil, la compassion et l'amour ; et ceci apparaît dans le fait qu'il interdit aux compagnons de le blâmer et ce qu'il leur dit : (Laissez-le et ne lui faites pas peur).

 

Ensuite, le fait qu'il le fit se rapprocher de lui en disant : (Approche-toi), jusqu'à ce qu'il s'assit devant lui de telle sorte qu'il fut à portée de sa main, et c'est le domaine affectif du corps ; et ensuite, le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) réagit rapidement en invoquant Allah (qu'Il soit exalté) pour lui en demandant à Allah (qu'Il soit glorifié) beaucoup plus que ce que le jeune homme lui avait demandé, et il posa (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) son honorable main sur sa poitrine.

 

Et j'imagine ce jeune homme alors que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) posa sa main bénie sur sa poitrine afin qu'il ressente sa froideur dans son cœur, et qu'il passa toute sa vie en se rappelant l'exaltation de ce geste prophétique.

 

Ces gestes affectifs étaient des clés prophétiques avec lesquelles il ouvrait les serrures des cœurs ; alors, félicitations à ce jeune homme, il s'est réjoui de son rapprochement du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), du fait qu'il posa sa main sur sa poitrine et de ses invocations pour lui ; et que soit bénie sa question qui lui a rapporté toutes ces choses.

 

Et nous, allons-nous apprendre de cela que la prédication (l'appel à l'Islam) est de l'amour, l'enseignement est de l'amour, la vie est de l'amour, et que nous ne ferons pas parvenir notre message aux gens tant que nous ne parviendrons pas à leurs cœurs avec l'amour ?

 

*4- Ton attention est attirée par le fait que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) prend en considération dans sa conversation avec le jeune homme l'environnement dans lequel il vivait et son effet sur sa constitution psychologique, car le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) parle à un jeune homme arabe provenant d'un peuple qui est connu pour l'ardeur de la jalousie, jusqu'à ce qu'ils enterraient la fille vivante dans son enfance par peur de la honte, et aucun d'entre eux n'était humilié plus que le fait qu'on porte atteinte à son honneur ; c'est la raison pour laquelle lorsqu'il lui fit imaginer (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ce qu'il demanda en lui parlant d'une femme parmi ses proches parents, il stimula en lui la flamme de cette ardeur ; et c'est comme si nous voyions ce jeune homme alors qu'il écoutait devant le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), et la sueur coulait de son front, et il ressentait comme la chaleur du feu sous la peau de son visage, pendant qu'il se représentait dans son esprit ces questions, c'est la raison pour laquelle ses réponses furent rapides : "Non, je jure par Allah, ô Messager d'Allah ! Qu'Allah fasse que je donne ma vie pour toi !".

 

Et si tu posais cette question à ceux qui vivent dans les sociétés de débauche sexuelle, ils te répondraient avec un calme complet après qu'ils aient baissé leurs épaules : "Elle est libre, c'est une relation qui la concerne".

 

Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) prenait en considération dans son enseignement et son appel à l'Islam l'environnement de celui à qui il enseignait et la constitution de ses connaissances antérieures, et ainsi il parvenait du chemin le plus proche à son cerveau et à son cœur.

Comme sa parole (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) au bédouin qui voulut renier son fils parce qu'il avait la peau noire :

(As-tu des chameaux ?), il dit :

-"Oui, ô Messager d'Allah !". Il dit :

(Quelle est leur couleur ?). Il dit :

-"Rouge". Il dit :

(Y en a-t-il dont la couleur n'est tout à fait claire [dont la couleur est différente des autres] ?). Il dit :

-"Oui, il y en a qui n'ont pas la couleur tout à fait claire". Il dit :

(D'où vient cela ?). Il dit :

-"Peut-être qu'ils ressemblent à une autre race parmi les chameaux". Il dit :

(Alors, il en est de même pour cela) [Regarder : Al-Boukhari (7314) et Mouslim (1500), d'après le hadith d'Abou Houréïrah (qu'Allah soit satisfait de lui)].

Et l'ambiguïté disparut de son esprit et il abandonna ce qu'il avait décidé de faire.

 

Ce genre de questions n'a eu d'effet sur cette conviction que parce qu'elles furent adressées à un bédouin qui élevait les chameaux, et qui connaissait leur lignée et le cours de leur descendance.

 

Et ainsi, nous voyons l'habileté prophétique dans le fait de prendre en considération l'environnement et de l'utiliser convenablement dans la prédication et la persuasion.

 

****

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

37- Une lettre de sécurité

 

(C'est un jour de loyauté et de bienfaisance), il l'entendit après qu'il fut frappé par les lances alors qu'il se trouvait dans un détachement armé de cavaliers, et il levait sa main en appelant avec une lettre qu'il avait : "Ceci est ta lettre".

 

Comment huit années se sont écoulées entre le moment où cette lettre fut écrite et le moment où elle fut élevée ce jour-là ? Il se rappelait encore ce jour-là, et il voyait ce à quoi il s'attendait se dérouler devant ses yeux.

 

Il se rappela le jour où les messagers des Qouraychites vinrent à son peuple Banou Moudlij à Qoudayd pour leur annoncer que les Qouraychites ont placé cent chamelles sur Mohammed (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) et cent chamelles sur son compagnon Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui) en récompense pour quiconque les tuait ou les faisait prisonniers, lorsqu'ils partirent pour émigrer de la Mecque à Médine ; il désira cette récompense avec tout le désir que les arabes avaient pour rassembler les chameaux, l'amour de les acquérir et la fierté d'en posséder beaucoup.

 

Et pendant qu'il était assis dans le lieu de rassemblement de son peuple, un homme parmi eux vint jusqu'à ce qu'il s'arrête devant eux, et il dit :

-"Je jure par Allah, j'ai vu la noirceur de trois personnes qui viennent de passer sur la route du littoral, et je pense qu'ils sont Mohammed et ses compagnons".

Et il sut tout de suite que c'était eux, et il comprit avec la perspicacité de l'arabe que ceux qui avaient emprunté la route du littoral, avaient évité la route habituelle pour échapper à ceux qui les recherchaient ou les surveillaient ; et il vit que l'obtent lang=ion de ce butin était devenue proche, ensuite il dit :

-"Non, ce ne sont pas eux, mais ce sont untel et untel, qui sont partis devant nos yeux pour rechercher un de leurs animaux qu'ils ont perdus". Alors, l'homme dit :

-"Peut-être".

text-align: left; direction: ltr; unicode-bidi: embed;

Et il resta un peu dans son assemblée afin qu'il n'attire pas leur attention en se levant rapidement ; ensuite il se leva, il entra chez lui, il ordonna à sa servante de sortir avec son cheval et de l'attendre derrière la colline, et il sortit par une porte arrière derrière sa maison après avoir porté ses armes et avoir pris son carquois dans lequel se trouvaient les flèches qu'il utilisait pour faire le tirage au sort ; il prit sa lance et la baissa afin de tracer sur le sol avec sa pointe pour que personne ne le voie ; ensuite, il partit furtivement jusqu'à ce qu'il arrive à son cheval, il prit son carquois, il sortit les flèches et il tira au sort comme les gens de l'époque de l'ignorance préislamique avaient l'habitude de faire lorsqu'ils voulaient connaître le meilleur dans une affaire, et il sortit la flèche qu'il détestait et qui signifiait qu'il ne devait pas les suivre, mais son désir ardent d'obtenir cette récompense l'emporta sur sa crMsoNoSpacingoyance de l'ignorance préislamique ; alors, il désobéit aux flèches du tirage au sort, il monta sur son cheval et le força de galoper ; la terre était résistante et dur, les chevaux y galopaient en laissant entendre le son de leurs souffles ; et il avança rapidement avec son cheval vers eux jusqu'à ce qu'il les aperçut.

 

 

Ensuite, il s'approcha d'eux jusqu'à ce qu'il entendit/span la récitation du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), et il ne se retournait pas, tandis qu'Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui) se retournait souvent, et Abou Bakr dit :

-"O Messager d'Allah ! Quelqu'un qui nous recherche, nous a rattrapés !".

Alors, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit :

(Ne t'inquiète pas, Allah est avec nous). Ensuite, il dit :

(O Seigneur ! Protège-nous contre lui de la manière que Tu veux ; O Seigneur ! Terrasse-le !).

Et le cheval qui bondissait sur cette terre dure et qui ne la touchait que des extrémités de ses sabots, voilà que ses jambes s'écroulèrent dans la terre jusqu'à son ventre, comme si elles s'écroulaient dans la boue, et le cheval tomba terrassé ; il fut ébahi en regardant son cheval alors que la terre avait aspiré ses jambes, et c'est la terre dont il connaissait bien la fermeté et la dureté ; alors, il sut que c'était l'invocation du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui).

 

Et il appela :

-"O Mohammed ! Je sais que c'est toi qui a fait cela, et que tu as fait une invocation contre moi, alors invoque Allah pour qu'Il me libère de la situation dans laquelle je suis, car je jure par Allah que je ne vous ferai pas de mal, et il ne vous viendra de moi rien que vous détestez".

Alors, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) invoqua Allah (qu'Il soit glorifié) pour lui, et son cheval se leva en hennissant.

Lorsqu'il enleva ses jambes de la terre, une fumée éblouissante s'éleva sous ses jambes vers le ciel comme un ouragan ; et lorsqu'il vit ces signes, il comprit que l'affaire du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) allait triompher, il fut convaincu qu'il finirait par obtenir la victoire dominante et la conquête éclatante, et il pensa à cause de son ignorance des qualités morales de la prophétie que s'il obtenait la victoire, il dirait :

"Amenez-moi un arabe de la tribu de Banou Moudlij qui nous a suivis sur le chemin de la Mecque, car il est temps aujourd'hui que je fasse de lui un exemple".

C'est la raison pour laquelle il voulut s'assurer maintenant de lui pour sa sécurité ; alors, il les appela :

-"Je suis Souraaqah ibn Djôuchoum, attendez-moi afin que je vous parle".

 

Et le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit à Abou Bakr :

(Dis-lui : "Et que veux-tu de nous ?"). Souraaqah dit :

-"Tu m'écris une lettre de sécurité [une lettre garantissant ma sécurité] qui sera un signe entre toi et moi".

Ils s'arrêtèrent, et il monta sur son cheval jusqu'à ce qu'il vienne à eux, puis il dit au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) :

-"Ton peuple a mis sur toi un prix". Il leur raconta ce que les gens voulaient, et il leur proposa des provisions et des affaires, mais ils ne prirent rien de cela ; puis, il dit :

-"Vous allez passer à côté de mes chameaux et de mes moutons, donc prenez-en ce que vous voulez".

Alors, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) lui dit :

(Nous n'en avons pas besoin). Il dit :

-"Alors, ordonne-moi ce que tu veux". Il dit :

(Garde secret notre rencontre, et ne laisse personne nous rejoindre).

Et il ordonna à 'Aamir ibn Fouhayrah, qui lui écrivit une lettre de sécurité sur un morceau de cuir, et il le lui jeta ; il le prit et le mit dans son carquois, ensuite il retourna et il se mit à renvoyer tous ceux qu'il rencontrait, en disant :

-"Vous n'avez pas besoin d'aller là-bas, vous connaissez ma vision de la route et des traces, j'ai déjà vérifié pour vous, et je n'ai rien vu". Alors, ils revenaient de cette route et cherchaient sur une autre route.

 

Les années s'écoulèrent très vite, et les nouvelles du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) circulaient entre la Mecque et Médine, jusqu'à ce que les nouvelles arrivèrent qu'il a conquis la Mecque, qu'il a remporté la victoire sur la tribu Hawaazine à Hounayn et qu'il a assiégé At-Taa'if ; et Souraaqah vit que les gens entraient dans la religion d'Allah (qu'Il soit exalté) par groupes, alors il sortit pour aller le voir en ayant avec lui sa lettre qu'il lui avait écrite ; il arriva à lui pendant qu'il était à Al-Dji'îraanah à côté de la Mecque, il le rencontra alors qu'il y avait autour de lui un détachement armé parmi les cavaliers des Ansaars ; il entra dans le détachement en s'infiltrant parmi les cavaliers qui le frappaient avec leurs lances et disaient :

-"Eloigne-toi, éloigne-toi, que veux-tu ?". Jusqu'à ce qu'il s'approcha du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) qui était sur sa chamelle, son pagne s'était relevé au-dessus de sa jambe, sa blancheur brillait comme si elle était la moelle du palmier ; alors, il éleva le livre avec sa main et il cria :

-"O Messager d'Allah ! C'est ta lettre que tu m'as écrite, je suis Souraaqah ibn Djôuchoum".

 

Alors, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit :

(Oui, aujourd'hui est le jour de la loyauté, de la bienfaisance et de la sincérité ; approche-toi).

Il s'approcha de lui, il annonça sa conversion à l'Islam, et Souraaqah ressentit pendant qu'il était proche du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) plusieurs sentiments qui étaient un mélange de l'exaltation de cette proximité du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), de l'étonnement de scène et de la vénération pour le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; il essaya de se rappeler quelque chose à propos de laquelle il pourrait interroger le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), mais il ne se rappela de rien, à cause de l'abondance de ses sentiments, sauf qu'il dit :

-"O Messager d'Allah ! Il y a des chameaux perdus qui viennent à côté de mes bassins alors que je les ai remplis pour mes chameaux ; ai-je une récompense si je les abreuve ?". Il dit :

(Oui, pour chaque être vivant, il y a une récompense) [c-à-d : pour chaque être vivant que tu abreuves]. [Rapporté par Ahmed (17581, 17584), Ibn Maajah (3686), Ibn Hibbaane (542), et Al-Kharaa'iti dans "Makaarim Al-Akhlaaq" (108)].

 

 

Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) le rencontra, il le rapprocha de lui, il le reçut avec un sourire, et il ne lui rappela rien de ce qui s'était produit dans le passé, comme si rien n'était arrivé.

 

Je suis sûr qu'il ressentit à ce moment-là qu'il n'avait pas besoin de sa lettre de sécurité, et qu'il était en sécurité avec ses grandes qualités morales prophétiques.

 

Ensuite, Souraaqah retourna à son peuple, il alla à ses chameaux et en amena un groupe, et il les envoya au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) en aumône pour Allah (Le Puissant et le Haut).

[Regarder : "Sahih Al-Boukhari" (2439, 3615, 3652, 3905) ; "Sahih Mouslim" (2009) ; "Al-Ahaad wa Al-Mathaani" (1029) ; "Al-Môudjam Al-Kabir" d'At-Tabaraani (6601-6603) ; "Akhbaar Makkah" d'Al-Faakihi (2794) ; "Dalaa'il An-Noubouwwah" d'Al-Bayhaqi (2/487) ; "Sounane Al-Bayhaqi" (6/357-358) ;  "Al-Isti'âab" (1/173), (2/581) ; "Oussoud Al-Ghaabah" (1/421) ; "Charh An-Nawawi 'Alaa Sahih Mouslim" (13/179) ; "Al-Bidaayah wa An-Nihaayah" (4/443-484) ; "Al-Issaabah" (3/41) ; "Fath Al-Baari" (5/94), (6/623), (7/10, 232)].

 

*** Les choses étonnantes du récit :

 

Je suis étonné dans ce récit par des paradoxes qui sont très étonnants :

 

*Le premier : le fait que Souraaqah demande une lettre de sécurité au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) alors qu'il était dans cette situation ; as-tu entendu auparavant que celui qui recherche demande une garantie de sécurité à l'émigrant qui est recherché ?!

 

*Le deuxième : comment Souraaqah faisait-il au début de la journée des efforts pour rechercher le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) afin de le tuer ou de le livrer, et à la fin de la journée, il était un gardien qui éloignait de lui ceux qui le recherchaient !

 

* Le troisième : il y a une grande différence entre les deux rencontres : Souraaqah rencontra le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) pendant qu'il émigrait dans le désert, il n'y avait que lui, son compagnon, son guide et son servant sur deux montures, alors que les tribus le poursuivaient et le surveillaient ; ensuite, il le rencontra une deuxième fois alors qu'il y avait autour de lui dix milles combattants, qui étaient ses soldats conquérants, alors que les tribus des arabes venaient à lui croyantes et soumises.

 

*Le quatrième : il y a une différence entre Souraaqah pendant qu'il recherchait le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) par désir d'obtenir les chameaux, et Souraaqah pendant qu'il amenait les chameaux au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) par désir d'obtenir la satisfaction d'Allah (qu'Il soit exalté).

 

*Et enfin : Que huit années sont courtes dans le temps ! Elles passent comme l'éclair, mais dans la vie du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), elles furent remplies d'événements, comme les batailles de Badr, d'Ouhoud, de la tranchée, d'Al-Houdaybiyah ; ensuite, la victoire d'Allah (qu'Il soit exalté) et la conquête sont venues, afin que Souraaqah assistent à tous ces paradoxes étonnants.

 

 

****

 

38- Rien n'est meilleur que cela

 

La vigueur de la force et de la jeunesse lui fut rassemblée, avec l'amour intense pour Allah (qu'Il soit exalté) et Son messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), ainsi que le désir ardent d'obtenir la satisfaction d'Allah et Son Paradis ; c'est la raison pour laquelle il déversa sa force et la détermination de sa jeunesse dans ce qu'il aima et désira, et il décida de faire beaucoup d'efforts dans l'adoration jusqu'à ce qu'il dise :

-"Je prierai la nuit et je jeûnerai le jour pendant toute ma vie".

Et il se dirigea vers cela avec détermination et intensité jusqu'à ce qu'il terminait la lecture du Coran entièrement toutes les nuits et il jeûnait tous les jours.

 

Ensuite, son père lui chercha une jeune femme de Qouraych qui avait une descendance noble et était douée d'intelligente ; puis, il le maria avec elle, et lorsqu'elle lui fut amenée la nuit de noce, il ne se dirigea pas vers elle et il ne parvint pas à elle, à cause du fait qu'il se dirigeait vers l'adoration.

 

Le père vint rendre visite à l'épouse de son fils, et il lui dit :

-"Comment as-tu trouvé ton mari ?". Elle dit :

-"Quel excellent homme ! Il ne dort pas la nuit et il ne rompt pas le jeûne pendant la journée ; il n'a pas découvert notre rideau et il ne s'est pas approché de notre lit depuis que nous sommes venus !".

Alors, 'Aamr (qu'Allah soit satisfait de lui) se mit en colère à cause de ce que son fils avait fait, il se dirigea vers lui en le blâmant et en étant dur avec lui, et il dit :

-"Je t'ai marié avec une femme parmi les musulmans qui a une descendance noble, et tu l'as empêchée d'avoir ce que les autres femmes ont, et tu as fait, et tu as fait !".

 

Mais Abdoullah (qu'Allah soit satisfait de lui) ne prêta aucune attention à la parole de son père, à cause du fait qu'il considérait qu'il avait de la force en lui et qu'il goûtait au plaisir de l'adoration ; lorsqu'Aamr (qu'Allah soit satisfait de lui) vit que la situation se prolongeait, il alla voir le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) et il se plaignit auprès de lui de ce que son fils Abdoullah faisait.

 

Alors, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) alla le voir chez lui jusqu'à ce qu'il entre dans sa chambre ; Abdoullah lui lança un coussin en cuir rempli de fibres ; le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ne s'assit pas sur le coussin et il s'assit par terre, et le coussin se retrouva entre lui et Abdoullah ; ensuite, il dit (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) :

(O Abdoullah ibn 'Aamr ! On m'a informé que tu pries la nuit, que tu jeûnes pendant la journée, et que tu dis : "Je prierai la nuit et je jeûnerai le jour pendant toute ma vie").  

Abdoullah dit :

-"Oui, ô Messager d'Allah ! Je l'ai dit, - je donnerais mon père et ma mère en rançon pour toi - ; et je n'ai voulu que le bien avec cela, et j'ai la force de le faire".

Alors, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit :

(Tu ne pourras pas faire cela, alors ne le fais pas, car si tu le fais, tes yeux s'enfonceront et tu t'affaibliras ; mais moi, je dors et je me lève pour prier, je jeûne et je romps le jeûne, alors lève-toi pour prier et dors, jeûne et romps le jeûne, parce que ton âme a un droit sur toi, ton œil a un droit sur toi, ton corps a un droit sur toi, ton épouse a un droit sur toi, ton enfant a un droit sur toi, et ton invité a un droit sur toi ; et il te suffit de jeûner trois jours par mois, car la bonne action est multipliée par dix, et c'est comme si tu jeûnais tout le temps [tous les jours]).

Abdoullah dit :

-"O Messager d'Allah ! Laisse-moi profiter de ma force et de ma jeunesse, car je suis capable de faire mieux que cela".  

Et le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit : 

 

(Alors, cinq jours par mois). Il dit :

-"O Messager d'Allah ! Laisse-moi profiter, car je suis capable de faire mieux que cela". Et il dit (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) :

(Alors, neuf jours). Il dit :

-"O Messager d'Allah ! Je suis capable de faire mieux que cela". Il dit (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) :

(Alors, jeûne un jour et romps le jeûne pendant deux jours). Il dit :

-"O Messager d'Allah ! Je suis capable de faire mieux que cela". Il dit (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) :

(Alors, jeûne le meilleur jeûne auprès d'Allah, le jeûne du prophète d'Allah Daawoud, car il était celui qui adorait Allah le plus ; c'est le jeûne le plus modéré, et n'augmente rien à cela).

Il dit :

-"Et comment était le jeûne de Daawoud, ô Messager d'Allah ?". Il dit (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) :

(Il jeûnait un jour et il rompait le jeûne un jour ; et lorsqu'il promettait, il ne manquait pas à sa promesse ; et lorsqu'il rencontrait l'ennemi, il ne fuyait pas). Abdoullah dit :

-"Je souhaiterais faire cela, ô Messager d'Allah !", c'est-à-dire : ne pas s'enfuir. Ensuite, il dit :

-"O Messager d'Allah ! Je suis capable de faire mieux que cela".

Alors, il dit (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) :

(Rien n'est meilleur que cela ; celui qui jeûne tout le temps, n'obtient pas la récompense du jeûne ; celui qui jeûne tout le temps, n'obtient pas la récompense du jeûne ; celui qui jeûne tout le temps, n'obtient pas la récompense du jeûne).

 

Ensuite, il dit (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) :

(Lis le Coran entièrement une fois par mois), c'est-à-dire pendant les prières accomplies la nuit. Il dit :

-"O Messager d'Allah ! Je suis capable de faire mieux que cela". Il dit (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) :

(Alors, lis-le tous les vingt jours). I lang=l dit :

-"O Messager d'Allah ! Je suis capable de faire mieux que cela". Il dit (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) :

(Alors, lis-le tous les dix jours). Il dit :

-"O Prophète d'Allah ! Je suis capable de faire mieux que cela". Il dit (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) :

(Lis-le tous les sept jours, et n'augmente rien à cela). Il dit :

-"O Messager d'Allah ! Laisse-moi profiter, car je suis capable de faire mieux que cela".

 

Alors, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) refusa et dit :

(Le jeûne le plus aimé auprès d'Allah est le jeûne de Daawoud, et la prière la plus aimée auprès d'Allah est la prière de Daawoud, il dormait la moitié de la nuit, il priait le tiers de la nuit, et il dormait la sixième partie de la nuit ; et pour chaque action, il y a une vitalité et un désir ; et pour chaque vitalité, il y a un manque d'enthousiasme ; alors, celui dont le manque d'enthousiasme est vers ma Sounnah, suivra le chemin de la guidée ; et celui dont le manque d'enthousiasme est vers autre chose que cela, périra).

Ensuite, il dit (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) :

(Tu ne sais pas, peut-être que tu vivras longtemps).

 

Et Abdoullah ibn 'Aamr ibn Al-'Aass (qu'Allah soit satisfait de lui et de son père) vécut longtemps jusqu'à ce qu'il atteignit quatre-vingt-dix ans, et sa force s'affaiblit pour qu'il puisse faire ce à quoi il s'était engagé de faire ; alors, après qu'il ait vieilli, il lisait pour sa famille un septième du Coran pendant la journée afin que ce soit plus facile pour lui pendant la prière accomplie la nuit ; et lorsqu'il voulait reprendre des forces, il rompait le jeûne pendant plusieurs jours, il comptait, et ensuite il jeûnait le même nombre de jours parce qu'il ne voulait pas abandonner une chose qu'il faisait lorsque le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) est mort.

 

Et il parlait de ce hadith, ensuite il disait :

-"J'ai insisté et l'affaire a été rendue difficile pour moi ; et je suis devenu comme le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) m'a dit, - c'est-à-dire : la vieillesse - ; et si j'avais accepté la permission du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), ceci aurait été plus aimé pour moi que ma famille et mon argent ; et aujourd'hui, je suis vieux, j'ai vieilli et je suis devenu faible ; et je déteste abandonner ce que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) m'a ordonné".

 

 

[Regarder : "Mousnad Ahmed" (6760-6762-6867) ; "Sahih Al-Boukhari" (1131, 1152, 1153, 1974-1980, 5052, 5199) ; "Sahih Mouslim" (1159) ; "Sahih Ibn Khouzaymah" (2110, 2152) ; "Sounane An-Nassaa'I" (2388-2404) ; "Moustakhraj Abi 'Aawaanah" (2350-2353, 2370, 2371) ; "Charh An-Nawawi 'Aalaa Sahih Mouslim" (8/40-47) ; "Fath Al-Baari" (3/16,37), (4/217,225), (9/95) ; "Al-Issaabah" (4/192) ; "Oumdatou Al-Qaari" (17/63-79)].

 

*** Ceci est le récit, et en ce qui concerne les leçons, voilà un rayon provenant de la lumière de son rayonnement :

 

*Premièrement : Dans cette scène, se répètent la profondeur de la relation entre le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) et ses compagnons, ainsi que sa présence forte dans leur vie ; car 'Aamr ibn Al-'Aass (qu'Allah soit satisfait de lui) se précipita vers lui (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) pour lui parler d'une affaire personnelle entre son fils et lui, et il reçut du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) la réaction complète et l'attention maximale, étant donné que l'Elu (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) alla lui-même voir Abdoullah ibn 'Aamr ibn Al-'Aass (qu'Allah soit satisfait de lui et de son père) chez lui afin de traiter le problème et de corriger la conception.

 

Ceci révèle la profondeur de la présence prophétique dans la vie des compagnons, ce qui fut parmi les causes de cette réaction étonnante avec leurs affaires.

 

*La deuxième : Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ne s'est pas contenté dans cette affaire d'écouter ce qu'Aamr ibn Al-'Aass avait à dire à propos de l'acte de son fils, et ensuite de lui donner l'opinion et l'ordre, mais il alla voir Abdoullah ibn 'Aamr, puis il commença par vérifier sa situation et connaître ses motifs, jusqu'à ce qu'il entendit la confirmation de ce qu'il avait entendu sur lui et qu'il connut la réalité de son motif pour faire cela, et c'est sa parole : "Je suis capable de faire cela", puis il commença alors l'orientation prophétique ;  et nous remarquons que cette orientation renferme l'annulation du point d'appui sur lequel Abdoullah ibn 'Aamr avait construit son opinion, et qui correspondait au fait qu'il se sentait capable de continuer à faire cela par sa parole : "Je suis capable de faire cela" ; alors, le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) lui dit : (Tu ne pourras pas faire cela).

Ensuite, il lui expliqua ce qui résultait de cet acte concernant le crime contre soi-même : (car si tu le fais, tes yeux s'enfonceront et tu t'affaibliras). Ensuite, il continua en présentant le modèle à suivre avec sa noble personne : (mais moi, je dors et je me lève pour prier, je jeûne et je romps le jeûne}.

 

Donc, si celui qui nous a ordonné de jeûner et de prier pendant la nuit, jeûne et rompt le jeûne, de même qu'il se lève pour prier la nuit et il dort, alors nous devons le suivre en faisant la même chose. Ensuite, il continua en expliquant le défaut qui se produirait dans sa vie à cause de cette détermination, en négligeant les droits de l'âme, de l'épouse, de l'enfant et de l'invité.

 

Ces phrases, bien qu'elles soient concises, encerclèrent les élans psychologiques de cet acte, alors elles corrigèrent la conception et révélèrent les portées de son effet dans la vie ; donc, regarde la brièveté de la phrase prophétique et ce qu'elle porta parmi les genres d'encerclement des aspects de cette affaire.

 

*Troisièmement : Dans cette scène, se trouve une indication prophétique sur l'importance de l'équilibre dans les orientations de la vie, étant donné qu'il dit : (parce que ton âme a un droit sur toi, ton œil a un droit sur toi, ton corps a un droit sur toi, ton épouse a un droit sur toi, ton enfant a un droit sur toi, et ton invité a un droit sur toi).

 

Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) a attiré l'attention sur la multiplicité des activités de la vie, l'importance de l'équilibre entre ces activités, et le danger de l'excès dans un côté de ces activités d'une manière qui abaisse les autres côtés ; mais ce sont des droits variés qui doivent tous être respectés.

 

*Quatrièmement : dans ce hadith, il y a un signe parmi les signes de la prophétie, car cette conversation s'est déroulée entre le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et Abdoullah ibn 'Aamr alors qu'Abdoullah avait une trentaine d'années, et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit : (Peut-être que tu vivras longtemps). Et Abdoullah ibn 'Aamr vécut après cette parole prophétique porteuse d'une bonne nouvelle environ soixante ans, et il mourut à l'âge de quatre-vingt-dix ans.

Alors, bénédictions et salutations d'Allah sur ce prophète qui n'a rien prononcé sous l'effet de la passion.

 

 

*Cinquièmement : La force de l'engagement dans la vie des compagnons (qu'Allah soit satisfait d'eux), car Abdoullah ibn 'Aamr (qu'Allah soit satisfait de lui) parvint dans sa conversation avec le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) à une quantité à laquelle il se conforma, et qui correspondait à jeûner un jour et rompre le jeûne un jour, ainsi qu'à lire un septième du Coran dans les prières accomplies la nuit ; et ceci était pendant la force de sa jeunesse et la largesse de sa vie, ensuite sa vie se prolongea, sa force s'affaiblit, sa situation changea, et malgré cela, il n'abandonna pas ce à quoi il s'était engagé, bien que cet acte soit volontaire et une adoration surérogatoire ; mais il détesta abandonner une chose qu'il faisait lorsque le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) mourut.

 

Ceci nous dévoile la force de l'engagement et de la discipline dans la vie des compagnons (qu'Allah soit satisfait d'eux) ; et si ceci est leur discipline dans les adorations surérogatoires, alors que dire des adorations et des obligations fermement établies.

 

*Sixièmement : Tu es étonné de cette paternité raisonnable chez 'Aamr ibn Al-'Aass (qu'Allah soit satisfait de lui), car il est l'homme sage et expérimenté, il n'arrêta pas de prendre soin de son fils, de lui rendre visite, de prendre de ses nouvelles, et le fait de prendre soin de lui ne s'arrêta pas à un âge particulier ; alors, il suivait la situation de son fils, il se rassurait de ses affaires familiales, et il corrigeait avec sa sagesse et son expérience l'imperfection s'il y en avait ; et grâce à sa perspicacité et à son intelligence, il s'attendait à une imperfection dans l'équilibre de la vie de son fils, c'est la raison pour laquelle il se mit à suivre cette situation jusqu'à ce qu'il découvrit l'imperfection en interrogeant l'épouse de son fils, et sa réponse dévoila la force de sa personnalité, étant donné qu'elle parla d'une relation intime que la pudeur empêche les femmes de dévoiler ; et malgré cela, elle eut le courage qui lui permit de dévoiler cette imperfection dans sa vie conjugale, mais elle la dévoila d'une manière très ingénieuse et polie, car elle transmit son information en faisant l'éloge du mari, elle dit : "Quel excellent homme ! Il ne dort pas la nuit et il ne rompt pas le jeûne pendant la journée ; il n'a pas découvert notre rideau et il ne s'est pas approché de notre lit depuis que nous sommes venus !".

 

Donc, cette parole raffinée indique la perspicacité et l'intelligence de cette femme, ainsi que sa prise de conscience de ses droits légaux dans la législation islamique ; de même qu'elle indique la perspicacité d'Aamr (qu'Allah soit satisfait de lui) dans le fait qu'il l'ait choisie.

 

****

 

39- Al-Ach'âariyoun

 

Une compagnie bonne et honorable de compagnons qui émigrèrent pour rejoindre le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) ; ils furent auprès de lui des gens pieux qui accomplissaient beaucoup d'adorations ; on connaissait leurs maisons pendant la nuit à cause du son de leurs voix en lisant le Coran ; ils avaient de la grandeur d'âme et ils étaient altruistes, alors lorsque la nourriture de leurs enfants diminuait, ils rassemblaient tout ce qu'ils avaient dans un seul vêtement, ensuite ils le partageaient entre eux en parts égales ; et ils patientaient sans se plaindre face à la pauvreté et au manque d'argent.

 

Lorsque l'expédition de Tabouk arriva, et que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) appela les gens à cette expédition, Al-Ach'âariyoun vinrent le voir avec le désir intense de participer au combat dans le chemin d'Allah (qu'Il soit exalté) et d'obtenir le martyre, ils demandèrent qu'il les prenne avec lui pour combattre dans cette bataille, étant donné qu'à cause de leur pauvreté, ils ne trouvaient pas de montures pour faire ce long voyage ; ils allèrent voir le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et ils lui demandèrent cela à un moment où il était en colère, peut-être à cause du fait qu'il était très occupé et préoccupé à préparer cette armée qui était la plus grande armée que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) prépara ; c'est la raison pour laquelle il leur répondit en leur donnant la réponse de celui qui est en colère :

(Je jure par Allah que je ne vous donnerai aucune monture pour voyager).

Alors, ils s'en allèrent de l'endroit où il se trouvait, en ayant dans leurs cœurs une tristesse intense par peur que le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) soit en colère contre eux.

 

Et pendant qu'ils étaient dans cette situation, Bilal ibn Rabaah (qu'Allah soit satisfait de lui) les appela et leur dit de venir voir le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; lorsqu'ils retournèrent à lui, ils trouvèrent cinq chameaux grands, gros et beaux, alors il les leur donna et il dit (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) :

(Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) vous donne ces chameaux pour voyager, alors montez sur eux).

 

Ils partirent avec ces chameaux, ensuite ils ne tardèrent pas à se diriger les uns vers autres, et ils dirent :

-"Si nous profitons de l'inattention du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) en ce qui concerne son serment, et nous ne le lui rappelons pas, je jure qu'Allah ne nous bénira pas ces chameaux, et nous ne réussirons jamais après cela. Alors, retournons le voir pour lui rappeler son serment".

Et ils retournèrent le voir (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) et ils dirent :

-"O Messager d'Allah ! Tu as juré que tu ne nous donnerais pas de montures pour voyager, et tu nous as donné des montures pour le voyage, alors nous avons pensé que tu as oublié ton serment".

Et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), qu'ils avaient rencontré peu de temps avant cela en colère, se dirigea vers eux avec sa gentillesse et sa bonne humeur habituelles en disant :

(Je ne suis pas celui qui vous a donné des montures pour voyager, mais Allah vous a donné des montures pour voyager ; et je jure par Allah, si Allah le veut, que lorsque je fais un serment pour une chose, ensuite je vois qu'une autre chose est meilleure, alors je fais ce qui est meilleur, et j'expie mon serment).

A ce moment-là, leurs cœurs se réjouirent, ils furent joyeux, et ils retournèrent à la tranquillité et à la bonne nouvelle.

 

[Regarder : "Sahih Al-Boukhari" (3133, 5518, 6718, 6721) ; "Sahih Mouslim" (1649) ; "Charh An-Nawawi 'Aalaa Sahih Mouslim" (11/108) ; "Fath Al-Baari" (6/239), (9/646), (11/604,611)].

 

 

*** Il nous reste à observer des significations de cette histoire :

 

*1- La colère prophétique dans cette situation est une partie de la nature humaine, elle apparut du noble prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) afin qu'elle confirme la grande affiche dans l'accomplissement du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) concernant son appel : {"Gloire à mon Seigneur ! Ne suis-je qu’un être humain-Messager ?} [Le voyage nocturne : 93].

Alors, il lui arrive l'emportement de la colère afin qu'il légifère à sa communauté ce qu'elle doit faire pendant la colère ; de même qu'il oublie afin qu'il légifère à sa communauté ce qu'elle doit faire lorsqu'elle oublie, et afin que la communauté connaisse la grande sagesse d'Allah (qu'Il soit exalté) le jour où Il fit que le message et le modèle à suivre pour l'humanité soit un homme comme eux, qui a leurs impulsions, leurs sentiments et leurs emportements.

 

*2- La colère prophétique dans cette situation est le cas exceptionnel qui fait apparaître la grandeur de la règle générale dans le cas du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), qui se maîtrisait très bien au moment de la colère ; et afin que ce soit clair avec cette situation exceptionnelle que la tolérance et la patience du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) dans les situations de colère n'étaient pas parce qu'il a une nature angélique qui n'accepte pas cet emportement, de telle sorte qu'on le provoque et il ne se met pas en colère, mais au contraire parce qu'il se mettait en colère comme les hommes se mettent en colère, mais il se maîtrisait au moment de la colère ; alors, il retenait sa colère, il pardonnait et il était bienfaisant.

Et la grandeur de ses qualités morales lui permettait de contrôler ses emportements dans toutes ses situations.

 

*3- Al-Ach'âariyoun n'ont rien fait qui exigeait la colère, ils ne demandèrent pas de l'argent qu'on leur donne, ou des biens pour qu'ils s'enrichissent, ou un butin qu'ils prendraient pour eux-mêmes pour augmenter leur argent, mais ils vinrent afin de proposer au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) leur sang qu'ils avaient mis en réserve dans leurs veines et leurs âmes qui se trouvaient dans leurs corps pour Allah (qu'Il soit exalté) ; ils vinrent pour lui demander des montures pour voyager pour aller où le sang était versé, et les âmes étaient anéanties et vendues à Allah (qu'Il soit exalté). Donc, pourquoi le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) s'est-il mis en colère contre ceux-là, alors qu'il est celui qui pardonnait, qui était tolérant et qui supportait les autres parmi les bédouins qui lui demandaient et insistaient dans la demande, ensuite on leur donnait et ils demandaient encore beaucoup plus de dons ; et malgré cela, il accueillait leur insistance ennuyeuse avec ses bonnes qualités tolérantes et douces en disant : (Si je possédais des chameaux comme le nombre de ces arbres, je les aurais partagés entre vous, et ensuite vous ne m'auriez pas trouvé avare, ni lâche) ? [Rapporté par Al-Boukhari (2821), d'après le hadith de Djoubayr ibn Mout'îm (qu'Allah soit satisfait de lui)].

 

Ceci est le comportement du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) avec ceux qu'il aime et qui l'aiment, alors il les supporte et ils le supportent, il leur pardonne et ils lui pardonnent ; et il donne à d'autres de son argent et de ses bonnes qualités beaucoup plus qu'à ceux-là, ce n'est pas parce qu'il les aime plus qu'eux, mais parce qu'ils ont plus besoin qu'on gagne leurs cœurs et qu'on soit compatissant envers eux, car leur conversion à l'Islam était proche ou ils n'avaient pas beaucoup fréquenté le messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), c'est la raison pour laquelle il dit :

(Car je jure par Allah que je donne à un homme et je délaisse un homme, et j'aime celui que je délaisse plus que celui à qui je donne ; mais je donne à des gens à cause de l'inquiétude et de la crainte que je vois dans leurs cœurs, et je laisse des gens à la richesse et au bien qu'Allah a mis dans leurs cœurs…) [Rapporté par Al-Boukhari (27,923), Mouslim (150), d'après le hadith de Sâad ibn Abi Waqqaasse (qu'Allah soit satisfait de lui)].

 

Ce don comprend le don d'argent, de bonnes qualités et de bons comportements, c'est la raison pour laquelle lorsque tu te laisses aller à ton caractère naturel, fais attention lorsque tu as des relations avec ceux qui ne te pardonnent pas.

 

 

*4- La splendeur de l'attitude morale formidable du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) qui adopta une position affichée et confirmée par le serment qu'il ne leur donnerait pas : (Je jure par Allah que je ne vous donnerai aucune monture pour voyager). Et malgré cela, il revint sur cette position très rapidement, spontanément et avec une solidité psychologique élevée, et il ne trouva pas de faiblesse dans le fait de revenir sur une position qu'il avait affichée et sur laquelle il avait juré pour aller vers un choix meilleur et abandonner cette décision pour une décision plus juste.

 

Comme notre volonté subit une défaite lorsque nous adoptons une position à un moment d'emportement, ensuite cette position nous enchaîne et nous empêche de bondir vers une position meilleure, afin que l'on ne compte pas contre nous de retour ou de rétraction, même si c'est la position d'un père avec ses enfants, ou d'un enseignant avec ses élèves, ou d'un président avec ses subordonnés !

 

Combien de fois avons-nous vu quelqu'un qui persista dans l'égarement ou l'erreur, et qui supporta la perte ou la destruction, parce que le diable avait soufflé dans son nez, et il trouva difficile en lui-même de revenir sur sa position, même si son erreur fut évidente ; tandis que celui qui a enseigné aux gens le bien, il lança cette parole rapidement et clairement : (et je jure par Allah, si Allah le veut, que lorsque je fais un serment pour une chose, ensuite je vois qu'une autre chose est meilleure, alors je fais ce qui est meilleur, et j'expie mon serment).

 

*5- N'es-tu pas attiré, jusqu'à ce que les profondeurs de ton cœur palpitent, par la situation de ces âmes angéliques transparentes et pures qui marchaient sur terre comme si elles volaient entre les lampes du Paradis, c'est-à-dire une foi, une pureté et une conviction qui remplissaient les cœurs des Ach'âariyoun, alors ils ne ressentirent rien dans leurs cœurs contre leur prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), même s'il s'était mis en colère, il avait refusé de leur donner et il avait juré sur cela ; mais ce qu'ils ressentirent dans leurs cœurs fut la grande compassion pour le messager et la glorification de sa parole, étant donné qu'ils se blâmèrent eux-mêmes, car ils pensèrent qu'ils avaient profité de l'inattention du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) en ce qui concerne son serment, et qu'ils assumaient la responsabilité de rappeler le serment au prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), alors ils retournèrent le voir pour lui rappeler ce serment.

C'est l'image merveilleuse de la pureté du cœur, du rayonnement de l'âme, et de la foi véritable au message divin et au messager.

 

C'est le messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) qu'Allah (qu'Il soit exalté) a choisi pour son message divin, et ce sont ceux-là qui crurent en lui et qu'Allah (qu'Il soit glorifié) a choisi pour être ses compagnons :

{Muhammad est le Messager d’Allah. Et ceux qui sont avec lui sont durs envers les mécréants, miséricordieux entre eux. Tu les vois inclinés, prosternés, recherchant d’Allah grâce et agrément. Leurs visages sont marqués par la trace laissée par la prosternation. Telle est leur image dans la Thora. Et l’image que l’on donne d’eux dans l’Evangile est celle d’une semence qui sort sa pousse, puis se raffermit, s’épaissit, et ensuite se dresse sur sa tige, à l’émerveillement des semeurs. [Allah] par eux [les croyants] remplit de dépit les mécréants. Allah promet à ceux d’entre eux qui croient et font de bonnes œuvres, un pardon et une énorme récompense} [Al-Fath : 29].

 

*6- Cette position provenant du messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) a été précédée de beaucoup de positions concernant la gentillesse, l'implantation de l'amour et le fait de remplir les cœurs des sensations de protection ; c'est la raison pour laquelle lorsque cette position arrive en étant précédée de cela, elle n'engendre pas de choc ou d'ébranlement, mais elle prend une ampleur limitée et elle est expliquée d'une bonne manière ; c'est une opération de retrait infime d'un grand compte sentimental qui a été déposé.

 

****

 

40- Dhou Al-'Aaqissatayne

 

De la vallée Nôurmaane, où la terre s'étend, elle est entourée par les montagnes élevées qui s'allongent comme si elles portaient sur leurs épaules la coupole du ciel ; il partit de là-bas, sa monture trottait avec lui en se dirigeant vers Yathrib, il parcourait le chemin en environ huit jours, et il n'avait pas à Médine un commerce pour réaliser des profits, ni un proche parent à qui il rendait visite, mais il désirait rencontrer celui qui disait : "Il est le messager d'Allah", afin de vérifier auprès de lui la nouvelle de la prophétie et la réalité du message divin, pour qu'il prenne sa décision à propos de la religion avec laquelle il adorerait Allah (qu'Il soit exalté).

 

Il arriva dans la ville prophétique, il fit baraquer son chameau à la porte de la mosquée, ensuite il l'attacha et entra ; il était un bédouin vigoureux, aux cheveux bouclés, et il les avait tressés en faisant deux nattes ; alors, il avança jusqu'à ce qu'il se mit debout devant les compagnons qui étaient assis, le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) était parmi eux, et il ne reconnut pas ; lorsqu'il s'approcha d'eux, il demanda :

-"Qui parmi vous est Ibn Abd Al-Mouttaleb ?".

 

 

Et le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) était parmi eux comme l'un d'entre eux ; il n'avait pas de signe qui le distinguait, ni de situation qui le faisait connaître, et ils ne trouvaient pas ce qui pouvait leur indiquer qui était le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) sauf sa splendeur et sa beauté, alors ils dirent :

-"Il est cet homme blanc qui est accoudé".

Alors, il se dirigea vers lui, il se mit debout devant lui, et il l'appela comme il appelait les autres :

-"O Ibn Abd Al-Mouttaleb !". Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit :

(Je t'ai répondu, je suis Ibn Abd Al-Mouttaleb). Il dit :

-"Mohammed". Il dit :

(Oui).

Et malgré la rudesse que cet appel renfermait, il le fit suivre d'un appel encore plus dur que lui en disant :

-"Je vais t'interroger, et je serai dur avec toi dans la demande, alors ne sois pas en colère contre moi". Et le meilleur enseignant qui enseigna le bien aux gens répondit en disant :

(Je ne serai pas en colère, demande ce que tu veux).

Et il n'y a pas dans sa religion, ni dans son enseignement, de zones interdites, ni de coins obscurs, mais c'est la clarté et la pureté.

 

Il interrogea et ces questions indiquaient la pureté du cerveau et la méthodologie de la réflexion, alors la première chose qu'il demanda, fut qu'il dit :

-"Qui a créé le ciel ?". Le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) répondit :

(Allah). Il dit :

-"Alors, qui a créé la terre ?". Il dit :

(Allah). Il dit :

-"Alors, qui a dressé ces montagnes et y a mit ce qu'Il a mis ?". Il dit :

(Allah). Il dit :

-"Alors, je vais te demander par Celui qui a créé le ciel, qui a créé la terre, qui a dressé les montagnes et y mit ce qu'Il a mis, ton Dieu et le Dieu de ceux qui étaient avant toi, et le Dieu de ceux qui viendront après toi : Est-ce que c'est Allah qui t'a envoyé pour tous les hommes ?".

Le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) dit : (O Mon Dieu ! Oui). Il dit :

-"Alors, je te demande par Celui qui t'a envoyé : Est-ce que c'est Allah qui t'a ordonné que nous L'adorions Seul, et que nous abandonnions ces idoles que nos ancêtres adoraient avec Lui ?". Il dit :

(O Mon Dieu ! Oui). Il dit :

-"Alors, je te demande par Celui qui t'a envoyé : Est-ce que c'est Allah qui t'a ordonné que nous priions ces cinq prières pendant notre journée et notre nuit ?". Il dit :

(O Mon Dieu ! Oui). Il dit :

-"Je te demande par Celui qui t'a envoyé : Est-ce que c'est Allah qui t'a ordonné que tu prennes cette aumône de nos riches, ensuite tu la distribues à nos pauvres ?". Il dit :

(O Mon Dieu ! Oui). Il dit :

-"Alors, je te demande par Celui qui t'a envoyé : Est-ce que c'est Allah qui t'a ordonné que nous jeûnions le mois de Ramadan pendant notre année ?". Il dit :

(O Mon Dieu ! Oui). Il dit :

-"Alors, je te demande par Celui qui t'a envoyé : Est-ce que c'est Allah qui t'a ordonné que nous accomplissions le pèlerinage à la Maison Sacrée pour celui qui a la capacité de s'y rendre ?". Il dit :

(O Mon Dieu ! Oui). Il dit :

-"Alors, j'atteste qu'il n'y a pas d'autre divinité qu'Allah, et que Mohammed est Son messager ; et je jure par Celui qui t'a envoyé avec la vérité que je n'augmente rien à cela et que je n'en diminue rien ; et je suis Dhimaam ibn Thâalabah le frère de Banou Sâad ibn Bakr. Et en ce qui concerne ces obscénités, je jure par Allah que nous en évitions beaucoup pendant l'époque de l'ignorance préislamique, et nous allons les éviter encore beaucoup plus dans l'Islam".

 

Ensuite, il alla à son chameau, il le détacha, et il monta sur lui pour retourner à son peuple, car il n'avait plus rien à faire à Médine après cela.

Après qu'il soit parti, le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dit :

(L'homme a compris, si Dhoul 'Aaqissatayne [l'homme aux deux nattes] est sincère dans sa parole, il entrera au Paradis).

 

Les compagnons qui avaient de la science furent étonnés de la compréhension de ce bédouin, et Omar (qu'Allah soit satisfait de lui) dit :

-"Je n'ai jamais vu quelqu'un poser de meilleures questions que celles-ci, ni plus concis que Dhimaam dans ses paroles".

 

Et lorsqu'il arriva à son peuple, ils se rassemblèrent autour de lui ; et la première chose qu'il fit, fut de casser leurs plus grandes idoles, alors il appela en disant :

-"Comme Al-Laate et Al-'Ouzzaa sont mauvais !".

Son peuple fut étonné de cette audace contre leurs idoles qu'ils adoraient !! Et ils lui firent peur en lui parlant des préjudices que les dieux pourraient causer et de leur colère dont ils avaient peur, ils dirent :

-"Arrête, ô Dhimaam ! Crains la lèpre, crains la lèpre !".

Mais Dhimaam avait déjà dépassé cette croyance, et il avait corrigé sa conception et sa croyance ; alors, il leur dit :

-"Malheur à vous ! Je jure par Allah qu'ils ne nuisent pas et ils ne sont pas utiles ; et Allah a envoyé un messager, et Il a fait descendre sur lui un Livre avec lequel Il vous a sauvés de la situation dans laquelle vous étiez ; et j'atteste qu'il n'y a pas d'autre divinité qu'Allah l'Unique sans associé, et que Mohammed est Son serviteur et Son messager. Et je suis venu à vous après l'avoir rencontré avec ce que je vous ordonne et ce que je vous interdis".

 

Et il ne cessa pas de leur parler et de les convaincre jusqu'à ce que lorsque la nuit arriva ce jour-là tous les hommes et toutes les femmes qui étaient avec lui se convertirent à l'Islam ; puis, les compagnons entendirent ce qu'il avait fait, alors Ibn 'Abbaass (qu'Allah soit satisfait de lui et de son père) dit :

-"Nous n'avons jamais entendu quelqu'un qui est venu voir le prophète qui fut meilleur que Dhimaam ibn Thâalabah".

[Regarder : "Mousnad Ahmed" (2254, 2380, 22719) ; "Sahih Al-Boukhari" (63) ; "Sahih Mouslim" (12) ; "Charh An-Nawawi 'Aalaa Sahih Mouslim" (1/169) ; "Al-Moub'himaate" d'Al-Khatiib (1/55-58) ; "Al-Maf'houm" d'Al-Qourtoubi (1/157,162) ; "Al-Issaabah" (3/486-487) ; "Fath Al-Baari" (1/106,150)].

 

 ***Nous faisons quelques pauses de réflexion avec cette histoire :

 

*1- L'affaire concernant la correction de la dévotion et la confirmation de sa croyance, était très importante pour Dhimaam ibn Thâalabah, c'est la raison pour laquelle il fit ce voyage et parcourut cette distance, afin qu'il vérifie ce qui lui était parvenu à propos du messager d'Allah auprès du messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille), et afin de prendre sa décision à propos de son ancienne religion ; et ceci montre son sérieux pour la dévotion, et le fait qu'il était prêt à assumer la responsabilité de cette religion si la sincérité de ce messager et l'authenticité du message divin lui étaient claires, et c'est ce qui lui apparut clairement devant le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui).

 

 

*2- La fusion complète que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) vivait avec ses compagnons (qu'Allah soit satisfait d'eux), de telle sorte que celui qui entrait dans l'endroit où ils se trouvaient, ne le distinguait pas parmi eux : "Qui parmi vous est Abd Al-Mouttaleb ?".

Alors, il ne portait pas de vêtements de gloire qui étaient différents des autres et sa situation ne le distinguait pas des autres, c'est la raison pour laquelle il leur interdit de se tenir debout autour de lui comme les étrangers non arabes se tenaient debout, [Regarder : "Mousnad Ahmed" (22181) ; "Sounane Abi Daawoud" (5230) ; "Sounane Ibn Maajah" (3836) ; "Ach-Chifaa" d'Al-Qaadi 'Iyaadh (1/130-131)] ; et il s'éloignait de la situation des orgueilleux et des arrogants.

Ainsi, avec ce rapprochement de ses compagnons et cette fusion avec eux, il corrigea leurs conceptions et leurs comportements, et son amour se fixa au fond de leurs cœurs.

 

*3- Dhimaam (qu'Allah soit satisfait de lui) alla voir le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) après la conquête de la Mecque, après que les gens soient entrés dans l'Islam par groupes et que la plupart des régions de la péninsule arabique aient cru au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ; malgré cela, il parla au prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), il le sollicita de cette manière et il fut dur avec lui dans la demande ; et le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) contint avec ses grandes qualités morales cette confiance dans sa personnalité et cette audace dans sa parole, afin que ce bédouin suive son caractère naturelle devant lui en étant éloigné de ce qui est incompatible avec son caractère comme la soumission et la flatterie ; alors, les valeurs des hommes étaient préservées devant lui (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), elles n'étaient pas abaissées avec l'humiliation et elles n'étaient pas mises en marge avec le mépris, mais ils se tenaient debout devant lui (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) en étant respectés, et ils partaient avec plus de fierté et de confiance ; et s'il avait été rude, au cœur dur, ils se seraient enfouis de son entourage.

 

*4- (Demande ce que tu veux), est une affiche prophétique devant ceux qui recherchent la vérité et la guidée, car il n'y a pas devant eux de questions interdites ; parce que la religion avec laquelle le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) est venu, ne renferme rien que l'on ait honte de mentionner, ou qu'on soit gêné de demander, ou que le cerveau ne puisse pas comprendre ; c'est la raison pour laquelle le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ouvrit très grand la porte des questions en disant : (Demande ce que tu veux). Et il le rassura par sa parole : (Je ne serai pas en colère contre toi).

Et ainsi, lorsque le musulman rassemble la science de sa religion et la confiance en sa religion, il n'y aura aucun sujet sur lequel il soit gêné qu'on l'interroge.

 

*5- La foi de Dhimaam (qu'Allah soit satisfait de lui) au message du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) ne fut pas simplement parce que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) accepta le fait qu'il jura sur cela, car on pourrait dire : "Celui qui ment en prétendant quelque chose, ne s'abstiendra pas de jurer sur cette chose". Mais ce serment prophétique vint pour confirmer des preuves qui s'associaient pour l'authenticité de la prophétie et qui se succédèrent pour Dhimaam, parmi ces preuves :

 

Sa connaissance du contenu de l'appel du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), car il est celui qui exposait au prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) les lois de la religion comme les messagers du prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) les lui avaient transmit, et il se contentait que le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) confirme cela ; donc, dans ce à quoi le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) appela, il y a une preuve de l'authenticité de son message.

 

De même que le fait qu'il vit le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui), fut une autre preuve, car son visage (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) était le visage de celui qui est sincère, comme Abdoullah ibn Salaam (qu'Allah soit satisfait de lui) a dit :

-"Lorsque je vis son visage et que je l'aperçus, je sus que son visage n'est pas le visage d'un menteur" [Regarder : style="Mousnad Ahmed" (22668) ; "Djaamî At-Tirmidhi" (2485) ; "Sounane Ibn Maajah" (1334,3251) ; "Al-Moustad'rak" (4/160) ; "Al-Moukhtaarah" d'Ad-Dhiyaa (4/25), (401-404)].

 

Et le fait qu'il soit bien connu (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) dans les quartiers des arabes pour la sincérité de sa parole lorsqu'il disait, était une autre preuve ; c'est la raison pour laquelle il le sollicita, alors qu'il savait qu'il n'était pas possible qu'il soit sincère dans sa parole et qu'il mente dans son serment, et il n'était pas possible qu'il soit sincère en parlant aux gens et qu'il mente à propos d'Allah (qu'Il soit exalté) ; donc, à ce moment-là, il crut en lui avec toutes ces preuves, et il est celui qui est sincère, le digne de confiance (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille).

 

*6- "Je jure par Allah que je n'augmenterai pas à cela et je ne diminuerai pas" : Dhimaam (qu'Allah soit satisfait de lui) quitta le noble prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) avec cette parole après qu'il lui ait exposé les piliers de l'Islam ; alors, il dit qu'il n'augmenterait pas et qu'il ne diminuerait pas, mais lorsqu'il arriva à son peuple, il se mit debout devant eux pour leur parler, il se dressa parmi eux en prédicateur, et il leur parla en discutant et en enseignant jusqu'à ce qu'ils se soumirent tous à Allah (qu'Il soit exalté) et se convertirent à l'Islam.

 

Dhimaam (qu'Allah soit satisfait de lui) ne comprit pas que l'appel à Allah (qu'Il soit exalté) était inclus dans ce qu'il avait dit qu'il n'augmenterait pas, mais qu'il était inclus dans ce qu'il s'était engagé à ne pas diminuer, c'est la raison pour laquelle l'appel à Allah (qu'Il soit glorifié) fut la première chose avec laquelle il commença ; et ceci fait partie de sa compréhension par laquelle le prophète (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) le décrit lorsqu'il dit : (L'homme a compris).

 

****

 

41- Une nuit prophétique

 

 

 

C'est une nuit de la vie du messager (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui, et sur les membres de sa famille) qui s'est écoulée dans le calme et confortablement, comme beaucoup de nuits de sa vie bonne et bénie s'écoulèrent ; elle fut observée par un œil attentif et éveillé, ensuite elle la rapporta à la communauté instant par instant, depuis le coucher du soleil jusqu'à l'aube, comme si nous la voyions devant nous.

 

Cette nuit commença lorsqu'Al-'Abbaass ibn Abd Al-Mouttaleb (qu'Allah soit satisfait de lui) envoya son fils Abdoullah au messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) pour une chose dont il avait besoin ; alors, il alla voir le messager d'Allah (Bénédictions et salutations d'Allah sur lui) à la tombée de la nuit, il le trouva assis dans la mosquée, et